Les Voyages de Sullivan
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Yannickcinéphile

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5,0
Publiée le 20 juillet 2025
Comme souvent dans le cinéma ancien, simplicité, efficacité, jeu d’acteur, tout est hyper carré pour un résultat des plus enthousiasmants, et cette relecture du Voyage de Gulliver est franchement très réussi. Le film s’appuie déjà sur d’excellents interprètes, à commencer par Joel McCrea, très à l’aise en réalisateur soucieux d’authenticité et se plongeant donc, sans cynisme, dans les bas-fonds de la société pour son prochain film. Il est très crédible dans les différentes situations extrêmes que traverse son personnage et forme un duo charmant avec Veronika Lake. Si son personnage est plus classique, l’actrice est enthousiasmante, entre autres en gavroche ! On sent une vraie complicité avec McCrea et ça fait plaisir de voir l’actrice un peu distante de ses rôles de femmes fatales qui ont un peu occulté ses autres rôles. Autour de ce duo, une ribambelle de solides seconds rôles, mais je dois avouer que ce qui est le plus marquant c’est les clochards et autres taulards qui apparaissent dans le film. Des figurants, mais tous de vraies gueules comme on en fait plus, des trognes burinées et pas besoin de maquillage !
Côté intrigue, c’est l’efficacité au summum. 90 mn et tout est dit à travers une histoire sans aucun temps mort, pleine de rebondissements, avec ce qu’il faut d’humour, de sentiments et de tension, car oui, le héros ne traverse pas que des moments simples ! C’est virevoltant, et il y a même de l’action en mode cartoon ! J’ai vraiment beaucoup accroché à ce récit qui ne se prend pas les pieds dans le tapis de la satire facile comme un film contemporain l’aurait sûrement fait. C’est à la fois grandissant et divertissant, bref, ce que j’aime dans ce cinéma.
Visuellement rien à redire non plus. Dans un noir et blanc magnifié, le réalisateur signe une mise en scène extrêmement affutée. La course poursuite est vraiment marquante et c’est peut-être l’une des plus réussies et spectaculaires de son époque. Avec de petits riens le réalisateur crée tout de suite une émotion, un sentiment, ou un gag parfois, et c’est aussi enlevé que l’intrigue. Le tout dans des décors authentiques, avec comme je disais une figuration authentique. On croit aux différents environnements, avec une mention spéciale pour la soupe populaire qui sent presque le documentaire.
Pour ma part, rien à redire sur ce film cousu main par un Preston Sturges, souvent oublié et qui a pourtant réalisé un paquet de comédies pleines d’intelligence et de vitalité. Ca fait vraiment du bien de voir ça et je mets 5, car pour ma part il n’y a rien à remettre en question ici.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 16 septembre 2018
J’ai rarement vu un film qui manque à ce point de fluidité. Le scénario est découpé en trois morceaux qui ont en quelque sorte chacun sa propre fin, ce qui casse complètement le rythme. L’humour tape dans le burlesque de l’époque du muet avec des chutes toutes les dix secondes qui frisent parfois le ridicule. Après la pure comédie, on change brusquement de ton dans le dernier tiers, ce qui ajoute au manque de cohésion. Et pour couronner le tout, le montage n’est pas terrible (là aussi, on se croirait parfois dans du cinéma muet) et les acteurs souvent assez mauvais. Mais le plus gênant, c’est que le film se vautre dans l’ignorance et le mépris pour la misère sociale qu’il entend pourtant dénoncer. Son faux humanisme et sa vraie condescendance vont croissants, jusqu’à une dernière image qui m’a mis très mal à l’aise. A sauver: la réalisation et quelques dialogues.
Marcelo_Di_Palermo
Marcelo_Di_Palermo

15 abonnés 168 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 mai 2021
Hollywood essaie ici de démontrer que les comédies sont faites pour les pauvres. Démonstration courte, naïve et simpliste. Le Sullivan en question veut découvrir les pauvres par immersion et il ne leur adresse la parole qu'une seule fois dans tout le film (et se faire snober), tu parles d'une immersion! Il regarderait leurs photos dans sa villa hollywoodienne ça serait pareil. Clichés surabondants, morale à deux sous. Quelques répliques amusantes... mais elles sont dans la bande-annonce. Bref, un mauvais film au global en dépit des excellentes critiques des "professionnels". A éviter sauf si on étudie le ciné des années 1940...
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 octobre 2021
Voici un film qui m'a déçu. Parfaitement réalisé par Preston Sturges, "les voyages..." souffrent d'un défaut de taille : son scénario. Si le point de départ laisse augurer du meilleur : un metteur en scène de film comique décide de réaliser un opus dramatique. Comme il vient d'un milieu privilégié, il décide de se faire passer pour un homme pauvre afin de nourrir son expérience. Malheureusement s'il rencontre une charmante jeune femme qui souhaite devenir actrice, les choses tournent mal et il se retrouve aux travaux forcés. Il y a beaucoup trop de baisse de rythme dans le film qui finit par tourner à vide. Les vingt premières minutes et la dernière demi-heure sont les plus réussies. Le reste, même s'il est bien filmé, n'est pas à la hauteur. Il y a Veronika Lake, actrice sexy de petit format qui mourra jeune quinquagénaire. Sa carrière qui connu un boom dans les années 40, s'effondrera en raison de problème de trouble du comportement de l'actrice. Elle fut redécouverte alors qu'elle était devenue serveuse de café restaurant après sa carrière de star. Joel mac rae, souffre de la comparaison avec d'autres acteurs hollywoodiens de comédie de l'époque. A mon sens, il donna plutôt le meilleur de lui-même dans les westerns. Son expression de visage un peu fade, ne lui permit pas d'acquérir la renommée de james Stewart ,de Cary Grant ou d"henry Fonda par exemple. Un classique un peu surestimé. Pas indispensable, mais n'est pas déshonorant.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 août 2018
Les Voyages de Sullivan est un vieux film qui se regarde franchement bien.
Le film bénéficie d'une idée originale (qu'Hollywood aurait bien été inspirée de suivre) : un réalisateur qui veut filmer la vraie vie et donc quitter le monde des paillettes pour découvrir le quotidien de l'époque dans ce qu'il a de plus dur : les soupes populaires, les refuges où les gens s'entassent.
L'histoire offre des péripéties intéressantes spoiler: (notamment la « mort » du personnage central)
qui relancent complètement le film.
La morale du film est très maline : les comédies simples et légères apportent parfois à la société beaucoup plus qu'on ne le pense. Joel McCrea est très convaincant.
Un classique très intelligent.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 décembre 2006
Un des meilleurs films de Preston Sturges, passionnante introspection dans le destin d'un créateur (qui plus est cinéaste). Un portrait fascinant et intelligent, abouti et incontestablement autobiographique. Une réussite.
Jean Mariage
Jean Mariage

1 abonné 99 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2025
Les voyages de Sullivan débute comme une comédie et vire brutalement au drame à mi-parcours : la misère, les taudis, les dortoirs insalubres, la faim, l'injustice et la violence font irruption dans le film qui rappelle souvent Les temps modernes de Chaplin. Il y a une course-poursuite d'anthologie et, comme toujours chez Sturges, des dialogues percutants.
La morale de l'histoire est que les miséreux n'ont certainement pas envie de voir des films sur la misère et que c'est en les faisant rire qu'on leur fera un peu oublier leurs malheurs. Morale discutable mais réaliste comme l'indique cette dédicace au début du film, : « To the memory of those who made us laugh : ...the clowns, the buffoons, in all times and in all nations, whose efforts have lightened our burden a little, this picture is affectionately dedicated.» (À la mémoire de ceux qui nous ont fait rire (...) les clowns, les bouffons, de tous temps et de tous pays, dont les efforts allégèrent un peu notre fardeau, ce film est affectueusement dédié.)
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