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Un visiteur
4,5
Publiée le 25 novembre 2014
Trouvant son inspiration formelle dans l’expressionnisme de Murnau à Einsenstien, voir la poésie de Méliès, ce film unique de Laughton rend hommage au cinéma des décennies le précédent. Il s'en détache aussi grâce à des plans somptueux, certains composants des tableaux à eux seuls. Des travellings splendides jalonnent le film, notamment ceux suivants les enfants sur terre et sur l'eau.En effet il insuffle une grâce onirique et poétique par moments, surtout dans la deuxième partie du film. Le jeu des acteurs aussi porte en lui une réminiscence du style ostentatoire de l'expressionnisme. La plupart de l'action est centrée autour des enfants orphelins, comme cela a souvent était dit ou écrit, mais de temps en temps la réalisation se concentre sur un autre personnage, souvent féminin, comme pour exprimer différents facettes des femmes, à la fois proies et chasseresses dans le film. Quant au fond il est tellement chargé de symbolisme animalier, réflexion sur la piété fausse ou avérée, folie et fureur des hommes, fascination pour la fausse force maligne du méchant garçon et faiblesse de la vertu des femmes, références bibliques en tous genres, en développant dans certaines des thèmes peut être ésotériques, comme celui de l'analogie entre l'histoire de Moïse et Jesus, ou une relecture du mythe d'Adam et Eve, voir une référence à Lilith, la première épouse supposée du même Adam, qu'une seule vision du film pour tout discerner est insuffisante. Le canevas biblique est le plus présent car juste avant de tourner le film, le réalisateur qui était acteur de formation, avait relancé sa carrière en faisant des lectures à travers les Etats-Unis , et notamment celle de la Bible. Un film dense, peut être trop, et qui possède un côté "bricolé par moment" qui fait de cette pellicule un monument et non un chef d'oeuvre, un film unique pourtant à bien des titres (en plus de ce qui été dit c'est le seul film du réalisateur), d'une singularité esthétique et d'une richesse intellectuelle rares.
Unique film de Charles Laughton, "La Nuit du chasseur" est l'une des plus belles œuvres qui soient sur l'enfance : elle est le prolongement de ces jeux qui sont l'apanage du premier âge de la vie. Les enfants sont en danger, poursuivis par un monstre inhumain – impressionnant Robert Mitchum – mais ils tentent de conserver leur joie de vivre et leur optimisme, perdus qu'ils sont dans un monde d'adultes. Ces derniers peuvent être des figures de protection ou des êtres inspirant la méfiance, mais John et Pearl doivent quoi qu'il en soit vivre avec cette incertitude. Le film est un conte noir et visqueux, parsemé d'images poétiques, cruelles et inoubliables, le jeu sidérant de Mitchum le plaçant d'emblée comme l'un des plus grands antagonistes du cinéma. De même, on aura rarement vu une nuit aussi belle que celle qui est représentée dans ce chef-d’œuvre : comment imaginer un noir et blanc aussi profond, aussi parfait esthétiquement ? Les marécages dans lesquels sont entraînés les enfants, les granges isolées dans lesquelles ils se réfugient, les vastes plaines voilées par l'obscurité, tous ces décors sont en outre rendus plus palpables grâce à la magnificence de la bande sonore, alternant silences oppressants, bruits de l'écoulement de l'eau, cris d'animaux ou comptines rassurantes autant qu'effrayantes. L'atmosphère devient alors une des grandes qualités du film, amenant un certain réalisme dans cet univers pourtant si fantastique. Au fond, c'est peut-être cela qui rend "La Nuit du chasseur" si important : Laughton a su créer un réalisme fantasmagorique permettant la naissance d'émotions viscérales sans obstruer pour autant la fascination éprouvée pour ce monde inédit. Pendant une heure et demie, c'est l'ensemble de toutes les peurs ressenties durant l'enfance qui ressuscite. Quoi de plus rare au cinéma que de ramener avec autant de sincérité le spectateur aux premières années de sa vie ?
Film culte de la cinématographie américaine, la nuit du chasseur nous emmène dans le Midwest des années 30, au coeur d'une époque trouble où la récession fait des ravages. Au coeur des tumultes, un pasteur peu scrupuleux, incarné par le charismatique Robert Mitchum, se sert de l'aura apporté par son rang pour tuer et détrousser de pauvres veuves.
Ce long métrage, datant de 1955, possède une ambiance troublante, à mi chemin entre le conte et le film d'horreur, où le pasteur apparait du nuit, chantant sa chanson tel le loup dans les 3 petits cochons. Le noir et blanc accentue ce sentiment d'épouvante ainsi que la musique cinglante qui accompagne chaque changement de ton.
On peut cependant reprocher au film un scénario trop convenu et une fin assez galvaudée. Outre la performance majuscule de Robert Mitchum, on peut aussi regretter le sur-jeu des acteurs qui est malheureusement souvent très présent dans les films de l'époque.
Autant j'ai trouvé la première partie captivante, autant la seconde, avec la fuite des enfants, je la trouve mollassonne... Certes intéressant, à voir pour la culture cinématographique, mais je n'ai rien retenu d'exceptionnelle.
Pour troquer sa casquette d'acteur contre celle de réalisateur, Charles Laughton décide de commencer par l'adaptation d'un roman lui même inspiré de faits réels; cela donne La Nuit du Chasseur. Un film qui mélange les genres, tantôt thriller lorgnant du coté de l'épouvante, tantôt comédie noire et possède quelques séquences oniriques très proche du fantastique. C'est l'histoire de deux enfants, John et Pearl, dont leur père est condamné à la pendaison. Avant cela il leur avait demandé de cacher son butin et de n'en parler à personne. Leur mère se remarie un jour avec un pasteur, Powel. En réalité celui-ci est un ancien compagnon de cellule du père, il a appris l'existence du butin et sera prêt à tout pour s'en emparer. Powel incarné par Robert Mitchum, est toujours représenté de manière à le rendre menaçant ( légères contre plongées ou fortes plongées, lumières n'éclairant que partiellement son visage, ombres et silhouettes inquiétantes, sa chanson annonçant son arrivée ). Le film est d'ailleurs parfois tellement terrifiant que le public visé reste ambiguë. Il y a par moments une ambiance très enfantine ( chansons, dialogues, visuel doux, calme et rassurant ) car on suit deux enfants et leur vision du monde qui les entoure. Cette ambiance contraste donc beaucoup avec l'ambiance générale du film qui se veut sombre et inquiétante: l'arrivée du train accompagnée d'une musique brutale, l'ombre de Powel qui recouvre celle de John, le cadavre dans la rivière... ). Par ailleurs, dans les croquis initiaux du réalisateur, on peut constater que la séquence de la nuit de noce devait être plus sulfureuse, l'actrice devant être nue ( ce qui aurait fait scandale à l'époque vu que le Code Hays était toujours en vigueur ). Cette idée ne fut finalement pas appliquée dans le film. Le film peut donc être vu aussi bien par les enfants que par les adultes, bien que ces derniers soient réellement le public visé, mais certaines scènes peuvent provoquer plus d'effroi que la plupart des sois-disant films d'horreur qui pullulent sur nos écrans. Le suspens, sans cesse renouvelé, reste jusqu'au bout du film. Et Powel, séducteur, manipulateur et moralisateur, se révèle être un excellent méchant de cinéma, un meurtrier proche de le folie prêt à tuer des enfants pour récupérer l'argent. Il est fort probable que ce film soit une des inspirations de Stephen King ( parmi tant d'autres ), on y retrouve des éléments récurrents dans l’œuvre de l'écrivain: les enfants héros poursuivis par un croque-mitaine, des adultes faibles qui ne les aident pas ( hormis la vielle dame mais elle n'apparaît pas avant le dernier tiers du film ), un méchant qui prétend commettre ses crimes au nom de la morale ( et de la religion dans la cas présent ), etc.... Le film sera un cuisant échec, stoppant net la brève carrière de réalisateur de Laughton, et il faudra attendre près de 30 ans pour que ce film soit considéré comme le chef d’œuvre qui l'est. Alors que le film s'apprête à fêter ses 60 ans, force est de constater qu' il n'a pas pris une ride, a gardé toute sa beauté et je le recommande vivement à tout amateur de cinéma.
Avec une histoire toute simple (ce grand méchant de Mitchum poursuit deux enfants à la recherche de leur butin familial dans un décor d'ombres chinoises tout droit sorties d'un livre pour enfants), Charles Laughton nous plonge dans un cauchemard poétique et esthétique et signe un film envoûtant et inclassable à mi-chemin entre la fable, le film noir, le polar ou l'expressionisme allemand. Les plans sont peu nombreux, la trame est linéaire et cette simplicité ne met que plus en valeur la précision de la mise en scène, l'intemporalité du récit, la dualité du propos (l'amour contre la haine, le noir contre le blanc, le mal contre le bien, le loup contre l'agneau) et la puissance onirique de ses images : les doigts tatoués du révérend, son ombre sur son cheval, son cantique funêbre qui s'élève dans la nuit, des menaces dans une cave, des cheveux qui flottent dans l'eau, un voyage en barque. Un film qui accompagne longtemps et un chef d'oeuvre absolu.
Un grand classique de l'horreur que l'on vénère et adule grâce à la superbe performance de Robert Mitchum, la bande originale, la qualité scénaristique, la lumière et la nostalgie qui s'en dégage !
Je ne vais pas dire qu'il s'agit d'un mauvais film: la photo est le plus souvent superbe (on pense fréquemment à Murnau), l'atmosphère est crispante à souhait. Mais ce "southern gothic" manque de nuances quand on le compare à Faulkner. Mais tout ce tapage à propos de Mitchum (déchaîné mais trop grand pour le rôle), Lilian Gish en grand-maman à fusil, la toute-puissance des uns face à l'innocence des autres, et la morale absolument conformiste découragent absolument. Je n'y comprends goutte mais je ne suis pas la seule. Si l'on veut voir un film en N&B absolument flippant, je conseille plutôt "Femmes de la nuit" de Mizoguchi.
Œuvre anachronique, angoissante et mystérieuse à la mise en scène factuelle et dépouillée qui laisse le spectateur à l'interprétation qu'il souhaite en faire
Le film que je ne me lasse pas de regarder. Je ne parlerai pas réalisation, intrigue, interprétation, plan, jeu d'acteur etc puisque je n'ai aucun talent de critique de cinéma, ces termes n'ont aucun sens pour moi et c'est tant mieux. (une pensée pour Herman Hesse).
Je peux juste parler émotion, rêve, réflexion, inspiration, voilà tout ce que film est pour moi.
Deux enfants reçoivent une somme d'argent de la part de leur père, venant tout juste d'être condamné pour meurtre et pour vol. Le révérend Harry Powell va tout faire pour s'accaparer du butin de toutes les façons possibles. Robert Mitchum possède les épaules larges pour tenir son rôle de prêcheur sinistre. Ses mains tatouées des mots Love et Haine lui donne un aspect manichéen : il faut avoir constamment les yeux rivés sur elles car certaines scènes sont bien pensées et les mettent en avant. Il s'amuse avec elles, les fait combattre et aime les montrer au monde. Le noir et blanc renforcent la froideur du personnage. Des années se sont écoulées, le film n'est plus de la première fraîcheur et on pourrait lui reprocher d'être trop porté sur la religion mais dans l'ensemble cela reste un très bon thriller.
Le pasteur Harry Powell devient un prêcheur en volant une voiture. Il rencontre un mari qui a volé de l'argent. A la sortie de sa prison , il épouse la femme du voleur pour retrouver l'argent. Un chef d'oeuvre. Robert Mitchum interprète son rôle sans faille. Ce fut le seul et unique film de Charles Laughton car ce film fut sifflé par des critiques négatives. Mais des décennies plus tard , ce film fut reconnu comme un chef d'oeuvre du 7ème art. On retrouve le tatouage "love" et "hate" sur les mains d'Eddie le motard dans le Rocky Horror Picture Show. Allez revoir le dossier d'Allociné : " Un seul film à la réalisation et puis il s'en va..." sur l'article du film La Nuit du Chasseur".
C'est la seule réalisation d'un sacré acteur, j'ai nommé Charles Laughton. Le film n'a pas connu de succès, en revanche il devient un des plus grands films selon le magazine Empire. Ce qui est embêtant La nuit du chasseur est pas bon du tout. Robert Mitchum en pasteur psychopathe qui cherche du pognon cacher. Tout le film sonne faux, le mariage, la comédie de Mitchum... Et puis la religion qui abonde de façon stridente. Gros regret, parce qu'il y à un coté western noir qui pouvait être mieux desservie. La nuit d'un gâchis.