Starship Troopers est un film de science fiction sorti en 1998 réalisé par Paul Verhoeven. Ce film malgré ses apparences de série Z (il n’y a qu’a voir l’affiche) qui aurait pu sortir tout droit de la tête de Uwe Boll, est un concentré de pure SF avec certes un scénario qui ne ferait pas bondir au plafond un David Lynch, mais avec une ligne directrice bien précise avec des personnages attachants, un background intéressant, des effets spéciaux bluffants (pour l’époque mais encore aujourd’hui), et une musique épique hallucinante, ce qui en fait finalement un film qui aura marqué de son empreinte l’histoire de la SF et ouais carrément !
L’action se situe dans un monde futuriste, on y suit un groupe de lycéens qui décident de faire leur service militaire, car nous sommes dans un monde où la propagande patriotique a atteint son paroxysme. Une menace arachnide pèse sur la planète et on assiste à une suite de péripéties plus folles les unes que les autres changeant ainsi la destinée de ces pauvre jeunes qui ne pensaient sûrement pas devoir affronter une flopée d’arachnides découpeurs professionnels de membres depuis 1870. En bref, on y suit en particulier Riccccooo (Rico si on le prononce normalement, ce qui n’est pas le cas de ses amis dans le film) qui perd ses parents écrasés par une météorite détournée par les arachnides tombant sur Buenos Aires. C’est ainsi qu’il décida de se farcir de la grosse bébête bien sale et puante .
La chose qui me tient peut être le plus à cœur dans ce film , c’est sans doute sa musique , composée par Basil Poledouris qui avait déjà travaillé avant avec Paul Verhoeven pour notamment le film Robocop. Il a juste réalisé un travail époustouflant, cette musique personnellement me fait frissonner à chaque fois que je l’entends. Elle a tout de la musique épique parfaite, elle intensifie les scènes, notamment celles se déroulant dans l’espace.
Et évidemment qui dit espace dans un film de science fiction , dit vaisseaux spatiaux, et c’est à ce moment là que l’on a du mal à se dire que ce film date de 1998. Certes ce dernier a eu un budget conséquent (plus de 105 millions de dollars), mais tout de même, quand on pense qu’aujourd’hui encore, certains films n’atteignent pas ce niveau de crédibilité, on ne peut que féliciter le travail accompli par le réalisateur et toute son équipe . C’est simple pour moi c’est le genre de film qui a posé un palier dans ce domaine dans les films de type Space opera , avec notamment 2001 l’odyssée de l’espace des années 60 , Star Wars des années 70-80 et donc Starship Troopers dans les années 90.
Mais voilà, Starship Troopers, ce n’est pas que des effets spéciaux de dingues, une musique qui nous prend aux tripes, c’est aussi une histoire rondement bien menée avec des personnages évoluant tant mentalement que sentimentalement. Alors bien sûr, il ne faut pas s’imaginer non plus Rico bavardant philosophie avec ses supérieurs lors de son service militaire, mais cela a le mérite d’être plutôt sincère et cela n’enlève rien au plaisir qu’on a en regardant le film . Et puis sa force réside aussi en ne tombant pas dans les clichés totalement niais du genre, où tout le monde s’en sort. Ici les personnages secondaires en prennent pour leur grade et on est surpris de voir mourir telle ou telle personne, pire encore les humains se font globalement massacrer durant tout le film avec une violence inouïe, il n’est clairement pas bon de se frotter à un arachnide quand on sait que pour une bête tuée, 100 humains meurent (calcul très approximatif je le confesse).
Au delà de tout ces aspects , il paraît clair que le réalisateur par la démesure de certaines scènes, a voulu dépeindre une société américaine totalement endiguée dans son patriotisme excessif, prônant les armes par le biais d’une propagande militaire acharnée, engagez-vous, ils disaient ! D’ailleurs celle ci est clairement mise en avant, puisque le film débute par un spot publicitaire de l’armée avec écrit en énorme un "join up now !" suivi d’un enfant habillé en militaire tout sourire disant vouloir participer lui aussi et remplir ainsi son rôle de citoyen (ne sachant vraisemblablement pas ce qui allait lui arriver par la suite, pauvre petit). Dès ces premières images, on a donc compris le but sous-jacent du réalisateur et ce n’est d’ailleurs pas plus mal, cela rajoute du fond à son œuvre. Après, le film n’en reste pas moins un bon défouloir jouissif qu’on saura apprécier de toutes les manières.
Je ne m’attarderai pas sur la performance des acteurs, qui est ma foi plutôt bonne il faut le dire, mais ce n’est pas le genre de films qui met le plus en avant les talents de ces derniers . Je me sens forcé de citer deux acteurs totalement secondaires dans ce film: Neil Patrick Harris qui joue un des amis de Rico que vous pouvez retrouver dans how I met your mother, mais aussi Dean Norris jouant l’agent des stups dans Breaking Bad dont la série vient de toucher à sa fin, et qui, dans Starship Troopers, joue un rôle mineur (il dirige le camp militaire). Ça c’était pour le coté fan service, j’adore personnellement revoir des films déjà anciens et y retrouver des acteurs qui aujourd’hui jouissent d’une grande popularité et pour lesquels ce n’était pas le cas auparavant. C’est d’ailleurs assez curieux, vu le talent des ces deux-là, et en particulier Dean Harris .
Starship Troopers est bien évidemment un film à voir et même à revoir, incontournable pour toute personne fan de science fiction. Malgré un résultat au box office mitigé, il reste et restera une valeur sûre du cinéma SF, un pur produit estampillé Paul Verhoeven, qui signe probablement là son meilleur film .