Michel Blanc est formidable dans un rôle à contre-emploi mais le film en lui-même a trop de longueurs bien qu'il ne dure que 75 mn. Quant aux réactions du personnage principal elles sont plutôt invraisemblables.
Le problème est toujours le même dans la cinématographie de Patrice Leconte, hormis deux ou trois cas comme L'Homme du train (2002) ou Confidences trop intimes (2004), deux réussites de ce que l'on appelle cinéma d'auteur, dont celui-ci aimerait aussi faire partie. Oui, mais Monsieur Hire est avant tout une oeuvre de forme. Et sans âme, il n'est pas grand chose. Tout d'abord, le film possède un argument de taille. Son scénario, entre-autre, constitue le socle de ce dernier, très pertinent. Cependant, alors que cette idée de peindre un homme équivoque dans notre société actuelle était très louable, il en manque ici le traitement. En effet, l'idée était très belle sur le papier. Mais sur le support, elle n'est qu'esthétique, dénué de toute dissection psychologique de ses personnages. Dès lors, ils ne sont que papiers, incapables de trouver leurs complexités. Pourtant, Michel Blanc y est irréprochable, interprétant son rôle avec conviction et talent, alors que la pauvre Sandrine Bonnaire peine à trouver le ton de son personnage caricatural de pauvre femme sans scrupule dont le terrible secret est à l'origine de l'histoire. Le problème ? Tout est téléphoné, prévisible en toute circonstance. Mais le plus embarrassant étant que le film ne trouvera jamais ce qu'il cherche tant : l'ambiguïté. Et au final, ce qui est un peu navrant, c'est que ce Monsieur Hire est aussi explicite qu'une publicité pour une marque de yaourt. Comment donc alors trouver un intérêt à cette histoire aussi convenue que déjà-vu ? A la limite donc d'être un téléfilm pour une chaîne publique pour divertir des cerveaux ne cherchant jamais la difficulté, son film est un long-métrage facile, dont le sophistiquation et le ton faussement péssimiste ramène le cinéaste à un rang d'industriel, cherchant à se démarquer de ses productions onéreuses pour en promouvoir l'idée que monsieur n'aura pas réaliser que des films pour enrichir ses producteurs. Prétentieux mais décevant.
Mais oui dans le cinéma français nous pouvons encore trouver des films d'auteur avec une vraie mise en scène travaillée sans aucune volonté de ressembler à un quelconque effet de mode. Même si le film date d'il y a déja 15 ans , "Monsieur Hire" est un exellent exemple du talent que l'on peut encore trouver dans notre cinéma. Patrice Leconte, plus connu pour la saga cultissime des "bronzés", nous propose ici un drame voyeuriste dérangeant et intriguant. Leconte profite de l'occasion pour offrir un magnifique contre-point à Michel Blanc et son image de Jean-Claude Dus. Le comédien peut ici s'en donner à coeur joie dans un rôle totalement dramatique qui semble avoir été écrit pour lui. Bonne idée également de l'associer à une Sandrine Bonnaire toujours inspirée (plus que dans "confidences trop intimes" du même réalisateur). Joli duo de cinéma, même si les relations sont parfois trop poussées pour être tout à fait crédibles. Patrice Leconte ne parvient pas à cacher l'influence de deux Maitres : Alfred Hitchcock avec son "Fenêtre Sur Court" ainsi que Franz Kafka. Il a un peu de mal à s'affirmer au-delà de ses influences, mais cela ne l'empêche pas de livrer l'une ou l'autre jolie scène avec des plans et symboles puissants. Le spectateur ressent un réel sentiment de culpabilité suite à ce voyeurisme, ce qui est un bon gage de réussite. Mais le scénario a vraiment du mal à transcender ces bons éléments. Qu'à cela ne tienne, c'est du bon film d'auteur français auquel on a droit avec ce "Monsieur Hire"
Ambiance déconcertante, malaise, je dirais que l'ambiance est réussie, bien servie par la prestation des acteurs, et, détail peut etre futile la paleur de Michel Blanc confirme le tout. Le scénario est mince mais la lenteur du film n'en permettait sans doute pas plus. La fin est surprenante, immorale, sans nous faire sauter au plafond non plus. On a de la peine pour le personnage. EN fait ce qu'on garde apres voir vu ce film c'est une ambiance.
Ce long-métrage est tout simplement magnifique et bouleversant, j'avoue que j'ai eu les larmes aux yeux en le visionnant. En effet, il montre bien que les personnes très effacées comme M. Hire peuvent paraître antipathiques pour certains qui n'hésitent pas à faire de cet homme sans histoire leur bouc émissaire. On s'indigne de plus en plus au fur et à mesure que la vérité (dont peu se doutent) se fait jour. Une excellente analyse psychologique, des plans très corrects, une bande son qui prend aux tripes... Que dire d'autre, sinon que Michel Blanc (à l'instar de ses partenaires) y est tout simplement magistral ?
Patrice Leconte dessine un désir tragique, un amour finalement à sens unique comme le portrait d’un homme seul dans sa tristesse, dans ses sentiments, magnifiquement joué par Michel Blanc. Sur les sublimes violons de Michael Nyman, sa composition d’introspectif au grand cœur bouleverse.
Ce film m'a bouleversé, et j'ai eu à l'époque beaucoup de mal à m'en remettre. C'est d'une tristesse profonde, et l'on ressent du début à la fin le mal-être et la mélancolie du personnage, excellement interprêté par Michel Blanc (dans son premier rôle dramatique). La fin est magnifique et fatalement "larmoyante". Dur, très dur, mais beau, très beau.
Malgré sa réputation justifiée dexécrable cinéaste, il faut parfois se souvenir que Patrice Leconte fut capable de réaliser un ou deux bons films (celui-ci, « Tandem » et « Le Mari de la Coiffeuse ») même sils présentent des défauts évidents de mise en scène et de recherche naïve de soi-disant « belle image ». « Monsieur Hire », beau film dadolescence, est sans doute son meilleur, le moins ampoulé, notamment parce quil part sur de bonnes bases : adapté dun roman de Simenon, ce film est aussi et surtout un remake de « Panique », lune des grandes réussites de Julien Duvivier où Michel Simon joue le rôle de Hire. A côté, le Leconte fait pâle figure, mais peu importe Le film tient aussi le coup grâce à ses acteurs : Michel Blanc est impeccable dans son premier rôle dramatique, Sandrine Bonnaire est délicieusement perverse, et le regretté André Wilms était bien le génie qui hantait nos souvenirs Autre point positif, la bande originale, inédite à ce jour, est signée par limmense Michael Nyman. Même si Leconte joue trop les contrastes, recherche le cadrage qui sera parfait, on peut dire quici il se comporte dune manière relativement honnête et permet à son film de décoller. Même sils sont attendus, cette histoire et son dénouement sont relativement déchirants. On se laisse prendre par ce conte noir, par ce petit bonhomme que tout le monde voit comme un pervers. Estampillé 80s, « Monsieur Hire » supporte pourtant la revoyure, et plonge le spectateur dans un bain nostalgique et émouvant.
L'interprétation est remarquable notamment celle de Michel Blanc qui casse son image de comique de service mais le rythme du film est très lent, on est proche de l'ennui.