16 164 abonnés
13 121 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 15 janvier 2026
En sauvant Elvire Popesco, Maurice Chevalier ne se doutait pas qu'il deviendrait "L'homme du jour" (1936). spoiler: Cet èlectricien si sympathique a donnè son sang à cette Mistinguett de la tragèdie! Rèsultat : il aura droit à une place à ses côtès parmi tous ceux qui dèfendent avec elle la cause de l'art! Du sur mesure pour Chevalier qui trouve en Alfred Boulard un rôle à la Charles Trenet! La coupe ne dèborde jamais dans cette comèdie romanesque de Julien Duvivier, respectant au passage la notion èlèmentaire du spectacle et du music-hall! Quelques chansons connues : « Y a d'la joie » (quand on vous disait qu'il y avait du Charles Trenet dans l'air) et l'argot parisien d'une èpoque : « C'est une belle poule ! Elle est toujours aussi piquèe ! Une petite de vingt ans bien tortillèe ! Il a une bobine que je connais ? » etc etc etc! De quoi ravir les nostalgiques de ce cinèma d'avant-guerre...
L'homme du jour, c'est le jovial électricien, chanteur amateur et amoureux Alfred Boulard après qu'il a sauvé la tragédienne célèbre moribonde, Mona Thalia. Le film de Duvivier commence à la façon d'une aimable futilité avec le rieur Maurice Chevalier en prolo sympa qui pousse la chansonnette. Mais la comédie se destine à la fable, celle que la notoriété médiatique -comme on ne disait sans doute pas à l'époque- la gratitude et les caprices de Mona Thalia et de son entourage initient. C'est d'ailleurs cette partie du film qui fait sens, dans laquelle on retrouve, sinon la noirceur de Duvivier, du moins son amertume quant à la nature humaine et le comportement des foules. La célébrité et la vie nouvelle qu'entrevoient l'électricien et sa fiancée, prêts à se lancer dans l'art dramatique sur les pas de la mégalomaniaque tragédienne, sont des leurres. Et s'il y a une morale, c'est de ne pas se laisser griser par une notoriété qui repose sur pas grand' chose. Déjà les années 30 fustigeaient les fausses gloires comme il en pousse tellement de nos jours! Dans une scène inattendue et habile où Alfred Boulard rencontre...Maurice Chevalier, Duvivier peut délivrer le fond de son message relativement à l'humilité et au mérite. Tout en restant dans la comédie et la bonne humeur incarnée par Maurice Chevalier.
« L’homme du jour » est une comédie musicale sur un scénario de Charles Spaak et Charles Vildrac adapté par Duvivier. Mais le premier numéro survient seulement après une mise en place poussive d’environ quarante minutes. Alfred Boulard (Maurice Chevalier) y interprète de façon magistrale « Ma pomme » au sein d’une scène aux décors et mouvements de caméra de grande classes. Question Music hall il faudra cette fois attendre jusqu’au dernier quart d’heure et une brillante rencontre entre Albert et Maurice Chevalier dans sa loge, pour un duo distancié et désynchronisé entre Chevalier et Chevalier. A part ce final, il n‘est pas exagéré de penser que le réalisateur n’a pas vraiment la fibre « musical », ce que confirmera l’année suivante « The Great Waltz » qu’il a commis avec Von Sternberg et Fleming. Vers la fin du film le héros explique à un jeune éclairagiste (Robert Lynen) que sa place est dans ce que qu’il sait faire. Dommage que le réalisateur ne ce soit pas appliqué cette phrase frappée au coin du bon sens, car la partie où il s’intéresse à la mesquinerie, la foule et l’opinion publique versatile qu’il détestait, offre les meilleurs moments du film. De « l’émeute » puis du limogeage de la pension jusqu’à la plaisanterie lamentable au goût rance. Il y a aussi l’inévitable bluette avec la jolie Josette Day. Cousue de fil blanc, elle n’est guère plus subtile qu’un bloc de béton. Deux étoiles car j’ai un faible pour Maurice Chevalier. Si ce n’est pas votre cas, ou si Elvire Popesco vous déclenche des crises d’urticaire, il vaudrait mieux éviter.
superbe film de julien duvivier avec un Maurice chevalier fraîchement revenu des états unis .,avec l'ambiance bien saisissable du front populaire .un hommage a paris pour la fin du film sous ambiance bugsy berkeley .