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inspecteur morvandieu
94 abonnés
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2,0
Publiée le 6 mai 2025
Sylvie croit aux fantômes et ne les craint pas. C'est souhaitable car il y en a un vrai et des faux dans ce château de famille hanté et dans la pièce de théâtre de l'acteur Alfred Adam, adaptée par l'incontournable Jean Aurenche. Toujours jeune et charmante, Odette Joyeux s'obstine, comme souvent chez Autant-Lara, à jouer une adolescente alors qu'elle est deux fois plus âgée que le personnage. La comédienne traine un air songeur et mélancolique avec une absence de conviction et d'authenticité adolescente qui plombe le personnage. Elle est une héroïne sentimentalo-romanesque qui discourent sur les vivants et les morts avec des considérations, des aphorismes ou oxymores qui se voudraient poétiques et inspirés mais qui sont juste un peu creux (et qui ne sont pas d'une jeune fille de seize ans, toute romantique soit-elle). N'est pas Prévert qui veut, st surtout pas Autant-Lara. La comédie n'a pas de relief et propose peu d'idées amusantes. Autant-Lara se plait, lui, à incruster, selon une technique de l'époque, un fantôme (Jacques Tati, probablement choisi pour ses qualités de mime) pour nous épater mais son récit ne s'élève pas beaucoup plus haut que l'enfantillage. C'est même parfois un peu niais. J'aurais voulu apprécier le film pour Larquey et Carette mais ces derniers trouvent des emplois secondaires et fades. Pour voir une belle et touchante histoire de fantôme, revoyons plutôt "L'aventure de Madame Muir" de Mankiewicz, sorti l'année suivante.
A la croisée des chemins entre fantastique, humour et poésie, ce film de Claude Autant-Lara vaut vraiment le coup d'être vu, même s'il est vraiment daté, tant par ses effets spéciaux tout à fait inhabituels pour l'époque que pour les thèmes sous-jacents.