Deux jeunes qui s’enfuient dans la forêt. Le film est du symbolisme à outrance. La peur les paralyse et les images mentales vont dans tous les sens. On ne comprend pas vraiment la réalité de leur fuite car ça va dans le présent et la futur sans arrêt. Un cinéma expérimental en quelque sorte.
Sublime et terrible long métrage, dans lequel nous suivons la fuite éperdue de deux jeunes Juifs dans les forêts tchécoslovaques pendant la Seconde Guerre Mondiale, alors qu'ils se sont évadés d'un train devant les conduire vers un camp de concentration.
Jan Němec signe à la fois un film simple et complexe : il est simple par ses prises de vues belles et limpides. Complexe par sa narration, qui entremêle trois dimensions de l'intériorité de l'un des personnages : ce qu'il vit au présent, avec son compagnon de fuite ; ses hallucinations et fantasmes ; le désir qu'il a de retrouver son chez soi, à Prague.
Cette combinaison d'images et de temporalités qui se croisent et s'entrechoquent font des Diamants de la nuit à la fois un film sensoriel et un film cérébral. Il faut accepter de se perdre dans l'espace mental du fuyard. Dès lors, on ne peut qu'être qu'estomaqué (positivement) par la beauté de certaines de ces visions, et en même temps choqué par ce qui arrive à nos deux jeunes héros.
Jan Němec signe un premier long métrage très fort. S'il n'est pas totalement maîtrisé, il démontre une maturité certaine et une confiance dans le pouvoir du cinéma, qui dans ses mains semble pouvoir tout raconter et tout montrer.
Un film beaucoup plus étrange que ce résumé le laisserait supposer. En effet, si le début est hyper-réaliste (et très en avance sur son temps, au point de me faire penser -techniquement- au Fils de Saul, avec 50 ans d'avance), le reste est beaucoup plus surprenant. La narration est déconstruite, et entrecoupée de flashes oniriques , et même les scènes réalistes versent dans l'étrange et:ou le surréalisme, comme cette traque, menée non par des flics ou des soldats , mais par une escouade de petits vieux plus ou moins "branlants". Comme c'est tchèque, j'ai pensé à Kafka et à certaines de ses nouvelles, qui partaient dans le bizarre, alors que le fond était réaliste. De plus, narration très dense, le film ne faisant qu'à peine 1h15. Une grande découverte, dans un cycle consacré par la Cinémathèque au cinéma tchèque des années 60.