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Top of the World
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4,0
Publiée le 27 mai 2019
Plutôt qu'à sa banale version française, intéressons-nous au titre original de ce film : They live. "Ils vivent", donc. Mais qui, "ils" ? Les extraterrestres qui ont secrètement pris possession du monde ? Ou les quelques hommes qui leur résistent, et qui sont les derniers à tenter de vivre par eux-mêmes, sans la tutelle d'envahisseurs ? Autre hypothèse : ne pourrait-on pas omettre une lettre de ce titre (à l'instar des personnages du film, à qui leurs lunettes permettent de lire les messages subliminaux des extraterrestres cachés par des textes de magazines ou des slogans publicitaires) pour y lire "they lie" ? Alors, qui ment ? Ceux qui détiennent le pouvoir, bien sûr, dont les mensonges (consistant à faire croire que chacun est maître de son destin) sont favorisés par ce déferlement de publicités qui vendent un bonheur matérialiste et superficiel. Cette interprétation du titre, qui fait des méchants du film non pas les extraterrestres mais la haute société, est favorisée par sa construction scénaristique : la première moitié du film montre un pays en crise et dominé par un pouvoir répressif (avec en point d'orgue une longue séquence de violence policière qui acquiert une résonance particulière dans la France actuelle), sans trace explicite de science-fiction. C'est seulement dans la seconde moitié que celle-ci se déplace au centre du récit, mais elle n'apparaît alors que comme un alibi légitimant la virulence de la dénonciation précédemment faite. Ce pouvoir tyrannique est d'autant plus difficile à combattre que les dominés, et c'est là le vrai drame, sont eux-mêmes plus enclins à s'affronter qu'à s'unir : en témoigne la célèbre scène de la génialement interminable bagarre entre les deux protagonistes, où John Nada finit par être obligé de mettre lui-même les lunettes devant les yeux de Franck Armitage. La rage du premier n'a d'égal que la tristesse de Carpenter (transmise au spectateur) de voir deux hommes ayant tant en commun se battre plutôt que s'allier. Mais l'amertume est contrebalancée par un esprit frondeur et une malice réjouissants, symbolisés par spoiler: le magnifique doigt d'honneur final et le dynamisme d'une mise en scène stylisée sans ostentation. Que l'(im)pertinence du cinéma de Carpenter manque au cinéma hollywoodien contemporain !
Avant de virer vers la science fiction, "They live" est d'abord un document social brûlant qui montre le quotidien précaire de personnes au chômage ou d'ouvriers dont le salaire est insuffisant pour vivre décemment. C'est en opposant des deux côtés d'une rue un bidonville à l'église abritant ce qui s'apparente en premier lieu à une secte que le film va pouvoir se déployer; suite à une descente de policiers, John découvre dans l'église des cartons contenant des lunettes noires. Ces lunettes sont la possibilité d'un ailleurs, elles permettent de plonger dans la science-fiction et une autre esthétique, notamment avec l'utilisation du noir et blanc, et de se servir du genre comme d'une gigantesque métaphore ayant pour fonction une critique acerbe contre le capitalisme et la classe dominante qui en profite : la bourgeoisie. Les extraterrestres sont les bourgeois souhaitant réduire l'humanité au silence – les panneaux de publicités exigent d'ailleurs la consommation à outrance et une indolence permanente – et préserver à tout prix leurs intérêts. Sur l'antagonisme présenté, le film est d'une grande lucidité dans sa description de la différence de solidarité entre le classe dominante et les révoltés, trop dispersés, trop peu constants, pas assez vigilants. John Carpenter, tout en ne cédant rien à la jubilation procurée par les scènes d'action, un rythme endiablé et une ironie désespérée, mesure aussi le prix à payer d'une telle révolte – faudrait-il même dire révolution –, sachant trop que le progrès social ne s'arrache qu'à coups de sacrifices. Derrière l'humour et les effets spéciaux cheaps s'articule donc un propos minutieusement construit, dépourvu d’ambiguïté, conférant ainsi à "They live" une indéniable puissance corrosive. Un des meilleurs films du cinéaste !
Film culte tant il est visionnaire du monde actuel, où une élite jouit tandis que les autres triment pour eux, cette série B est en fait assez bancale. Et n'est pas un sommet parmi les réussites nombreuses de son auteur. Néanmoins, il faut bien reconnaître que le monde décrit ici par Carpenter est quasiment de la prédiction à la Nostradamus !
Monsieur le réalisateur de série B n’est jamais synonyme de nanar, je suis satisfaite de son film à tout honneur qui ne manque pas d’idée pertinente en terme de scénario sous pseudonyme bien sûr. L’adaptation d’une nouvelle littéraire intelligente, l’influence de la paranoïa Dickiste maniaque en mode veilleuse au sujet de la surveillance étatique. Il met le paquet des bouchées doubles, une mise en scène assez lente dans son déroulement d’intrigue, un bain d’ambiance musicale au style Western 1980, l’arrivée de l’invasion tant attendu. Une histoire de science-fiction horrifique d’extraterrestre face de zombie fréquente les rues de L.A, ça fiche la trouille. Un acteur héros méconnu en plein mouvement social économique récupère par le hasard de son excursion cambriolage, des lunettes visions 3D à travers montrant le vrai visage de son environnement citadine lobotomisé. Au temps des promesses électorales de l’Amérique Reaganiste, les messages subliminaux s’affichent et les mots d’ordre sont d’acheter, consommer, obéir, travailler, mariage, reproduction, sommeil réglé 8 heures, dormir avec illusion optique du téléviseur, branché au câble où tout est sous contrôle, reveillez-vous bon sang des mensonges médias ! La sainte Police de la cité des anges est à la botte des créatures difformes, c’est drôlement effrayant, les humains sont foutus et ne sont plus que leurs esclaves tombés dans la manipulation mentale. Une séquence des plus marrantes et un peu chiante, qui dure à vouloir s’éterniser, le combat à main nu pour enfin mettre cette fichue paire de lunette de soleil high-tech. Quelque maux de tête en l’ôtant déstabilise les individus en quête de vérité et beaucoup de questionnement sur le fondement des événements actuels, les théoriciens adeptes du complot gouvernemental. Ce sera « enter the Matrix » et l’extirpation grâce à des lentilles encore meilleur arme atout de fabrication. Les « men in black » se lancent à l’assaut contre la domination souterraine bien que réservée et non agressive, l’ambivalence de leurs motivations reste une énigme inquiétante. La menace réelle ne dupera le reste des protagonistes formant la rébellion anti-extraterrestre, les traîtres humains vendant corps et âmes consciences ses congénères, sont de la pire espèce soumise, ne manquant pas de toupet pour accuser l’ennemi rebelle associé au péril rouge totalitaire, les étrangers en ligne de mire. Un ouf de soulagement afin de faire péter le verrou du décodeur satellite qui enlève définitivement le masque des moches, la fin est hilarante à mourir de rire, de l’excellent humour bien noir. Dans la lignée « d’evil dead » ou des réalisations de David Cronenberg, son confrère est un tout autre style, partageant la même pertinence des sujets abordés, le côté visionnaire cinématographique sur l’actualité.
Un film d’horreur qui alimente les théories complotistes très intelligent et original, même s’il n’est pas à prendre au sérieux. Drôle et bien réalisé. Je le déconseille aux moins de 10 ans. 4/5
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3,5
Publiée le 6 mars 2019
« Prenez garde ni vous ni moi ne sommes à l'abri que vous soyez riche ou pauvre ! » Encore un film culte de John Carpenter qui n'est pas le genre à changer radicalement de registre et qui nous montre par le biais de lunette de soleil un monde totalement diffèrent! Sorti en 1988, "They Live" s'annonce au dèbut comme un drame social tout gentil ayant pour intèrêt la question du rêve amèricain afin d'y confronter ses personnages et voir ce qui en ressort! Sauf qu'un climat de paranoïa, de complot et d'apocalypse s'installe petit à petit dans la ville de Los Angeles pour ne plus lâcher le spectateur! C'est simple, efficace et divertissant, avec du rythme, du style et pas mal d'humour! De plus, la vision rèelle de notre monde moderne est fun à voir! L'humanitè ètant en fait envahie par des E.T au design très ingènieux! Malgrè leur crètinerie totale, Roddy Piper et Keith David sont attachants! D'ailleurs il faut mentionner la longue et interminable baston de rue où tout l'enjeu de la scène, qui ressemble à un combat de catch (Piper ètait un formidable lutteur professionnel), est de mettre des fichues lunettes de soleil! Jouissif...
Un film de série B de la science fiction sans effets spéciaux ce qui est plutôt bien mais des acteurs plutôt nuls surtout le héros qui ressemble à un vieux catcheur fatigué
très bonne surprise que ce film de John Carpenter, que je n'avais pas vu lors de sa sortie en 1989. Selon ce que j'ai pu en lire le film a été un bide. Peut-être parce qu'il attira essentiellement des amateurs de cinéma de genre et pourtant ce n'en est pas un ! il est vrai que le titre est trompeur et quel amateur de film à caractère social et politique sera attiré par un film qui porte un pareil titre trompeur en Français. Selon une critique de Télérama qui figure sur le flyer donné à l'entrée du cinéma ou je l'ai vu, ce film serait porteur d'idées simplistes. Tiens donc ! au contraire ce film diffuse une idée simple et pourtant tellement vraie. Les sympathisants au mouvement des GJ devraient voir ce film auquel et y feront leur miel. John Carpenter est il un visionnaire ? en tout cas il est sans doute un maître, même s'il s'agit de films de série B. C'est déjà pas mal ! Certes " Invasion" n'est pas un chef d'œuvre du cinéma , mais un film exceptionnel ça c'est sûr ! Mettez vos lunettes de soleil (vous comprendrez l'allusion en voyant le film)
Ce film est génial, il est l'un des meilleurs de Carpenter. Véritable pamphlet de la société américaine et occidental qui manie réflexion, humour et action avec beaucoup de maîtrise et d'intelligence. La mise en scène est très bonne, tout comme la direction d'acteur. C'est bien écrit et une fois de plus Carpenter nous offre une partition de qualité. Un grand film de science-fiction.
C’est à la fin des années 80 que John Carpenter s’inspira de la nouvelle « Les Fascinateurs » de Ray Faraday Nelson pour son film « Invasion Los Angeles ». Un ouvrier au chômage découvre des lunettes noires et découvre un monde effrayant. De nombreux humains sont en réalité des montres au visage hideux et les panneaux publicitaires et magazines ordonnent en réalité la soumission et la consommation. Au lieu de fuir, il décide de les affronter et les exterminer. « Invasion Los Angeles » est une série B d’action qui n’a qu’un but nous divertir. En effet, ce ne sont pas les pauvres dialogues qui vont nous donner un semblant d’explication à l’arrivée des étrangers. Carpenter n’en fournira aucune, préférant capituler par une fin des plus faciles. Certains pourront néanmoins y voir une certaine vision futuriste de notre société qui cherche à manipuler notre cerveau. Alors que le film bénéficie d’une copie restaurée pour ce début d’année, le cinéaste nous a dévoilés il y a quelques mois qu’une suite intitulée « Resistance » pourrait éventuellement voir le jour derrière la caméra de Matt Reeves. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Film de SF signé Carpenter, They Live en VO ne joue pas sur les effet spéciaux et dépeint une société contrôlé par des aliens. Il faut y voir évidemment une critique du système avec une élite manipulant le reste de la population par le biais des médias et de messages subliminaux, visant notamment à pousser à la consommation. Le propos est intelligent et est toujours terriblement d'actualité: remplacez les aliens par qui vous voulez, le message est le même. Le film a un peu vieilli bien sur mais reste agréable à regarder, avec quelques pointes d’humour qui font sourire,. Pas mal mais sans plus, certaines scènes sont parfois trop longues et frôlent le ridicule.
Un classique qui aura marqué les esprits lors de sa sortie. Un film éminemment politique, Une invasion trés particulière qui dépasse trés largement les codes habituels d'une invasion extérieure visible et explicite. Invasion Los Angeles ouvre la voie à une nouvelle approche, plus "complotiste" où l'envahisseur est intérieur. Allégorie de la dominance discrète est dissimulée d'une "classe" sur une autre. Occupation informelle où ceux qui voient clair devrons faire le tri entre les occupants, leurs complices, le refus de ne rien vouloir voir ni savoir des uns et le choix de résister des autres. La découverte d'une réalité parallèle cachée sera plus tard exploité par la série Matrix, Un film bien fait, qui sait garder l’intérêt du spectateur, un film au charme vintage dont les effets spéciaux ont un peu vieillis, mais cela d'entame en rien la qualité du film. Le propos reste puissant. L'action est bien menée. Du bon Carpenter à voir ou à revoir.
Invasion Los Angeles est une oeuvre de son temps : d'une certaine manière, elle répond à des critères, à une demande existante dans les années 80-90. Et finalement, qui pouvait mener correctement ce projet à son terme autre que le formidable John Carpenter ? D'après l'oeuvre de Ray Nelson, l'homme qui inventa la casquette à hélice - icône de la pop-culture des années 60, They Live raconte sous la forme d'une satire sociale l'histoire de John Nada, un homme que la société traîne comme un boulet. Dans une précarité extrême et une situation misérabiliste, la vie de John Nada va bousculer lorsque celui découvre une paire de lunette capable de distinguer les extraterrestres qui sont parmi les humains. Extrêmement malicieux, cette critique est encore pleinement d'actualité. Los Angeles est d'ailleurs un formidable lieu de démonstration des inégalités sociales : la " cité des anges " traître la structure pyramidale de la société avec une grande intelligence : les pauvres travaillent pour le bon fonctionnement de la société de consommation tandis que les plus riches (essentiellement les corps étrangers à notre planète) s'enrichissent afin de dominer un monde fabriqué. Puisqu'en plus de faire réfléchir le spectateur sur les dérives du capitalisme, John Carpenter pousse encore la réflexion plus loin en établissant des directions sur notre manière de concevoir notre quotidien : sommes-nous maîtres de nos loisirs ou bien esclaves d'une société dont le contrôle nous échappe totalement ? Finalement, They Live est une excellente découverte même si la technique a quelque peu vieilli - le design des extraterrestres reste convaincant, les personnages attachants (quoique stéréotypés) et une intrigue qui atteint l'équilibre parfait entre divertissement et réflexion. Sympathique !
Carpenter est souvent très brillant sur le fond, la forme laissant parfois à désirer. Ici, le scénario repose sur une base extrêmement solide et travaillée, les implications du scénario et ses sous-entendus offrant de multiples niveaux d'interprétations. Au plan formel, on sent une certaine faiblesse de moyens (à moins que ce ne soit volontaire) et une direction d'acteurs un peu en roue libre: Roddy Piper venait certes du monde du catch (où le fake est roi) mais l'on sent qu'il n'était pas spécialement habitué à l'exercice du cinéma. En outre, si l'humour passe encore (au moins sur le plan visuel), l'ensemble du film progresse sur un rythme quelque peu aléatoire, entre longues plages explorées dans les moindres détails (sans que cela soit forcément nécessaire) et séquences d'action plus speed où Carpenter fait merveille mais, pour le coup, le plaisir passe trop vite. A voir pour l'objet de curiosité que ce film constitue et aussi pour la fin, habilement conçue et lourde de sens.
Carpenter livre une œuvre hybride étonnante quelque part entre comédie, science fiction critique du système, et western. Invasion Los Angeles allie moment de génie pur et passage dérisoire, mais est en permanence sublimé par une BO excellente dans la ligne de The Thing.