Avis : Network, main basse sur la télévision - Page 5
Network, main basse sur la télévision
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Parkko
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4,5
Publiée le 2 octobre 2010
Un film captivant sur la télévision. Au bout des deux heures on a l'impression que Lumet a traité le sujet, qu'il a dit tout ce qu'il fallait dire, tout a bien été fait... Vraiment, quelle œuvre. Pourtant, ce n'était pas forcément évident de livrer un film sur le milieu de la télé, mais le tout est très bien fait, bien filmé, y a une vraie réflexion sur le média, sur son rôle, sur son pouvoir, et c'est vraiment un des atouts du film. Qui plus est les comédiens sont vraiment bons, avec notamment Faye Dunaway.
1976 et le film pointe déjà du doigt la dérive de la télé et des multinationales, malheureusement les réactions des personnages paraissent souvent excessives et artificielles au détriment de l'intrigue ( en même temps je ne suis pas un habitué des coulisses de la télé). Cependant un passage reste vraiment génial, celui ou le patron Arthur Jensen prêche la bonne parole à Howard Beale, tant pour le texte que dans la manière de filmer.
On comprend le réel enjeu du film dans sa deuxième moitié : montrer la télévision comme une sorte de machine avec une intelligence propre, un monstre de science-fiction. Les directeurs des programmes et les présentateurs ne sont plus que des marionnettes face à quelque chose qui les dépasse complètement. Il flotte une ambiance très glauque dans ce film de Sidney Lumet, ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse. Une force car le scénario est plutôt original et nous fait réflechir sur la société. Une faiblesse car le film échoue à rendre les personnages crédibles, voire attachants. Faye Dunaway, en jeune self-made woman esseulée, est convaincante (pour autant, j'ai du mal à comprendre pourquoi elle a obtenu un oscar). Notons enfin que quelques longueurs viennent alourdir la fin du film.
Pas mal du tout ce film de Sidney Lumet. Un présentateur de télévision pète un câble en direct. Le public, séduit par cet illumine qui semble dire tout haut ce que chacun pense tout bas, devient accroc, ce qui pousse la direction de la chaine a faire de ce journaliste une star. C'est une satire au vitriol sur le système médiatique moderne et ses dérives. William Holden et Faye Dunaway sont très convaincants. Le pouvoir corrupteur de l'argent, le mirage de la célébrité, l'abrutissement de la télévision, et finalement la médiocrité et la vénalité des gens en général sont au cœur de ce film-pamphlet. L'humour ne tempère que partiellement le message très sombre distille par cette œuvre : la scène ou la militante du Parti communiste et le chef spirituel d'une secte crypto-millénariste s'écharpent est hilarante. Cote mise en scène, le film a évidemment vieilli, mais la qualité et le talent de Lumet font que "Network" reste un film incontournable.
Sidney Lumet est critique envers ce qu’il traite. Critique certainement, cynique jamais (exception faite du singulier «Before the Devil knows you’re dead»). Venu de la télévision –il a réalisé vingt-six téléfilms avant d’adapter pour le cinéma «12 angry men»-, Lumet pose, avec «Network» (USA, 1976) un regard accusateur sur les dérives possibles de l’immédiateté télévisuelle. Un présentateur de J.T., limogé sans préavis, décide d’annoncer son suicide en direct. A partir de cet incident, Lumet débouche sur une démonstration, toujours chez l’auteur aux frontières de la leçon, de la télévision comme champs des possibles et réseaux du morbide. L’angoisse aliénante qui menace le présentateur, et sur lequel joue avec machiavélisme le personnage de la cadre arriviste (Faye Dunaway) génère la base réflexive du film. Œuvre de cinéma interrogeant les possibilités de la télévision, «Network» se dédouane de toute expressivité formelle pour davantage travailler l’articulation du récit et la montée en acte d’une morbidité en puissance. Télévision, média de mort pourrait être le slogan scandé par Lumet. Bertrand Tavernier dans «Death Watch» interrogeait, avec davantage de profondeur, le même thème. Télé-fils crachant sur le dos de son père, Lumet, connaisseur du milieu, forge un film critique qui tourne en absurde les fonctionnements du système télévisuel. Le cinéma de Lumet s’accorde à observer, en une pensée critique, tous systèmes composants les Etats-Unis. La télévision est un système fondé sur la manipulation des images et sur l’insulte des consciences. Homme-souffrance, le présentateur tombe progressivement dans la folie tandis que la direction de la chaîne TV fait de lui un martyre en puissance, glaneur de téléspectateurs et messie de l’audimat. «Network» est sombre dans le regard qu’il objecte contre la télévision. Mais il n’est pas cynique dans la mesure où sa critique n’appelle pas à la mort de la télévision, elle n’en souligne que l’affreuse perversité.
Sydney Lumet signe ici un brûlot virulent et effrayant sur les réseaux télévisuels de l'époque, transformant la petite lucarne en cirque malsain et carnivore, tout en démontrant son influence sur les masses et la société moderne.
Un drame intense et terriblement pessimiste sur le monde des médias, des acteurs d'exception pour un résultat prenant et intelligent. Chronique du pire des médias, le scénario raconte la folie prophétique d'un présentateur qui menace de se suicider en direct, et la réaction en chaine qui suit cet évènement, une plongée dans l'enfer des médias, le déclin de l'information et l'éthique peu morale des grandes chaines, une chronique sombre, pessimiste et terrifiant. Hystérique et prophétique, Peter Finch est l'incarnation de la folie télévisuel, face au pertinent et charismatique William Holden, la terrible et extrême Faye Dunaway et le rapace Robert Duvall, un casting remarquable et très différent, ce qui en fait sa force. Réaliste, la mise en scène de Sidney Lumet est un constat terrible, une plongée dans la nouvelle morale des médias, un message ancré dans son époque, mais qui peut concerner la télé d'aujourd'hui. Un drame sombre, une chronique infernale, réaliste et porté par un excellent casting, dans différents registres.
Je revois ce film de Sidney Lumet avec plaisir, c’est du très bon cinéma. Ce portrait au vitriol de l’influence (néfaste) de la télévision sur les masses est réussi. Les acteurs sont excellents, avec une Faye Dunaway, archétype de l’arriviste qui n’a aucun sentiment ni morale autre que l’audimat, Peter Finch présentateur d’abord dépressif puis passablement cinglé qui se croit investit de la bonne parole, explosant l’audimat d’abord puis retourné par le dirigeant cynique de la holding qui contrôle la chaine (Ned Beatty) , enfin William Holden dirigeant de l’information , le seul qui reste conscient de la folie générale et qui se fait virer car pas dans la doxa. Cela navigue entre comédie et drame, certaines réflexions sont encore d’actualité actuellement. Les personnages sont un peu caricaturaux bien sûr, mais c’est savoureux.
Le sujet et le synopsis de "Network" m'attiraient, mais son scénario ne tient malheureusement pas ses promesses. Ca vire tout simplement au grand n'importe quoi, avec des personnages tellement cyniques que ça en devient ridicule. Les personnages interprétés par Faye Dunaway et Robert Duvall sont si extrêmes que l'histoire n'est simplement pas crédible. Celui incarné par Peter Finch, sorte de gourou télévisuel anti-capitaliste, est du même acabit. Et le personnage de William Holden, le plus "normal", n'est pas très intéressant. Qui plus est, le scénario s'enfonce dans des intrigues secondaires sentimentales qui ne sont d'aucune utilité. La dernière scène, cynique et malsaine, est la meilleure du film, et on regrette de devoir attendre pendant 1h50 pour y arriver. Lumet a voulu faire un drame cynique, mais quand il est question de cynisme, c'est à mon avis la comédie qui est la meilleure façon d'arriver à ses fins. Enfin, le film a vieilli malgré lui, du fait que la télévision est aujourd'hui largement supplantée par internet. Reste la mise en scène de Lumet, indéniablement réussie.
Sans blaguer, je me suis posé la question pendant un long moment: comment est-ce que l’on réagirait, nous, les spectateurs (les bons c..s d’auditeurs comme disait Jean Yanne) si un soir l’un de nos présentateurs du journal télé menaçait en direct de se coller un pruneau dans la tête ? Et comment est-ce que l’on réagirait si ce présentateur devenait d’un seul coup le prophète de notre époque ? Réalisé par Sidney Lumet (que l’on ne présente plus), « Network, main basse sur la télévision » est une critique acerbe, voire cynique du monde de la télévision et de ses coulisses. Les données sont très simples: la télé, c’est du show business, la seule chose qui compte, c’est le pognon. Ce qui nous intéresse, ce sont les taux d’audience, les parts de marché, les points de popularité et par la même occasion, abrutir le plus possible le mec derrière son écran. Le côté humain, on s’en moque complètement. Oui, le monde de la télé, c’est ça: le pognon, le capitalisme et la volonté de gravir les échelons rapidement en utilisant tous les moyens possibles. D’ailleurs, comme le dit le personnage de Robert Duvall: « on est des p...s, alors agissons comme tel ». Voila une phrase qui résume bien le truc je trouve. Mais attention, dans « Network », il n’y a pas que ça. Il n’y a pas qu’une critique du monde de la télé. Il y aussi un état des lieux de la société américaine des années 70. Et les Etats-Unis à cette époque étaient dans la panade jusqu’au cou: chômage, crise politique, économique, militaire (la guerre au Vietnam venant tout juste de s‘achever), scandales à répétitions (celui du Watergate principalement), taux de criminalité qui augmentait, inflation, pouvoir industriel faiblissant, le dollar perdant de sa valeur. Enfin, l’attirail complet quoi. Et Lumet ne manque pas l’occasion de verser du gros sel sur des plaies béantes encore toutes rougeoyantes de sang. Beale devient le messager du peuple, il devient celui qui aide l’américain moyen à extérioriser toute cette rage jusque là restée latente. Malgré un propos très juste, qui pourrait tout aussi bien s’appliquer à notre époque, ce film, à mon goût, n’est pas le meilleur de son réalisateur. Tout ce qui se passe en quasi huis clos dans les locaux de la chaîne de télé est très bon. Mais ça dérape un peu à partir du moment ou Lumet décide de donner un caractère intime à la relation entre le personnage de William Holden (encore une fois très bon) et celui de Faye Dunaway (excellente et débordante de classe). D’accord, c’était une façon de faire affronter deux générations différentes de personnages, celui qui a grandi sans la télé, et celle qui a toujours eu le nez collé dessus. Mais ce n’est pas très bien fait et ça nuit au film. Voila pour moi le gros point noir du film. Autrement, je n’ai aucun autre reproche particulier à faire.
Si "Network" a quelque peu vieilli dans sa forme, à l'image de cette émission fictive invraisemblable qui bat des records d'audience, son propos reste en revanche plus que jamais d'actualité, et s'avère même prémonitoire à certains égards. Dès 1976, Sydney Lumet a parfaitement cerné l'évolution présente et à venir du medium télévisuel, incarné par le personnage de Faye Dunaway, sorte d'allégorie personnifiée de la petite lucarne. Cette "enfant de la télé" la comprend d'autant mieux qu'elle a grandi avec elle, contrairement à la génération précédente, celle de William Holden, formée à la radio et à la presse écrite, et qui conserve un certain recul, et donc une forme d'authenticité et d'intégrité. Peter Finch représente lui aussi cette génération, mais lui n'a pas su garder sa lucidité, et il se trouve également aliéné par le petit écran, à l'issue d'années de carrière soumises aux contraintes d'audimat. Quant à Robert Duvall, il incarne une autre facette de cet univers, tout aussi corrompue, celle du producteur carriériste à la solde de son actionnaire. On l'aura compris, "Network" est un véritable réquisitoire à charge de la télévision, bénéficiant d'une mise en scène théâtrale mais diablement efficace, quelque peu affaibli par sa dimension caricaturale et par quelques longueurs. En tout état de cause une belle réussite de Sydney Lumet, qui vient compléter avantageusement son panel de films sur les institutions américaines : "12 angry men", "Serpico", "Power"...
Sidney Lumet signe encore une fois un film éblouissant. Cette fois, il nous décrit avec une simplicité absolue l'univers impitoyable de la télévision; dans lequel on vend tous nos principes pour quelques points d’Audimat. A l'heure où le monde se virtualise, ce film est plus que jamais d’actualité.
Une plongée terrifiante dans les coulisses de la télévision américaine, le film a beau daté de 1977, il n’a pas pris une ride, bien au contraire, avec l’avènement de la télé réalité, on peu même y voir une œuvre prophétique. Le monde de la TV y est représenté comme inféodé aux indices d’écoute et aux recettes publicitaires, faisant la part belle à la démagogie et au sensationnalisme au dépend de toute morale et de toute éthique, gommant même la part d’humanité des protagonistes. Seul bouée de sauvetage dans cet océan d’immondice, le personnage de William Holden, incarnant une Amérique humaine et juste mais hélas hors jeux. Le personnage de Faye Dunaway est à rapprocher de celui de Eva Mendes dans « live ! ». Un film essentiel pour comprendre la télévision et la société contemporaine.
Toujours aussi indispensable, "Network" n'a pas pris une ride. Plus que jamais, La TV continue de vendre du "temps disponible de cerveau" et la domination des multinationales sur la politique et l'économie continue de remettre en question la notion même de démocratie. A la vigueur du propos, Lumet ajoute le portrait d'un individu moderne perdant peu à peu son identité. Pour tous les personnages du film, la frontière du moi se brouille : le modèle d'un individu économique formaté par et pour la média-société a définitivement pris le dessus. Le jeu de dupe ne profite a personne mais qui peut y résister ? Le constat est terrible, mais Lumet ne joue jamais le donneur de leçon et fait de cette entreprise de démolition une satire bouffonne et revigorante.
Voilà un film, qui dénonce de manière active la télévision, et ses programmes pourris cherchant a abrutir la masse sous prétexte de vouloir la divertir. Une critique donc de la télévision, des têtes pensantes incarnées par la production, mais aussi les têtes soumises et heureuses dépeintes a travers le peuple. Ce qui compte le plus dans la vie et au monde, c’est l’audience. Il faut faire la meilleure audience, et pour atteindre cela tous les moyens sont bons, pourquoi ne pas annoncer un suicide en direct ?! Ce qui fait l’essence même que ce film n’ai pas vieilli, c’est que malgré ses, presque, 32 ans, le film est toujours d’actualité. Une idée qui d’ailleurs a été reprise l’année dernière avec «Live!» de Bill Guttentag avec Eva Mendes. Un thème qui m’a toujours passionné.