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Un visiteur
2,0
Publiée le 3 août 2014
L'idée du scénario était pas mal avec des ambitions poétiques seulement la réalisation avec ses longs monologues théâtraux forme un laïus totalement contre productif. Enfin le dénouement final est tout sauf crédible. Il reste les acteurs.
A peine terminée, la Seconde Guerre mondiale a inspiré plusieurs oeuvres. Ici, Raymond Bernard adapte la pièce de théâtre éponyme mettant en scène un groupe de maquisards planqués dans dans un asile psychiatrique. Un concept plutôt bon mais son traitement est inégal. Des longueurs côtoient de croustillants échanges verbaux et un super casting évolue au sein d'une mise en scène relativement plate. Ça se regarde mais "Un ami viendra ce soir ne me laissera sûrement pas un souvenir impérissable.
Le sujet est l'adaptation d'une pièce de l'attelage inattendu Jacques Companeez-Yvan Noé. Connaissant la filmographie et les inspirations extravagantes du second, on peut imaginer que le film de Raymond Bernard, se déroulant dans une maison de santé alpestre pour aliénés, lui doit son mélange d'excentricité et de maladresse. Un temps, le film joue du contraste entre la fantaisie attachée aux malades mentaux (grossiers à force d'être surjoués) et, à l'extérieur, la férocité des allemands et la préparation des maquisards à l'insurrection. Puis on apprend que des résistants, dont le fameux commandant Gérard se sont glissés parmi les fous, introduisant des équivoques d'aucun intérêt. Le scénario n'est déjà pas brillant à ce moment-là mais ce sera pire avec cette dernière partie éminemment théâtrale où les masques tombent, où Madeleine Sologne fait une entrée en scène très...théâtrale (c'est elle qui paie le plus lourd tribut au texte passable et à la balourdise de la mise en scène) et où les personnages -y compris un agent secret allemand plutôt bavard- se perdent dans des explications de texte ou des considérations morales qui sont chargées d'évidences et de manichéisme. Madeleine Sologne, dans son rôle symbolique, règle son compte au nazisme, qui est cruel et sans honneur, tandis qu'on découvre une France résistante comme un seul homme. Evidemment, le film est à remettre dans le contexte et dans la sensibilité de l'époque mais, quand même, Raymond Bernard, qui a jadis tourné le mémorable "Les croix de bois", réalise avec une finesse éléphantesque. Et si on a envie de voir une confusion entre aliénés et personnes "normales" en milieu psychiatrique, mieux vaut se tourner vers "Les espions" de Clouzot.