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Yasujirô Rilke
273 abonnés
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5,0
Publiée le 8 août 2013
Peut-être le film le plus connu de Jean-Pierre Melville, «Le Samouraï» (France, 1967) est l'histoire d'un homme solitaire, un exécuteur de basse besogne, un tueur professionnel en somme. Joué magnifiquement bien par Alain Delon, qui confirme son statut d'acteur formidable, Jeff Costello, le tueur à gage accomplit un contrat qu'on lui a demandé. Mais Jeff Costello sera suspecté par la police. Heureusement, la maîtrise du tueur lui aura fait penser à laisser des indices qui le disculpera. Seulement la police va s'acharner sur cet être solitaire. C'est ainsi que le film engage la poursuite taciturne entre Costello et la Police. «Le Samouraï» utilise tout les canons du film policier pour venir contrer la logique par une imparable maîtrise de la part du personnage de Delon. Et c'est ce qui fait que l'oeuvre est délectable. La pénurie des dialogues, octroyant aux sons une hégémonie nouvelle, donne aux gestes, aux actions et par conclusion à l'histoire une force muette mais frénétique. La force de Melville dans «Le Samouraï» est de nous faire pénétrer dans la vie, dans les accoutumances de Costello, si bien qu'on en ressort coi, le regard langui, perdu sur un point comme Alain Delon. Car il faut reconnaître au personnage une classe hors pair. Vêtu d'un imperméable beige, d'un chapeau gris et d'un regard perçant, le samouraï de Melville est pétri d'une force singulière. Le film excelle également par la peine sous-jacente de la vie solitaire de Costello. Cette peine trouve d'ailleurs son apogée dans la conclusion du film, lorsque le tueur est victime de son inéluctable destin, mourant seul, haï de tous (quasiment) et voué à l'oubli. Ainsi «Le Samouraï» est un chef d'oeuvre du film noir, une utilisation magnifique de l'image vieillote des années 70 et peut-être la plus grande oeuvre de Melville.
Un film génial d'une noirceur extrême avec un personnage principal qui domine tout le film. Ce personnage principal, Jeff Costello, interprété par le grand Alain Delon, que l'on sait condamné dès le début est un personnage à l'image du film, d'une noirceur extrême qui ne parle presque pas mais qui laisse entendre beaucoup. Après avoir vu L'armée des Ombres, Un flic et Le cercle rouge, maintenant c'est sur : Melville est génial!! Bravo!
Autant sur le plan scénaristique, l'histoire d'un tueur à gages solitaire recherché à la fois par les autorités et ses supérieurs mafieux, que sur celui de la mise en scène, soigneuse, qui consiste à accentuer la solitude en y glissant que peu de dialogues, et une photographie obscure, Melville réussit là un chef d'oeuvre. Un suspense constant pour une oeuvre paradoxalement très lente, envoûtante par sa musique et son ambiance silencieuse, où Delon brille par son interprétation, froide, le regard figé, déterminé. Un film noir d'une grande beauté.
Il est de bon ton d'encenser ce pur exercice de style, de louer la "patte" de Melville et l'interprétation glacée d'Alain Delon. Reste qu'aussi bien l'un que l'autre ont connu des films plus réussis que celui ci, qui est trop froid, trop maitrisé. On n'arrive pas à se détacher de la mise en scène, qui se fait pour l'occasion trop voyante par sa grâce même, et cela nuit au crédit que l'on accorde aux déroulements des faits. Bien sûr, cela reste du polar haut de gamme par rapport à la moyenne, toujours grâce à la mise en scène, à cette musique, à ce milieu des bars de luxe bien dessiné, à ce paysage parisien, cadre froid de cette fuite en avant. Mais pourquoi ces personnages réagissent toujours sans émotion, par exemple au cours de la scène finale, quand la jeune femme est sur le point de se faire tuer ? C'était l'air du temps, cette sorte de fatalisme mâtiné de séduction. Aujourd'hui cela passe un peu moins bien. J'en profite pour dire que le chef d'oeuvre de Melville est sans conteste Le deuxième souffle.
Salut les amis, bon ok, le samourai c'est un film avec Alain Delon mais bon c'est pas son meilleur, on s'ennuie pas mal et le scénar n'est pas très crédible : le tueur à gages, Jeff se fait coincer par la police dans un tripot, il lui aurait suffit de rentrer tranquilos à la maison et le tour était joué mais là, bien sûr, le film aurait fait cinq minutes, une faille des scénaristes sans doute. Je mets une étoile pour l'ambiance "années soixante", car j'aime les années soixantes (mais moins que les années soixante-dix tout de même) OK ? T'as compris ?
Le samouraï montre bien la solitude de son héros : les dialogues sont peu nombreux et Alain Delon incarne (très) bien un personnage (très) froid. Cependant, l'intérêt du film ce situe plus dans la bande-son (ah, cet oiseau !) et les plans sombres, tout ceci jouant beaucoup dans d'excellentes scènes où la tension est à son comble. On obtient ainsi un bon film policier proche du thriller, qui a peu vieilli, et qui sait utiliser le talent de delon (et non le contraire).
Que dire ? C'est le second film que je vois de melville et honnetment je ne sais pas quoi dire, film d'une immense noirceur qui nous captivent, chaque scéne est magnifiquement tourné(rien que celle du pont par example, avec les différents angles de vue ou encore les passages ou Jeff Costello est seul dans la nuit). Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin, celui qui joue le rôle de Costello, Alain Delon, dont la prestation est éblouisante.
Le meilleur rôle de Delon avec "Le cercle rouge" (aussi de Melville) et "Le Guépard" de Visconti. Rien à dire, ce film est parfait, totalement parfait.
Traque épurée dun énigmatique samouraï à la force sereine et imperceptible. Melville signe quelques beaux plans de cinéma ( notamment celui de la passerelle, magnifique ) et offre à Alain Delon loccasion dimprégner lécran de sa froide beauté à lélégance taciturne.
Influence majeure des polars actuels, malgré un rythme pas toujours très soutenu, ce film de Jean-Pierre Melville doit beaucoup à l'interprétation d'Alain Delon qui parvient à rendre ce tueur froid et méthodique particulièrement attachant.
Un chef-d'oeuvre. Il faudrait 5 étoiles pour ce film que je revois périodiquement en DVD toujours avec la même admiration pour JP Melville, Alain Delon et François Perrier
C'est quand meme un peu emmerdant ... j'aime bien ce concept style "Ghost Dog" mais bon c'est un vieux film maintenant ce qui n'empeche pas qu'il y a bien peu d'action pour un film sur un tueur a gage...peut-etre qu'un jeu poetique comme sur le film cité ci-dessus aurait ete judicieux tandis que la c'est quand meme un poil vide ! M'enfin c'est l'oeuvre de toute une génération que je n'ai pas connue alors respect !
Quatre étoiles sans problème. Du très bon cinéma français, servit par l'un de ses meilleurs acteurs : Alain Delon. Il livre ici une formidable performance d'acteur : réussir à créer un personnage à la fois attendrissant et redoutable. Avec seulement quelques pages de dialogue, Alain Delon décroche là un de ses meilleurs rôles. La réalisation est évidemment soignée - le talent de Jean-Pierre Melville n'est plus à prouver - et met en valeur le charisme de l'interprète principal. Les rôles secondaires sont également justes : François Perrier, impeccable en flic, et Nathalie Delon quand elle est encore actrice. Bref un film immanquable, surtout quand on est fan du grand Alain Delon.
Alain Delon interprète un rôle en or(le plus beau de sa carrière selon moi) avec le personnage de Jeff Costello et son énigme finale fascinante car sans réponse. Le personnage du samourai est plus poétique que réel,sa solitude touche(malgré lui?)à la pathologie. Pour se jouer de l'abstraction filmique,Melville multiplie les détails obsessionnels:le bruit des voitures,le grincement de la cage par l'oiseau,les clés,les micros,les gants,les armes. La froide beauté de Costello,son hiératisme,sa félinité,sa solitude angoissante,ses silences,sa capacité à affronter l'acharnement qui le frappe de tous côtés,son penchant inavoué pour l'autodestruction vont élever Alain Delon au rang de mythe comme le furent avant lui dans un registre proche James Dean ou Cybulski. Les seuls alliés de Jeff sont : une maîtresse engagée par ailleurs(Nathalie Delon superbe),une employée de night club émue par le personnage(Cathy Rosier parfaite)et un oiseau dans une cage. Il faut aussi souligner la performance de François Périer magistral en flic tenace qui tisse sa toile d'araignée sans jamais la moindre relàche. Par la gràce de ce film,Alain Delon va acquérir une popularité universelle et pas seulement nationale ou européenne à l'inverse de beaucoup d'autres acteurs français. Ce film culte a inspiré des générations de cinéastes parmi lesquels Woo,Jarmush,Fassbinder ou Scorcese. Il est cité comme référence dans les écoles de cinéma du monde entier.