Remake du film éponyme, "Cape Fear" raconte l'histoire d'un violeur libéré de prison, et bien décidé à se venger de l'avocat qui a volontairement sabordé sa défense lors de son procès. Scorcese se démarque de son style habituel, pour s'orienter ici vers un hommage à Hitchcock, dans le montage à l'ancienne, certains plans typiquement hitchcockiens, et la BO (Elmer Bernstein a ré-orchestré les compositions de Bernard Hermann, issues du film original). Mais on repère tout de même la patte de Scorcese, avec quelques scènes violentes (tant sur l'aspect physique que psychologique), et Robert De Niro dans le premier rôle. Celui-ci est très l'aise dans la peau d'un psychopathe analphabète devenu érudit en prison, et usant habilement des failles de la loi pour piéger son ennemi. Face à lui, Juliette Lewis et Jessica Lange campent avec conviction la famille du protagoniste. Ce dernier étant joué par un Nick Nolte en forme, qui incarne ce personnage peu sympathique d'avocat faiblard et rigide. Un très bon thriller.
Sans être un navet, cette réalisation de MArtin S. n'est pas sa meilleure réalisation. Autant le début et le synopsis de base ; laisse penser à une suite bien prenante et psychologique. MAis malheureusement, mis à part un jeu d'acteur correct. La mise en scène et le déroulement de celui-ci m'a parut un peu fade. Apres un début convenable, le film s'enlise dans quelques choses d'un peu trop simpliste. Pas assez psychologique. Là ou le sujet prété à nous surprendre et nous mettre "une claque" par ce que l'on aurait pu découvrir. Il faut dire que le film a pas mal vieillit (le visuel est la pour nous le rappeler). Et quant au final, il s'avère correct ; mais loin de ce que le réalisateur a su nous faire découvrir lors de certaines œuvres devenu culte. Donc oui, pour l'époque ; le film a du marquer les esprits. Mais la violence psychologique face à un tel sujet m'a parut un peu légère. Bref, je ne dirais pas que le film m'a déplu. Mais de la part d'un grand des films prenant. Il m'a légèrement déçu (mais a su ce rattraper pour d'autres productions). Pour un remake, il y avait quand même matière à faire quelques choses de plus percutant (bien que je n'ais pas vu l'original). Bref, sa se laisse voir un soir ou le programme ne présente rien de bien interessant. MAis une fois est amplement suffisant (peu de surprise ou de retournement de situation imprévisible...^^). PAs une réussite en soit, une production non pas ratée ; mais qui montre que le réalisateur à quelques failles. Ou n'exploite pas totalement le potentiel dont il dispose... L'année de sortie du film jouant surement pas mal sur le pourquoi du comment...
C'est curieux parce que de Niro a du mal à m'inspirer de la peur et pourtant dans ce film, il est assez terrifiant. La tension va crescendo et au début, on se demande si son personnage ne va pas se contenter de juste faire peur. Mais progressivement on se rend compte que durant sa détention, il a pensé à sa vengeance et qu'il va vouloir la mener à bien. La musique accentue la tension jusqu'à la scène finale. Superbe film d'un maître réalisateur et prestations exceptionnelles des quatre acteurs principaux.
C'est clair, le film donne les nerfs à vif. De Niro joue un personnage assez complexe et bien fichu, bien qu'il finisse à la fin par lasser. La réalisation est réussie, mais le film n'est pas exempt de défaut. Dommage car le nom de Scorcese à la réalisation présageait mieux. Un film à visionner une fois.
Premier mot qui vient à l'esprit : glaçant. De Niro est parfait en manipulateur sadique et malsain. L'efficacité se situe dans les dialogues, les détails et le harcèlement "tranquille" de De Niro. Par contre, lspoiler: a fin n'est absolument pas à la hauteur de tout ce qui précède et relève de la série B. Le script est mauvais et l'exécution pas digne de ce réalisateur.
Voilà longtemps que je n'avais vu un vrai film de cinéma avec un grand C. Martin Scorsese, que pourtant j'apprécie habituellement moyennement, nous livre ici une formidable prestation de film de suspense qui porte particulièrement bien son titre. La guerre entre l'avocat, campé par Nick Nolte, et l'ex taulard vengeur campé par un hallucinant Robert de Niro fait monter la température jusqu'au dénouement final filmé avec une maestria qui fait qu'on ne peut qu'applaudir. Tout est filmé avec des plans ultra réalistes et Robert de Niro incarne son personnage particulièrement inquiétant (bravo également aux créateurs des tatouages et des costumes) de manière à ce qu'on n'aimerait franchement pas rencontrer un jour un tel individu : cet acteur est totalement hors du commun. Ajouté à cela des actrices, Jessica Lange en tête, plus que charmantes, et la présence des deux monstres sacrés de la première version de ce film, Grégory Peck et Robert Mitchum. Une merveille à voir absolument.
Scorsese-De Niro en équipiers sauvages pour remaker un classique. On a connu le duo plus inspiré et surtout plus subtil. Malgré tout, le film n'est pas exempt de qualité et de moment fort, notamment grâce à la qualité de son interprétation.
On dirait du De Palma dans le thème et surtout dans la mise en scène. De Niro est détestable dans son rôle de psychopathe assoiffé de vengeance. J'ai trouvé le couple Nick Nolte / Jessica Lange énervant et pas du tout attachant. Quelques scènes sont réussies, du suspens et un certain malaise lors de la rencontre avec Juliette Lewis, mais le film tire en longueur et la fin parait interminable. (Moyen)
un film redécouvert hier soir , un grand De Niro en pourriture et décaler dans son rôle de Max Candy qui veut se venger de sa peine , à contre emploi face Nick Nolte qui est impuissant. un Grand cru Scorsese , un film qui vieillit super bien , tension excellente et rebondissements géniaux .Les Dialogues sont cultes sur la bible et la Vengeance .
Un thriller prenant réalisé par Martin Scorsese. L'histoire est simple celui d'un ancien détenu de prison qui entreprend de se venger de l'avocat qu'il estime responsable de son incarcération. La tension monte au fur et à mesure spoiler: pour une fin qui enchaine action et violence, sans grande surprise . Robert De Niro est physiquement et psychologiquement incroyable dans le rôle du terrifiant psychopathe. Le reste du casting est excellent : Nick Nolte, Jessica Lange, Juliette Lewis, Joe Don Baker, Robert Mitchum et Gregory Peck.
Qui est le film ? Sorti en 1991, Les Nerfs à vif s’inscrit dans un moment singulier de la filmographie de Martin Scorsese : un cinéaste déjà consacré par ses explorations de la criminalité urbaine accepte de revisiter un classique hollywoodien, Cape Fear de J. Lee Thompson (1962). Mais il ne se contente pas d’un exercice de style ou d’un simple thriller psychologique : il reprend une fable d’intrusion (un ancien détenu traquant l’avocat qui l’a défendu) pour en faire une mise à l’épreuve des institutions, de la cellule familiale et des identités masculines.
Que cherche-t-il à dire ? Scorsese ne filme pas seulement un prédateur qui harcèle une famille, mais une société fragilisée où les rôles civiques vacillent. Le père protecteur, l’avocat garant de la loi, l’autorité juridique : toutes ces fonctions sont minées de l’intérieur. La tension principale est donc moins celle de la traque que celle d’une mise à nu : jusqu’où la civilisation protège-t-elle réellement ?
Par quels moyens ? Le titre original, Cape Fear, annonce la logique : la peur devient topographie. Scorsese transforme la rivière, les routes, les bords de ville en espaces mentaux. L’eau omniprésente envahit l’imaginaire du spectateur, et la maison, censée être sanctuaire, se mue en fragile îlot cerné d’incertitude.
L’avocat (Nick Nolte) et l’ancien détenu (Robert De Niro) ne sont pas seulement deux personnages, mais deux manières d’habiter un corps : respectabilité affaiblie contre virulence agressive. L’horreur ne tient pas seulement aux coups et aux blessures, mais à la ritualisation des humiliations. De Niro répète ses manœuvres, exhibe ses provocations, comme si la terreur pouvait être codée. La répétition devient forme : gestes insistants, séquences en boucle. La cruauté n’est pas accidentelle, elle s’institutionnalise comme mécanique.
Le droit, les procédures, la police ne suffisent pas à protéger. Scorsese insiste sur cette lenteur, cette rigidité des institutions, qui laissent le champ libre au harcèlement. Le film met ainsi en crise la croyance dans la loi comme rempart. Il suggère que l’ordre civique, incapable de répondre, ouvre la porte à la tentation d’une justice privée.
La menace ne s’exerce pas seulement par la violence physique : elle infiltre la sexualité et la honte sociale. La séduction inquiétante de la fille adolescente révèle le spectre d’une contamination morale. Filmer ce trouble, c’est risquer de l’exploiter : Scorsese joue avec cette limite, obligeant le spectateur à interroger son propre désir de voir.
Où me situer ? J’admire la manière dont Scorsese détourne un récit de genre pour en faire un examen des fragilités institutionnelles et familiales. Ce qui me gêne parfois, c’est la surenchère, l’expressivité exacerbée de De Niro ou la lourdeur de certains effets, qui risque de fermer le film sur son excès au lieu de laisser l’ambiguïté travailler. Mais cette démesure est aussi sa logique : elle dit combien la peur, quand elle s’incarne, déborde toujours.
Quelle lecture en tirer ? Le film nous confronte à une vérité : la civilisation repose sur des équilibres précaires, et le moindre fissure (un regard, une faille juridique, une pulsion incontrôlée) peut suffire à tout ébranler.
Ça commence sur des yeux rouges, ça se fini sur des yeux rouges, Cape Fear façon Scorsese est autrement moins modéré que la version de 1962, il est inutile d'essayer de savoir laquelle est la meilleure, ce sont en réalité deux œuvres d'une grande noirceur et deux régals cinématographiques.
De Niro dans le rôle de Max Cady est je pense la plus grande réussite de ce film, il est grandiose, convainquant, d'un regard peut nous accabler de culpabilité, moins convaincu par Nick Nolte mais il aurait été difficile de faire une meilleure prestation que Gregory Peck, enfin ce détail ne gomme en aucun cas la qualité de ce tableau Scorsesien.
Très agréable à suivre de part sa réalisation grouillante de plans adroits et audacieux, ce qui m'aura évidemment le plus marqué est ce dernier tiers, le sentiment de chaos qu'il règne sur ce bateau est magistral, nous sommes prit dans les vagues avec les personnages et les musiques nous accompagnent dans ce sentiment de naufrage collectif. Je suis bien incapable de dire lequel j'ai préféré entre ce remake et l'original, ils méritent tous deux le visionnage car ce sont deux gracieux moments de cinéma.