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Isabelle B
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5,0
Publiée le 8 juillet 2013
Qui n'a pas encore été voir ce film ? Formidable comme jamais. Paris 1962, des images d'archives des interviews de vraies personnes sur la difficulté de logement le manque de liberté la démocratie ? C'est quoi ? DeGaulle, l'Algérie, les bidonvilles, Charonne .. Très émouvant les oiseaux qu'on entend sur la place de la République.
Un documentaire absorbant, à l'image et au mouvement d'une rare beauté. Marker film avec le regard d'une divinité la culpabilité des français, qui ne fera que grandir au fur et à mesure des années jusqu'à les pousser au suicide. L'auteur qui propose une alternative communiste à la tyrannie de la France chrétienne, n'a pas pris le parti de creuser l'homme, plutôt que les idées. Ainsi, il aurait pu anticiper les horreurs que le communisme à commis.
Il est dommage que le réalisateur ait sciemment omis le massacre des pieds noires par les Algériens.. Il aurait ainsi un parti pris plus objectif, et laissé la liberté à son auditeur de se faire un avis. Comme beaucoup, il choisit la trahison de sa mère patrie, comme aurait dit le jeune Kabyle.. L'héritage de Sartre et de Franz Fanon..
C'est une multiplicité des visages et des voix socialement très différenciés, des marchands de la rue Mouffetard aux courtiers fréquentant le Palais Brongniart, des Algériens de Nanterre aux bourgeois des sauteries culturelles du centre de Paris, des prolétaires d'Aubervilliers aux manifestants de Charonne. Et cette multiplicité forme la toile d'une communauté impossible, tant son hétérogénéité détermine autant les courts-circuits du montage que les échanges électriques des auteurs du film en train de se faire avec les passants désireux de jouer le jeu de ce qu'ils croient peut-être relever du reportage radiophonique ou télévisuel (bien que l'émission Cinq colonnes à la une ait été considéré comme une référence incontournable pour les auteurs). Cette communauté qui n'existe seulement que sur deux plans (le partage socialement différencié d'un même espace urbain et le montage en forme de mosaïque du film) est travaillée en profondeur par un « dissensus » (Jacques Rancière) propice à une diversité de dissonances qui, au moment du tournage ou à l'occasion du montage, manifestent ultimement qu'à l'étrange fraîcheur climatique de ce mois de mai 1962 (peut-être due à l'influence des radiations atomiques dira un badaud) pourrait bien succéder l'échauffement de contradictions économiques et sociales poussées dans le rouge (de la révolution communiste) et le noir (de la subversion anarchiste).
Pendant près de deux heures et demie, caméra à l'épaule, Chris Marker et Pierre Lhomme capturent des images, des sons, des musiques, des paroles et donc des façons de vivre et de penser le monde à travers leur balade anthropologique dans les rues de Paris. Ils saisissent ainsi une certaine vision de notre pays à un moment à la fois crucial et délicat de notre histoire commune. Si l'écueil de ce genre de documentaire (le micro-trottoir et ses raccourcis idéologiques) ne peut être complètement évité, Marker et Lhomme ont réussi leur pari avec brio, eux qui voulaient justement offrir avec Le Joli Mai "un vivier aux pêcheurs de l'avenir".
Superbe documentaire, on replonge totalement dans l'atmosphère mai 62...un vrai régal ! Amusant de redécouvrir la mentalité des français de l'époque, bien différente d'aujourd'hui.
Un des meilleurs films documentaire que je n'ai jamais vu, long, vivant, pas du tout ennuyux, a quand un dvd ? Chris marker, a fait entre autre "la jetée" (très connu pour son adaptation chez bowie et l'armée des 12 singes), ainsi que "sans soleil". Des films à voir et à déguster.