Seule contre la mafia
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Pascal
Pascal

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3,5
Publiée le 31 juillet 2023
La ressortie en salle de plusieurs titres un peu oubliés aujourd'hui du cinéma italien des années 70, permet de voir ou de revoir cet opus de Damiano Damiani ( dont la filmographie fait l'objet, depuis une rétrospective récente à la cinémathèque française, d'une reconsidération).

Même si le travail de Damiani n'est pas ( à mes yeux) d' un niveau équivalent à celui des grands maîtres du cinéma transalpin, il n'en reste pas moins qu'un opus comme " la moglia più bella" (la fiancée la plus belle), mais dont le titre français n'est pas mal trouvé, mérite d'être connu.


Tiré d'un fait divers s'étant réellement passé ( le générique prétend le contraire) mais adapté pour les besoins du scénario : une jeune adolescente attire l'attention d'un jeune homme appartenant à une famille de la maffia qui veut l'épouser. Mais l'adolescente, bien qu'amoureuse, possède un caractère bien trempé. La situation prend alors une tournure exceptionnelle.

Le principal intérêt de " seule..." est la prestation de Ornella Mutti dans son premier long métrage. Encore très jeune, elle livre une interprétation formidable, premier marche pieds vers une formidable carrière.

Ici, Mutti reprend le personnage de femme très jolie, dont rien ne laisse présager le caractère indomptable ( créneau qu'occupait alors avec maestria Claudia Cardinale).

Mais " seule ..." donne à voir un polar qui s'apparente au gialo et qui se suit ( certes sans posséder une photo exceptionnelle) avec intérêt.

Il propose aussi un regard sur la condition de la femme dans le sud de l'Italie pendant les années 60 et montre le degré de pression sociale qui repose sur ses épaules et la quasi impossibilité pour elle de s'émanciper.

Avec le temps, " seule..." a acquis un certain charme, qui , s'il n'en fait pas un sommet du cinéma italien, lui donne suffisamment d'attrait pour y jeter un regard attentif.
chrischambers86

16 249 abonnés 13 230 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 novembre 2018
Il y a des moments pour agir...et d'autres pour attendre! Dans "La Moglie più bella", Ornella Muti repousse les avances d'un beau mafioso aux yeux bleus d'azur qui l'a choisi - avec autoritè - pour èpouse et se retrouve seule contre la mafia sicilienne! Elle aime les glaces mais dèteste la violence! Muti se prête merveilleusement à son personnage d'adolescente rebelle qui deviendra malgrè elle l'icône de l’èmancipation de la femme de Santa Ninfa, quelque part en Sicile! Tournè en 1970 par Damiano Damiani, ce film est parait-il basè sur l'histoire de la jeune Franca Viola qui a refusè d'èpouser l'homme qui l'avait sèduite, le mafieux Filippo Melodia! Une rèussite qui porte autant la griffe de Damiani, que celle de son compositeur, le gènial Ennio Morricone! On admirera la remarquable direction d'acteurs de Damiani (Alessio Orano est aussi convaincant que sa jeune partenaire) et la qualitè du scènario dont ce dernier est l'èvident auteur! Une dècouverte s'impose car non seulement c'est le premier rôle d'une Ornella Muti (à peine quinze ans à l'èpoque) qui crève l'ècran mais en plus son rèalisateur associe remarquablement l'engagement politique au thriller...
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 29 juin 2010
Pas désinteressant comme scénario avec un couple Ornella Muti Alessio Orano superbe, je suis un peu étonné que ce dernier n'ait pas plus tourné d'ailleurs, malheureusement la réalisation s'englue dans des scènes qui n'apportent rien et n'arrive pas à transcender l'histoire.
evariste75
evariste75

218 abonnés 252 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 février 2024
Je viens de voir Primadonna (2022) de Marta Savini qui traite le même thème, le mariage "réparateur", auquel j'ai mis 5 étoiles.

J'avais bien apprécié "Seule contre la mafia",mais ça ne m'a pas laissé un souvenir impérissable...

Donne une vision vieillotte de la mafia sicilienne...
Hotinhere

809 abonnés 5 556 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 janvier 2024
Le récit touchant et percutant de l’émancipation d’une ado sicilienne contre l’omerta imposée par la mafia, incarnée par la bellissima Ornella Muti.
fabrice d.
fabrice d.

51 abonnés 1 988 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 novembre 2018
C'est le premier film de Damiani que je voyais, je pense. Et je m'attendais à quelques chose de plus policier. La mot mafia apparaît dans le titre français mais pas du tout dans le titre original. Je ne connaissais ni le réalisateur donc ni les acteurs principaux sauf O. Mutti dont c'était le premier film à 16 ans. Ce film donne une vision très différente de la Mafia car on a ici un véritable bras de fer entre une jeune fille pauvre contre un jeune lieutenant arrogant. Et ce n'est pas toujours le plus faible qui gagne. C'est donc une histoire, de rapport de force, mais raconté de façon originale, une histoire qu'on a pas l'habitude de voir.
Jean Mariage
Jean Mariage

2 abonnés 122 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2026
Le film s’inspire assez fidèlement de l’histoire de Franca Viola, jeune Sicilienne de dix-sept ans enlevée et violée en 1965 par un homme lié à la mafia locale parce qu’elle lui avait tenu tête. Ce viol devait permettre à son agresseur de l’épouser dans le cadre du traditionnel « mariage réparateur », depuis longtemps en usage en Sicile, mais également reconnu par la législation italienne. Cette pratique constituait une double peine pour la jeune femme victime de viol, puisqu’elle était censée épouser son bourreau afin d’éviter le déshonneur. Franca Viola s’opposa courageusement à ce système en refusant le mariage et en portant l’affaire devant la justice, obtenant finalement la condamnation de son violeur. Il faudra attendre 1981 pour que cette disposition scandaleuse du Code pénal italien soit abrogée.
« Seule contre la mafia » est à la fois une dénonciation virulente de la mafia et une critique tout aussi féroce des traditions obscurantistes en usage en Sicile. Nous sommes loin de la mythologie mafieuse trop souvent véhiculée par le cinéma, Scorsese et Coppola en tête. Si leurs films ne sont évidemment pas dépourvus de dimension critique, ils entretiennent parfois une certaine fascination pour cet univers et ses personnages. Rien de tel chez Damiani, qui refuse toute idéalisation : ici, nous n’avons que d’infâmes crapules embourgeoisées et de misérables voyous franchement abjects, dont la puissance repose autant sur la violence que sur la peur et la soumission de toute une population.
Damiano Damiani montre aussi très bien la vie des pauvres gens en Sicile et la misère sordide qui les oblige à tout accepter. La domination mafieuse apparaît ainsi indissociable d’un ordre social fondé sur la pauvreté, les rapports de force et le poids des traditions. Le film dénonce donc non seulement la criminalité mafieuse, mais aussi une société dans laquelle la violence masculine bénéficie d’une forme de légitimité sociale, voire juridique.
« Seule contre la mafia » marque également les débuts à l’écran d’Ornella Muti, qui, selon une anecdote souvent rapportée, n’avait aucune intention de devenir actrice et était simplement venue accompagner sa sœur aînée à une audition. Elle aurait alors été repérée par un collaborateur de Damiani et engagée pour le rôle principal de ce film ! Encore adolescente, elle a 14 ans au moment du tournage, elle est une véritable révélation.
Il faut saluer Damiano Damiani de ne jamais la filmer de manière sexualisée. Elle est toujours habillée, et ses vêtements n’ont vraiment rien d’affriolant. Contrairement à bien des réalisateurs de l’époque, il choisit aussi de ne pas montrer le viol, mais le visage de la jeune fille ensuite n’en est que plus bouleversant. Ce refus du voyeurisme, assez rare dans un cinéma italien de l’époque bien souvent putassier, constitue un véritable choix de mise en scène : la violence n’est pas édulcorée, mais elle est montrée à travers ses conséquences sur la victime plutôt que transformée en spectacle.
Surtout, Damiani ne réduit jamais Francesca à son statut de victime. Il montre comment cette jeune fille, d’abord soumise aux pressions de son entourage et aux conventions sociales, conquiert progressivement le droit de décider de sa propre existence. Son refus du mariage imposé devient ainsi bien davantage qu’un acte de résistance individuelle : il constitue une remise en cause de tout un ordre social dans lequel les hommes, soutenus par la tradition et parfois même par la loi, prétendent disposer du corps et du destin des femmes.
« Seule contre la mafia » est ainsi un grand film féministe !
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