16 188 abonnés
13 142 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 16 avril 2016
Après son corrosif portrait d'une dizaine d'ados d'horizons sociaux divers, Bertrand Blier s'attaque cette fois à un tout autre genre : le film d'espionnage rèaliste à l'ambiance particulièrement oppressante! L'argument, après un voyage en Pologne, un docteur est mêlè à cause de l'un de ses patients, à un complot politique! Sorti quelques mois avant les èvènements de Mai 68, "Si j'ètais un espion" marque la toute première rencontre professionnelle tant espèrèe entre Bernard Blier et son fils, Bertrand! Une espèce de cauchemar kafkaïen spoiler: où Bernard Blier (immense) se trouve pris dans une grosse toile d'araignèe dont il ne pourra se libèrer qu'à la dernière minute du film! Un type isolè comme le docteur Lefèvre (Blier) ne peut rien contre Matras (Bruno Cremer). Ce dernier le jauge, ètudie ses rèactions, le met dans tous ses ètats! Même si Lefèvre ètait un espion, ils seraient les plus forts! Dommage que ce deuxième long-mètrage de Blier (qui fut un bide complet) ne reçut pas l'accueil que mèritait son originalitè et son audace! Musique de Gainsbourg...
Si j’étais un espion est donc le premier film de Bertrand Blier, du moins son premier de fiction. Un film dont je conviens qu’il n’est pas fort niveau rythme, mais qui sait rester accrocheur, jusqu’à son final un peu faible. Si j’étais un espion n’est en effet pas un film d’action, c’est surtout une confrontation entre deux acteurs, Bruno Cremer et Bernard Blier, qui livrent tous deux de solides prestations. Blier est spécialement bon ici, héritant en plus d’un personnage ambigu et mystérieux, et qui saura le rester jusqu’à la fin. Convaincant lui aussi, Cremer me fait encore une fois belle impression dans un rôle froid et mutique qui est assez caractéristique de ses rôles au cinéma. Suzanne Flon livre aussi une prestation fort honorable. Patricia Scott, méconnue et qui ne fera guère carrière ne se débrouille pas mal, sans enthousiasmer outre mesure dans un rôle somme toute de convention. Le scénario a cette intelligence de compenser le manque d’action par un suspens solidement entretenu. Difficile ainsi de ne pas être pris de doutes sur l’identité réelle de Bernard Blier, sur son rôle, et pour tout dire cela rend la partie centrale du métrage tout à fait accrocheuse, après une surprenante première partie qui frôle presque le fantastique ! Efficace, Si j’étais un espion aurait certes pu avoir un poil plus de punch, notamment sur la fin, mais le résultat est un film d’espionnage intelligent, et j’en viens presque à être déçu que Blier n’ait pas poursuivi un peu plus dans ce registre. Visuellement j’ai aimé la mise en scène rythmée, cassante, avec des ruptures de plans assez abruptes, ce dont on se rend aisément compte dans la première partie surtout. Blier donne un peu de nervosité avec cette mise en scène, et il y a de superbes scènes, notamment toute l’ouverture du métrage plutôt angoissante. Le film ensuite devient plus classique à mon sens, mais il y a un réel sens de l’image, une ambiance travaillée, et la bande son de Gainsbourg, très reconnaissable d’ailleurs, est un atout de plus non négligeable. En clair, Si j’étais un espion est un Blier qui s’inscrit peu dans le style du réalisateur, mais qui s’avère un film d’espionnage de facture solide, et qui m’a accroché en dépit de son manque d’action. Je donne 3.5
Premier film de fiction de Bertrand Blier, “Si j’étais un espion” montre déjà une des grandes qualités du réalisateur : la direction d’acteur. Autre de ses qualités, la révélation graduelle du côté inattendu de la personnalité des personnages. Le personnage interprété par Bruno Cremer s’humanise au fur et à mesure et celui de Bernard Blier devient de plus en plus ambiguë, sans que la fin nous éclaire davantage. Malheureusement, après une mise en place très soignée, le rythme du film est inégal et s’enlise même à la fin. Certaines scènes sont mal montées avec des plans qui s’enchaînent mal, parfois photographiés de manière erronée. Ainsi la tension erratique finit par dégager un certain ennui, atténué par la musique de Serge Gainsbourg, arrangée par le génial Michel Colombier et la qualité des dialogues Blier n'étant certainement pas très loin d’Audiard mais dans un style différent. Difficile néanmoins de mettre plus de deux étoiles.
Je rejoins les avis sur la BO assez réussie et je défends aussi un peu le film qui malgré son mystérieux et invisible Guerin, nous fait naviguer dans un suspense et une nuit assez étranges. Un bon duo d’acteurs.
Moi qui m'attendais à visionner un très bon film d'espionnage français, j'ai été quelque peu déçu. Non pas que "Si j'étais un espion" est un mauvais film, mais en tout les cas ce n'est pas une oeuvre qui aura marquer mes esprits. La mise en scène de Bertrand Blier ne propose pas suffisamment de rythme et de suspense. De plus, l'ensemble s'avère beaucoup trop bavard et si l'histoire reste intéressante au début, la suite du récit n'est pas passionnant à suivre. Mais bon je noterai tout de même l'excellente prestation des comédiens dont celle de Bernard Blier qui nous offre une prestation particulièrement brillante dans le rôle d'un docteur qui est mêlé à un étrange complot politique à cause d'un de ses patients.
Un Thriller, ou la tension est maintenue de façon très subtile, sans violence ni action et peu de scènes extérieures. Le climat ambigu est bien soutenu par la musique de S. Gainsbourg. Outre les bonnes participations de Suzanne Flon et de Claude Piéplu, le film nous offre les grandes prestations d'acteurs de Bruno Cremer et de Bernard Blier parfaitement mis en image par son fils réalisateur, qui peut facilement capturer son regard implacable. Sans un scénario aussi léger, ce 3eme long métrage de Bertrand Blier aurait put être un grand film. Le pitch : Bernard Blier est un médecin qui revient de voyage en Pologne, a l'est du Rideau de Fer.
Les tout débuts de l'immense cinéaste qu'est Bertrand Blier. Un premier long-métrage de fiction bon marché, en noir et blanc, avec une histoire simple... Un film modeste mais cependant tres réussi. On ressent deja quelque peu le style (ou plutôt le futur style) irrésistible de Blier, notamment dans les dialogues. Cependant, on est terriblement en dessous du génie d'autres films de ce grand réalisateur... Il faut bien un début a tout !
Ennuyeux et bavard voilà ce qu'est Si j'étais un espion, une intrigue très mince et une absence totale de suspense qualifie ce film auquel je n'ai absolument pas accroché. L'interprétation est bonne mais le film traîne en longueur malgré son petit 1h30 ; seul la B.O. signée Gainsbourg est réussie dans cette fiction d'un grand ennui ou il ne se passe quasiment rien. Si j'étais un espion n'est pas à proprement parlé mauvais mais il est totalement vide
Le premier film de Bertrand Blier est un film sombre, une histoire d'espions absolument pas caustique (pour peu qu'on s'attende au Blier des années suivantes) ni spectaculaire. "Si j'étais un espion" est plus proche dans l'esprit -et d'ailleurs le personnage central joué par Blier père est, pareillement, un médecin novice en matière d'espionnage- des "Espions" de Clouzot, par son côté inquiétant et irrationnel, que des avatars courants et rocambolesques de la série B française. Pour une simple visite à un patient pas comme les autres, le docteur Lefèvre se retrouve surveillé puis menacé par une organisation mystérieuse (barbouzes étrangères? DST?) dont il devient l'instrument. Toutefois, en dépit d'un certain style appliqué à un récit intimiste et dépouillé, porteur d'étrangeté, en dépit de la conviction de Bernard Blier dans une composition grave, le film n'est pas toujours convaincant et ne semble pas totalement abouti. Sans doute parce que le scénario s'avère, conjointement à son caractère anecdotique, assez faible, sans ressort, sans idée majeure. Le rôle de la fille du docteur,spoiler: objet d'un chantage sur Lefèvre, est même assez terne, pas une riche idée en tout cas. Seul le moment où le réalisateur insinue que spoiler: Lefèvre pourrait être réellement un espion communiste introduit un moment de trouble, hélas isolé.
Un scénario plutôt alambiqué : un médecin est poursuivi par des agents extérieurs (espions) après avoir soigné un patient déprimé. On le force à reprendre contact avec ce malade mais celui-ci a disparu. On prendra même sa fille en otage pour qu'il accepte de coopérer avec ces agents qui agissent on ne sait en quel nom. Une certaine police secrète semble manipuler tout le monde et on se perd dans cet imbroglio, ce qui en fait un défaut du film, par ailleurs assez bien réalisé avec de très bons acteurs. Il n'empêche qu'on perd en chemin l'idée essentielle du film, si ce n'est qu'on est tous potentiellement espion, et que la surveillance devient systématique.
Blier filme son père pris dans une machination kafkaïenne qui implique une organisation dont on ne dit pas le nom. Services secrets et pays de l'Est, faux coupables mais vraies victimes, on pense à Hitchcock et au cinéma d'espionnage très à la mode en ces années de guerre froide. Filmé en un noir et blanc profond dans une ambiance nocturne qui flirte avec le cinéma de Melville, ce film à première vue très loin de ce que Blier filmera plus tard, annonce déjà l'ambiance anxiogène et sombre de Buffet froid. Il manque un tout petit peu de substance, faute d'approfondissement à la fois des personnages et des situations mais tient le haut du panier de ce que l'époque produisait en la matière. La musique de Gainsbourg, parcimonieuse et placée exactement aux bons endroits, fait partie (avec Le Pacha et La Horse) de ce qu'il a composé de mieux pour le cinéma.
Les espions tels qu'on les voyait dans les années soixante. Le scénario n'est pas très crédible, mais Blier parvient tout de même à créer un climat de mystère qui tient le spectateur en haleine. Deux superbes acteurs, Blier père et Bruno Cremer donnent de l'épaisseur à une histoire assez mince. En revanche les personnages féminins sont insignifiants et le talent de Piéplu, dans un tout petit rôle, n'est pas mis en valeur. N'étant pas un fan du cinéma de Bertrand Blier, j'ai davantage apprécié ce film que certaines de ses oeuvres plus récentes. Bien qu'il s'applique ici à "faire classique" au premier degré, on sent pourtant déjà poindre son goût pour l'absurde et l'humour noir.