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Un visiteur
5,0
Publiée le 21 juillet 2007
Gigantesque fresque qui démontre encore le sens de l'histoire de Kurosawa. Il montre encore une fois que ce sont les Hommes qui décident de leur histoire et que chacunes de leurs décisions a une répercussion sur leur avenir. L'écroulement de la maison des Ichimonji démontre aussi que dans une société féodale ultra-hiérarchisée comme celle du Japon du XV ème siècle montre que seule la présence d'un chef tenant ses terres avec une main de ferre permet d'assurer la cohésion du groupe. En choisissant de séparer ses terres entre ses fils le maître choisit il fractionne le pouvoir qui a toujours vocation à se regrouper et déclenche une véritable guerre familiale. Il tombe peu à peu dans la folie en perdant son humanité et donc sa raison. Les plans de Kurosawa sont superbes, le vieux maître majestueu au début se tranformant rapidement en fantôme est interprété de façon magistrale par Nakadai, plusieurs scènes d'anthologies notamment celle du siège du château du vieux maître. La présence de l'aveugle au bord de la falaise à la fin de l'oeuvre est la métaphore de l'Homme par rapport à son histoire. Kurosawa montre ainsi que le pouvoir est une caractéristique proprement humaine puisque sa quête régule son histoire même s'il doit faire abnegation de ses liens familiaux. Il montre que l'histoire n'est pas le lieu de la réalisation de la morale au plan individuel car elle nous offre un spectacle tragique. Alors elle serait une opposition entre la finalité d'un but rationnel et sa réalisation. Kurosawa montre que l'Homme agit aussi par passion ce qui empêche empiriquement l'Histoire de conduire les Hommes à la moralité et à l'ordre de façon organisée et rationnelle. Il y aurait alors une inéquation entre le but rationnel de l'Homme et sa réalisation historique qui conduirait à considérer l'histoire comme absurde et non naturelle.
Ran, où quand deux génies se rencontrent (Kurosawa + Shakespeare), un film magistral tant sur le fond que sur la forme. Un chef d'oeuvre du cinéma Nippon, malheureusement connu ici que des seuls cercles de cinéphiles élitistes, alors que cette oeuvre est limpide et très abordable par tous. A ceux qui ne connaissent pas le cinéma du maître Kurosawa, je vous engage à la curiosité : après "les 7 samouraïs" n'oubliez pas de visionner "Ran", une histoire universelle qui vous prendra aux trippes certainement plus que "Spider man 3" (et consorts), et le tout avec beaucoup moins d'effets spéciaux...si si j'vous jure, c'est possible!
Grandiose, magistral, sombre et effroyablement beau, Ran est une uvre merveilleusement mise en scène par le master Kurosawa et incarnée avec brio par Tatsuya Nakadai (lun des meilleurs acteurs du monde ). On peut être déstabilisé par la vivacité des couleurs et le caractère rude des personnages, mais rien que pour ces derniers et le côté flamboyant du film, on se laisse transporter au cur de lhistoire, tant les émotions sont diverses : compassion, rire, larme, étonnement Ran donne un souffle épique, dense et tragique au cinéma asiatique, lun des meilleurs Kurosawa à ce jour.
Ran, comme toute les films de Kurosawa ne laisse pas insensible. Autrement que les épopées tel les sept samurais ou des uvres humanistes plus sociétales comme Barberousse, Ran nous dépeint la vision du monde de ce génie du cinéma à sa manière. Lhomme est ainsi ! Mauvais, cruel, mais il pleure de ses actes, il pleure de ses fils qui suivent son chemin. Lorsquil retrouve la raison, il choisit pourtant la folie pour se préserver de cette tragédie. La réalisation de Ran est encore une fois digne de lart de Kurosawa. Le jeu théâtral se ressent fortement peut être pour faire référence à Shakespeare. Un chef duvre une fois de plus
"Ran" est le dernier "grand" film de Kurosawa. Désenchanté et mélancolique, "Ran" voit Kurosawa revenir comme il le fit souvent à un sujet qui lui était cher: la nature du pouvoir ( "Kagemusha" et "Le Chateau de l'Araignée" venant imméditament à l'esprit). Ici, ne reste rien de l'humanisme "positif" qu'un "Rashomon" nous offrait. Vanité, corruption, inéluctabilité de la mort, absurdité, Kurosawa nous tend un mirroir effrayant. D'une plasticité inégalée, rarement l'image ne fut d'une beauté aussi désespérée.
C'est entendu, Kurosawa est un grand metteur en scène. Certains moments du film (la scène dans la cabane de Tetsumaru, l'exil du père, la scène de la tête de renard...) sont remarquables par leur force, leur esthétisme ou leur humour. Certains personnages sont mémorables: l'aveugle Tetsumaru, tout droit sorti d'un pièce de théâtre nô, ou le fou du roi, d'inspiration shakespearienne. Et cette histoire où chacun est tour à tour bourreau et victime est dans l'ensemble passionnante. Restent quand même pas mal de réserves. Quelques lourdeurs et longueurs (la tirade finale sur les hommes qui se battent tout le temps...) rappellent que Kurosawa n'est pas le cinéaste le plus sobre de l'Histoire. Nakadai, dans le rôle du père trahi, manque de charisme et donne dans l'histrionisme un peu vain. Que n'a-t-on offert le rôle à Mifune Toshirô, l'acteur fétiche de Kurosawa! De façon générale, les acteurs sont assez ternes, à part Harada Mieko, géniale dans son rôle d'épouse assoiffée de vengeance. Les scènes de bataille sont aseptisées et pas vraiment convaincantes. Et bon nombre de scènes sont reprises presque telles quelles d'anciens films de Kurosawa, comme le Chateau de l'araignée. Il y a pire comme source d'inspiration... mais ça donne au film un côté de déjà vu qui en gomme un peu l'intérêt.