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Jimmyc
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5,0
Publiée le 15 septembre 2026
Une étrange affaire signé Pierre Granier-Deferre est un film fascinant ,l'atmosphère est étouffante et livre à travers son scénario totalement abouti ,une situation où l'un des personnages devient pris au piège dans une immense toile d'araignée.
La première partie pas si tranchée ,montre les craintes des employés d'un grand magasin à l'arrivée d'un nouveau patron (Impérial Michel Piccoli ) .Pourtant celui -ci n'est pas celui que tous attendaient .. ! Il est plutôt agréable, traitant un de ses employés comme son ami, l'emmène dans des endroits huppés où le jeune homme se sent de plus en plus confortable ..Il lui confie également des responsabilités et un avenir peut-être plus prometteur.
L'avenir est radieux ..spoiler: c'est en réalité la fin !
Nina (Formidable Natalie Baye),remarque pourtant que les choses ne vont pas bien ..que quelque chose reste curieux et que le patron ainsi que son homme de main (Jean-Pierre Kalfon -toujours autant étrange -), font de son mari un homme à leur merci... Ils s'immiscent dans leur vie privée et réquisitionnent l'appartement et la chambre du couple..
Le métrage est une mécanique très bien huilée .. Ici l'homme souriant ,détruit de manière amicale ,tout être humain sans la moindre pitié ,avec un exercice de soumission incroyable en la personne de Louis ,finalement vampirisé et seul ! Nathalie Baye incarne le dernier lien avec la réalité face à la folie ambiante.
Très belle réalisation de Granier Deferre ..portée par un formidable scénario de Christopher Frank et Jean Marc Roberts ( adapté de son roman ) ,montrant comment un salarié peut ,avec l'image d'un père de substitution ,se laisser aller à la résignation . A revoir absolument !
Mention spéciale à la BO composée par Philippe Sarde .
Une étrange affaire, dîtes-vous ? Attention à ne pas s'y tromper. Parce que d'affaire, il n'en sera jamais question. Ce qui se joue ici, c'est tout autre chose. Ce que l'on voit ici, c'est l'histoire d'un jeune homme qui se donne corps et âme (au sens figuré bien entendu) à son nouveau patron, quitte à faire voler son couple en éclats car il voit en lui le père qu'il n'a jamais eu et ressent même une certaine fascination à son égard. Vous trouvez ça délirant comme interprétation ? A vue de nez ça en a tout l'air, mais je peux vous garantir que les dernières minutes du film disent tout sur la question. Il ne se passe pas grand chose dans cette "étrange affaire" et pourtant, on ne la lâche pas des yeux une seule seconde. Parce qu'il y règne une ambiance inconfortable. Celle venant du fait que l'on voit un homme qui se laisse doucement mais sûrement envahir sans broncher. A ce titre, la prestation de Piccoli (bien secondé par Kalfon) est ahurissante, sa seule présence suffit à distiller le malaise. Dans un autre registre, Lanvin n'est pas en reste. Dommage que la regrettée Nathalie Baye n'ait pas plus à faire et que son personnage disparaisse assez rapidement.
Sans didactisme ni dialogue explicatif, cette étude de moeurs analyse, à travers le parcours du héros, autant les mécanismes de l'emprise d'un pervers narcissique que la nervosité à l'oeuvre dans le monde du travail. Avec l'arrivée d'un nouveau patron sont mises en scène la recherche pragmatique de compétitivité, l'inquiétude face à l'avenir, la rivalité entre collègues, autant que l'impact délétère de l'engagement aveugle dans un métier aspirant ou dans une relation isolante. Alors que la présence d'un énigmatique père de substitution se fait plus écrasante, le jeune fanfaron perd de sa superbe au fil du récit, ainsi que ses attitudes bien différentes en son foyer et à son bureau le laissaient présager... S'appuyant sur son solide casting conférant une densité supplémentaire aux protagonistes, la réalisation manque de vigueur, notamment dans une seconde partie un peu prolixe - jusqu'à un final amer. Une intéressante dissection d'un rapport humain déséquilibré.
Granier Deffere, cinéaste moyen, réussit un film troublant sur un thème moderne : le pervers narcissique - concept quasi inconnu à l'époque, d'où une légère dimension " lutte des classes" ridicule (à l'époque Tapie est au zénith). Piccoli et Lanvin sont remarquables, et les seconds rôles aussi. Le résultat est formidable, même 40 ans plus tard.
L'histoire d'un homme qui tombe dans un spirale professionnelle. Les années 80 ont vu apparaître de nouvelles méthodes de management, plus agressives, plus tourné vers la performance, la valorisation. C'est ce qui arrive au personnage de Gérard Lanvin happé par son charismatique directeur. Michel Piccoli prête ses traits et sa voix à cet homme, à la fois suave et inquiétant, complice et distant. Sa performance est anthologique pour un des plus grand acteur que le cinéma Français ait pu connaître. Gérard Lanvin et Nathalie Baye forme, eux, un couple naturel très convaincant. En réalisant ce film, Pierre Granier Déférre lève un voile sur les méthodes entrepronariales et a fait un film à la fois efficace et étrange. realiste et onirique.
« Une étrange affaire » est un très bon polar d'entreprise voire un drame psychologique réalisé par Pierre Granier-Deferre en 1981 avec Michel Piccoli et Gérard Lanvin dans les rôles principaux. Il faut souligner les très bonnes prestations des seconds rôles : Jean-François Balmer, Jean-Pierre Kalfon et Nathalie Baye. Elle a obtenu pour cela le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1982. Le titre « Une étrange affaire » reflète bien l'ambiance du film. Il est à la fois une critique du management et du monde du travail, et de l'emprise et de la manipulation psychologique. En effet, le personnage joué par Gérard Lanvin, en quête d'une figure paternelle, est fasciné par celui joué par Michel Piccoli, son nouveau patron, qui va essayer de manière progressive d'avoir la mainmise sur son employé. Le réalisateur dédie son film à Pascal Jardin décédé quelques mois plus tôt, son ancien dialoguiste et scénariste avec lequel il a tourné « La Horse », « Le Chat », « La Veuve Couderc » et « Le Train » notamment.
Lorsque j'ai vu ce film pour la première fois je devais arrêter à la moitié car je travaillais tôt le lendemain, et je crois n'avoir que rarement ressenti une telle attente avant de regarder une suite de film. Celui-ci est une œuvre à laquelle je ne pouvais m'attendre, à la fois morbide et passionnante, qui traite du personnage central du patron interprété magistralement par Michel Piccoli. On voit au fur et à mesure du film, la manipulation et l'oppression envahir le protagoniste interprété non moins bien par Gérard Lanvin d'une façon si subtile et progressive que le pouvoir psychologique de Bertrand Malair en devient presque terrifiant. Le protagoniste en fin de compte va tout perdre, en s'abandonnant à une cause qu'il ne comprends pas bien lui-même. La fin renforce toujours plus cette incompréhension lancinante. Ce film me passionne, je le trouve d'une telle richesse dans ce qu'il propose qu'à chaque visionnage on répère des éléments inexplorés. À découvrir absolument
Pierre Granier-Deferre qui a débuté sa carrière de réalisateur alors que le cinéma français était sous la forte emprise de la Nouvelle Vague fait partie avec Henri Verneuil, Robert Enrico, Claude Sautet, Jean-Pierre Melville, Georges Lautner et quelques autres de ces cinéastes qui ne bénéficiant pas d’emblée de l’a priori favorable dont jouissaient les créateurs du mouvement précité (Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Chabrol, Eric Rohmer, Jacques Rivette, Louis Malle, Agnès Varda, Jacques Demy…) auront dû batailler ferme pour faire vivre un cinéma d’obédience classique, celui-là même que vilipendaient à longueur de déclarations et d’articles les Jeunes Turcs des Cahiers du Cinéma. Un héritage qualifié péjorativement de « qualité française » en raison d’un prétendu conformisme bourgeois un peu rance. Le temps a bien sûr fait son œuvre et le talent a comme souvent fini par parler. D’ailleurs quels sont les films dont les spectateurs se souviennent et qui sont encore regardés ? Ceux de Godard et de Rohmer ou ceux de Melville et de Granier-Deferre ? Empruntant la voie autrefois royale mais aussi efficiente de l’assistanat, Pierre Granier-Deferre accède à la réalisation en 1961 avec « Le petit garçon de l’ascenseur » pour progressivement devenir le spécialiste reconnu des adaptations littéraires notamment celles des œuvres de Georges Simenon dont il était un grand admirateur (cinq films au total pour autant de succès sans compter sa participation active à la série télévisée avec Bruno Cremer dans le rôle de Maigret). 26 films en 34 ans de carrière (de 1961 à 1995) dont aucun n’est dénué d’intérêt avec comme points d’orgue : « Paris au mois d’août », « La Horse » « Le chat », « La veuve Couderc », « Le train », « Une étrange affaire » et « L’étoile du Nord » cela vous classe un réalisateur. « Une étrange affaire » qui n’est pas le plus connu de cette courte liste est sans aucun doute un des films les plus ambitieux et personnels de Granier-Deferre, tiré d’un roman de Jean-Marc Roberts (Affaires étrangères). C’est Christopher Frank qui après avoir lu le roman contacte Deferre pour lui proposer d’en faire en commun l’adaptation. A son tour Deferre est emballé même s’il n'entrevoit pas d’emblée une manière attractive de transposer à l’écran cette chronique amère évoquant la rencontre entre un jeune agent de publicité et un chef d’entreprise spécialisé dans les reprises d’affaires au bord du dépôt de bilan. Activité très en vogue à l’époque mais aussi très décriée en raison des méthodes brutales employées faites de coupes radicales dans les dépenses et de licenciements massifs, le tout se soldant assez souvent par une revente rapide et avec profits des activités les plus rentables. Dans les années 1980, Bernard Tapie sera le héraut charismatique de ce bataillon de mercenaires du capitalisme jugés par certains comme des « bandits de grands chemins » sans scrupule. Le film évoquera d’ailleurs assez régulièrement cet aspect de la profession. En lisant le roman, Deferre pense immédiatement à son ami Michel Piccoli qu’il n’a jusque-là jamais fait tourner pour le rôle de Bertrand Malair, grand patron énigmatique venu un beau matin pour remettre de l’ordre dans une chaîne de grands magasins parisiens à la suite de la mort toute récente de son PDG à l’ancienne. spoiler: Le mystère qui entoure cet homme inconnu de la une des magazines fait parler à voix basse le personnel fantasmant sur le lieu de sa précédente mission, New York, Stockholm, Londres, Canberra ? Les supputations vont bon train quand Bertrand Malair s’installe dans le bureau de Louis Coline jeune publiciste retardataire qui passe ses journées à « faire rien »…
Malgré la solide réputation de Deferre qui a vu passer devant sa caméra les plus grands acteurs de Jean Gabin à Simone Signoret en passant par Alain Delon, Lino Ventura, Jean-Louis Trintignant ou Romy Schneider, celui-ci ne parvient pas à trouver un seul producteur intéressé par un sujet jugé peu vendeur car basé sur un livre difficilement adaptable qui n’est d’ailleurs pas toujours bien compris. Le projet semble donc mort-né au grand dam de Christopher Frank et Jean-Marc Roberts. Mais déjà engagé auprès du producteur Alain Sarde sur l’adaptation de « L’étoile du Nord », Deferre se retrouve brutalement au « chômage technique » quand l’opération que doit subir en urgence Simone Signoret retarde le tournage d’un an. Alain Sarde soucieux de ne pas rémunérer son réalisateur à ne rien faire lui propose alors de mettre en chantier sa fameuse « Etrange affaire » mais sans coûts dispendieux. Les trois hommes se mettent d’arrache-pied au travail pour finaliser une transposition crédible et imaginent au fur et à mesure les acteurs potentiels. Si Michel Piccoli semble indiscutable, c’est Deferre qui pense à Nathalie Baye pour incarner l’épouse du jeune publiciste devenu la proie du patron vampire. Bertrand Tavernier qui vient de le diriger justement au côté de Nathalie Baye dans « Une semaine de vacances » suggère à Deferre, Gérard Lanvin selon lui parfait pour interpréter ce jeune homme en quête de père. Francis Huster initialement prévu se désistant, il est fait appel au toujours surprenant Jean-Pierre Kalfon sorte de Robert Le Vigan sauce punk, pour être François Lingre, le fidèle cerbère de Malaire spoiler: chargé de mettre son nez partout . Le non moins énigmatique Jean-François Balmer sera la tête pensante comptable et financière de Malair. Le très talentueux Philippe Sarde frère du producteur composera la musique de circonstance qui renforcera l’ambiance trouble et angoissante nimbant la chronique d’un changement de direction au sein d’une entreprise un peu assoupie. Tout semble donc en place pour que le talent de chacun puisse s’épanouir lors d’un tournage qui ne durera que six semaines, permettant à Granier-Deferre de montrer qu’il peut accommoder sa mise en scène à toutes les atmosphères pour réaliser l’un de ses meilleurs films. Une étude subtile mais aussi fouillée et signifiante sur les méthodes managériales se mettant en place au sein des entreprises (principalement les grandes) depuis le début des années 1970 où la rationalité dénuée d’affect est clairement prônée comme essentielle pour résister à la mondialisation des marchés qui avance à grand pas. Des méthodes se développant à grand renfort de conférences et de séminaires dans tous les milieux y compris un secteur public peu préparé et qui de fait généreront certaines tragédies humaines faisant la une des médias à l’aune des années 2000. Un bouleversement des comportements humains encouragé par certaines séries célèbres et prolongé par l’apparition de la téléréalité se chargeant de banaliser le recours à certaines pratiques auparavant jugées déloyales. « Une étrange affaire » un peu précurseur expose spoiler: la captation d’une personnalité et la destruction d’un couple par un dirigeant prédateur qui semble ne pouvoir assumer la vacuité de sa vie personnelle qu’en accaparant celles d’autres qu’il choisit au gré de ses pérégrinations dans les décombres d’un capitalisme toujours plus retors . Michel Piccoli certainement un des plus grands acteurs de la seconde moitié du XXème siècle, déploie tout son charme onctueux et ambigu pour attirer dans ses rets spoiler: ce jeune adulte visiblement marqué par l’absence d’un père dont Malair très renseigné sent très vite qu’il va pouvoir tirer profit. Le film prend à certain moment une dimension fantastique construite à partir du trouble profond qui saisit un Louis tout spoiler: d’abord séduit, puis désarçonné pour finir, essoré et sans défense . Le spectateur cinéphile pourra voir à la manière dont est filmé par instant Michel Piccoli une certaine parenté avec « Le Nosferatu » de Murnau, François Lingre incarnant l’âme damnée de Malair (cf. Renfield) chargé de détecter les proies faciles pour son maître. Comme le confirmeront Jean-Marc Roberts et Pierre Granier-Deferre l’absence du père qu’ils ont tous deux ressenti dans leur chair constitue une des clefs de lecture du film au-delà de son constat sans concession sur l’évolution des comportements entrepreneuriaux. S’il a reçu l’Ours d’argent du meilleur acteur au festival de Berlin en 1982, Michel Piccoli a été boudé par les Césars qui à l’instar de Patrick Dewaere l'ignoreront jusqu’au bout de sa prestigieuse carrière. Un film à voir absolument avec des acteurs à leur meilleur et un Pierre Granier-Deferre en chef d’orchestre virtuose.
La réussite sociale passe par le travail. Au sein de son entreprise nous rêvons tous de reconnaissance, gloire, prospérité, avoir la bienveillance et la confiance de son directeur. Louis Coline ne s'imaginait pas devenir la proie du manipulateur-dictateur qu'est le nouveau patron de son agence publicitaire. Nous sommes au début des années 80, le Burn-out, le stress, ne sont pas d'actualité. La satisfaction professionnelle passe par le travail, le travail et encore le travail. On y sacrifie sa vie personnelle, sa famille, ses vacances, ses soirées. On n'a de privé que sa vie consacrée au service d'un employeur qui abuse de son pouvoir. Dans le rôle de ce directeur d'agence, glacé, cynique et sans pitié, excelle Michel Piccoli. Cet acteur hors du commun qui a eu entre autres comme partenaires féminines cinématographiquement légendaires, Romy Schneider, Catherine Deneuve, Andréa Ferréol, Emmanuelle Béart ou Brigitte Bardot. Immense acteur, non pourvu d'un physique de jeune premier, mais non pudique qui n'hésite pas à se retrouver entièrement nu dans quelques scènes mémorables avec cette personnalité forte et profonde. Sa fidélité aux réalisateurs et son éclectisme dans le choix de ses rôles en font aujourd'hui une notable référence. Et puis il y a aussi Gérard Lanvin, surprenant dans ce personnage timide, manipulé et fasciné par son patron. Nathalie Baye toute belle, jeune et fraîche. Jean-Pierre Kalfon qui est François, le dévoué, l'esclave consentant, complètement soumis au bon vouloir de Bertrand Malair son sarcastique supérieur. Vous allez reconnaître Jean-François Balmer qui subrepticement ose contrarier l'autorité patronale. Des personnages de leur époque pris dans l'engrenage infernal de la soumission au travail. Ma note sera de 3,08 sur 5. Pour avoir eu la satisfaction de replonger dans ces années où le tout est possible était encore positif. Mais, comme dirait Henri : Si le travail c'est la santé, alors rien ne sert de la conserver.
J avais découvert ce film encore enfant lors de son passage à la télé et je me souvenais de Michel Piccoli qui m avait profondément marqué. Ce film vaut surtout pour les acteurs. On ne fait plus du tout ce genre de cinéma et pourtant c était vraiment le temps où les scénaristes/dialoguistes avaient de l importance . Rien que pour la composition du patron de Michel Piccoli il fait voir ce film .
La réussite et le pouvoir sont traités dans ce film noir de manière machiavélique, interprété par un Michel Piccoli glacial, odieux et perfide. L’ascendant violent d’un patron qui remplace un père absent nous emporte dans une histoire malsaine où l’employé est hypnotisé et met en péril sa relation amoureuse. Le film a 50 ans, il est cependant toujours d’actualité.
Tiré d'un roman de Jean Marc Roberts, très populaire dans les années 80 le film est plutôt réussi. Le face à face : Piccoli , Gérard Lanvin est efficace, avec comme d'habitude Piccoli parfait en homme cynique et cruel. Lanvin est bien dans son rôle d' homme soumis. Nathalie Baye fait une bonne prestation , Un bon film.
Michel Picoli incarne à la perfection ce patron maitre dans l’art de déployer ses mécanismes d’emprise et de cannibalisation sur ses employés. Mais ne soyons pas naïf, tout sadique trouve ses proies, elles-mêmes vulnérables et volontaires pour se mettre dans une position de masochisme. La subordination aveuglée de Louis, pris dans le délire névrotique de reconnaissance pour se faire une place dans le clan des loups dominants, est magistralement joué par Gérard Lanvin. Ce film est une démonstration de ces organisations d’entreprises, où le pouvoir irrigué d’une idéologie capitaliste patriarcale, qui subsiste toujours à grande échelle de nos jours, s’exprime par le cynisme, la manipulation, la perversion, les comportements délirants de ces patrons. Ces puissants pervers narcissiques usent de leur domination de part leur pouvoir dans l’échelle sociale, obsédés par le profit et toujours en quête d’expériences qui fassent gonfler leur ego déviant. Ces prédateurs (directeur, manager…) savent s’entourer de béni-oui-oui et de larbins se prosternant avec reconnaissance aveugle, intéressés, vaniteux, s’étant convaincu eux mêmes servir leur dieu vivant (leur patron) dans un dévouement illimité. Nathalie Baye incarne le discernement, la lucidité, l’intelligence féministe, l’agir par son libre arbitre, nous offrant ainsi la bouffée d’oxygène face au délire des hommes encravatés. Un film métaphore du Père ravage, tyrannique et machiavélique. Un film unique à montrer dans toutes les formations de psychologie du travail et à regarder absolument par ceux et celles qui veulent se sortir de l’emprise de leur patron.