A l'orée de la décennie 1990, David Cronenberg décide d'entreprendre ce que bien d'autres cinéastes ont tenté avant lui, avant de jeter l'éponge : adapter le roman jugé inadaptable "Le Festin nu" de William S. Burroughs, écrivain sulfureux et grand artisan de la Beat Generation. Au final, l'entreprise est plutôt réussie sur le fond. Le livre jouit d'une belle harmonisation et le résultat filmique en devient même surprenant tant l'oeuvre de Burroughs colle parfaitement à l'univers du cinéaste et à ses diverses obsessions. Ici, celles-ci, notamment la passion quelque peu morbide des corps, se trouvent pleinement matérialisées à travers l'univers des centripètes et autres cafards hantant l'esprit du protagoniste principal. Regarder "Le Festin nu" est donc forcément une expérience où comme souvent chez Cronenberg, le spectateur ne doit pas avoir peur d'affronter parfois le ridicule. En effet, le film se situe clairement à double tranchant, partagé entre des scènes proprement fascinantes et indélébiles (la machine à écrire se changeant en insecte, la "bouche" de celui-ci...) et d'autres qui tombent en revanche complètement à plat, voire qui frisent le grotesque. Dommage que l'interprétation de Peter Weller soit si froide et plate. A voir.
Je n'ai rien compris et c'est d'un ennui mortel, sans même parler parler de la musique qui m'a cassé les oreilles. Et toujours Maroc et homosexualité masculine sont associés, ça me gave. Basta.
Si l’on considérait l’univers psychédélique du roman introspectif que William Burrough écrivit sous l’influence de drogues hallucinogènes impossible à retranscrire au cinéma, c’était sans compter sur la créativité de David Cronenberg qui avait déjà, notamment avec Vidéodrome, su manipuler les frontières entre réalité et hallucinations. Le bestiaire farfelu fait, entre autres, d’imprimantes insectoides comme la caractérisation des autres personnages tout aussi anormaux soulèvent bien les caractères imaginaires, paranoïaques mais aussi sexuels de la descente aux enfers tant sociale qu’affective que vit ce junkie, car cette histoire biscornue est bien une allégorie de la vision dénaturée du monde que se fait le personnage se retrouvant sous l’effet de puissantes substances psychotropes. Le scénario de ce mauvais trip s’en retrouve terriblement confus, rappelant le cinéma surréaliste de David Lynch mais où toutes les thématiques propres à la filmographie de Cronenberg sont traitées avec une ingéniosité sans précédent.
Je suis décidément hermétique à la période cronenbergienne post-Mouche et pré-Crash. Transposition d’un livre jugé inadaptable dans l’univers obsessionnel de Cronenberg, Le Festin Nu ferait passer Las Vegas Parano pour une cure de jouvence. Drogues variées, fantasmes homosexuels refoulée, insectes mutants, machines organiques à forte connotation sexuelle, tout est fait pour provoquer le malaise du spectateur. D’une certaine manière, le réalisateur à atteint son objectif avec moi car j’ai été beaucoup trop troublé par ces visions cauchemardesques pour réellement apprécier ce film irrationnel. Une œuvre difficile d’accès, à réserver à un public averti.
On est obligé de souligner l'admirable originalité de l'univers de "Naked Lunch". Mais cet univers est si surréaliste, que l'on devient très vite complètement largué.
L'esthétisme et la réalisation sont maitrisés. Les acteurs et en particulier Peter Weller tiennent bien leur rôle. Mais pour le reste ce petit délire onirique n'a aucun sens. Je conçois bien que Cronenberg a tout de même réussit à mettre en avant ce qu'il souhaitait (la psyché d'un Junkie). Mais pour le coup je n'accroche pas. Je préfère de loin Videodrome voir même Existenz dans le même registre...
Le chef d'oeuvre intemporel de David Cronenberg, ou l'art d'adapter au cinéma l'inadaptable William S. Burroughs........................................................................... Increvable modernité graphique 23 ans après, Une photo chatoyante, un style surréaliste soutenu par une sublime bande son couplant le free jazz avant gardiste de Ornette Coleman et la puissance classique de Howard Shore.................................................. Le choix du free jazz est d'ailleurs tout à fait logique car le film se déroule dans le courant des années 50, ce qui lui donne un style très enlevé vraiment hors du commun.......... Une ambiance unique couplée à une forte dose d'humour subtil et des dialogues de type littéraire de très haute volée. .................................................................................. Un film assez proche, quelque part, par ses dialogues et son coté décalé, de ce qu'a fait Bertrand Blier avec son "Buffet froid", "Tenue de soirée" ou "Préparez vos mouchoirs"...... Un des chefs d'oeuvres du 20 ème, tronant à coté d' un "Amadeus" de Forman, ou d'un "Barry lyndon" par exemple, avec une fin à la scoubidou en prime................................... à voir aussi, du meme auteur, "Videodrome"
Parler de Cronenberg, c'est pas simple... Mais ce film est tout simplement indigeste. OK les plans sont parfaitement maîtrisés, les acteurs jouent plutôt pas mal... Mais il n'y a tout simplement rien à tirer de cette histoire qui est le reflet d'une suite d'hallucinations incompréhensibles et qui lasssssent. Je n'ai pas pu aller au bout.
Bon, je ne vais quand même pas prendre le risque de passer pour un idiot consanguin aux yeux de tous ces critiques irréprochables d'Allocine non ? Alors on va faire comme si j'avais compris quelque chose à ce film abominable avec des imprimantes mutantes qui parlent par le trou-de-balle, des coléoptères homosexuels et des trafics de substances spiritueuses chiées de centipèdes géants...
Curieux long métrage que «Le Festin Nu». Je n'ai pas lu le roman de Burroughs, mais après quelques recherches sur son contenu il semble en effet difficilement adaptable. En tout cas pas de cette façon. Je m'explique : le film de Cronenberg apparaît tiraillé entre deux opposés, une réalisation conventionnelle, bien proprette et bien photographiée, et quelques accès de folie (plus proches de l'esprit original je suppose), reposant essentiellement sur les rencontres fantasmées du héros avec des monstres bizarres. On a donc affaire à un long métrage assez banal (quoique d'une qualité certaine tout de même), narrativement beaucoup plus simple qu'il paraît, parcouru par des scènes hallucinées et une ambiance décalée. Pour ma part, l'« adaptation » (il s'agit plutôt d'une oeuvre originale basée sur l'oeuvre et la vie de Burroughs qu'autre chose) de Cronenberg relève donc de la déception. Je m'attendais à des images d'une force beaucoup plus surprenante, à une inventivité beaucoup plus débridée, à un scénario beaucoup plus dense (et sans longueurs), bref à quelque chose de vraiment fou... Surtout que le film accuse trop souvent des baisses de régime, aussi bien narrativement qu'esthétiquement. Tant pis, ne boudons pas notre plaisir, les acteurs sont excellents, la musique aussi, et le non-sens grand-guignolesque de l'ensemble possède un charme indéniable. [1/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Un délire psychotique et schizophrène pas évident à suivre mais pourtant intéressant. On oscille entre réalité, fiction et délire de drogué sans jamais trop savoir où l'on en est mais la réalisation est tellement convaincante que l'on ne perd pas une seconde du film malgré des cassures dans le rythme un peu rébarbatives. Une véritable oeuvre à part donc mais aussi un film pas toujours très clair et qui manque cruellement d'explication et d'un but précis, ce n'est que mon humble avis.
Il y a ce petit air jazzy et entêtant de saxophone sur fond de délire surréaliste, de drogue anti-insecte, de paranoïa schizophrénique, et d'imprimante mutante qui font ce petit truc qu'on aimera dans festin nu.
Le festin nu est un très bon film de David Cronenberg qui se révèle réussi grâce à sa singularité , son etrangeté , sa violence et aussi son côté très mystérieux , angoissant et sombre . Le film brille par une mise en scène qui arrive dès les premières minutes à instaurer un climat unique , une ambiance et un décor dérangeants qui mettent le spectateur dans un état de gêne ou de dégoût ( très suggéré par cet univers d'insectes ...) . Le festin nu aborde ensuite une multitude de thèmes et de sujets intéressants tels que la drogue qui est ici un vecteur de la passion amoureuse ou encore l'hallucination pour fuir l'état de remord et de culpabilité . Il développe ces idées de façon très précise et intelligente et l'on suit ce personnage dans ce long et incertain voyage qui le mène loin ( et nous , le public par la même occasion ) . On peut y voir une galerie de personnages compliquant davantage la thématique et l'intérêt du film donc le rendant plus complet et moins superficiel . Après , il est vrai , reconnaissons-le , que le film peut aussi trouver des limites à cause de certaines petites longueurs ( peut-être cinq minutes un peu inutiles ) . Toutefois , on a là un film avec un réalisateur évident qui réfléchit et qui a de l'idée et nous offre une histoire totalement unique et franchement pas mal fichue : pour ces raisons , il serait inutile de cracher dans la soupe .
William Lee, un écrivain pratiquant le travail d'exterminateur d'insectes, se shoote avec sa poudre anti-cafards et tue accidentellement sa femme. Il se réfugie alors dans la perdition, commence à avoir des hallucinations et se met à parler avec sa machine à écrire mutante qui lui demande de pondre un rapport complet. C'est le début d'une étrange excursion dans un univers insensé qui dérange, fascine et amuse. Plus le film avance, plus la frontière entre la réalité et le trip que se fait l'écrivain devient floue, tandis que ce dernier est en train d'écrire un livre invraisemblable sans s'en apercevoir... "Le Festin nu" est un magnifique objet d'étrangeté cinématographique, sorte de rencontre entre le film de drogués et le bestiaire habituellement charnel et purulent de Cronenberg. Le spectacle est à la fois gore, intelligent, comique et tragique.