Avis : Network, main basse sur la télévision - Page 3
Network, main basse sur la télévision
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Y Leca
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4,0
Publiée le 16 mars 2021
Chef d'œuvre prémonitoire sur la force de la télé réalité, le règne de la finance libérale et la fin de l'éthique au profit du roi dollar. Même la crise de la cinquantaine y est parfaitement rendue. Scénario brillant, dialogues superbes et performances d'acteurs au top. Splendide et toujours d'actualité.
Rarement un réalisateur aura décortiqué et désacralisé la télévision avec une telle vigueur et un cynisme aussi exacerbé. Sydney Lumet tire à boulets rouges sur le monde du petit écran en dénonçant les dérives qui lui sont inhérentes mais bien plus encore. Parmi les personnages à l'égo le plus surdimensionné, on appréciera un présentateur prêchant devant des millions de téléspectateurs puisqu'il se prend pour un dieu et une responsable de chaîne (Faye Dunaway excelle dans un de ses plus grands rôles) manipulatrice et sans scrupules vouant un culte immodéré à sa carrière et à l'audimat. Hormis, à ma connaissance, la scène finale, tout ce que dénonçait Lumet en 1976 s'est produit et sans que cela ne choque plus personne désormais! Même cette chaîne privée étasunienne qui soutient bec et ongle des émissions éthiquement condamnables pour autant qu'elles réalisent de bonnes audiences mais les supprime sans préavis lorsque le public les délaisse. Tiens, tiens, ça me rappelle la politique de la première chaîne privée française avec, dans les années 90, les programmes de reality show bien trash ou d'une certaine animatrice jeunesse, critiquée avec véhémence par quantité de parents et forcée de partir précipitamment à la retraite... Dialogues enlevés et subtils. Passionnant et visionnaire!
Film très moyen avec un sujet pourtant passionnant mais qui se perd dans des intrigues secondaires sans intérêt. La réalisation et l'écriture sont très banales et gâchent un film qui contient pourtant de très belles séquences.
Grand film sur les médias et les dégâts du liberalisme, et donc sur la télévision (le sujet ici) et donc sur les réseaux sociaux (qui remplacent les chaînes de télévision depuis une décennie). Hormis les technologies, les thématiques du film sont encore d'actualité. Sidney Lumet, et Paddy Chayefsky son scénariste, nous montrent les problématiques multiples de la télévision étatsunienne des années soixante-dix, mais toujours actuelles: comment faire de l'audimat, comment gérer des actionnaires qui ne pensent qu'au gain, comment expliquer et présenter n'importe quoi pour faire de l'audimat (avec ici l'état dépressif et suicidaire un animateur qui est exploité, ou aussi aller jusqu'à des meurtres). Tout ce qui est présenté dans le film reste vrai de nos jours pour la télévision, mais aussi pour les réseaux sociaux qui sont devenus maintenant la principale source d'information et de désinformation. La narration mélange de manière géniale des relations de couples et leurs intimités ( Faye Dunaway et William Holden, William Holden et sa femme) à l'histoire économique de la chaîne de télévision avec le rôle des actionnaires, puis le rôle des actionnaires de l'extérieur ici l'Arabie Saoudite, la problématique de programmation et de présenter n'importe quoi pour attirer le spectateur. Ils sont prêts à établir une relation avec un groupe terroriste pour créer de l'audimat, ou carrément faire tuer un présentateur à la télévision en direct pour créer de la sensation, et le tout avec un sérieux et une réflexion géniale. Dans la distribution il y a Peter Finch qui est très bon dans le rôle du présentateur prédicateur qui harangue les foules dans un mode désespéré; il y a Faye Dunaway dont la seule préoccupation est de faire monter l'audimat et ceci coûte que coûte y comprit si cela coûte à sa vie personnelle et s'il faut tuer des gens. Il y a Robert Duvall qui est génial aussi en patron préoccupé uniquement par ses actionnaires. Ned Betty est très bon dans la scène où il rencontre le présentateur vedette Peter Finch et où il montre qu'il est capable d'être encore plus fou que le présentateur. La relation entre Fayde Dunaway et William Holden est bien écrite. Du grand art. Sidney Lumet a dû se faire plaisir à mettre en images un bijou de scénario comme celui-là.
Ce fameux Network qui fit sensation en son temps et qui a plutôt bien vieilli ne m'a guère impressionné, je suis même déçu par ce film qui est loin d'être l'oeuvre cynique et dénonciatrice que j'espérais. La charge virulente du film de Lumet n'a pas réellement d'impacte à cause de sa mise en scène trop sobre mais c'est surtout l'histoire qui ne m'a pas du tout passionné. Lumet aurait du consacré Network uniquement sur le journaliste viré qui veut se suicider. Seule scène qui m'a vraiment plu dans le film celle ou tout le monde se met à crier de sa fenêtre.
Network est un bon film, même un petit bijou ; alors pourquoi cette note ? Et bien malheureusement le film a beaucoup vieilli, et il en est difficile de tenir la longueur. Toutefois les dialogues sont justes exceptionnelles et la réalisation un chef d'oeuvre. On ne décroche pas, justement, grâce à ces éléments, mais l'ennui est malgré tout présent à cause de cette atmosphère surannée. Bref, parfois un bon film tombe dans l'oubli sans que l'on puisse réellement expliquer pourquoi. Network est de cela. C'est injuste vis à vis de toute ses qualités, mais ce film ne pouvait survivre au temps, à son temps.
Une satire féroce et prémonitoire (mais par moment un peu trop excessive et théâtrale) des dérives de la télévision et de la transformation de l’information en spectacle dans une course effrénée à l’audimat, portée par un casting solide (notamment l’illuminé Peter Finch et la glaçante Faye Dunaway récompensés par un Oscar). 3,25
On peut dire que ce film avait un coté visionnaire, tant aujourd'hui, 45 ans après sa sortie, sa critique reste d'actualité. L'apparition de la TV a profondément changé les vies mais sa qualité a été altéré au contact du "commerce" Course à l'audience, gout du spectaculaire, quête de notoriété, jugement à l'emporte pièce, médiocrité au nom du consensus. Un sujet en or pour Sydney Lumet qui a, tout au long de sa riche carrière, questionné les rouages des démocraties et la force des médias n'a cessé de s'accroitre, prenant un pouvoir incroyable et incontournable. Lumet n'oublie pas de critiquer également le public versatile et attiré par le spectacle. Le film a un coté un peu trop théatral par moment, notamment à travers son personnage principale, mais les acteurs son excellents, notamment William Holden charismatique en homme mesuré, et Faye Dunaway splendide en femme teigneuse et mu par le désir de réussite. Un film et une démonstration implacable sur la prise de pouvoir et le fonctionnement des médias.
Après le marquant "Un après-midi de chien", Sidney Lumet enchaîne en 1976 avec "Network", une charge acerbe contre l’évolution de l’industrie télévisuelle. Le cinéaste met au fond en scène une querelle des anciens et des modernes. D’un côté les vétérans du métiers tels William Holding, adeptes d’un journalisme exigeant et de qualité et de l’autre la nouvelle garde incarnée par Faye Dunaway et Robert Duvall. Une nouvelle vision déshumanisée, concentrée sur les audiences et ce que l’on appellerait aujourd’hui le buzz. Il s’agit donc d’un long-métrage profondément visionnaire. "Network" est incontestablement l’un des sommets de Sidney Lumet.
"Network" est un film sacrément gonflé, mais il faut dire qu'on est en 1977, en plein cœur de l'époque bénie du Nouvel Hollywood. Et c'est peut-être plus intéressant de voir ce film aujourd'hui plutôt qu'à l'époque tant il apparaît comme visionnaire et nous renvoie à quantité de choses qui sont de notre quotidien. Très bien scénarisé, excellemment interprété (vu le casting c'est logique), ce que l'on peut craindre comme long et ennuyeux à la lecture du synopsis est au contraire très dynamique et passionnant. A voir.
Une œuvre qui se répète avec des longueurs. Une fois l'idée proposée l'ensemble stagne et ne développe rien de spécial. Malgré une ambiance sèche on peut dire que le film a plutôt mal vieilli avec une critique certes véridique sur la rentabilité et tous les mécanismes des médias, mais qui ne surprend plus dans notre temps.
À sa sortie, il y a plus de 40 ans, nous étions choqués par cette vision de la télévision américaine prête à tout et surtout au pire pour « faire péter l’audience ». Et ce film, comme souvent avec Lumet,n’était que prémonitoire ! Toutes en sont là, en France comme ailleurs. Sur cette histoire même pas exagérée, Sidney Lumet nous concocte un film intéressant de bout en bout, réalisé classiquement et interprété magistralement par les premiers rôles. Il cogne fort sur un monde qu’il connaît bien mais s’égare, et c’est dommage, dans des dérives sentimentales hors cadre. Plus appliqué dans la mise en scène et surtout plus concentré sur le monde professionnel, il y aurait gagné !
La charge de Lumet est implacable et prophétique sur l'inféodation des médias au profit immédiat. Dommage que la photographie et la mise en scène ne soient pas à la hauteur du propos. Le personnage de Dunaway est insupportable de par son inhumanité, c'est un portrait sans nuance. Sauf que, et c'est nouveau, la soif du pouvoir et du profit est incarné par une femme. Ambiance très daté années 70. TV vo mars 21
Un film prenant sur le monde de la télévision mais surtout le point de basculement, dans la télévision trash, où, l'on perdait en crédibilité mais où, on gagnait en part de marché. Qui à se travestir, autant y aller à fond. Les méthodes, où la tv se devait être sérieuse, avec des informations travaillées à fait long feu, maintenant, le public veut du spectacle, de l'entertainment comme on dit là bas. Et peu importe si des gens vont rester sur le carreaux, dès l'instant que les annonceurs sont là, les patrons de la programmation sont des dieux sur le mont Olympe du tube cathodique. C'est une descente en enfer que nous propose Sidney Lumet, avec l'acteur, Peter Finch, et l'actrice Faye Dunaway oscarisés, mais, on peut se demander pourquoi ? Ils tiennent leur rôle c'est certain, mais pas plus que William Holden qui est lui aussi excellent. Même si ce film pourrait nous projeter sur des années actuelles, avec des renvois nauséabonds de ce qui se fait aujourd'hui sur certaines émissions, est-ce que le monde de la tv a réellement changé depuis ce virage qui a été pris pour la course aux annonceurs, et l'argent à tout prix...