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Jean-luc G
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5,0
Publiée le 26 avril 2025
Il s’agit d’un film inclassable, un conte pour enfants, un portrait de l’Amérique profonde partagée entre le bien et le mal – toujours en faisant appel à la religion !-, un exercice de création de décors stylisés avec de beaux effets en noir et blanc, et pourquoi pas une intrigue dramatique. Un exercice d'équilibriste au millimère près, nous sommes encore sous le code Hayes! L'effrayant Mitchum et Lilian Gish incarnent avec force l’affrontement symbolique entre Cain et Abel. Dès le départ La lancinante rengaine, et trois phrases cyniques du pasteur Powell, incarné par Mitchum, m’ont remis dans l’ambiance angoissante de ce méchant serial killer. spoiler: Les enfants seront sauvés des eaux, comme Moise dans son berceau sur le Nil !
Ils devront vivre avec le message ambigu du père : c’est la dépression des années 30, je vous laisse de l’argent acquis illégalement pour vous bâtir un futur. En arrière-plan, une population versatile est prête à lyncher ce qu’elle idolâtrait hier… La photographie est très léchée, picturale par moment, comme des jeux d’ombre chinoise. Ce film atypique est reconnaissable en quelques secondes. Si vous acceptez son univers, il est probable que vous y reviendrez régulièrement. Comme les mots Love et Hate tatoués sur les doigts du Pasteur, il n’y a peu de place pour de tièdes supporters. Découvert en 2012, je viens de le revoir et va rentrer dans mes 100 meilleurs films. (janvier 2016) Revu avec plaisir avec un ado cinéphile. On peut aimer ou pas ce film, mais il est difficile de ne pas s'en souvenir pendant très longtemps. Un nouvel exemple de ces grands films qui ne marchèrent pas à leur sortie en salle. DVD avril 2025
Un bon scénario et un personnage très inquiétant joué par Robert Mitchum. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un chef d'oeuvre. L'originalité du scénario et l'interprétation du R. Mitchum font presque tout le film qui doit plus de 50% de son aura à l'acteur seul. Je l'ai trouvé pas mal mais l'explication des tatouages "Love - Hate" me semblait déjà si évidente. Le pasteur joue double jeu, comme indiqué dans le synopsis. Aujourd'hui, il n'y a plus d'originalité dans un tel personnage tant il a été repris. Pas mal, tout de même.
Une pure merveille. Soixante ans après sa sortie la nuit du chasseur n a rien perdu de sa force. Sorte de conte morbide, ou le rôle de l ogre serait tenu par un prêcheur tueur en série, ce film est une pure merveille esthétique et de mise en scène. Le jeu sur les ombres et la nuit est remarquable on a vraiment l impression d assister à un cauchemar d enfant, un cauchemar d autant plus terrifiant qu il paraît réel. Le discours sur la religion qui devient dangereuse dès qu elle dépasse la simple philosophie de vie est également excellent, on voit bien que dans le cas du prêcheur cette dernière n est là que pour justifier ses actes criminelles. Dans ce rôle Robert Mictchum trouve ici un rôle mythique, absolument fascinant subversif tout comme l était celui qu il tenait dans " les nerfs à vif". Un film à voir et à revoir avec le même plaisir.
Un grand film a la fois magnifique de part son propos et formellement sublime. Les plans sont incroyablement beaux, les acteurs très convaincants et l'histoire à glacer le sang. Un film qui mérite son statut de classique.
On m'a rabâché les oreilles avec ce film, et l'on a bien fait. Photographie superbe, avec un noir et blanc comme on l'aime, la musique est envoutante ponctuée de chants amenant une pointe de poésie à cette histoire terrifiante. Mitchum joue le rôle d'un dangereux Tartuffe, les victimes de cette histoire sont une famille de deux enfants. On s'attache vite aux personnages, on peut même s'identifier rapidement à l'un des deux enfants, véritables héros ayant une dimension quasi mystique (Moïse ainsi que Jésus sont souvent cités). Une aventure dangereuse et envoûtante qui figure à juste titre parmi les chefs d'oeuvre du Cinéma Américain.
Un seul film aura suffit à Charles Laughton pour que sa carrière de réalisateur vire à la tragédie sans gloire puis à titre posthume, à rentrer dans l'histoire du Cinéma. Ce genre de condition fait toujours rêver (enfin pas pour ce bon vieux Charles pour qui la situation est vraiment déplorable), et tout bon cinéphile qui se respecte ne peut qu'envisager ce genre d’œuvre comme une curiosité à découvrir sans tarder. La première chose qui me vient à l'esprit quand je repense à la nuit du chasseur c'est le regard sournois du mal incarné par Robert Mitchum. A une époque ou il fallait identifier catégoriquement l'antonyme du bien, il est clair que dans ce film on a sa parfaite représentation : un homme d'apparence charmeur mais sinistre, vil et cupide. Qui ôte la vie sans une once de remords. Mais le pire dans tout ça, c'est sûrement le fait qu'il soit un homme d'église, qu'il représente donc la foi et tout ce qui va de juste avec, ou comment se méfier des apparences. Les tatouages sur les doigts en témoigne, nul doute que l'on a affaire ici a un loup déguisé en agneau (même si j'ai horreur de cette expression pardonnez-moi). Ces principaux adversaires sont des enfants, un frère sûr de lui, et sa petite sœur plus naïve (qui nous rappelle qu'à l'époque les enfants jouaient vraiment mal la comédie mais ça n'importait peu). On gardera de la nuit de chasseur une photographie de clair de lune unique, avec un monde animal dans lequel le véritable prédateur est un homme. Un air chantonné régulièrement et qui finit par faire hérisser le poil, tant ce qu'il annonce est un mauvais présage. Pour autant, avec le recul ce film a peut être été survendu, je le trouve bien trop moralisant pour être totalement convainquant. Dire que le côté manichéen pose problème n'est pour autant pas vrai, puisqu'on est dans une époque ou c'était purement établi. Ce film fait vivre des véritables sensations de cinéma, Laughton utilisa plusieurs moyens pour donner à son film un rendu si audacieux et envoutant. Il y règne une atmosphère unique, ou la peur enfantine se réveille en nous, comme un cauchemar d'enfant ressuscité dans notre mémoire d'adulte qui semblait loin de tout ça. Un road-movie noir dont la partie fluvial fut la plus marquante, à avoir dans ses références évidemment.
Le film est de 1956 et pourtant quel film! Robert Mitchum fout les boules et se met à être détesté par les spectateurs qui le préféraient en cowboy charmeur plutôt qu'en psychopathe séducteur. Alors inutile de préciser qu'il faut le voir en BO parce que les chants traduits et les répliques de Mitchum en français c'est bien pourri. Un chef d'œuvre.
La Nuit Du Chasseur, réalisé par Charles Laughton, et adapté du livre de Davis Grubb, est, lors de sa sortie, loin d'être ce que l'on pourrait appelé d'immense succès en terme d'audience ou de critique, ce qui empêche malheureusement Laughton de réaliser d'autres films. Pourtant, il réussi au fil des années à décrocher le statue de film culte, voir même incontournable dans l'histoire du cinéma. Il se forge cette réputation principalement grâce a l’excellente prestation de Robert Mitchum, à la beauté esthétique irréprochable, et à l'originalité du scénario signé James Agge. Ce film narre donc l'histoire de deux enfants nommé John et Pearl, dont leur père, parti en prison pour vol et meurtre, viens de leur confié dix mille dollars. Par malchance, un prêcheur psychopathe nommé Harry Powel, découvre l’existence de l'argent, et de qui le détient, il décide donc de s'introduire dans la famille des deux enfants en séduisant leur mère, pour ensuite leur faire avouer de force l’emplacement exacte des dix mille dollars. Prenant quelques temps à ce mettre en place, l'intrigue se doit très originale et même quelques fois à la limite du fantastique, notamment grâce au protagoniste Harry Powell, qui est une représentation d'une sorte de croque-mitaine ou de tous personnage fascinant et terrorisant l’imagination enfantine. Ce qui est une référence frappante au contes noirs. Laughton est également influencé par d'autre genre, comme celui du western dans certaines séquences (comme par exemple l'entrée d'Harry Powel dans la ville). Coté mise en scène, c'est un travail irréprochable sur tous les points techniques, chaque plans est doté d'une symétrie maladive, ce qui ce doit au chef opérateur Stanley Cortez (directeur de la photographie de plusieurs films d'Orson Welles et de Fritz Lang). Là où le film est également très intéressant, c'est lorsque qu'il joue avec l'éclairage, où l'ombre et la lumière s'affrontent comme des forces surnaturelles qui détiennent les personnages, tous comme la symbolisation du bien et du mal avec spoiler: LOVE et HATE inscrit sur les mains du prêcheur . Certains plans reste même marquant, comme celui du spoiler: cadavre de Shelley Winters au fond de l'eau.
Même si tout a été dit dessus, on ne peut que frémir devant cette oeuvre fascinante et inclassable de Charles Laughton. Forcément, après l'avoir vu, comme tout un chacun on regrette qu'il s'agisse du seul long-métrage de son auteur. Celui-ci y a non seulement injecté sa maîtrise indiscutable mais aussi sa profonde culture cinématographique, lorgnant ici du côté du cinéma expressionniste allemand. Oui, "La Nuit du chasseur" c'est un peu le "M le Maudit" américain, dont les bases sont transcendées par un astucieux mélange des genres. Ici Petere Lorre est remplacé par l'immense Robert Mitchum, dont le charisme et la voix lorsqu'il entonne sa complainte invitent simplement au respect. Sur le plan thématique, Laughton signe le plus grand film de tous les temps sur la lutte entre le bien et le mal. Cette analyse ciselée de la psychologie humaine est véhiculée par des idées visuelles entrées dans la mémoire collective. Plastiquement, le film est enfin superbe et il faut souligner le travail exceptionnel du chef opérateur Stanley Cortez, dont on n'est pas prêts d'oublier les nuits étoilées.
J'ai découvert La Nuit du Chasseur avec sa magnifique affiche. Elle reste, aujourd'hui encore l'une des plus splendides dans le genre, bien plus que celles que l'on a désormais l'habitude de voir dans la rue. Et contrairement à ce que certains en pensent, La Nuit n'est pas un film qu'avec de la forme. Celle ci est merveilleuse (je pense notamment à une image qui m'est restée gravée en tête, celle très symbolique de Robert Mitchum les doigts courbés en serres courant dans l'ombre de la cave en espérant rattraper les enfants en haut de l'escalier du côté de la lumière) et très représentative du film, basé sur une dichotomie: les adultes - les enfants, le jour - la nuit, le Bien - le Mal, (Love - Hate) etc. En fait, on ne eut pas reprocher au film son côté maniéré (notamment avec l'interprétation fiévreuse de Mitchum) ou ses longs dialogues qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes puisque c'est ça le film. On l'aimera ou pas (il fut un échec cuisant à sa sortie) mais on ne peut pas le mépriser.
Un chef d'œuvre de film noir réalisé par le légendaire Charles Laughton. Robert Mitchum joue un rôle terrifiant. Un bon mélange de drame, de thriller, d'épouvante et d'horreur. Un film de légende. Un très beau film en noir et en blanc. Love et Hate est devenu le plus légendaire tatouage du cinéma.
Il m'est difficile de bien replacer ce film dans le contexte des années 50 mais en tous les cas moi j'ai trouvé ça aujourd'hui trop mièvre, poussif, policé et simpliste dans la morale pour que je puisse y croire. Quand bien même ça évite finalement l'écueil du manichéisme et du larmoyant. Le déroulement de l'intrigue s'emble s'étaler inutilement pour justifier une durée de bobine adéquate (cf la scène de la barque qui se perd dans un rythme contemplatif et n'apportant rien au récit car assez mal amenée) et reste très linéaire et sans surprise dans son ensemble. Voire même parfois assez surréaliste dans les situations. Tout est si caricatural que l'on prend les enjeux à la légère et avec de la distance. S'il n'y qu'au niveau formel et direction d'acteur que ce film fait mouche ça me parait maigre pour mériter l'appellation "chef-d'oeuvre". Après je reconnais peut-être le culot d'avoir montrer un prêcheur dans sa face sombre, mais les codes morales des thrillers de l'époque bride ce côté jusqu'au-boutiste dans la mise en scène et dans la personnalité de l'antagoniste jusqu'à annihiler toute tension et puissance dramatique émanant de lui. La prestance du personnage demeure alors insuffisante. Et quand en plus ça ne joue pas non plus la carte de la suggestion de l'autre côté... Ce qui aurait pu distiller un climat malsain et oppressant à souhait. Franchement, je m'attendais à du Hitchcock pour du suspense bien rôdé et des frissons, j'ai frappé à la mauvaise porte. Ni subtil, ni jusqu'au-boutiste, ce film est définitivement désuet en 2015.
Sans être dénué d'un certain charme sombre, La nuit du chasseur a hélas mal vieilli. Le jeu des acteurs résonne ici comme venant d'un autre âge, dans un style trop théâtral, et si Laughton maîtrise sa mise en scène avec brio, le rythme très lancinant est par moments nuisible à l'intérêt que l'on peut trouver à ce film. Il est regrettable d'ailleurs que l'adoption du point de vue enfantin n'ait pas été plus appuyée encore, notamment dans les instants critiques.
Charles Laughton est un grand acteur, on le sait, son film est un chef d'œuvre ! Si vous ne saviez pas que Robert Mitchum est un grand acteur aussi, regardez ce film ! La scène du combat entre la haine et l'amour est inoubliable.