Heureusement que nous sommes en présence d'un excellent casting ( Marcel Dalio, Nora Gregor, Julien Carette, Gaston Modot et même Jean Renoir sont vraiment formidables ), car ce n'est pas avec un tel sujet - qui parle d'une partie de chasse qui dégénère en chassé croisé amoureux - que l'on peut vraiment s'enflammer. Par contre, la mise en scène qui est très theâtrale ( surtout lors des séquences se déroulant en intérieur ) est une belle réussite, mais il est néanmoins fort dommage que la fameuse séquence de chasse soit filmée de manière un petit trop réaliste, car on en vient très vite à la détester. En ce qui me concerne, il s'agit d'une relative déception, une de plus venant de ce cinéaste, et je ne suis d'ailleurs guère étonner que cette étude de moeurs ait été si mal accueilli par le public à l'époque, car son histoire est tout de même bien spécial.
Précurseur d'un certain cinéma de peinture sociale à la française, cette Règle du Jeu impressionne d'abord par son sens du détail, poussant au maximum la mise en lumière d'archétypes sociaux variés: dandy mondain, héros des temps modernes, domestique, braconnier, servante, tout y passe allègrement. On pourrait presque s'y noyer d'ailleurs, mais Jean Renoir a une telle maîtrise qu'il évite cet écueil. Beaucoup de bruit et de vaisselle cassée dans un film à la fois peinture acerbe d'un petit monde et vaudeville en partie assumé, Renoir ne versant pas dans le manichéisme chaque personnage en prend un peu pour son grade. Le style date un peu et les séquences "outrancières" passent différemment (la partie de chasse interpelle encore aujourd'hui, la course-poursuite paraît plus confuse et presque bruitiste en comparaison), mais le film supporte très largement la comparaison avec le cinéma de notre époque.
Bon, ben je crois que je suis vraiment hermétique à ce genre de grand classique du cinéma français. C'est pourtant le cœur gonflé d'espoirs et d'attentes que j'entame la vision de ce chef d'oeuvre jugé indépassable et fondamentale pour le cinéma français. J. Renoir sait visiblement y faire et il trousse une intrigue qui se lit à plusieurs niveaux et qui nécessite une solide connaissance du contexte de l'époque pour en apprécier toutes les subtilités. La mise en scène est dynamique, le montage nerveux et les dialogues pétillent dans tous les sens. Mariage de divers genres qui convergent tous spoiler: vers le drame , "La règle du jeu" dézingue à tout va la société de l'époque et peint un monde presque déshumanisé où la valse des sentiments masque un manque de compassion flagrant, où les apparences comptent plus que l'être humain. Une fable cruelle donc, que j'ai eu du mal à suivre parfois, avec des acteurs sans doute au top pour l'époque mais au jeu trop exagéré, avec une intrigue qui s'enlise parfois malgré quelques moments de bravoure magistraux. Le film est sans doute exceptionnel et mérite plein de louanges mais je n'ai pas été touché ni séduit malgré des qualités indéniables. D'autres critiques sur
Interminable, quelle horreur tous ces cris, ces piaillement inutiles et cette ribambelle d'acteurs et d'actrices qui surjouent bruyamment. Ce film a vraiment mal vieilli, il n'est désormais apprécié que par les cinéphiles ou par les gens de la branche cinématographique.
Un film fabuleux absolument renversant de beauté, drôle et poignant... un modèle de film. On dit souvent que La Règle Du Jeu est un des plus grands films de tous les temps, on y va donc suspicieux, en se demandant bien ce qui peut s'y passé, on attend au tournant le "chef d’œuvre" annoncé... on voit alors ce petit marivaudage se mettre en place, on se dit que c'est très classique, et puis finalement on sourit, on s'attache aux personnages, on se prend au jeu du scénario et on oublie bien vite tout ce qui a pu être dit pour être bouleversé par tant de magie. Il s'agit bien d'un film incroyable. La mise en scène est d'une finesse absolue, totalement maîtrisée et d'une fluidité inégalable. On passe d'un personnage à l'autre avec douceur, la caméra se promène et nous emmène au cœur des intrigues de cette galerie attachante. La Règle du Jeu, c'est aussi un formidable torrent d'émotion, l'émotion qui transcende les classes, les rangs et les genres et ce, sous toutes ces formes.Car on rit, on pleure on est transporté par tant d'humanité. Et puis l'écriture est un véritable bijou de simplicité, encore une fois de fluidité et de naturel.le tout est joué avec beaucoup de brio et une malice si délicieuse surtout par Jean Renoir lui-même.On se dit à la fin qu'on a assisté à un moment magique, un véritable moment d'histoire cinématographique époustouflante d'intelligence, fine et pleine de sous-entendus auxquels on repense longtemps. Bref, ce film est une tuerie absolue, un modèle du genre à voir et à revoir. SUBLIME !!!!
ce film est un chef d'oeuvre du grand réalisateur jean renoir un grand réalisateur de son époque un film a redécouvrir un grand classique du cinéma français
Une nouvelle déception au spectacle de ce film jugé "culte" pour certains. L'histoire n'est pas crédible. Les scènes sont surjouées. Les personnages changent de sentiments et d'attitude à tout bout de champ. Ca s'agite beaucoup, mais ça n'a pas d'épaisseur.
Cette « fantaisie dramatique qui n’a pas la prétention d’être une étude de mœurs », comme l’indique la déclaration post générique, en est pourtant bien une. Une fantaisie dont le moteur scénaristique est les relations sentimentales entre les différents protagonistes. Renoir dépeint un monde et son fonctionnement, celui d’une bourgeoisie aristocratique préoccupée par ses jeux (y compris amoureux) et passe-temps, toute dans la légèreté, la superficialité et une inconscience qui frise l’autisme. C’est surtout cette dernière qui est dramatique, en cette période précédant de peu le second conflit mondial, dont les massacres sont (peut-être) préfigurés par celui des lapins lors de la partie de chasse. Le mensonge, l’hypocrisie et l’artifice sont constants, couverts par les sacro saintes convenances. La forme est foisonnante : les allées est venues de personnages qui se croisent et s’entrecroisent sont filmées comme un ballet et les dialogues ciselés fusent dans tous les sens. L’utilisation de la profondeur de champ permet le spectacle de plusieurs scènes en même temps. Lorsque que le ton tourne à la farce, c’est un peu moins réussi (à cet égard le jeu outrancier de Jean Renoir nuit au ton général du film). Une œuvre éminemment intéressante, mais manquant d’émotion, dont le statut de chef-d’œuvre absolu, relevant parfois d’une forme de convenance, me semble excessif.
Le film tient sur une corde sensible qui sépare la bêtise bruyante naïve sans le moindre sens et le chef d'oeuvre absolue de la satire sociale intelligente et maitrisé, la règle du jeu étant simplement de vivre le film pour ce qu'il est ou d'y chercher les raisons de sont intérêt. J'ai vécu le film et j'ai cru avoir à faire à une énorme farce. Je suis simplement tombé du mauvais côté.
« Le film des films », le « credo des cinéphiles », affirmait François Truffaut… qui s’y connaissait. Ce film a influencé tous les réalisateurs de la Nouvelle vague (dont Claude Chabrol) et beaucoup d’auteurs étrangers et se trouve constamment au “top 10” des plus grands films de l’histoire. Il faut dire que sa facture est éblouissante bien que les péripéties de la guerre l’ait mutilé. Le rythme est admirable, le jeu des acteurs un feu d’artifice. Quand au thème (non avoué), il reste éternel : une critique sociale noire et désespérée qui dénonce le cynisme et l’hypocrisie de toutes les couches de la société, de « la haute » comme de « la France d’en-bas ». Bien sûr, au XXIè siècle, malgré sa qualité de chef-d’œuvre, le film peut paraître de temps à autre un peu vieillot… mais cela rajoute à son charme !
Un ovni. Un chef-d’œuvre inoui, synthèse d'une mise en scène étourdissante créant un véritable tourbillon, d'une vision ultre-moderne de la société contemporaine et d'une science du montage à couper le souffle. Renoir, avec 50 ans d'avance, redéfinit le cinéma, fascine par la maîtrise de la mise en scène. Sa "Règle du jeu" est au cinéma ce que le "Soleil se lève aussi" est à la littérature contemporaine. Un tourbillon qui passe et qui ravage, mélangeant les êtres humains comme les sentiments, une cocotte-minute géante où cuisent et recuisent les cœurs et les chairs sans distinction de classe sociale, où l'homme reste cet être fait de chair et de sang balloté sans cesse par les mouvements du monde. Un chef-d’œuvre du cinéma, à ranger parmi les cinq plus grand films du cinéma français.
Chef d'oeuvre absolu. Un scénario parfait et une mise en scène jamais égalée jusqu'à aujourd'hui. Renoir maîtrise ici l'art de la dénonciation comme jamais aucun artiste n'a pu le faire (du point de vue de l'originalité).
Un film de Jean Renoir assez décevant, qui critique avec tout de même une certaine pertinence la bourgeoisie, la société... L'histoire est a première vue très simple, et c'est ce qui fait le charme discret de ce film, mais au final, tout ça n'est que trop peu fort, ça manque vraiment beaucoup trop de souffle, même si ça reprend un peu de puissance vers la fin.