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Claude DL
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3,0
Publiée le 11 février 2025
Je suis assez fan de Bertrand Blier, et j’ai retrouvé avec plaisir son univers loufoque et ses dialogues percutants. Par ailleurs, le « couple » Depardieu-Dewaere est juste jubilatoire, et la première partie du film est d’une grande réussite, avec une Carole Laure renfrognée à souhait. J’ai trouvé néanmoins la deuxième partie nettement moins agréable, avec cet ado surdoué et ses élans érotiques qu’on a tous connus au même âge mais dénotant après l’ambiance de la première partie. A noter l’intervention savoureuse de Michel Serrault et on n’était pas loin d’un film culte. J’a toutefois nettement préféré Buffet froid et Les valseuses, films dont on se souvient très longtemps après.
Très original et baroque, un peu moins que buffet froid et surtout moins noir. L’histoire entre l’héroïne et l’ado ne serait probablement pas filmée avec autant de légèreté aujourd'hui.
Réalisé par Bertrand Blier, "Préparez vos mouchoirs" suit un mari désemparé face à sa femme mélancolique, et qui décide de lui trouver pour amant, un inconnu rencontré par hasard. La farce décalée prend ensuite une tournure inattendue avec l’arrivée d’un adolescent surdoué qui va bouleverser cet étrange triangle amoureux. Blier orchestre cette comédie grinçante avec un sens du dialogue mordant. Gérard Depardieu et Patrick Dewaere forment un duo d’une complémentarité évidente, jouant sur leur énergie brute et leur maladresse touchante, tandis que Carole Laure incarne avec finesse un personnage à la fois insaisissable et en quête de liberté. L’ensemble baigne dans une atmosphère douce-amère, où l’absurde se mêle à une réflexion plus profonde sur l’amour, la virilité et l’impuissance émotionnelle.
Ce que j’aime avec Bertrand Blier, c’est qu’il me bouscule. Je parle d’une période qui s’étend des années 70 à 90. Quand j’étais jeune il bousculait mes certitudes lesquelles n’étaient rien d’autres que le fruit d’une éducation et d’une instruction gravées dans une morale civique et religieuse. Le cinéma de Blier et bien d’autres comme Volker Schlöndorff avec « Le tambour » m’ont permis de reconsidérer le monde dans lequel je m’apprêtais à évoluer loin de mes repères familiaux à la pensée provinciale trop étriquée. Bertrand Blier a défloré mon innocence ! C’est aussi ça le cinéma, à défaut de changer le monde - ne lui plus prêtons pas cette prétention - il permet d’y contribuer en amenant le cinéphile à briser, à repenser tous ses préjugés.
Revoir ou voir « Préparez vos mouchoirs » à la lumière de nos jours où tout est précaution de langage, où la présence insistante du wokisme et de #MeToo, peut conduire le cinéphile à reconsidérer le film. Contexte ou pas. Aucune envie de rentrer dans ce délire aucune culpabilité à aimer ce film et pour tout ce qu’il dit.
De toutes façons, après avoir découvert ce film à 20 ans, et pour l’avoir revu à trois reprises à des âges différents, mon humeur du moment se fond avec l’évolution de la société. Mais à ma grande surprise ou soulagement, « Préparez vos mouchoirs » ne faiblit pas avec le temps. Bien au contraire. Il est une bouffée d’air pur.
Oui Bertrand Blier n’a aucune limite à prendre le contre pied de la bien pensance ; il s’amuse à fouetter tous les interdits ; il s’amuse à me sortir de mon inconfort. Mais jamais ô grand jamais, il est malsain.
« Préparez vos mouchoirs » vient de suite après « Calmos » mais comme je l’ai déjà écrit, j’avais apprécié ce film pour son audace crasse. Ce n’est pas le meilleur Blier, j’en conviens, mais cette folie assumée m’avait scotché. C’était un autre temps. La seule indignation qui vaille : il est malheureux que des réalisateurs d’aujourd’hui n’aient pas l’audace de pondre des films à la Bertrand Blier.
Bertrand Blier, ce n’est pas qu’une direction d’acteurs, ce sont avant tout des dialogues percutants. Mais ces dialogues ne peuvent être percutants que si la direction d’acteurs suit. S’il n’y a pas de soucis pour un Depardieu et Dewaere, il fallait sans doute appuyer sur Carole Laure et le jeune Riton Liebman très convaincant. La tirade de Gérard Depardieu sur Mozart est un des grands moments de ce délire. « Préparez vos mouchoirs » ne sont pas des Kleenex, rien n’est à jeter ! Un très bon Bertrand Blier.
Chef d'œuvre !!! Une merveille de film qui se dèroule durant l'ètè 77! Patrick formait avec Gèrard un tandem inouï! Dès qu'il jouait ensemble, ils ne faisaient plus qu'un! Quatre ans après le boulet de canon "Les valseuses", Bertrand Blier rèunit de nouveau le duo explosif Dewaere-Depardieu dans cette comèdie grinçante, sorte de pied de nez à la morale! Dans "Prèparez vos mouchoirs", Depardieu et Dewaere sont grandioses! L’allure rebelle du premier, menton en avant et rèplique explosive, ègalait presque la dèsinvolture du second, la moue innocente et èlègante sur le faciès!
Comme souvent, Bertrand Blier entre brutalement dans le vif du sujet. A l'occasion d'une longue scène d'ouverture, Blier parvient à établir à la fois les personnages, la situation et le ton, que l'on sait provocateur et favorable au paradoxe. Presque surréaliste, cette scène où Depardieu propose Carole Laure, sa femme neurasthénique, à un inconnu (Dewaere) dont il exige qu'il lui redonne la joie de vivre, est un brillant numéro d'acteurs et de dialoguiste. Dès lors, il souffle sur ce ménage à trois (le fameux triangle cher à Blier) un parfum d'amoralité et d'absurde. Au-delà de l'amusement qu'il procure, Blier donne une image cohérente et humaine de la détresse ou du désarroi des personnages. spoiler: La fin du film est à cet égard surprenante par sa rupture de ton et d'esprit, laissant ouvertement la place aux sentiments qui sébauchent dans la relation interdite entre Solange et un adolescent surdoué qui relègue les deux hommes (ultime pied-de-nez) à un rang accessoire. Dénouement métaphorique d'ailleurs un peu long. A choisir,on préfère le Blier de la première partie, habilement ironique, incisif et iconoclaste.
Comédie dramatique et romantique, écrite et réalisée par Bertrand Blier, Préparez Vos Mouchoirs est un bon cru, même s'il souffre de quelques tares. L'histoire nous fait suivre Raoul, un homme ayant tout essayé pour effacer l'éternel air triste affiché par son épouse Solange. Il se dit alors que seul l'amour peut lui redonner le sourire et décide de faire cadeau de la jeune femme à un inconnu rencontré dans un restaurant. Ce scénario commence de façon plaisante mais fini par légèrement perdre en intérêt au fil du de sa durée d'à peu près une heure et quarante-cinq minutes. Si sa première partie sous forme de triangle amoureux est une belle réussite, sa deuxième moitié prend une tournure s'éloignant de cette forme géométrique en faisant intervenir un jeune garçon. Et c'est là que les choses se gâtent car sa relation avec Solange tombe dans l'immoralité et s'avère assez dérangeante. Malgré cela, le récit se laisse visionner sans déplaisir, notamment à la faveur de personnages appréciables, interprétés par une distribution comportant Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Carole Laure, Michel Serrault et le juvénile Riton Liebman, dont ce sont les premiers pas au cinéma. Tous ces rôles entretiennent des échanges procurant de l'émotion et quelques sourires, notamment via des dialogues frontaux, parfois poétiques, très bien écrits, souvent déclamés par le duo formé par Raoul et Stéphane. L'ensemble est convenablement réalisé par Bertrand Blier. Sa mise en scène est très conventionnelle mais est au service du propos. Elle évolue dans des environnements peu vivants accouchant d'un visuel plutôt terne. Ce dernier est accompagné par une b.o. faisant la part belle à la musique classique avec majoritairement des compositions de Wolfgang Amadeus Mozart, dont le film joue via son propos. Cette tentative d'égayement s'achève sur une fin correcte, venant mettre un terme à Préparez Vos Mouchoirs, qui, en conclusion, est un long-métrage méritant le coup d'œil.
Carole Laure est dépressive et n'a de goût à rien, si ce n'est pour tricoter des pull-overs à son compagnon. Son compagnon, Gérard Depardieu l'offre à Patrick Dewaere, qui s'entiche d'elle, mais son spleen et ses états d'âme ne changent pas. Ils sont prêts à tout pour l'aider, car ils l'aiment comme ils disent. Ils rencontrent un adolescent de 13 ans, qui va faire évoluer et changer et les choses.
Bertrand Blier a construit un film concept où Carole Laure et Riton Liebman sont au centre.
Le talent de Bertrand Blier est bien présent: dialogues et interprétations étourdissantes pour une histoire dont les circonvolutions conduisent comme souvent chez lui vers une tragédie de la bourgeoisie, qui ici encore est secouée et chamboulée. Sous certains atours de comédie, le film est un drame via de multiples composantes. Comme souvent la musique a un rôle important, avec ici Schubert, et le personnage de Patrick Dewaere qui est un passionné de Schubert. Et de lecture (il dispose de l'ensemble de la collection du livre de poche).
Nous y trouvons de l'émotion, de la tendresse, des énormités. Que les comédiens jubilent à fournir, nous le sentons biens. Avec des dialogues encore et toujours passionnants et impressionnants.
Après la réussite critique et publique de " les valseuses", Bertrand Blier, quelques années après, reprend le tandem Dewaere-Depardieu et Carole Laure ( actrice, chanteuse canadienne) qui succède ( avantageusement selon moi) à Miou Miou.
Blier tente une fois encore de secouer les conventions du couple petit bourgeois .( fidélité, monogamie notamment) et propose une tentative d'explication des difficultés de compréhension dans les relations de couple entre l'homme et la femme.
Pour Blier, la femme, simplement, répond surtout de manière irrépressible à la pulsion de vie en voulant enfanter..
Le réalisateur en profite pour égratigner au passage la poursuite de l'accumulation de biens matériels ou culturels, dans lesquels il ne voit que des tentatives insatisfaisantes, vouées à l'échec, d'accéder à l'équilibre voire au bonheur.
Les rapports adultes-adolescents sont aussi évoqués sur un ton qui ne passerait peut-être plus aujourd'hui ( le film date de 1978) et est sans doute finalement, à y regarder de près, plus iconoclastes que " les valseuses".
Au plan formel, la première partie est beaucoup plus réussie que la seconde qui déséquilibre un tout petit peu l'harmonie d'ensemble de " préparez...".
On peut aussi regretter, l'étirement appuyé de scènes ( certes parfois très drôles) qui donnent à certains moments l'impression d'un manque de rythme.
Les décors et le climat trop répétitif, contribuent à altérer la qualité d'un film qui manque de fluidité.
La force du film repose surtout dans le casting absolument remarquable et formidable dans son ensemble.
Les aficionados des deux acteurs principaux ne le manqueront surtout pas et soulignons le charisme de Carole Laure qui possède, dans un registre voisin du personnage de la femme incarnée par Miou Miou dans " les valseuses", un rayonnement plus éclatant que celui de l'actrice française.
Couronné de l'oscar du meilleur film etranger, Bertrand Blier conforte avec ce film, la place de cinéaste dont la filmographie se situe à la lisière entre le cinéma d'auteur (auquel il appartient sans aucun doute, même s'il n'est généralement pas considéré comme un cinéaste majeur ) et le cinéma grand public.
Un film étrange et vrai sur les figures du désir. Seul le manque de rythme de la seconde partie empêche de mettre cinq étoiles. Le duo Depardieu-Dewaere fonctionne à mon avis encore mieux que dans les Valseuses, Carole Laure est impériale. Et puis Serrault dans ce film, c'est la petite cerise sur le gâteau.
Bertrand Blier a une nouvelle fois voulu sortir des sentiers battus en filmant une femme qui sort de sa dépression en tombant amoureuse d'un enfant. Presque ridicule le film n'intéresse guère, je vois désormais à quel point Bertrand Blier a plaisir à montrer les poils pubiens féminins, plusieurs scènes le démontrent clairement comme c'était aussi le cas dans "Calmos". Il faut avouer que certaines scènes entre Patrick Dewaere et Gérard Depardieu sont encore très drôles. Un film que je ne conseillerais pas vraiment pour découvrir Blier.
Comédie déjantée, provocatrice, parfois racoleuse sur les surdoués, le désir d’enfants… Un Blier insolent à souhait servi par une mise en scène de qualité, de bons acteurs, des dialogues incisifs et une intéressante BO. Avec Carole Laure et Michel Serrault.
Avec Bertrand Blier on a l’habitude d’assister à des comédies de mœurs assez provocantes, mais là il faut avouer qu’il pousse le bouchon assez loin. Si la première partie du film reprend les bases du scénario des « Valseuses », à savoir deux hommes qui souhaitent le bonheur d’une seule femme, la seconde partie nous entraîne dans une histoire totalement incongrue. Une nouvelle fois, le réalisateur réunit Gérard Depardieu en impulsif au grand cœur et Patrick Dewaere en doux-rêveur. Ce duo offre des dialogues et des scènes excellentes (l’apparition de Mozart en particulier). Mais c’est surtout la relation incestueuse de Carole Laure, désireuse d’un enfant, qui s’enflamme pour un jeune garçon surdoué (l’incroyable Riton Liebman) qui bouleverse complètement les bonnes pensées. Jamais vulgaire mais terriblement troublant, ce récit a su éblouir les Américains qui lui ont décerné l’Oscar du meilleur film étranger en 1979. Bref, ajoutons à cela les apparitions de Michel Serrault qui sont absolument succulentes et nous sommes face à une œuvre inclassable, que l’on peut aimer comme détester, mais qui mérite d’être vue !
Une comédie irrévérencieuse sur le désir féminin qui envoie du très lourd côté dialogues, avec un sublime trio Dewaere/Depardieu/Serrault, mais desservi par un scénario décevant dans la deuxième partie du film.
Un curieux oscar du meilleur film étranger pour Blier qui retrouve quelques années après Dewaere et Depardieu son duo d’acteurs des valseuses. Et personnellement je trouve ça moins bien. Si j’ai vraiment été pris au début, le film démarre de manière étrange avec des fulgurances dans les dialogues (bref du pur Blier), j’ai trouvé qu’il se perdait en chemin comme s’il y avait une forme d’improvisation pour le coup mal venue. Et puis j’ai vraiment eu du mal avec le personnage de Carole Laure qui devient peu à peu le cœur du film et que j’ai trouvé trop fade, passive, mal caractérisée, un peu bête curieuse. C’est d’autant plus décevant car comme je le disais ça partait vraiment bien.