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Un visiteur
5,0
Publiée le 27 juin 2007
Ran, où quand deux génies se rencontrent (Kurosawa + Shakespeare), un film magistral tant sur le fond que sur la forme. Un chef d'oeuvre du cinéma Nippon, malheureusement connu ici que des seuls cercles de cinéphiles élitistes, alors que cette oeuvre est limpide et très abordable par tous. A ceux qui ne connaissent pas le cinéma du maître Kurosawa, je vous engage à la curiosité : après "les 7 samouraïs" n'oubliez pas de visionner "Ran", une histoire universelle qui vous prendra aux trippes certainement plus que "Spider man 3" (et consorts), et le tout avec beaucoup moins d'effets spéciaux...si si j'vous jure, c'est possible!
Voilà ce que l'on appelle un film, un vrai. Et Ran, est ce genre de film qui vous montre ce qu'est le cinéma, le vrai. Dans ce film, il n'y a pas d'effets spéciaux, d'explosions en tout genre ou je ne sais quoi d'autres. Non, dans ce film, seule la vérité vous est montrée, celle de croire enfin en un cinéma qui vous fait sortir les yeux de leur orbitre, tellement la vérité paraît presque surréaliste. Pour ceux qui ne sont pas habitués à voir de tels films, mais plutôt des films traditionnels qui sont souvent marqués par l'ordinaire et la bêtise humaine, ainsi que par le mensonge, seront soient troublés, par l'intensité et l'étendu de la puissance de Ran, soient, alors, ils demeureront insensibles à cette toile de peinture pourtant sans fin et d'une beauté rare, et retourneront donc illico-presto à leurs études, ou à leurs loisirs qui consistent à toujours aller voir des films sans fond ni forme, et sans queue ni tête. Mais ceux qui auront été paralysés et attirés comme un éman par le magnétisme de Ran, se verront offrir un voyage vers d'autres cieux, vers d'autres espaces, la découverte d'une autre dimension. Un monde peut-être parallèle, là où les étoiles ne cessent de briller rien que pour vos yeux. Non, Ran, n'est pas un film, vous l'aurez compris, c'est une étoile dans l'histoire du cinéma. Une étoile qui ne mourra jamais tant que certaines personnes sauront reconnaître un film, et ce qui n'en est pas un. Malheureusement, de nos jours, le vrai cinéma, à l'instar de Ran, est devenu l'apanache d'une élite, comme un internaute l'a si bien dit, en faisant référence aux films d'Akira Kurosawa. Malheureusement... .
Akira Kurosawa livre une tragédie d’une ampleur monumentale, où Shakespeare rencontre l’histoire du Japon dans une vision du pouvoir rongée par la folie et le chaos. Chaque plan possède une puissance picturale exceptionnelle : les couleurs des armées, les paysages immenses et les compositions rigoureuses donnent au film une beauté aussi majestueuse que funèbre. Tatsuya Nakadai incarne un souverain déchu bouleversant, dont la lente descente dans la démence prend des allures de châtiment cosmique. Kurosawa ne filme pas seulement la guerre, mais l’effondrement des liens familiaux, de l’autorité et de toute illusion de maîtrise sur le destin. Un chef-d’œuvre, dont la démesure visuelle et la profondeur tragique continuent d’imposer une émotion et une fascination inépuisables.
si vous aimez l art japonais, alors n hésitez pas venez voir ce super film , qui est très long mais sans aucune lassitude !! les tenues sont magnifiques, les décors aussi, j ai moins aimé la couleur comme le rouge qui faisait l effet peinture..... a voir !!!
On retrouve en Ran l'essence de la tragédie shakespearienne, en parfaite synergie avec le caractère belliqueux du Japon féodal. La théâtralité excessive nuit cependant au rythme de l'oeuvre.
Époustouflant! La plus grande tragédie jamais portée au cinéma! Complots, vengeance, trahisons. Kurosawa nous livre son film le plus noir, celui où il nous fait perdre la foi en l'humanité et ses dieux. Les personnages sont des pions qui se débattent dans l'inépuisable rouage de la destinée. Quoi qu'ils fassent, leur vie est vouée à l'échec et la solitude. Comme le dit un des personnages : nous naissons en pleurant et nous mourrons lorsque nous avons bien pleuré. Le final avec l'aveugle est éblouissant par sa portée symbolique sur l'homme délaissé par les dieux! Il y aurait tellement à dire sur ce chef d'oeuvre de ce grand maître! Je n'en dirai plus qu'une : regardez-le!
Kurosawa n'a rien à envier à Shakespeare et il le prouve dans cette tragédie qui semble tout droit sortie de la plume d'un Sophocle.
Splendeur des décors et des costumes, cette chute d'une dynastie et cette lutte fratricide dans laquelle on se retrouve malgré soi plongé avec le héros, obligé de fuir pour ne pas se mêler à cette horreur, est encore aujourd'hui encore une oeuvre à la parfaite beauté plastique et un trésor pour les fans de culture japonaises.
cette tragédie inspirée du roi lear impressionne en tout point. les plans sont magnifiques. c'est le film de kurosawa le plus pessimiste mais il n'en demeure pas moins un essentiel
alors ce film n'a vraiment rein d'un grand film. Il n'a pas de réel rythme, un coup c'est rapide puis pendant 2 min puis ça revient lentpendant 20 min, un faux rythme s'installe. cela endort le spectateur... Les acteurs ne sont pas extraordinaire cela tourne parfois au comique ce qui n'est pas le but. Vive le cinéma japonnais!!!!!! On ne peut tout de même pas dire que le ciinéma japonnais est mauvais car le même réalisateur a fait les 7 samouraïs qui est très bien. Vraiment ce film ressemble a du vent. On a tellemnt envie de dormir que le travail sur les couleurs on ne le voit pas...
Quelle déception ! Au bout d’une heure de film, je me suis demandé si je n’avais pas mal regardé le programme, si ce n’était pas la parodie d’un chef-d’œuvre du même nom. Eh bien non… À part la magnifique première scène de très bon augure, le reste ne vaut pas grand-chose. Malgré les grands moyens, les paysages et costumes splendides, les personnages demeurent fades, les dialogues bavards et sans relief, les scènes de guerre étonnamment répétitives… Ça baillait fort dans la salle !
Le film semble hésiter entre les registres. Mais en passant de l’épique au burlesque, ça ne décolle jamais et aucune émotion ne se dégage de cette histoire inspirée à ce qu’on dit du Roi Lear. Mais bon, comparer Ran à du Shakespeare, ce serait comme mettre sur le même plan Bernard-Marie Koltès et Beckett !
Un grand Kurosawa qui rappelle à l’homme que chacun de ses choix a un poids incontestable et que c’est lui qui fait l’histoire, lui qui est l’histoire. Un film profondément troublant parce qu’il peint les vices de l’être humain autant que sa beauté au cour d’une balance impartiale qui ne trahit pas la vérité. Un petit appel de la grande folie qui nous dit que demain, peut-être il sera judicieux d’abandonner la raison au creux d’une montagne parce qu’elle sera peut-être notre drame le plus cruel.
Troisième long-métrage d'Akira Kurosawa que je regarde après Les Sept Samouraïs et Kagemusha, et troisième excellent film ! Le récit de la succession du seigneur Hidetora Ichimonji par ses fils, entre trahisons, manipulations et guerres sans pitié. Sans aucun doute ce qui m'a charmé, c'est l'impression d'assister à une longue pièce de théâtre en décors naturels. J'ai pas le souvenir d'avoir déjà ressenti ça, et je pense que c'est dû aux scènes qui sont très peu coupées, comme s'il y avait juste une caméra posée de sorte à filmer tous les protagonistes, dans des décors minimum, et avec des acteurs (film) qui jouent comme des comédiens (théâtre). Je sais pas si je me fais bien comprendre. Ça m'est venu naturellement à l'esprit dès la première séquence, j'arriverais parfaitement à l'imaginer transposer au théâtre, et je me suis rendu compte que c'était le cas pour la plupart des scènes de l'œuvre. Bref, du coup j'ai trouvé les acteurs vraiment extraordinaire et leurs personnages très intéressants ; outre Hidetora et ses trois fils Taro, Jiro et Saburo, il y a une femme du nom de Kaede sur qui repose finalement tout le clan Ichimonji, le seul véritable personnage féminin du film mais ô combien important ! Il y a aussi le bouffon Kyoami, le larbin efféminé du seigneur qui le suit partout. Et d'autres seconds rôles sympa. Paysages vastes, couleurs vives, costumes impressionnants, batailles sanglantes (dont une censurée en Allemagne), musiques collant parfaitement à l'ambiance ; moi qui adore les histoires de samouraïs j'ai été excellemment servi à tous les niveaux !
Magistral et somptueux. Ran est sûrement l'un des plus grands films du cinéma japonais et l'un des plus beaux films de Kurosawa. La séquence du siége du chateau et l'une des choses les plus monumental que j'ai pû voir dans un film.
Ce qui frappe en premier lors de la vision de Ran c’est sa magnificence visuelle. Le résultat découle directement du travail préparatoire fait par Kurosawa sur tous les plans. En effet, chaque cadre du film est pensé comme un tableau où l’élément souhaité est mis en valeur. Pour cela, le réalisateur s’appuie notamment sur l’utilisation de télé-objectifs (très longues focales) comme à son habitude. Ce qui permet d’écraser les perspectives et d’intégrer les personnages au décor. L’un n’allant pas sans l’autre, Kurosawa filme les interactions entre eux, l’influence de la nature sur l’homme et l’utilisation qu’en fait ce dernier. De plus, talent de peintre oblige, la couleur est mise en avant de manière hallucinante, chaque armée ayant son propre code et chaque décor ou costume étant soigneusement placé pour la composition des plans. Grand réalisateur, on oublie trop souvent sa véritable qualité d’artiste, comme le montrait 15 ans auparavant Dodes’Kaden et son utilisation magique de la couleur. Le tout est ici accentué à travers le sang qui coule à flot lors des batailles, rouge vif, et la fumée des arquebuses qui vire au rose. Ce sont de véritables chorégraphies colorées que dessine Kurosawa à l’aide de sa caméra.
Pourtant loin du réalisateur nippon l’idée de fabriquer une image dénuée de sens. La première séquence sur les montagnes est là pour nous rappeler son génie de metteur en scène. Kurosawa joue sur deux échelles. Il nous présente d’abord le seigneur de guerre, ses fils et ses anciens adversaires au sommet d’une montagne, loin de toute activité humaine, chassant et évoquant la succession. Ils sont ramenés à des figures mystiques, dans un décor abstrait quasi-divin, isolés du monde, pratiquant une activité noble et ancestrale. Alors exposés en plein soleil, au zénith, métaphore de leurs vies, les querelles qui éclatent annoncent les rancœurs et guerres à venir. Se prenant pour plus qu’ils ne sont, ce sont avant tout des hommes, et Kurosawa n’hésite pas à nous le rappeler à travers ses plans larges magnifiques, où ces humains paraissent si petits, pensant diriger un monde qui est finalement trop grand, trop complexe et trop vaste pour eux. C’est ce dernier qui annoncera leur fin et non l’inverse.