Industrie en déclin, chômage ou précarité, délinquance, injustice... Via les pérégrinations et les rencontres du personnage principal, Kaurismäki dresse un tableau sombre de son pays, avec un sens tragi-comique bien à lui. Dialogues et montage lapidaires, comique de situation pince-sans-rire, humour à froid, ironie cinglante (Taisto ne trouve du travail qu'en prison)... Le réalisateur a l'art de faire rire (ou du moins sourire) de choses désespérantes. Mais son constat est sans appel : la Finlande est un pays aux horizons fermés. Tout le film est porté par un rêve d'ailleurs (la chanson du magicien d'Oz), un rêve d'Amérique (la voiture, le paquebot en partance vers le Mexique...). Fuir pour survivre. Stylistiquement, l'ensemble est un peu "bricolé", mais l'originalité du regard, cette noirceur décalée et drôle, emporte le morceau. Ariel est le second opus de la "trilogie ouvrière" de Kaurismäki, après Hamlet goes business et avant La Fille aux allumettes.
Kaurismäki est probablement un des seuls cinéastes vivants à savoir dresser des contes aussi concrets, simples et pourtant bouleversants. A partir d'archétypes, de situations quasi-banales, il fait du classicisme un film d'auteur en faisant évoluer son récit avec sobriété et intelligence. Avec la maîtrise et la sensibilité qu'on lui connaît, il met son héros face à diverses embûches pour finalement, et c'est fréquent dans son cinéma, finir sur une touche plutôt optimiste sans que le héros et le spectateur n'oublient ce (et ceux) qui a été laissé derrière.
Le finlandais Aki kaurismaki est pour moi ,de tous les cinéastes en vie ,le plus caractèristique. Dix minutes en sa compagnie et rien qu'aux dialogues et aux silences ,il est démasqué. Quand on ajoute sa magnifique mise en scène ,cela fait de lui un très grand artiste. Mon admiration ne va pas de pair avec mes goûts, car s'il a parfois des moments qui font couler mes larmes ,comme ici lorsque Irméli pose sa tète sur la poitrine de Taisto pour dormir vite, car elle travaille dur;la plupart du temps son humour me déroute. Il a le don de rendre pathétique ses personnages et c'est très douloureux. Heureusement,il garde toujours au fond de lui un espoir caché qu'il manifeste ici par la chanson finale tirée du « Magicien d'Oz » mais avant il faut supporter les scènes dramatiques. Il y a quand même 4 morts dans ce film et des gens absolument ignobles , où qu'ils soient placés dans cette société finlandaise, bien antipathique. Kaurismakie est surement plein de culture cinématographique ,témoin certaines séquences à la ''Bresson '' et le choix du film à la TV locale « High sierra » de Walsh.Comme d'habitude son personnage féminin est bouleversant,il a vraiment le chic pour choisir ses femmes et celle là a en plus un jeune enfant qui est un des meilleurs acteurs pour son age que j'ai eu l'occasion de voir.Un film superbe mais auquel je ne peux mettre 5 étoiles, car je ne suis pas sorti suffisamment enthousiaste de la salle.
Franchement je me disais " un film finlandais sûrement une histoire banale sur les galères en finlande"(trip ouvrier comme pas mal de film anglais); au final c 'est un peu ca ,mais c 'est court et fait de facon à accrocher malgré le peu de moyen ,ce qui est tout à son avantage.Sur un plan cinématographique ,je trouve ca tres bien tourné (qq plans m'ont agréablement surpris, malgré l'imge qui fait très série allemande).Ou on accroche ou on accroche pas ,moi ca m'a beaucoup plu. Un "road movie" déprimant et agréable ,glauque et vivant, dérangeant et sincère , un film presque "réel".