Malgré ses multiples diffusions télé quand j’étais gosse je n’avais jamais vu le Docteur Jivago, c’est désormais chose faite et j’en suis plutôt content. C’est du cinéma à grand spectacle Hollywoodien sur la révolution russe et c’est à la fois la réussite et le talon d’Achille du film. La réussite parce que c’est un film foncièrement beau, je me suis régalé avec les fabuleux décors, les costumes faits pour reconstituer la Russie des années de la fin de la première guerre mondiale et de la révolution, de plus le talent déjà reconnu de David Lean pour les grands cadres avec de nombreux figurants est ici aussi une nouvelle fois prouvé. Je me suis même émerveillé par moment (la datcha prise dans les glaces, les soldats revenants du front croisant ceux qui s’y rendent, l’errement de Yuri pour retrouver ses foyers...) et j’en passe c’est une réussite esthétique de chaque instant. Le film supporte très bien ses trois heures, je ne me suis jamais ennuyé, il parait même un peu court car certains moments donnent l’impression d’utiliser des raccourcis, ou des rebondissements qui tombent comme des cheveux sur la soupe, ceci venant sûrement de la difficulté d’adapter le roman fleuve de Pasternak. Mais le coté Hollywoodien est aussi de mon point de vu le problème du film, car il passe à mon sens à côté de la sensibilité russe de son sujet, le film est trop manichéen au niveau de ses personnages, les sentiments trop simplistes. Il n’empêche qu’il reste aujourd’hui un très beau film à découvrir.
Pris séparément, le film a peut-être de quoi plaire, mais comparé au roman, même en près de trois heures il n'en reflète pas grand-chose ; certes, le livre est volumineux et ne peut être vraiment rendu que par une série, mais beaucoup de scènes importantes sont survolées ou même ignorées s'il ne sont pas bâclées comme celle spoiler: où le docteur Jivago est pris de force pour servir au camp . Si Omar Sharif a su tenir son rôle malgré une mauvaise adaptation, Julie Christie ne m'a pas du tout convaincu dans le rôle de Lara, spoiler: on la présente même ayant dix-sept ans au début, là où une autre actrice aurait dû jouer le rôle (Lara plus jeune) . Le film souffre d'ailleurs de beaucoup de longueurs, sans pour autant rendre toute l'histoire, surtout vers la dernière demi-heure, on a du mal à voir venir la fin.
Une grande, longue et belle fresque cinématographique comme le cinéma n’en produit plus guère. Les destins individuels et l’histoire collective, celle de la Russie de la fin du tsarisme à la dictature Stalinienne, s’imbriquent très bien. David Lean a fait le choix du romanesque, mais il évite les partis pris catégoriques, et respecte la complexité des motivations et des sentiments humains, comme celle des situations politiques. La forme du film est admirable, avec une écriture cinématographique soignée, des plans et des mouvements de caméra magnifiques. Le rythme est savamment entretenu et l’on ne voit pas passer les plus de trois heures que dure le film. Sans génie créatif, mais avec un savoir-faire exemplaire, un grand sens du spectacle et la capacité de créer des beaux moments d’émotion, David Lean livre avec cette œuvre un véritable classique du cinéma.
Après "Le pont de la rivière Kwaï" et "Lawrence d'Arabie", ma troisième incursion dans la filmographie de David Lean et encore une oeuvre grandiose, imposante tant en termes de l'ampleur de son récit qu'au niveau des moyens techniques colossaux. Un film fleuve, épique, terriblement magnétique et captivant qui offre à la fois une peinture très romancée mais absolument grandiose de la Russie dans la période trouble de la Révolution de 1917 et dans les années qui suivirent et des tensions politiques qui déchiraient alors le pays et une vibrante romance contrariée par les aléas des événements historiques. Une fresque qui se hisse sans hésitation au niveau de longs métrages comme "Ben-Hur" ou "Cléopâtre" même si le personnage de Yuri Jivago, magnifiquement interprété par le charismatique Omar Sharif, est plus proche du témoin privilégié des faits narrés dans le film que du protagoniste davantage impliqué dans l'évolution de l'intrigue. Un nombre impressionnant de plans splendides et de scènes impressionnantes par la profusion de décors, de costumes et de moyens engagés, une mise en scène qui a forcément vieilli et qui est devenue facile à décoder mais qui fonctionne encore très bien. Un chef d'oeuvre indéniablement phare, une référence absolue, une magistrale leçon de cinéma.
David Lean est alors au sommet de son art lorsqu'il réalise "Le docteur Jivago", une fresque historique et sentimentale dans une Russie changée par sa Révolution (1917-1921). Jivago est un médecin partagé entre le respect pour son épouse Tonya et la passion pour sa maîtresse Lara; il est aussi animé d'une bonté inébranlable. C'est pour cette raison que le film déçoit en partie, pour le manque d'évolution lié à un protagoniste somme toute peu complexe, qui se contente de subir les événements historiques. Le film réussit à captiver lors de sa première partie, laquelle dure près de deux heures, en faisant preuve d'un remarquable esprit de synthèse, faisant succéder très rapidement les personnages tout en leur donnant une consistance. Tous existent parce que Lean ne sépare pas la petite histoire de la grande, il mêle les deux dans un montage vertigineux qui crée une collision entre le classicisme de fond et de formidables trouées opératiques. En faisant tenir l'extrême lisibilité du récit et de puissantes visions guerrières jusqu'à l'époustouflante séquence du voyage en train, Lean réussit son épopée intime et spectaculaire. En revanche, il manque le virage dans une seconde partie étrangement boiteuse, toujours traversée de plans sublimes – la vieille maison transformée en palais de glace au fil des ans – mais comme empêchée à cause d'une dimension mélodramatique répétitive et déconnectée de tout enjeu politique. Les personnages perdent progressivement leur épaisseur et ne deviennent que de pâles figures caricaturales, annihilant ainsi le puissant souffle romanesque qui parcourait l'ensemble et l'émotion qui en découlait. Film à l'ambition colossale, "Le docteur Jivago" se révèle finalement inégal à cause de choix partiellement payants.
De la flamboyance, de l'épique, du romanesque mais des éceuils aussi. La grande histoire melé à l'histoire d'un homme au début du vintgième siècle. David Lean sait raconter les histoires mais l'on reste un peu spectateur devant un spectacle un peu trop obstantatoire. L'ensemble est plutot déséquilibré,. L'histoire d'amour souffre d'éllipses qui rend difficile certaines attitudes. La grande histoire est quant à elle, prenante mais souffre d'un certain manichéisme. Un grand film, certes, qui reste à voir mais imparfait
Quelle déception... Un film fade avec des scènes historiques totalement incohérentes et caricaturales. Un film avec de tels inexactitudes passerait pour un nanar aujourd'hui. On est à des années lumières de Sound of Music.
Un incontournable du cinéma. Une histoire qui prend aux tripes, une musique bouleversante. L'ensemble est triste, désespéré, les images sont belles. Certains moments sont inoubliables comme la maison gelée et le départ de Lara. Omar Sharif trouve là son rôle le plus émouvant. Du grand David Lean.
Ce chef d'œuvre signé David Lean ("Lawrence d'Arabie", "Le Pont de la Rivière Kwaï"), est impressionnant par sa photographie (quelles couleurs !), sa mise en scène (beaucoup de plans sont juste sublimes), sa reconstitution de la Russie du début du XXème, ses costumes, ses décors, sa musique (Maurice Jarre et son inoubliable "Chanson de Lara"), sa distribution (l'alchimie entre Youri et Lara fonctionne à merveille, et leurs interprètes -Omar Sharif et Julie Christie- sont très bons et charismatiques), et sa magnifique histoire d'amour (une des plus belles de l'histoire du 7ème art). Bref, une véritable fresque épique, romantique, magnifique sur fond historique (à la Lean, quoi), sublimée par la photographie, la mise en scène et les décors du film. Et je vous promets qu'on ne voit pas les 3 heures passer, alors allez-le voir !
La fresque historique est un peu trop longue .... mais elle est bien mise en scène : la reconstitution de la Russie de cette époque est très forte en émotion ; les acteurs sont bons (ils ont une grande force psychologique) ; et les images sont magistralement construites (c'est le point fort du film et certaines séquences sont dignes d'une anthologie du 7ème Art ; en revanche, la bande son est faiblarde ... trop gnangnan). Personnellement, cette histoire mélodramatique ne m'a pas touché ; c'est surtout la scénographie de ce film qui m'a séduit. A voir au moins une fois.
Le film ne manque pas d'intelligence et de qualités visuelles mais cruellement de rythme et tout de même "d'intelligence du récit". C'est longuet et on vit (ou subit !) en parallèle deux histoires différentes qui ne cessent de s'entrecouper et donc de nous désintéresser réciproquement l'une de l'autre : une romance et l'histoire de la Russie au temps de la révolution. C'est d'un ennui et d'une longueur... Avis au réalisateur : Avec deux histoires différentes et 3h15 de bande vidéo, on peut faire 2 films, plutôt qu"un gloubiboulga indigeste
Un film qui n'a rien extraordinaire et qui est un peu long. Après c'est plutôt intéressant de voir l'évolution d'un homme à travers les moments de l'histoire.
Très beau film,à voir et revoir . Un autre film qui devrait étre rediffusé Michel Strogoff..
J'ai vue le film du Dr Jivago il y a une semaine ,il repasse aujourd'hui sur la chaîne 7 et je le regarde à nouveau Car il est très beau et plein d'émotion
David Lean ne pouvait pas s'arrêter en si bon chemin après la consécration ultime de Lawrence d'Arabie dans le domaine de la fresque épique. Sur ce point, Le Docteur Jivago concentre avec des moyens plus gros que jamais les caractéristiques spécifiques de son cinéma, le romantisme, l'évocation titanesque des vastes espaces, les relations troubles juxtaposée de rencontres symboliques. Le parcours du docteur Jivago sert de fil conducteur dans l'une des plus grandes transformations politiques de l'histoire, la Révolution d'Octobre, le communisme rase chacun de ses points de chutes en ne laissant que solitude sur son sillage. Sa tranche de vie reste cependant au cœur du récit, Lean le plie et le déplie dans toute les directions de façon à ce que le rattachement avec le peu de chaleur humaine qui lui reste soit la seule possibilité de survie, à tel point que la question morale de son mariage n'a plus aucune importance au milieu de tant de tragédies. Toujours plus loin dans sa mégalomanie toujours aussi contenue dans la dramaturgie de ses acteurs, David Lean perpétue avec Le Docteur Jivago sa toute-puissance à manier une caméra dans les confins les plus désolés perdus au milieu des loups.