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Rideau sur l'Écran
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5,0
Publiée le 4 août 2025
Longtemps ignoré, "La Nuit du chasseur" s’est imposé avec le temps comme une énigme somptueuse du cinéma américain. Derrière l’apparente simplicité d’un conte, Charles Laughton déploie une œuvre d’une noirceur profonde, portée par une mise en scène d’une beauté sidérante. Chaque plan semble sculpté dans la lumière et le cauchemar, entre expressionnisme et fable cruelle. Mitchum, terrifiant de douceur empoisonnée, plane sur ce film unique, qui continue de hanter le regard bien après la dernière image.
Avec sa morale mâtinée de références bibliques évidentes et son point de vue à hauteur d'enfant, La Nuit du chasseur a tout de la grande fable américaine. L'opposition entre le Bien et le Mal est certes un peu basique, et la conclusion un peu trop prêchi-prêcha pour être parfaitement digeste, mais l'esthétique southern gothic et l'alternance de décors et de vrais paysages donnent lieu à des scènes inoubliables, parmi les plus belles que le cinéma ait offertes. La longue descente nocturne de l'Ohio River, en particulier, est une splendeur que je conseillerais à tous les amateurs de cinéma.
Un long-métrage qui parvient à conserver toute l’essence lyrique du roman qu’il adapte. Envoutant, disposant d’une magnifique photographie et porté par un inquiétant Robert Mitchum incarnant le fameux prédicateur aux mains tatouées « La nuit du chasseur » est un authentique chef-d’œuvre à redécouvrir.
Un prédicateur diabolique poursuit deux enfants dans la nuit. Un chef d’oeuvre sombre et mystérieux totalement atypique dans le cinéma hollywoodien de l’époque et très mal reçu par la critique. Et c'est vraiment dommage car Charles Laughton a renoncé ensuite à faire d'autres films.
Un bon scénario et un personnage très inquiétant joué par Robert Mitchum. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un chef d'oeuvre. L'originalité du scénario et l'interprétation du R. Mitchum font presque tout le film qui doit plus de 50% de son aura à l'acteur seul. Je l'ai trouvé pas mal mais l'explication des tatouages "Love - Hate" me semblait déjà si évidente. Le pasteur joue double jeu, comme indiqué dans le synopsis. Aujourd'hui, il n'y a plus d'originalité dans un tel personnage tant il a été repris. Pas mal, tout de même.
Grand acteur, C. Laughton passé derrière la caméra pour un long-métrage devenu mythique de part son échec qui plongea Laughton dans une profonde dépression mais aussi par ses qualités cinématographiques qui lui ont valus de passé à la postérité. Car oui, ce film est un vrai chef d'oeuvre, une pépite de cinéma qui contient de nombreux plans d'une beauté sensationnelle et d'une puissance évocatrice trop rare. Conte détourné, oeuvre impressionniste, représentation ultime du Mal, magnificence du noir et blanc, thriller tendu c'est tout ça et bien plus, avec un R. Mitchum dans son meilleur rôle (qui compte pourtant de nombreux chefs d'oeuvre, c'est dire). L'histoire rebondit de manière efficace de nombreuses fois et garde un côté ambigu tout au long du film. Indispensable à tout cinéphile et véritable leçon éternelle à revoir sans fin. D'autres critiques sur
Méprisé à sa sortie, réévalué aujourd'hui, le seul film de Charles Laughton est assez unique grâce à sa variété de ton, entre la fable moralisatrice et le film noir. Malgré ce mélange des genres, « La nuit du chasseur » reste cohérent et équilibré.
Thriller réalisé par Charles Laughton, La Nuit Du Chasseur est un film de très grande qualité. L'histoire de ce révérant tueur en série prêt à tout pour un butin est prenante de bout en bout. Il faut dire que cet homme manipulateur, autoritaire, misogyne, ô combien imposant et charismatique aux doigts tatoués, chantant et se servant de son statut en prêchant la parole de Dieu est marquant. Interprété par un Robert Mitchum grandiose, ce personnage dégage une présence que personne ne peut contester. De plus il est bien entouré par de bons acteurs qui campent des personnages attachants que ce soit la dame qui recueille les enfants, le couple du magasin de bonbon ou encore l'oncle. Mais les autres que j'ai envie de mettre en avant ce sont les deux enfants John et Pearl qui ont une relation tellement mignonne et qui restent soudés dans toutes les situations. Alors oui la façon dont les acteurs jouent parait par moment théâtral mais ce n'est pas du tout dérangeant car le film a un côté enchanteur. Un tournant s'opère un peu avant l'heure de visionnage et à partir du moment ou le frère et la sœur prennent la barque, je trouve que ça prend l'allure d'un conte le temps de quelques minutes durant cette partie. J'ai adoré ce passage qui offre des plans qui ressemblent à des tableaux. D'ailleurs la réalisation est incroyable, elle est propre et millimétrée tout comme le travail effectué sur l'éclairage. Les dialogues eux sont bons tout comme la b.o. qui accompagne très bien l'ensemble. Reste une fin avec un joli message, une sorte de morale qui conclu parfaitement le conte dont je parlais il y a quelques lignes. Assurément, La Nuit Du Chasseur est un grand film que tout amoureux du cinéma se doit de voir.
Au niveau formel, l’oeuvre de Charles Laughton brille par son très beau noir et blanc, tout en lumières brillantes et ombres contrastées, proposant des scènes très réussies comme le meurtre de la mère par un Mitchum assez incroyable. La découverte du cadavre flottant dans l’eau reste par contre LE moment incroyable du film, imprégné d’une véritable poésie morbide.
Hélas, l’absence de réalisme de nombreuses scènes ou cohérence dans son ensemble gâche un petit peu le tableau.
La nuit du chasseur n’est donc pas parfait mais il constitue une expérience inclassable à ressentir pleinement plus qu’à regarder passivement. Un beau classique...
Pour son premier et dernier film, Laughton goûte aux joies de l'échec commercial. Pourtant, tout était là, et comme souvent dans les grands films, ils ne sont reconnus qu'à leur redécouverte. Probablement le premier film nous foutant à la face un serial killer, La nuit du Chasseur brille par son élégance, son ambiance, et sa méchanceté. Porté par une contine incessante, ce pasteur sans scrupule traque sans relâche l'enfance sans aucun sentiment, animé par la séduction et l'argent. Film de société, c'est aussi une critique de la famille, du qu'en dira-t-on, de l'influençabilité. Stressant, noir (et il l'aurait été aussi en couleur), La nuit du Chasseur est sans conteste l'un des films indispensable dans une vidéothèque pour qui aime le cinéma.
Pour moi, il y a dans ce film des passages marquants. Comme spoiler: le train qui approche avec le pasteur à son bord sur fond de musique angoissante, ou encore spoiler: le cadavre de la femme lesté au fond de la rivière, visible à travers l'eau limpide . Cette dernière image d'une horreur presque irréelle s'apparente à un tableau morbide. Cependant, plusieurs choses ont quelque peu freiné mon enthousiasme. Il y a d'abord les références bibliques lourdingues tout le long du film. Ensuite, le scénario est assez décousu. Au lieu de s’accélérer avec spoiler: la fuite des enfants , le rythme du film ralentit et tombe dans une forme de contemplation poétique naïve spoiler: avec des gros plans sur les animaux qui bordent la rivière ... Enfin, l'interprétation de Robert Mitchum est parfois trop théâtrale, et la prestation de Shelley Winters quelconque. Heureusement, les deux orphelins, eux, sont impeccables. Sans parler de chef-d'œuvre, ce film unique en son genre mérite vraiment d'être vu.
Ces belles images sublimées par le noir et blanc m'ont fait penser à un conte. On note une belle interprétation de l'énigmatique Robert Mitchum mais aussi des jeunes acteurs qui ne sont pas du tout irritants (contrairement à la plupart des films avec des enfants). (Bien)
Je pense que ce film va entrer directement dans mon top des meilleurs films. Quand on le voit maintenant il semble incroyable qu'il ait été un tel échec que Laughton n'eut plus l'occasion de réaliser à nouveau. On trouve de tout comme référence dans ce film: le western, le conte fantastique et même le film noir (la musique d'ailleurs sert bien le propos). La photographie est sublime, que ce soit en extérieur ou en studio, on en prends plein les yeux. Les acteurs sont tous excellents, mais Robert Mitchum est vraiment impressionant dans son rôle de méchant "pur".
L’habit ne fait pas le moine. Coup d’essai, coup de génie, ce film est le seul de son auteur et pourtant il transpire la force et la maîtrise de bout en bout. Dans une bourgade, un père cambrioleur est arraché à ses enfants et mené en prison. Il y croise un type chelou qui comprend qu’un butin est caché quelque part. Le père meurt, le type chelou sort. C’est sous l’apparence d’un révérend qu’il va rentrer en contact avec la famille du braqueur. Plusieurs choses frappent dès le début. Le personnage de Mitchum est une sorte d’épouvantail bigot. Il transporte avec lui la peur. Celle du jugement dernier pour les uns, celle de la mort pour d’autres, celle de la violence et du vice pour les plus candides. Ainsi, cachée derrière son apparence respectable la figure de l’homme dominateur et violent fait son chemin dans une Amérique qui n’aspire qu’à la bienséance, croit-elle, pense-t-elle, dit-elle. Les victimes de cette grande hypocrisie qui travestie la haine et la violence en foi et en amour sont les plus fragiles. Le réquisitoire pour la chasteté lors de la nuit de noce est à ce titre proprement effrayant parce qu’il enferme la femme et la brime mais aussi parce qu’il s’impose à grands coups de poings. On retiendra particulièrement cette scène ainsi que celle de la fuite des gamins au clair de lune, splendide. Entêtante et inquiétante est aussi la petite mélodie sifflée par un Mitchum profondément démoniaque et malsain. Énorme.