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J'adore Demy habituellement, mais je dois avouer que cette « Baie des anges » ne m'a en définitive qu'assez peu parlé. Oh c'est sûr que c'est bien photographié, que l'étrangeté du personnage joué par une bonne Jeanne Moreau apporte un plus indéniable et que Demy a conservé un vrai sens de la mise en scène et de la narration (bien que nous soyons plus proches de « Jules et Jim » que des « Demoiselles de Rochefort »). Reste que cette plongée dans le monde des casinos m'a paru à l'image de ce milieu : vide, désenchantée et assez répétitive. Certains me diront alors que c'était justement la démarche de Demy. Pourquoi pas, mais encore aurait-il fallu proposer des personnages évoluant de manière plus évidente, cherchant à s'évader de cette superficialité plutôt que de s'y vautrer. Heureusement, cet aspect « démon du jeu » face auquel nous ne pouvons plus nous arrêter est assez bien montré et fait passer un peu mieux passer la pilule quant à deux personnages qui auraient pu se révéler rapidement insupportables. Sentiments mitigés donc devant ce Demy clairement mineur, mais pas inintéressant pour autant. Disons que pour un film estampillé « Nouvelle Vague », c'est plutôt pas mal. Pour le futur réalisateur de « Peau d'âne », c'est assez moyen. A vous de juger...
Bon film et un des premiers a parlé de l'univers des flambeurs. L'histoire d'amour est très romantique, les images d'un noir et blanc contrasté jolies. Malheureusement, le scénario n'a rien d'extraordinaire.
Une dénonciation un peu surannée du jeu, puisque faisant largement appel aux poncifs de l'avant-guerre : des gains immoraux, la porte ouverte à l'alcoolisme, le destructeur des relations sociales... La création de la Loterie nationale, première étape de la rédemption des activités ludiques, remonte tout de même à 1933. Si le thème semble donc désuet, son traitement ne fait pas plus saliver : un scénario qui tient sur une ligne, quasiment aucun rebondissement, les paysages de la Côte d'Azur boudés, une Jeanne Moreau déjà vieillissante... L'héroïne de "Jules et Jim" n'est en effet pas de première fraîcheur, alors qu'elle entame à peine ses 35 ans. Ses minauderies sont certes plaisantes mais ne parviennent toutefois pas à masquer son déclin physique. Sa coupe de cheveux, blonde platine, n'arrange rien, bien au contraire. Je trouve presque plus de charme à Claude Mann, malgré ses frêles épaules qui le font flotter dans les costards. En clair, l'ennui auquel conduit le scénario trop linéaire n'est pas compensé par le charme de Jeanne Moreau, l'intérêt du film s'en trouve donc réduit. A noter tout de même la présence, dans l'équipe technique, de deux futurs grands noms, Costa Gavras et Claude Zidi. Excusez du peu.
Cette "Baie des anges" n'a à vrai dire rien d'un grand film, et il pourrait même être qualifié de Demy mineur. La mise en scène est très fluide, la descente due à la drogue qu'est le jeu est bien retranscrite, les acteurs sont tous très bons, la musique est mignonne, les dialogues pour la plupart sont pertinents... Mais finalement, le film ne se résume toujours qu'à la même séquence répétitive: ils gagnent de l'argent, ils rejouent, ils perdent, ils revendent des trucs, ils rejouent, ils regagnent, et ainsi de suite. C'est bien dommage, d'autant que la conclusion est un peu rapide, comme si bizarrement on aurait pu se passer de la demi-heure de fin. Mais quelque part, j'ai vraiment aimé ce film. La musique, les paysages, les années soixante, l'insouciance... Un film pas forcément brillant, mais pas déplaisant pour autant, car à la fois frais et touchant, et caractéristique d'une époque.
La réalisation très fluide, les extérieurs, la qualité de l'interprétation et surtout la grande figure marquante du film, Jeanne Moreau blonde dans des tailleurs Pierre Cardin, font le sel de cette oeuvre sur la tentation et le plaisir du jeu. Jacques Demy a su mettre en scène une oeuvre assez prenante dans son genre. La seule chose à déplorer est un final peu convaincant et à contre-courant du reste du film. Malgré ce bémol, "La Baie des anges" est un film de qualité bien dans le ton de liberté du cinéma de son époque.
C'est un film léger comme la chevelure peroxydée de Jeanne Moreau, toujours en mouvement, soulevée par le vent de la Baie des Anges. Les plans fixes, ce sont, comme des shoots, le moment où l'on entend la bille métallique tourner, et Jeanne tirer nerveusement sur sa cigarette.
J'aime Demy. J'aime sa fasa façon de filmer. J'aime "La Baie des Anges".
J'aime Demy. J'aime sa fasa façon de filmer. J'aime "La Baie des Anges".
Un beau film sur la passion - amoureuse et du jeu. Pas typique de Demy en apparence, mais pétri de certaines de ses obsessions : la fatalité, la quête du bonheur, l'amour, l'angoisse de passer à côté de l'existence... La mise en scène est sobre et précise, constamment intelligente. Le récit est d'un réalisme psychologique très intéressant.
Méconnu, ce film qui est le deuxième de Jacques Demy est un des ses plus grands. Le début est véritablement exemplaire. Passé le beau générique, il faut à peine trois minutes à Demy pour poser clairement ce dont il sera question et produire une situation permettant d'impulser le drame. Le thème du film est la passion pour le jeu. L'histoire est celle d'un jeune homme, Jean Fournié qui, c'est le cas de le dire, se prendra au jeu, et verra pour un temps son destin, noué aux hasards des tables de casino, avec celui de Jackie, dont la vie est toute entière vouée à cette passion. Le film a ainsi pour objet un problème moral (la passion, la liberté, le type de vie qu'il faut mener), et décline, par rapport à celui-ci, la situation dramatique par excellence: le couple. «La Baie des Anges» possède une ligne narrative simple et pour la servir une mise en scène précise, rigoureuse, et un noir et blanc superbe (les cheveux noirs de Jean et la blondeur platine de Jackie, les vêtements de l'un et de l'autre, les robes de Jackie...). On est forcé de penser à Robert Bresson, au vu de la rigueur descriptive, du choix de traiter une question morale (sans faire de moralisme), des thèmes de l'argent, du hasard et de la fatalité. Le personnage masculin évoque celui de «Pickpocket»; comme lui, il veut mettre à l'épreuve le destin est fait figure de «passionné lucide». Claude Mann est remarquable dans ce rôle pour son premier long-métrage. Quant à Jeanne Moreau, elle éblouit, comme ses cheveux, blonds pour la seule fois de sa carrière, fascinants comme l'argent et réfléchissant la lumière à chaque plan. L'impression esthétique singulière que produit «La Baie des Anges» y doit beaucoup. On peut aussi y voir un indice de plus de la prédilection de Demy pour les blondes: il tournera bientôt trois films avec Catherine Deneuve, une vraie fausse blonde cette fois. Enfin, le thème obsédant écrit par Michel Legrand vient avec bonheur accompagner la ronde des roulettes et le tourni des joueurs.
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