Avec « Le cavalier traqué » ou « Riding Shotgun », André De Toth signe le septième des dix westerns qu’il tournera et la cinquième de ses six collaborations avec Randolph Scott. Le réalisateur est ici dans son domaine de prédilection, la série B efficace aux intrigues lisibles et au rythme soutenu. Randolph Scott de son côté va bientôt s’engager dans la série de sept westerns tournés sous la direction de Bud Boetticher qui encore aujourd’hui au côté des cinq tournés par James Stewart avec Anthony Mann sont considérés comme les fleurons qui ont contribué à revivifier un genre devenu presque moribond après sa période de gloire des années 1930. Plutôt court (73 minutes), « Le cavalier traqué » s’organise autour d’une intrigue conduisant vers une sorte de huis-clos prenant pour site une ville, cible à venir d’un hold-up rendu possible par une diversion éloignant le shérif et ses hommes. Randolph Scott interprète le « Riding Shotgun » (escorteur de diligence) au centre de cette diversion, aveuglé par sa soif de vengeance, le chef du gang (James Millican) ayant tué trois ans auparavant sa sœur et son neveu lors d’une opération similaire. Ayant finalement compris la manœuvre et ayant pu se libérer, il retourne dans la bourgade pour tenter de persuader les villageois de se préparer à l’arrivée des brigands. Mais présumé complice, il doit lutter contre la population hostile. André de Toth auquel la Warner n’avait sans doute pas alloué un budget énorme ne livrera pas un western épique à la John Ford mais plutôt un regard pertinent sur le tropisme moutonnier des foules qui ne voient généralement guère plus loin que le discours du premier ayant pris la parole de manière véhémente ici en l’occurrence le patron du casino visé. Randolph Scott toujours aussi sobre en impose certes par sa stature mais sans le soutien de seconds rôles marquants hormis le shérif adjoint (Wayne Morris) qui ne pense qu’à se remplir la panse alors que la situation se tend à vue d’œil, il montre les limites de son jeu qui prend toute sa saveur, éclairé par le contraste de son attitude flegmatique face à des partenaires plus en vue. André De Toth n’a visiblement pas réussi à relever le défi et laisse son acteur fétiche un peu seul qui fait de son mieux sans réellement convaincre. Heureusement les six années à venir allaient être plus fructueuses, voyant même Randolph Scott conclure brillamment sa carrière avec « Coups de feu dans la sierra » de Sam Peckinpah aux côtés de Joel McRea comme lui vétéran de la grande époque des studios.
Un petit western par sa durée et son standing, la fin sauve tout le reste car il s’installe dans la ville un climat de folie qui finit par peser sur les nerfs des spectateurs, ce qui crée un suspense qu’on a hâte de voir se terminer. L’histoire ne tient pas la route une seconde et il faut la présence de Randolph Scott, pourtant assez mal utilisé, pour y trouver un petit intérêt. De Toth a fait encore plus mal, cela n’a pas l’air de trop le gêner de bâcler son cinéma. Il dépasse les limites du laisser-aller lors du début en ne se préoccupant en aucune façon de faire disparaitre complétement Larry Delong et en ne filmant pas l’attaque de la diligence. Ce sont ces westerns médiocres qui ont fait la lie des spaghettis westerns italiens
Un tout petit western de série dont les faiblesses principales se situent dans les scènes d’action. Si le script rappelle, par certains aspects, celui du « Train sifflera trois fois », l’idée demeure plutôt originale et aurait certainement mérité d’être davantage approfondie. La petite ville est plutôt esthétique, certains personnages, s’ils sont caricaturaux, n’en sont pas moins bien vus, et une tension parvient à être créée au fil de l’intrigue. La présence de Randolph Scott est un atout indéniable et on regrettera que quelques péripéties plus dramatiques n’aient pas été intégrées pour donner à l’ensemble davantage d’ampleur. La voix off, qui veut venir combler quelques lacunes, ne fait en réalité que les renforcer et se révèle à chaque fois très pénible, surtout quand elle décrit une situation qu’on comprend tout à fait. Cela se regarde sans déplaisir mais André de Toth est capable de bien mieux et disposait d’un budget suffisamment confortable (acteurs, décors, costumes) pour signer une vraie bonne série B.
Petit western de série B assez court (1h 14), ce n'est pas l'un des meilleurs films de Randolph Scott, mais il ne manque pas d'intérêt. Il n'y a que peu d'action, le personnage principal restant coincé dans une cantine au sein de la ville pendant une demi-heure. Le metteur en scène met surtout l'accent sur l'aspect psychologique des citoyens et n'hésite pas à en caricaturer certains comme le petit vieux qui veut absolument jouer du revolver contre un as de la gâchette, ou le shérif ventripotent dont l'héroïsme fait peur à voir, ou bien le petit minable qui n'a qu'une hâte, passer la corde au cou de Delong (Scott). L'intrigue est simple et conventionnelle et rappelle par certains aspects "Le train sifflera trois fois". On notera la présence de Charles Bronson dans le rôle secondaire de l'adjoint au chef de bande. En revanche, le doublage est quelconque et je lui préfère la bande originale.
Pas le meilleur Randolph Scott, mais un petit western, court , nerveux, plaisant, avec des scènes de folie collective et d'envie de meurtre assez étonnantes. L'idée de l'homme abandonné de tous, sauf de celle qui l'aime, n'est pas nouvelle, mais elle est ici bien rendu et par moment certaines scènes sont poignantes (même l'enfant lui envoie des cailloux); Le film est heureusement rythmé par des scènes cocasses (l'habitant muet qui pendant toute la durée du film ne pense qu'à pendre le héros). Agréable.
Heureusement qu'il y a la tension palpable et très bien mise en scène, par Detoth dans la ville sinon franchement c est plus que moyen. Scott fait ce qu il peut ça vaut tout juste la moyenne