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GéDéon
140 abonnés
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3,5
Publiée le 21 avril 2024
« The night of the hunter » réalisé par Charles Laughton en 1955 possède une véritable griffe sensorielle qui lui permet d’accéder au statut de film culte. L’histoire de ce tueur en série poursuivant deux enfants pour dérober leur magot relève du conte horrifique. L’atmosphère particulière repose principalement sur la prestation envoutante de Robert Mitchum en pasteur machiavélique. Le jeu sur les lumières et les ombres fait figure de cinéma expressionniste, propre à engendrer des émotions de plénitude ou d’angoisse. La dualité des symboles du Bien et du Mal demeure toutefois très appuyée et manque parfois de subtilité. Bref, cela reste néanmoins un vrai classique.
Un film vieillissant, extrêmement complexe et qui mériterait plusieurs visionnages. Néanmoins le casting est réussie avec des personnages bien écrits et interprétés que ce soit le tueur qui apparait à la fois fou et rassurant ou encore les enfants livrés à eux-mêmes. Les personnages secondaires marquent également par leur présence. Les dialogues sont millimétrés et arrivent même à faire rire. Sans oublier le thème religieux plus que présent mais qui est difficile pour les néophytes du domaine.
"La Nuit du Chasseur", réalisé par Charles Laughton en 1955, est un chef-d'œuvre inégalé du cinéma noir américain, offrant une fusion parfaite entre esthétique expressionniste et conte cauchemardesque. Ce film, inspiré du roman éponyme de Davis Grubb, transcende les limites du genre pour devenir une œuvre d'art intemporelle. Chaque élément de ce film est soigneusement conçu pour créer une expérience cinématographique immersive et captivante.
Le scénario : une histoire captivante et profondément symbolique
L'intrigue se déroule dans les années 1930 en Virginie-Occidentale, le long de l'Ohio, et suit Harry Powell, un prédicateur et tueur en série, incarné magistralement par Robert Mitchum. Powell, un personnage complexe et terrifiant, épouse des veuves pour les tuer et voler leur argent, prétendant agir selon la volonté divine. Après avoir appris que Ben Harper, un détenu qu'il a rencontré en prison, a caché 10 000 dollars, Powell se met en quête de cet argent, traquant sans relâche les enfants de Harper, John et Pearl.
Le scénario, coécrit par James Agee et Charles Laughton, est une parabole du bien contre le mal, illustrée par l'affrontement entre Powell et Rachel Cooper (Lillian Gish), une protectrice maternelle des enfants perdus. L'histoire est riche en symbolisme religieux et moral, offrant une profondeur narrative qui résonne encore aujourd'hui.
Les performances : des acteurs au sommet de leur art
Robert Mitchum livre une performance inoubliable en tant que Harry Powell. Son interprétation oscille entre charme charismatique et menace sinistre, créant un antagoniste aussi fascinant qu'effrayant. La scène où il chante "Leaning on the Everlasting Arms" reste gravée dans les mémoires, illustrant parfaitement la dualité de son personnage.
Lillian Gish, icône du cinéma muet, apporte une force tranquille et une dignité à son rôle de Rachel Cooper. Sa présence réconfortante contraste puissamment avec la menace représentée par Powell. Les jeunes Billy Chapin et Sally Jane Bruce, dans les rôles de John et Pearl, offrent des performances touchantes et authentiques, capturant l'innocence et la vulnérabilité de l'enfance.
La réalisation : une vision artistique exceptionnelle
Charles Laughton, dans sa seule réalisation, montre une maîtrise étonnante de la mise en scène. Inspiré par le cinéma expressionniste allemand, Laughton utilise des décors stylisés, des éclairages dramatiques et des compositions visuelles frappantes pour créer une atmosphère onirique et inquiétante. Chaque image est soigneusement cadrée pour maximiser l'impact émotionnel et symbolique.
La photographie de Stanley Cortez est un élément clé du film. Les jeux de lumière et d'ombre, les angles de caméra audacieux et les compositions visuelles rappellent les œuvres de Fritz Lang et de F.W. Murnau. La scène sous-marine où le cadavre de Willa flotte dans la voiture immergée est un exemple parfait de cette approche visuelle innovante et saisissante.
Les thèmes : une exploration profonde du bien et du mal
"La Nuit du Chasseur" explore des thèmes universels tels que la lutte entre le bien et le mal, l'innocence et la corruption, la foi et l'hypocrisie. Le personnage de Powell incarne le mal absolu caché sous les apparences d'un homme de foi, tandis que Rachel Cooper représente la bonté et la résilience face à l'adversité. Cette dualité est magnifiquement illustrée dans la scène où Powell et Cooper chantent des versions différentes du même hymne, soulignant leur opposition fondamentale.
Le film aborde également la vulnérabilité des enfants face aux forces du mal et la nécessité de la protection et de l'amour parental. La relation entre John et Pearl et leur lutte pour survivre face à Powell est poignante et émouvante, renforçant le message moral du film.
La musique : une bande sonore envoûtante
La musique de Walter Schumann joue un rôle crucial dans l'atmosphère du film. Les mélodies envoûtantes et les chœurs éthérés accentuent le caractère onirique et inquiétant de l'histoire. La musique accompagne parfaitement les scènes clés, ajoutant une dimension supplémentaire à l'expérience cinématographique.
Conclusion : un chef-d'œuvre intemporel
"La Nuit du Chasseur" est un film qui transcende les genres et les époques. Grâce à une réalisation visionnaire, des performances inoubliables et une exploration profonde de thèmes universels, il reste un pilier du cinéma mondial. L'échec commercial initial n'a fait que renforcer son statut de film culte, apprécié par les cinéphiles et les critiques du monde entier.
Ce film est plus qu'un simple thriller; c'est une œuvre d'art qui continue de fasciner et d'inspirer, prouvant que le véritable talent artistique peut résister à l'épreuve du temps. Pour ceux qui recherchent une expérience cinématographique riche et inoubliable, "La Nuit du Chasseur" est une œuvre incontournable.
Quelle idée a eue Charles Laughton de tourner ce film ? Il y avait peut-être moyen d'en faire un film à suspense, à la Hitchcock. Après tout, le Maître avait réussi à nous intéresser avec "le faux coupable" où il ne se passe rien d'extraordinaire ni de spectaculaire, sans meurtre, pour quelques centaines de dollars volés. Ici, Mitchum tue pour dix mille dollars, le prix d'une voiture standard. Laughton navigue entre plusieurs thèmes : appétit du gain, trésor caché, poésie naturelle, psychologie enfantine, charlatanisme religieux, crédulité populaire, inaptitude au discernement des esprits, folklore villageois, pathologie meurtrière, bons sentiments, et j'en oublie. Ce qui domine à mon sens c'est la dénonciation du charlatanisme. Le personnage du prêcheur ripou est un classique du cinéma américain. On le retrouve régulièrement dans les westerns. Lucky Luke l'a caricaturé dans ses albums. Je crois me souvenir d'un Clint Eastwood qui en avait fait son personnage principal. Dans la littérature française nous avons le faux dévot Tartuffe de Molière, nettement plus libidineux que le Mitchum du film. Mitchum qui ne fait pas une prestation d'acteur extraordinaire. Son baratin, son comportement et ses mimiques sont assez faciles à démasquer. Vous me direz que le prêchi-prêcha de la brave dame d'accueil en deuxième partie est lui aussi horripilant. Les prêcheurs c'est comme les chasseurs : il y a les bons et les mauvais.
Un de mes films favoris. Dès les premières scènes, l'atmosphère m'a enveloppée. La performance de Robert Mitchum en prédicateur sinistre et manipulateur est saisissante. Il incarne parfaitement le mal, sous un voile de piété, dans un film qui mêle en permanence l'innocence à la brutalité.
La direction artistique est sublime, avec des contrastes de lumière et d'ombre qui contribuent à créer cette atmosphère oppressante qui ne nous lâche à aucun moment. bref, "La Nuit du Chasseur" est bien plus qu'un simple film noir, c'est une œuvre d'art qui défie les conventions, un conte sombre qui explore les thèmes de la corruption, de l'innocence et surtout du mal. Ce n'est pas juste un film que l'on regarde ; c'est une expérience qui vous habite longtemps après le générique de fin.
À l'époque ça devait être un très bon film, il y a d'ailleurs plusieurs plans incroyables, mais malheureusement il a très mal vieilli, même si Robert Mitchum est plutôt convaincant en prêcheur psychopathe, j'ai été extrêmement déçu lorsque je l'ai vu, je m'attendais à tellement mieux vu les critiques que le film avait, certains films sont intemporels, ce n'est pas le cas de celui-là.
Robert Michum tient là son rôle le plus marquant d'après moi, interprétant avec brio ce qui paraît être un des plus grands antagonistes de l'histoire du cinéma. De manière générale, la force de ce film réside aussi dans la caractérisation de ses personnages, super bien développés sans qu'il y ait besoin de beaucoup d'apparitions ou de dialogues ! Un film prenant du début à la fin malgré un léger ventre mou, parfaitement maîtrisé. Nous montrer directement les intentions du méchant sans que notre intérêt en soit altéré c'est fort. Et s'attaquer à des enfants en 1956, ça aussi c'est fort. A voir donc.
Vu pour sa récurrence à figurer dans les classements des meilleurs films. L'œuvre paie le poid du temps. Quelques bons moments mais aussi certaines longueurs. L'ennui guette même au bout d'une heure alors que le film dure 1h30 environ. Pour ma part pas assez consistant pour mériter sa réputation.
Un pasteur féminicide qui traque sans relâche deux gamins pour de l'argent. Le synopsis ne laisse certainement pas présager que ce long métrage marquant est de 1956, Charles Laughton était visiblement en avance sur son temps et sacrément culotté pour oser sortir un tel film à cette époque. Et au delà de l'aspect choquant, le réalisateur réussit un vrai tour de force en terme de mise en scène avec des plans et une photographie superbes. L'angoisse est progressive et Robert Mitchum livre une interprétation très forte qui n'y est pas étrangère, les enfants ne sont pas en reste et le final prend tout le monde à revers grâce notamment à un personnage féminin fort, ce qui une fois encore n'était pas légion dans les 50's. Un métrage fort et visuellement très réussi qui manque parfois un peu de rythme mais qui aura indéniablement marqué le cinéma.
C'est un film que j'ai vu il y a très longtemps dont je gardais que très peu de souvenirs et que j'avais très envie de revoir en raison de sa réputation de chef-d'œuvre. Et bien c'est fait... et j'ai trouvé que cette vision idéalisée n'est pas méritée, restant souvent circonspect devant des choix d'écritures douteux et des acteurs peu convaincants à l'instar du petit garçon. Bien sûr il faut l'aborder comme un conte moral et non pas comme un film réaliste, il y a les quelques scènes où Robert Mitchum crève l'écran en donnant vie à l'un des méchants les plus charismatique et troublant de l'histoire du cinéma, mais ça ne suffit pas selon moi pour en faire l'un des plus grands films du 7ème art. On pourrait aussi argumenter que c'est un film en avance sur son temps - d'où son échec et sa reconnaissance tardive -, mais là aussi je trouve qu'il a même mal vieilli si je l'évalue par rapport aux autres œuvres mémorables de son époque.
Réputé comme un film culte, la nuit du chasseur est un bon film mais que je trouve surcôté ! Le film semble avoir mal vieilli malgré la performance XXL de Robert Mitchum. Certains plans du réalisateur sont intéressant mais le film en soit est bon
"La nuit du chasseur" est un film culte qui a marqué le cinéma par la qualité de ses plans qui sont de toute beauté. Charles Laughton qui ne réalisa que deux films, fait preuve d'un talent fou par des scènes où Harry Powell (Robert Mitchum) est dans un très beau jeu d'ombre. Son personnage est d'ailleurs vraiment charismatique, ce prêcheur sans aucun scrupule et d'une cupidité sans limite est vraiment osé pour l'époque. Tout le monde retiendra son discours où il oppose le bien et le mal grâce à LOVE écrit sur les doigts de sa main droite et HATE sur les doigts de sa main gauche. Un film mythique très beau mais dont le scénario n'est peut être pas assez poussé, la fin étant décevante et mielleuse. Dommage car tout le reste est excellent.