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Network, main basse sur la télévision
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Publiée le 1 juin 2026
Avec Network - Main basse sur la TV, Sidney Lumet signe une satire d’une lucidité stupéfiante sur la marchandisation de l’information et la transformation du spectacle médiatique en fin ultime. Ce qui pouvait apparaître comme une charge outrancière en 1976 résonne aujourd’hui avec une force presque prophétique tant le film anticipe les logiques de l’audience permanente et de la surexposition émotionnelle. Porté par des dialogues d’une redoutable intelligence et des performances exceptionnelles, notamment celles de Peter Finch et Faye Dunaway, le récit oscille constamment entre farce grotesque et tragédie contemporaine. Lumet montre comment les individus, les convictions et même la révolte peuvent être absorbés puis recyclés par les mécanismes du divertissement de masse. Malgré quelques effets démonstratifs hérités de son époque, Network demeure une œuvre visionnaire et férocement actuelle.
Sorti en 1977, ce pamphlet cinématographique signé Sidney Lumet tirait à boulet rouge sur l'émergence de la télévision spectacle, qui allait progressivement remplacer la télévision à papa et son journalisme épris de déontologie. Désormais, tout n'est qu'affaire de course à l'audience pour capter du temps de cerveau disponible et booster les revenus publicitaires. Et pour assurer de belles audiences, quoi de mieux que de cultiver la colère et le populisme tous les soirs devant l'écran. Ce scénario nous rappellera inévitablement un certain système médiatique actuel. En cela le film frappait très juste. Porté par une Faye Dunaway en forme olympique, cette œuvre filmée à la manière d'une émission de télévision, froide et sans affect, pèche un tantinet de par son aspect théorique et métaphorique, manquant parfois de chair. Il n'en demeure pas moins que son aspect prémonitoire est impressionnant.
Un film qui respire les années 70, et pourtant encore si moderne. Politique spectacle et culture du clash se substituent au devoir d'information, tout n'est plus que divertissement. Dans une industrie où seul le niveau d'audience compte, les personnages finissent par devenir des produits médiatiques eux aussi. En témoigne Diana, qui n'envisage les émotions qu'à travers un potentiel de programmation.
En 1976, cette intrusion de Sidney Lumet dans l'univers des médias télévisés américains a pu paraitre bien étrange et excessive pour le spectateur français peu au fait, avec ses trois chaines publiques d'alors, des questions d'audimat. Aujourd'hui, le pamphlet de Lumet prend tout son sens. Le cinéaste n'en est pas à fustiger la télé-poubelle mais il dénonce brutalement le mercantilisme triomphant des network qui les conduit à transformer l'information télévisée en shows populistes. Il décrit un milieu et des professionnels impitoyables, dominés par la logique d'un capitalisme aliénant. Aux vieux singes de l'info, Lumet oppose de jeunes loups suspendus à l'audience et à la satisfaction de l'actionnaire. C'est ainsi que le présentateur en déclin Howard Beale, dépressif et subitement mystique, est maintenu à l'antenne parce que ses interventions en forme sermons connaissent un succès d'audience inattendu. L'abandon de toute considération déontologique, la transformation du journaliste en évangéliste et son pouvoir sur un grand public complaisant et influençable sont ici quelques manifestations d'une télé à la dérive. Film alarmiste au style direct et au verbe violent, "Network" peut paraitre un peu démonstratif et édifiant dans la mesure où, de nos jours, le fonctionnement des chaines et les mœurs télévisuelles n'ont plus beaucoup de mystère.
Une nouvelle découverte cinématographique grâce à Arte. Un rare film qui décortique les mécanismes pernicieux des télévisions commerciales courant après l'audimat, la recherche du profit mais aussi le contrôle de l'opinion publique par leurs actionnaires. Le fond, très intéressant mais pas toujours bien digeste, aurait tout de même mérité d'être un peu plus court.
Un film prenant sur le monde de la télévision mais surtout le point de basculement, dans la télévision trash, où, l'on perdait en crédibilité mais où, on gagnait en part de marché. Qui à se travestir, autant y aller à fond. Les méthodes, où la tv se devait être sérieuse, avec des informations travaillées à fait long feu, maintenant, le public veut du spectacle, de l'entertainment comme on dit là bas. Et peu importe si des gens vont rester sur le carreaux, dès l'instant que les annonceurs sont là, les patrons de la programmation sont des dieux sur le mont Olympe du tube cathodique. C'est une descente en enfer que nous propose Sidney Lumet, avec l'acteur, Peter Finch, et l'actrice Faye Dunaway oscarisés, mais, on peut se demander pourquoi ? Ils tiennent leur rôle c'est certain, mais pas plus que William Holden qui est lui aussi excellent. Même si ce film pourrait nous projeter sur des années actuelles, avec des renvois nauséabonds de ce qui se fait aujourd'hui sur certaines émissions, est-ce que le monde de la tv a réellement changé depuis ce virage qui a été pris pour la course aux annonceurs, et l'argent à tout prix...
Network, avec son sous-titre Main basse sur la télévision, propose une critique acerbe de ce média ultra-populaire des années 1970, période durant laquelle se déroule le film. Porté par un quatuor d’acteurs remarquable, P. Finch, W. Holden, R. Duvall et F. Dunaway, le long-métrage a certes vieilli sur la forme, mais ses idées restent étonnamment actuelles. Car si les supports évoluent, les mécanismes demeurent. Après la presse écrite, puis la radio et la télévision, c’est désormais un autre type de réseau qui exerce son influence : les réseaux sociaux. Le paysage médiatique change, mais une constante subsiste : la domination de grands groupes économiques. Hier incarnés par les compagnies pétrolières évoquées dans le film, qui elles ont très peu changé, ils ont aujourd’hui été dépassés par les géants des nouvelles technologies et du numérique. Un film intéressant, cruel mais révélateur de nos époques.
Je n'ai presque rien compris à ce classique. Dommage, je pensais que ça allait me plaire. Pensant qu'Howard Beal serait un personnage central, il n'intervient que rarement... Les dialogues sont longs, aucune musique, je n'attendais que la fin. C'est sûrement moi mais je n'ai pas ressenti d'émotion particulière et pas bien perçu le sens du film. Bref, à revoir plus tard, mais surtout pas maintenant !
Network raconte l’histoire de Howard Beale, un présentateur qui traverse une profonde crise personnelle et qui, en direct à la télévision, exprime sa colère et son désespoir. Au lieu d’être soutenu, il est utilisé par la chaîne pour augmenter l’audience. Le film montre comment les médias peuvent exploiter les émotions humaines à des fins commerciales.
Sidney Lumet critique la société moderne et le pouvoir des écrans. Les dirigeants de la chaîne représentent une logique froide et calculatrice, où tout se mesure en chiffres et en profit. Même la détresse des gens peut devenir un spectacle si elle attire l’attention du public.
Le film mélange drame, humour noir et satire. Chaque scène nous rappelle que la colère, la peur ou la tristesse des individus peuvent être récupérées par ceux qui détiennent le pouvoir des médias.
Pour moi, Network est un film sur la manipulation, la fragilité humaine et la manière dont les médias peuvent transformer des émotions réelles en instrument de contrôle. Il reste profondément actuel et bouleversant.
Plombée par une mise en scène à l'académisme désuet, cette satire acerbe des coulisses de la TV montre le pouvoir de la cupidité, le dédain envers les masses manipulées, l'aspect circassien des programmes à travers les décisions implacables de Robert Duvall, la résignation intéressée de William Holden, l'amoralisme obsédé de Faye Dunaway. Quant à la romance apparemment dispensable, elle apporte des informations sur la création de contenus par un autre biais (à l'instar d'une voix off railleuse) tout en montrant (avec didactisme!) le potentiel gangrénant d'un métier aveuglant et peignant la fragilité d'un bonheur bourgeois de façade (la prestation de Beatrice Straight oscillant avec justesse entre déchirement et pragmatisme). En outre, les soliloques endiablés d'un inoubliable Peter Finch (qui se perd dans le costume de prophète qu'il revêt) incarnent l'absolu cynisme de dirigeants qui encouragent un homme dépité à dénoncer les dérives d'un système, à ouvrir les yeux des spectateurs sur leur abêtissement, à parler vrai, sur un ton d'illuminé et dans une volonté d'augmenter l'audimat. Critique amère d'une information qui préfère divertir que prévenir ou améliorer la société américaine dont la déliquescence est consciente, la narration offre des séquences décalées (les délibérations dans la ferme), emblématiques (l'indifférence des employés écoutant le bulletin d'informations) ou symboliques (crier sa rage en nourrissant l'agacement). Très pertinent.
Ayant une bonne place dans la filmographie très fournie du réalisateur Sidney Lumet « Network » est une satire féroce du monde de la télévision et du pouvoir qu’il engendre, en réduisant tout le système à des chiffres, mesures d’audimat menant à une déshumanisation de cette industrie sacrifiée sur l’autel du capitalisme débridée. Pour autant, le film avec son verbiage incessant, son trait forcé virant vers la caricature de ses personnages sans être drôle pour autant. En effet, oscillant entre le sérieux de sa charge et le second degré qu’il tente d’insuffler, le cinéaste accouche d’un long-métrage foireux, dont le cynisme appuyé lasse rapidement et fait qu’on se désintéresse de l’histoire.
Une œuvre qui se répète avec des longueurs. Une fois l'idée proposée l'ensemble stagne et ne développe rien de spécial. Malgré une ambiance sèche on peut dire que le film a plutôt mal vieilli avec une critique certes véridique sur la rentabilité et tous les mécanismes des médias, mais qui ne surprend plus dans notre temps.
Un film culte et résonnant d'actualité ! A peine la télévision avait envahit les foyers, Sidney Lumet en avait déjà capté les dangers et les limites... Du pur génie !
Une satire féroce et prémonitoire (mais par moment un peu trop excessive et théâtrale) des dérives de la télévision et de la transformation de l’information en spectacle dans une course effrénée à l’audimat, portée par un casting solide (notamment l’illuminé Peter Finch et la glaçante Faye Dunaway récompensés par un Oscar). 3,25
Un présentateur vedette devenu prophète à travers des millions d’écrans de télévision. Il prononce des discours radicaux sur la société et la fameuse “matrice” dans laquelle nous vivons aujourd’hui, et supplie les gens de se révolter. Mais les dirigeants de la chaîne qui l’a lancé commencent à voir d’un mauvais œil sa popularité grandissante… La confrontation entre la cupidité et l’intégrité. Une satire brillante, en avance sur son temps. (Les dialogues sont exceptionnels.)