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Sasuke R.
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4,5
Publiée le 10 mars 2013
Avec "Do The Right Thing", Spike Lee réalise un film qui intrigue et ne laisse pas insensible. La mise en scène est parfaite, et nous plonge dans la peau des multiples personnages du quartier de Bed-Stuy un jour où la canicule exacerbe les tensions entre les communautés. Si Spike Lee montre très bien comment des petites luttes finissent par provoquer la haine entre les communautés, le réalisateur semble plus partagé et ambigu sur l'usage de la violence dans la défense de la cause noire. En effet, le film se conclu par deux citations antagonistes à propos de la violence, l'une du pacifiste Martin Luther King et l'autre du radical Malcolm X. De même, au cours du film, Spike Lee adresse une critique à ses "frères" lorsqu'il met en avant les qualités d'entrepreneur des chinois pendant que les trois commentateurs du quartier se contente de dire "je vais". Puis, par la suite, à travers la révolte emmené par Mookie, Spike Lee semble faire l'apologie de la violence comme intelligence tel que le conçoit Malcolm X, rebaptisé "faire la bonne chose" par le réalisateur. En ressort (et peut-être est-ce finalement le point de vue du réalisateur) que la violence peut toujours se légitimer (point de vue de Malcolm X), mais qu'elle ne fait que s'inscrire dans un cercle vicieux de représailles (point de vue de Matin Luther King).
Dès le début du film, Do The right thing surprend par son incroyable énergie. Le film est d'une incroyable vitalité, d'une incroyable fougue et ça fait réellement plaisir à voir. Ce n'est pas pour autant brouillon ou confus, Spike Lee sait exactement où il va et met sa mise en scène au service de son scénario : les deux sont complètement explosifs, virevoltant. L'un sied complètement l'autre. De plus, je pense que ce film est aussi à remettre dans son contexte de sortie, c'est un film qui est d'une jolie modernité (oublié le côté années 80 très visible). C'est intéressant car c'est un portrait absolument pas larmoyant ou défaitiste de la situation des afro-américains aux Etats-Unis mais plutôt un cri du coeur passionnel et bien ficelé. Bref, Do The Right Thing est un bon film qui donne envie d'en voir plus de la filmo de son réal..
Un film à l'extraordinaire photographie qui est une succesion de scènes de vie pleines de réflexion sur la vie, le racisme. Troublant, engagé, emblématique d'un malaise sociétal. Après, le film ne raconte pas grand-chose, le rythme est assez lent et tout repose sur le jeu des acteurs tous très bons d'ailleurs. Un OVNI inclassable.
La rencontre de la comédie Italienne et du mouvement Hip Hop. Un bon coup de pied dans le paysage cinématographique américain. Militant comme il sait l’être (il est d’ailleurs personnage principal), Spike nous dépeint un quartier coloré, bruyant, drôle, surchauffé, pittoresque, problématique, et reste optimiste malgré les signes avants coureurs de la catastrophe. Tous ces gens sont condamnés à vivre ensemble qu’ils le veuillent ou non, il le sait. Et Spike a sa manière bien à lui de résoudre le « problème » communautaire US. Seule solution, mettre en scène comme au théâtre, et transformer la farce tragi-comique en tragédie dramatique, par un climax dans une pizzeria, resté dans toutes les mémoires. Les ombres portées trahissent la présence des projecteurs, et trahissent la reconstitution théâtrale justement. Se serait un défaut si il n’assumait pas son propos jusqu’au bout, Spike. La chaleur, la tension raciale, l’oralité afro-américaine, les italo fiers de leur origine, les latinos, tous mélangés, qui se regardent du coin de l’œil, et se rentrent dedans à longueur de journée, on y est. On pourrait se demander où est l’histoire avant de comprendre que cette façon de s’entrechoquer tout le temps est « leur » histoire. Je ne parle même pas des trois vieux blacks assis a parler comme des vieilles commères, leur débit rythme les débats comme une berceuse ou chœur grec , alors que le couple de coréens, travaille sans se poser de questions, et s’enrichit alors qu’il ne « parle pas un mot d’anglais »…drôle, je le disais, pathétiquement drôle, donc pas pathétique du tout. J’ai détesté John Turturo ou plutôt son personnage, Martin Lawrence m’a fait pleurer de rire, Samuel DJ Jackson qui adoucit la tension à coup de tubes, mais jusqu’à quand, m’a enchanté. Génial. A voir en VO si possible, c’est encore plus fort.
Chronique des problèmes entre les communautés noire et italienne sous un été caniculaire. Très bien joué, très bonne mise en scène et BO de Public Enemy. Un des meilleurs Spike
Spike Lee, à l’époque jeune cinéaste ambitieux, réalisateur de deux films à forte dominance afro-américaine dans le casting, assez engagés, sans non plus être du vrai cinéma politique, se lançait enfin dans un projet ambitieux.
Do The Right Thing ne se concentre pas uniquement sur la communauté afro-américaine, mais plutôt sur Bed-Stuy et toute sa population. Le film, construit sur 2 actes, le jour et la nuit, met en scène une constellation de personnages tous hauts en couleurs (oui, bon) et réussis, jamais unidimensionnels et très souvent passionnants. Les acteurs sont excellents, des premiers rôles aux seconds rôles et certains livrent même des performances mémorables, comme Steve Park, Roger Guenveur Smith et John Turturro. On notera même une apparition réjouissante de John Savage. Quant à la réalisation, elle pose les bases du style Spike Lee, c'est-à-dire des faces caméras, des plans séquences et une musique fabuleuse qui accompagne parfaitement le film, sans oublier les personnages métadiégétiques, comme Samuel L. Jackson ou les trois amis assis dans la rue, qui pendant près d’une heure et quart, ne font que constater les évènements tels des spectateurs.
Do The Right Thing est donc un film admirable techniquement, sans oublier d’être fantastique idéologiquement. Dans la partie diurne, la violence raciale se contient à la violence verbale, d’où certaines scènes fabuleuses, comme l’échange musclé entre le personnage d’Ossie Davis, pas si irréprochable et Steve White, jeune homme pas si décérébré et dont la violence verbale envers le vieil homme trouve une sorte de justification inattendue ou encore la scène où Radio Raheem achète des piles pour son master-blaster. De plus, lors de la deuxième vision, le film prévoit la tragédie qui va arriver avec certaines phrases comme «Thank God, the night’s coming». Quand à la partie nocturne, elle est un peu plus chaotique et linéaire, certes, mais très forte émotionnellement, avec l’acte que tout le monde connait : le jet de poubelle dans la vitrine. Le film donne deux interprétation possible sans en imposer une au spectateur : Mookie a-t-il sauvé Sal en détournant l’attention vers sa pizzeria ou est-il responsable de la nuit de violence qui s’ensuit ?
Le film a le très bon goût de ne jamais répondre à cette question et de laisser l’interprétation à son spectateur, en donnant deux déclarations finales, contradictoires, de Malcolm X et Martin Luther King Jr. Do The Right Thing est évidemment un grand film, passionnant de bout en bout, émouvant et mis en scène par un Spike Lee en état de grâce.
C'est assez difficile d'avoir une opinion claire sur ce film de Spike Lee tellement il est ambivalent. Traité de tolérance ou impossibilité pour les différentes communautés à vivre ensemble ? Les tirades racistes sont elles juste de l'humour ou cela dépeint il une situation beaucoup plus profonde et compliquée ? Le personnage de Mookie, joué par Spike Lee lui même, cristallise à lui tout seul cela. Sauve t-il son vieil ami ou se venge t-il de son tyran de patron ? Beaucoup de questions et Spike Lee joue la dessus en laissant le choix à chacun de se faire son propre avis. Et cela jusqu'au bout puisqu'on finit sur un plan avec Martin Luther King et Malcolm X, les deux grands défendeurs de la cause Noir aux Etats-Unis, aux méthodes bien différentes...
Evocation très ambigüe de la problématique communautaire aux USA, Do the right thing ressemble de prime abord à une comédie sociale farfelue, tant les personnages qu'il dépeint semblent n'être que la caricature d'une diversité maladroitement retranscrite sur grand écran. Et pour cause! Non seulement Spike Lee semble se complaire à ériger l'oisiveté comme valeur morale, du moment qu'elle est pratiquée par ses "frères Blacks" (le clodo,les pochetrons, le simili autiste fan de Public Enemy...), mais pire encore celle ci est bizarrement opposée à la valeur travail, sournoisement présentée comme l'arme de l'envahisseur étranger (Italien, Coréen) au sein d'une communauté noire réduite politiquement à sa plus simple expression (la revendication de la photo d'un noir dans la pizzeria!!) A la limite du Burlesque (involontaire bien sûr), le film se vautre in fine dans le dégueulasse le plus sordide, ou comment attiser la haine chez le mouton persuadé de trouver dans l'expression de sa connerie profonde la légitimité de sa lâcheté morale, confondant allègrement l'ingratitude avec le courage (le double jeu à gerber du personnage de Spike Lee acteur/réalisateur, personnage Ô combien vil, incapable de se comporter comme un homme auprès de sa famille mais qui s'imagine pertinent en brisant la vitrine de son employeur, pourtant plein d'attention à son égard...) et présentant de façon très manichéenne les gentils insurgés contre la méchante flicaille New Yorkaise, forcément blanche et raciste... En bref, à considérer le film en écho aux deux dernières citations de Martin Luther King et Malcolm X (dont Spike Lee allait adapter l'autobiographie peu de temps après) ,on se demande où ce Do the right thing veut vraiment en venir tant il s'évertue à prêcher tout et son contraire. Et pour un type qui prétend rouler pour les siens, dans la symbolique, il semblerait que ce soit plus confortablement installé au volant de sa grosse berline que serré dans un bus de Banlieue en compagnie de sa communauté à laquelle, par ce film, il ne rend absolument pas service!!
Film à voire en VO uniquement (surtout pour la scéne du "YO! YO!"qui est mythique),quelques scènes sympas,mais franchement le scénario est inexistant.De plus on ne peut être qu'énervé par la manière dont Spike Lee s'évertue à faire l'éloge des noirs et à faire passer les blancs pour des gros blaireaux. Je ne peux m’empêcher de penser que ce film se voulant être une description des tensions communautaires, n'est en réalité qu'un film raciste.
A un moment on voit un pizzaïolo étaler en vain la pâte en la tapotant du bout des doigts, en la retournant toutes les dix secondes et en la saupoudrant de farine toutes les quinze. Je crois que là réside la clé pour comprendre comment ce film a pu être réalisé...
Œuvre de jeunesse du réalisateur, Do the right thing nous invite à une balade dans Brooklin par un été torride. D’une rue à l’autre, on croise des flics en reco, on s’arrête pour une pizza italienne, on fait un saut chez l’épicier vietnamien. Et surtout on rencontre foule de personnages aussi hauts en couleurs que visuellement noirs. C’est en forçant le trait que Spike Lee provoque le sourire. Mais sous la laque de caricature, on devine une observation assez fine du microcosme de quartier. Sous la chaleur étouffante, les travers de la promiscuité se font jour, les fiertés, les rancœurs, les jalousies, les désirs, et la violence finit par pointer le bout de son nez. D’abord galerie de portraits caricaturale mais sympathique, le film vire alors progressivement au pamphlet pacifiste un brin moralisateur. Restent la fraicheur du projet, volontaire et maladroit, baigné de culture afro et d’ambiance 80’s, et l’appui d’une belle brochette d’acteurs de talent.
avec "Do the right thing", Spike Lee est devenu un chef de file du cinéma noir Américain d'aujourd'hui. A travers son oeuvre, il reflète une nouvelle culture urbaine. Lancé dans la grande majorité du film sur le ton de la comédie, la réalisation se focalise sur des questions raciales qui engendrent une tension explosive. Et le réalisateur met en scène un grand débat d'où émergent plusieurs discours plus ou moins tolérants. D'autre part les acteurs sont bons et la mise en scène est bien écrite. Pas mal, j'ai bien aimé.