Quand un film n’est pas que du cinéma, mais s’élève au rang d’œuvre d’art. Qui d’autre pouvait faire un film aussi puissant avec la littéraire et Sophocle. L’oracle parle au travers de la flûte. Ceux qui ne voient pas peuvent entendre. C’est aride mais c’est d’un profond lyrisme. J’ai vraiment beaucoup aimé.
Premier long-métrage en couleurs du réalisateur, Œdipe Roi est considéré par Pier Paolo Pasolini comme étant son film le plus autobiographique. Il ne faut donc pas penser voir une pure adaptation de la tragédie de Sophocle. Ainsi, l’histoire à laquelle on s’attend est encadrée d’un prologue et d’un épilogue se déroulant au XXème siècle et renvoyant directement à la vie du cinéaste-poète (ses rapports avec son père et sa mère qui éclaircissent un peu le choix de son sujet dans le prologue et sa vision de l’état d’artiste dans l’épilogue). De même, on trouvera des costumes et des accessoires ne provenant pas obligatoirement de la Grèce antique mais ayant diverses origines et le Sphinx n’est pas représenté sous les traits d’une bête au corps de lion avec des ailes d’oiseaux et un visage de femme mais sous ceux d’un homme costumé. Malgré cela et l’aspect emphatique de l’interprétation générale (parmi laquelle on trouve Franco Citti, Silvana Mangano, Alida Valli et son cher Ninetto Davoli), Pasolini respecte globalement l’histoire de Sophocle. Il réussit à fasciner et à capter son spectateur de bout en bout. Malgré les presque 2400 ans le séparant de sa création, la tragédie de Sophocle possède dans les mains du réalisateur une puissance qui ne s’est pas essoufflée avec les années. Pour son second long-métrage en costume après L’Évangile selon saint Matthieu, Pier Paolo Pasolini signe encore une belle réussite arrivant à la fois à respecter l’œuvre originale et à imposer sa propre patte.
Oedipe Roi témoigne une nouvelle fois du flair de Pasolini pour trouver des lieux de tournage mémorables, et pour choisir des costumes qui laissent une impression durable sur le spectateur. Pour autant, je trouve que c'est un Pasolini un peu pénible, à cause du jeu outré de ses acteurs et, plus encore, de ses nombreuses redondances - tout doit être dit et répété plusieurs fois pour que le récit avance enfin. Néanmoins, tout s'anime lors des vingt dernières minutes, durant lesquelles Pasolini parvient à donner une épaisseur psychanalytique et une résonance personnelle au mythe d'Œdipe, d'abord en y restant parfaitement fidèle, ensuite en le déplaçant dans le temps.
Chef-d'œuvre absolu. Par le symbolisme le plus simple, Pasolini nous montre sa vision de l'histoire d'Œdipe, prolongée dans l'époque moderne. Esthétique d'un monde très lointain, archaïque mais non caricatural à la vue des connaissances de l'époque, opposée à celle du monde moderne, suivant les mêmes profondes passions humaines, chacune avec sa culture, ses références. Cette transposition d'Œdipe à notre modernité est subtile et magnifique.
Retranscrire une des tragédies grecques les plus connues écrit par Sophocle est assez ardu.et de plus pasolini le ramène aux années 20 en mêlant une certaine modernité dans la mise en scène pour l epoque. Avec un excès de zoom,et gros plan qui traduit aux mieux les caractères des personnages. C etait mon premier film de ce réalisateur , une véritable découverte
Des années 20 à l'Antiquité, de l'Antiquité aux années 60, l'évocation de la vie d'Oedipe Roi par Pier Paolo Pasolini. Mise en scène excellente, images marquantes, scénario très bien écrit, dialogues passionants,... font de ce film un chef d'oeuvre en puissance à l'aspect mystique et autobiographique (Pasolini avoue s'être inspiré de sa propre relation avec sa mère pour raconter celle d'Oedipe et de la sienne) troublant.
Difficile de concevoir que l'auteur d''une telle oeuvre soit le réalisateur du terrible Salo.
Pas forcément que Edipo Re soit plus beau que la fresque maudite de Pasolini (ce n'est pas le cas, me concernant) mais là où Pasolini tendait vers l'explicite et la démonstration révoltée dans Salo, oeuvre terriblement belle s'il en est, ici, c'est davantage dans la poésie et dans l'implicite qu'il faudra trouver son compte.
Oui, le film est contemplatif. Mais la lenteur apparaît nécessaire puisqu'elle offre au film un souffle inédit, et permet de percevoir, derrière l'abîme de la méditation, le propos du cinéaste.
Pasolini cerne parfaitement la complexité et le tragique de la figure d'Oedipe, inscrit dans une dualité qu'il abhorre : tiraillé par des élans passionnels, Oedipe est aussi un personnage sage et raisonné, et son héroïsme n'a d'égal que sa folie intérieure. Je pense à cette scène merveilleuse où il refuse de s'écarter devant l'escorte d'un prince, puis, pourchassé par les gardes, se met à courir comme rattrapé par la Raison, avant de tuer les gardes un par un sans nécessité particulière, signe de folie.
Lancinant, Edipo Re est un objet de fascination. Pasolini ne donne pas dans la simple reconstitution mythologique mais aussi dans la thèse sur l'humain : l'Oedipe qu'il dessine, comme le témoigne une dernière scène bouleversante, n'est rien d'autre que figure humaine poussée à son paroxysme.
Mention spéciale pour les comédiens, irréprochables.
Pasolini fait preuve de beaucoup d'inventivité dans cette très belle adaptation d'"Oedipe Roi"... De même, il fait participer le spectateur puisqu'il ne livre à celui-ci pas toutes les clés de compréhension de certaines scènes... Remarquable...
une adaptation classique de la vie de ce célèbre héros tragique de cette civilisation grecque en perte & "ne ressentant pas sa propre honte"... Toutefois le film souffre de son aspect figé et théatral.
Oedipe roi m'a fait l'effet d'une claque, une claque superbe. Un film magistral portant de maniere peu orthodoxe le mythe de oedipe. Sublimé par l'interprétation de franco citti. Un film poignant et magistral surement un des meilleurs films de son auteur.
Un film vu contre mon gré ( de toute façon je pense que je ne l'aurais jamais regardé en temps normal ). Véritable supplice sur tous les points. Je ne sais pas si la réalisation de ce film a été fait de la sorte, exprès, mais le rendu final est atroce. Les musiques sont soit ignobles ( mention spéciale pour la flûte à bec ) soit inexistantes Les accessoires sont ridicules ( et c'est un euphémisme ), je ne m'attarderai même pas sur les chapeaux/costumes improbables ( et très moches ) ni les "armes" qui ont ressemblent à de gros accessoires de cuisine ( Œdipe qui tue tout le monde grâce à son fidèle épluche-légumes ) Le scénario qui tente pourtant de suivre l’œuvre originale de Sophocle mais qui se perd dans des scènes complètement inutiles et dénuées de sens ( mariage improvisé, labyrinthe ) Et surtout le jeu d'acteur, mon Dieu !L'actrice incarnant Jocaste tient encore un peu la route, mais Œdipe est ignoble, pas du tout convaincant et tout le temps dans le ridicule ( la scène où il tue Laïos et ses gardes !!!! ), Polybe passe peu de temps a l'écran mais parait complètement paumé et Créon semble ne même pas comprendre ses lignes de texte
Œdipe Roi de Pasolini, c'est comme si vous lisiez la pièce de Sophocle en étant sous LSD Si vous avez 1h40 à tuer, passez-votre chemin ( le film fait rire tellement il est mal fait, mais même en riant, ça reste long et agaçant )
Ce film a un avantage : peu de dialogues, ce qui permet de dormir plutôt tranquillement, mais son principal défaut est que le peu de dialogues consistent en des hurlements qui vous arrachent de votre sommeil. Un film en demi-teinte.
On retient principalement les cris d'Oedipe et ses tournoiements étranges accompagnés de mouvements peu coordonnés. Au-delà de ça, le film a d'autres défauts : il est vrai que la Pythie est ridicule, mais moins que le Sphinx, dont on ne peut deviner l'identité que parce qu'elle nous est donnée. En revanche, la mise en scène est fidèle à l'oeuvre de Sophocle, avec cet ajout à l'époque moderne qui m'a paru tout à fait bienvenu et fort bien fait. On a ainsi une transposition intemporelle du mythe et la flute qui traverse les époques. Dans l'ensemble le film est bien construit, et compréhensible pour ceux qui ignorent le mythe malgré le faible nombre de dialogue. Le spectateur peut être touché par Oedipe qui s'enferme dans son ignorance, avant de découvrir la vérité. A voir à la rigueur.
Ce film m'a scandalisée en fait ! Je n'ai jamais vu de ma vie, si courte soit-elle, un film pareil ! L'acteur ne donne aucune émotion, il crie sans arrêt, et on ne sait pas pourquoi ! On ne comprend pas pourquoi on passe d'une époque à une autre, ni pourquoi il est traumatisé de savoir qu'il va tuer son père et épouser sa mère... L'acteur ne fait passer aucune émotion. Et puis ces looongs moments de silence où il se mord le poing pour je ne sais quelle raison... A la fin du film j'étais vraiment soulagée et scandalisée. 2 heures de ma vie gâchées... Mais après il peut y avoir quelques subtilités ou quelques feintes du grand cinéma italien, alors à ce moment-là je ne les ai pas vu.