Rien à voir avec la dernière version de Paul W S Anderson mais celui ci mérite encore trois étoiles au lieu d’une demie, malgré la pauvreté des moyens de Diamand-Berger pour rendre crédible toutes les scènes d’action. Pourtant, les américains avaient fait beaucoup mieux onze ans plus tôt avec la version muette de Fred Niblo, très supérieure à celle- ci. Il faut voir ces ‘’trois mousquetaires’’ avec des yeux de cinéphile connaissant l’histoire du cinématographe. Dans ces conditions le coté théâtral va ressortir, les personnages vont prendre vie avec une importante utilisation des gros plans. Les visages d’ Anne d’Autriche, de Constance Bonacieux et de Richelieu resteront dans les mémoires des spectateurs de 1932 mais guère le reste pourtant si apprécié des français lors de sa sortie. De toutes façons, c’est une bonne chose d’avoir retrouvé ce film en Angleterre après qu’il eut disparu de France, suite à l’occupation allemande.
Je ne ferai pas la fine bouche relativement aux imperfections techniques et aux difficultés d'enregistrer un film sonore en extérieur en 1932. D'autant que, de toute façon, je n'ai jamais apprécié la moindre adaptation des Trois Mousquetaires, qu'elle soit d' Hunebelle, de George Sidney ou de Bourboulon. Mais il faut bien reconnaître que le mode narratif et les personnages de cette version parlante d'Henri Diamant-Berger sont aujourd'hui à mourir d'ennui. Le film est d'autant plus soporifique que la mise en scène est complètement dépourvue de style et de personnalité. Les séquences d'intérieurs sont du mauvais théâtre, les personnages y sont figés et reflètent une direction d'acteurs rudimentaires. Au dehors, les scènes d'action ou de mouvement n'ont aucune ampleur : quelques duels à l'épée et des chevauchées ordinaires. Les figures du roman sont ici peu ou pas caractérisées et, après trois heures de film, je ne distingue toujours pas entre Athos et Aramis. D'Artagnan fait un héros d'aventures sans panache ni charisme ; l'acteur Aimé Simo-Girard prête souvent à sourire dans sa composition candide et inhabitée, même s'il le doit surtout à la direction de Diamant-Berger. Les acteurs sont assez mauvais pour tout dire. Forcément, faire du théâtre devant une caméra... Le film, qui eut du succès en son temps, se regarde en tant que curiosité décatie. Je n'y ai trouvé aucune scène de la moindre intensité dramatique ni de séquence formelle qui impressionne.