Les Dix commandements
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Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 décembre 2014
Alors qu'il était déjà un réalisateur plutôt reconnu, "Les 10 commandements", qui sera un triomphe complet, permettra à Cecil B. DeMiles de vraiment accéder à la notoriété et c'est à partir de là que sa réputation de faiseur d'immenses fresques (surtout biblique) prendra acte. Ici il met en scène les 10 commandements un peu à la manière de Griffith avec "Intolérance", c'est-à-dire à travers deux époques différentes, d'abord à la source puis à notre époque.

DeMiles consacre à peu près un tiers de son film à l'histoire de Moise, racontant comment il a reçu les 10 commandements tandis que dans les deux tiers suivants, il met en scène les 10 commandements dans l'ère moderne à travers l'histoire de deux frères que tout oppose, l'un athée et vivant dans le péché, l'autre vivant selon les commandements et qui devient un pauvre charpentier. Les deux frères ont en commun l'amour pour une femme.

Ce qui prédomine le film, c'est le sens de la mise en scène de DeMiles, c'est tout simplement grandiose. Dans la première partie du film, c'est inoubliable et spectaculaire et les morceaux de bravoure ne manquent pas, notamment la façon dont Moise sépare la mer en deux. Armée de gigantesques décors et de nombreux figurants, la reconstitution est magistrale et le tout est superbement maîtrisée par DeMiles qui ne manque pas d'idées et les concrétisent bien. Malheureusement cette première partie ressemble plus à une succession de magnifiques scènes qu'autres choses. Le problème, c'est que le récit est assez riche et que DeMiles n'a pas le temps de tout bien retranscrire en une grosse quarantaine de minutes et finalement les personnages et événements sont peu marquants et peu voire pas du tout développés. À noter aussi des acteurs, notamment Moise, qui ont une certaine tendance au sur-jeu, dommage.

Dans la seconde partie c'est assez surprenant car là aussi on y trouve quelques moments de grâce mais totalement plombée par un symbolisme et un côté religieux trop mis en avant, provoquant pas mal de lourdeurs. Et notamment dans la description des deux frères où l'un est un vrai sain et l'autre une ordure de première car il est athée, sans oublier la mère qui ne jure que par la crainte de dieu, ce qui n'est pas vraiment maîtrisé par DeMiles qui accentue les lourdeurs et les passages inintéressants. Et puis, que dire de la (longue) scène finale qui représente le sommet du symbolisme biblique. Ce côté-là gâche pas mal de choses, car dans le traitement du triangle amoureux, c'est plutôt bien exploité par DeMiles même si l'ensemble manque quand même d'intensité et d'intérêt malgré encore une fois de beaux tableaux.

Une fresque qui contient pas mal de beaux tableaux (avec, à de rares occasions, l’utilisation d'un filtre technicolor), parfois totalement impressionnant à l'image de la séparation de la mer par Moise mais qui contient aussi des lourdeurs et longueurs dues à un symbolisme et un côté religieux trop accentué et mal maîtrisé ainsi qu'une dernière partie qui manque d'intérêt et d'intensité... dommage.

Premier opus d'une trilogie biblique qui sera suivie par "The king ok kings" (1927) et The sign of the Cross" (1932), "The Ten Commandments" connaîtra un remake en 1956 qui, à l'image du Ben Hur de Wyler vis à vis de celui de Niblo, "éclipsera" cette version.
Nicolas S.
Nicolas S.

130 abonnés 1 591 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 septembre 2020
"Les 10 Commandements" ne sont pas une mais deux histoires. Je ne le savais pas et je ne m'y attendais vraiment pas. L'effet de surprise a donc été réussi : j'ai été déboussolé quelques instants.

Malheureusement, les deux parties ne sont pas mais alors pas du tout d'égale valeur.

La première partie raconte l'histoire de l'exode des Juifs et de la révélation des 10 Commandements à Moïse sur le mont Sinaï.
Elle reprend littéralement la Bible via des intertitres citant certains versets.

Cela a obligé le réalisateur à innover et à convaincre les producteurs d'injecter l'argent nécessaire pour la construction d'immenses décors, que l'on a d'ailleurs retrouvé il y a quelques années enfouis à Guadalupe.

Sur cette première partie, rien à dire : c'est épique, c'est réussi.

C'est seulement dommage qu'elle ne représente que 45 minutes car la deuxième partie est beaucoup moins réussie.

On retourne en 1920 pour assister à une histoire de triangle amoureux lourdingue sur fond de morale chrétienne pas subtile pour un sou.

L'un des personnages va pousser le vice tellement loin qu'il en devient ridicule.

Cecil B. DeMille s'est tiré une balle dans le pied avec cette seconde histoire ennuyeuse et ratée sur toute la ligne. On en oublierait presque le tour de force de la première partie !
Chaîne 42
Chaîne 42

221 abonnés 3 549 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mai 2021
Film très différent de ce que sera la version plus connu de 1956, du même réalisateur, celle-ci traite vraiment des dix commandements en tant que tels. Avec un préambule historique qui reprend le texte de l'Exode en encarts, depuis le 10ème fléau jusqu'au 10 commandements. A 46mn39 ceux qui ne s'y attendaient pas écarquillent les yeux car on se retrouve projetés dans une maison moderne (1923) où l'on voit que c'est une mère qui lit la Bible à ses deux fils. Ce qui suit est le parcours des deux fils opposés tels le fils prodigue et le fils resté près du père mais là ce n'est pas du tout cela, c'est une allégorie de Cecil B DeMille qui concerne les dix commandements. Pourtant il évoque Jésus mais sans le citer notamment au moment clé du film spoiler: lorsque la mère meurt, elle souhaite parler à son fils rétif pour lui demander pardon du fait de lui avoir montré Dieu comme inspirant la peur au lieu de lui montrer que Dieu est amour
. L'ensemble est compréhensible dans le sens chrétien des choses mais c'est un peu maladroit dans le déroulé et incomplet, pas assez exposé. Un peu dommage cependant cette lecture reste possible dans le film, c'est en fait bien mieux montré dans un récit largement antérieur qui est le voyage du pèlerin: celui qui s'occupe à suivre ou être affecté par les dix commandements est broyé par ceux-ci, cela n'est pas démontré vraiment mais évoqué dans le film, spoiler: Et Jésus qui apparait sur la fin du film dans une petite scène est venu pour expliquer que seul l'amour et le suivre fait parvenir au pardon et au salut.
P.  de Melun
P. de Melun

79 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2017
L'archétype du film classique indémodable : la mise en scène est épurée et souvent spectaculaire, les acteurs sont superbes, les décors grandioses et les effets spéciaux restent impressionnants malgré leur âge. Un film que des millions de gens ont vus, que des millions de gens continuent de voir et que des millions de gens continueront à revoir. En bref, un film quasi aussi universel que ses propos bibliques !
Luc D.
Luc D.

10 abonnés 124 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 octobre 2025
[Vu sur YouTube]
Cecil B. DeMille met en scène la sortie du peuple hébreux d’Égypte puis la révélation à Moïse par Dieu des dix commandements, mais pas seulement. En effet, la partie biblique de ce long-métrage ne dure que le premier tiers du film ; les deux autres sont à propos du destin croisé de deux frères, l’un athée et volontiers pêcheur et l’autre croyant.
« Les Dix commandements » débute par un intertitre assez prosélyte affirmant qu’il est nécessaire de se raccrocher à la religion après le traumatisme de la Première Guerre mondiale. Les dix commandements y sont présentés comme étant « les principes fondamentaux sans lesquels l’humanité ne peut vivre ensemble ». Et c’est bien cette affirmation que le film va tenter de montrer dans sa seconde partie, qui se déroule donc dans les années 1920.
Curieusement, DeMille choisit de faire débuter son film après la neuvième des dixièmes plaies d’Égypte (châtiments divins par lesquels Dieu veut forcer le pharaon à autoriser les Hébreux, alors esclaves, à quitter son pays). Le reste du livre de l’Exode constitue ainsi tout le segment biblique du film spoiler: , qui s’arrête alors que Moïse détruit le veau d’or.
Entre temps, Cecil B. De Mille a l’occasion de nous montrer tout son talent pour filmer cet exode, avec notamment des passages marquants comme le passage de la mer Rouge, ou la transmission des dix commandements à Moïse par Dieu. Les effets spéciaux sont impressionnants. Mais pas seulement ! Les décors, le nombre de figurants (ou encore la poursuite des chars) sont tout aussi marquants.
La seconde partie est nettement moins intéressante : c’est une histoire imprégnée de la morale de l’époque (il ne faut pas oublier que l’interdiction de l’alcool – la prohibition – était en vigueur depuis peu dans tout le pays, sous l’influence des pasteurs). spoiler: Un fils fait une suite de mauvais choix en se gaussant ouvertement des principes religieux de sa mère très pieuse (ou bigote, c’est selon), pendant que son frère choisit de rester un modeste charpentier fidèle à ces principes. Forcément, ses mauvais choix ne restent pas impunis.
A partir du changement d’époque, le film devient un mélo très convenu et prévisible ; on abandonne toute la majesté de la première partie. Reste la mise en scène.
Un film à deux faces.
Mjoly
Mjoly

2 abonnés 196 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 janvier 2026
Chaque fois que je revois cet incontournable méga-classique de l'histoire du cinéma, je me dis qu'il y a trois manières de le regarder: soit le voir sous son aspect purement historique, mais ce serait oublier que nul ne sait, à ce jour, si Moïse a vraiment existé. Soit le voir sous son aspect religieux, et là, si on est athée, le message divin est vraiment très lourd et difficile à supporter au fur et à mesure que l'histoire avance. Soit, et c'est ce que je préfère, le regarder comme un immense spectacle, absolument énorme, avec des reconstitutions très spectaculaires, dont l'ouverture de la mer, qui a certes beaucoup vieilli, mais qui reste un grand moment, et qui me fascina la première fois que j'ai vu ce film alors que j'étais encore enfant. Et puis il a Yul Brynner, si beau en pharaon!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Ce film est génial je n'aime pas trop les vieux films mais je ne m'en lasse pas de celui là !!!!
Le loupez-pas c'est un chef d'oeuvre.
J2L
J2L

1 abonné 52 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 décembre 2025
Une fois que l'on a mis de coté le fait que ce film prend des libertés avec l'histoire puisqu'il est tiré de l'ancien testament et non de la vérité historique, c'est une grande fresque assez bien réalisé avec des costumes somptueux.
Ce récit entre trop dans des détails inutiles et ça le rend lourd et ennuyeux : 3h40, il faut s'accrocher.
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