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Charlotte28
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2,5
Publiée le 8 mai 2026
Vaudeville léger, cette adaptation théâtrale manque de consistance cinématographique, tant dans la réalisation que dans la minceur de l'enjeu. S'appuyant sur une plume virevoltante, ludique, malicieuse, le scénario propose l'infidélité tacitement consentie derrière une façade de respectabilité et de mensonges acceptables pour rendre le mariage harmonieux (car il ne saurait être heureux, comme l'indique la réplique finale). Très léger, le récit renforce son badinage par le jeu extrêmement distancié de Sacha Guitry, se moquant du sentiment amoureux tout en insinuant qu'il mène le monde (à moins que ce ne soit le pur désir?). Divertissant.
Adaptation au cinéma de sa propre pièce de théâtre, Faisons un rêve atteste la virtuosité de Sacha Guitry en matière de comédie de mœurs, captant à merveille les palpitations du sentiment dans le corps de bourgeois engoncés dans des costumes qui divulguent mal leur véritable nature ainsi que leurs intentions profondes ; une séquence téléphonique mobilise d’ailleurs la symbolique du vêtement et oppose au veston masculin – signe de réception mondaine – le pyjama, traduction des intentions libidineuses du protagoniste principal. Notons que le libertinage revendiqué, puisque les amants adultérins passent la nuit ensemble et projettent une union concurrentielle, relève d’une audace scandaleuse pour l’époque et place en cela le cinéaste-dramaturge dans une position de contestation de l’ordre moral établi. La mise en scène commence par revendiquer un dynamisme tout aussi innovant fait de longs plans-séquences, quoiqu’on perçoive ici l’influence esthétique d’un Abel Gance ou d’un Marcel L’Herbier, et inspirera nombre de cinéastes, dont Max Ophüls qui signera quatorze ans plus tard La Ronde, au mouvement porté par le titre ; une telle ouverture rend un vibrant hommage aux comédiens contemporains que la caméra rassemble en sautant d’une table à l’autre. S’affirme ensuite une réalisation qui privilégie le portrait, mimétique des déplacements physiques des personnages, eux-mêmes révélateurs des rapports de pouvoir et des relations amoureuses ; elle laisse le champ libre au texte, superbe, et à la joute verbale qui le compose. Guitry n’a pas son pareil pour retranscrire la lutte entre les sexes et les contradictions inhérentes à chacun, célèbre la rhétorique intéressée des hommes et l’intelligence des femmes qui voient clair dans le jeu des premiers mais y tirent séduction, satisfaction et valeur. Une œuvre brillante.
Malgré un sujet convenu [le mari (RAIMU, 53 ans), homme d’affaires, sa femme (Jacqueline DELUBAC, 29 ans) et l’amant (Sacha GUITRY, 51 ans), avocat], le film est brillant grâce aux dialogues drôles de Sacha Guitry [d’après sa pièce éponyme (1916)], le sourire délicieux de Jacqueline Delubac, le phrasé particulier de Guitry et de Raimu. Une œuvre légère et pétillante comme du champagne ! On peut y voir aussi une déclaration d’amour du réalisateur à Jacqueline Delubac, sa 3e femme (succédant à Yvonne Printemps) qu’il vient d’épouser l’année précédente et son 5e film avec lui.
On est en 1936 et avec " faisons un rêve" Guitry propose une réflexion amusée sur la fidélité conjugale.
Au travers d'un scénario minimaliste : le personnage de Guitry invente un stratagème pour séduire la femme d'un ami. Le plan fonctionne tellement pour les deux amants que l'aventure va plus loin que prévu.
Comme à l'accoutumée dans sa filmographie, Guitry égratigne avec adresse les hypocrisies et les faux semblant. Cependant, la mise en scène est presque inexistante et le titre repose uniquement sur les dialogues.
Guitry, Raimu et Delubac sont de bons acteurs, même de très bons, mais ici Guitry n'est pas (à mes yeux) très convaincant dans son rôle de séducteur.
On notera la présence d'Arletty et de Michel Simon dans un petit rôle, mais ce titre intéressant à connaître, n' est pas comparable par ses qualités à " la poison" ou au " Diable boiteux".
Ceux ci sont d'un standard bien plus élevé que ce " faisons un rêve" sorte de théâtre filmé de façon beaucoup trop plate et lourde pour susciter mon adhésion
Après un préambule (dont Guitry n'ose pas faire un plan-séquence intégral) où quelques figures du cinéma français viennent dire des aphorismes de l'auteur, Sacha Guitry entame sa comédie théatrale à trois personnages, trio récurrent du vaudeville avec le mari (Raimu), la femme (Jacqueline Delubac) et l'amant (Guitry). Face à un Raimu en demi-teinte, peut-être parce qu'il n'est pas le personnage central et qu'il se confronte à un Guitry au sommet de son éloquence, face à une Jacqueline Delubac, charmante d'espièglerie et étonnamment moderne lorqu'on la découvre au troisième et dernier acte, décoiffée et en chemise sur le lit de son amant, Sacha Guitry fait un récital étincelant et intarissable. Son goût des mots, son sens de la formule et du paradoxe, ses saillies mysogines ou faussement mysogines, le détournent des situations et mouvements débridés d'un certain genre de comédies légères au profit d'une écriture ciselée, pleine de verve et d'esprit, sans négliger pour autant les allusions coquines sans lesquelles le vaudeville ne serait pas le vaudeville. Dans un deuxième acte où, seul en scène, il monologue avec le brio oratoire qu'on lui connait, en amant concupiscent et impatient de recevoir sa nouvelle conquête, la vitalité de cette longue séquence démontre la qualité de la réalisation. Du théatre filmé, oui, mais pas figé.
Ce film vaut essentiellement, voire uniquement par les 2 acteurs inscrits sur l'affiche. Raimu pour son jeu d'acteur, et Guitry qui nous offre à la fois, un jeu d'acteur, un scénario avec quelques très bonnes réparties et des monologues interminables. A voir par ceux qui aiment les performances d'acteur
Pratiquement la clameur de ceux qui prétendent à une petite éclate extraconjugale, réinventant la joie et l’amour. « Mieux que toute la vie mon amour, nous avons deux jours ! » aurait pu également baptiser la pièce. Comme il a été dommage de passer tant d’années à côté de ce pétillant délice de finesse, d’humour, de jeunesse, de voltige rhétorique et d’équivoques vaudevillesques pleines d’esprit. Cette première version cinéma sur deux, sortie en 1936, d’une pièce de Sacha Guitry à 15 adaptations au théâtre depuis 1916, offre, sur une grosse heure et quart jouée par Guitry, Raimu et Jacqueline Delubac, un tourbillon de légèreté, d’insouciance et d’humour, issus pourtant du marivaudage, de la vie maritale et de l’adultère en pleine 1ère Guerre Mondiale. Cette valse entre l’épouse, l’amant et la mari nous embarque dans une rhétorique à la fois simple et complexe, acrobatique au rythme varié, à la science du détail, des évocations, des hypothèses, des sentiments, des mots et des retournements qui font carrément penser à Molière dans ses heures grivoises et dans cette architecture sémantique qui force l’attention tout en nous donnant l’impression de voler, en particulier dans le mémorable monologue. Un bain de bonheur sentimental et intellectuel qui devient rare et jouissif dans l’actuel délitement de la langue française.
Dire que les dialogues sont fabuleux dans un film de Guitry relève du pléonasme, mais là niveau dialogues c'est vraiment du fabuleux puissance 1000. Rien que la scène d'intro qui regroupe de nombreuses vedettes de l'époque, dont Michel Simon et Arletty, est un véritable festival de répliques délicieusement cinglantes. Mais après aussi on est franchement gâté. Ce ne sont pas juste quelques arbres niveau dialogues géniaux mais toute une forêt. Et puis, l'interprétation... Sacha Guitry, dans le rôle de l'amant, qui n'a jamais été aussi déchaîné. La longue séquence où il a pour seul partenaire un téléphone est un véritable et brillant one-man-show avant l'heure. Si j'étais professeur de théâtre, je montrerais cette scène en exemple à mes élèves. Ça c'est du jeu de géant. Et il y a aussi la troisième madame Guitry, Jacqueline Delubac, dans le rôle de l'épouse, une des plus canons actrices que le cinéma français ait connue (mais quel veinard celui-là !!!), qui n'a jamais été belle, pétillante et irrésistible qu'ici (rien que de la voir en vêtements de nuit masculins trop grands pour elle, je suis amoureux !!!). Evidemment qui dit amant, qui dit épouse, dit forcément mari cocu, et là aussi on est admirablement servi. L'immense Raimu, ne pouvant rien faire face à l'exubérance de Guitry a eu la grande intelligence de changer complètement son fusil d'épaule par rapport à son habitude pour réussir à lui tenir tête en étant sobre. Et ça lui va très bien. Bon bien sûr si on excepte la première scène où la caméra se mouve énergiquement, c'est juste du théâtre filmé. Mais la pièce, qui regroupe toutes les thématiques si chères à Guitry, est tellement brillante, ses dialogues tellement fabuleux, le jeu des acteurs tellement grandiose, qu'au fond on n'en a rien à faire. Donc faire un rêve avec Guitry, le rêve...
C'est toujours un vrai bonheur que d’écouter Sacha Guitry , il maîtrise son art avec tellement d’aisance et d’élégance qu' il est quasiment impossible de se lasser et même si ces pièces de théâtre ne sont pas toujours facilement adaptable au cinéma , c'est tellement bien écrit que cela ne pose aucun problèmes en passant sur grand écran ; à consommer sans modération .
Extraordinaire performance de comédien de Sacha Guitry qui s'en donne, ici, à cœur joie, dès son apparition, en nous entrainant dans de long monologues, sans quasiment aucuns temps morts, entrecoupés de quelques interventions de Jacqueline Delubac puis de Raimu, lui donnant la réplique lors de leurs assez courtes présences, dans ce qui est plus une pièce de théâtre filmée qu'un film proprement dit. Néanmoins, on ne peut qu'être conquis autant par la qualité de l'écriture que par tant de talent, de verve et d'enthousiasme, compensant largement les faits que la réalisation soit uniquement au service des personnages qui s'expriment, du manque d'originalité du thème ainsi que les quelques effets comiques récurrents du style théâtral, assez convenus.
En 1936, Sacha Guitry adapte sa propre pièce "Faisons un rêve", écrite vingt ans plus tôt et prenant pour cadre un jeu d'adultère savoureux entre une femme, son mari et son amant. Le film est l'occasion de voir une belle galerie de talentueux acteurs français de l'époque, notamment Raimu qui conserve le rôle du mari qu'il créa dès la première en 1916. Pour cette adaptation, l'auteur a supprimé un acte et ajouté un prologue dans lequel il dresse une peinture grinçante de la société bourgeoise parisienne. Malgré ces modifications, l'ensemble reste classique et même bavard sur les bords. Dans le rôle de l'amant, Guitry remporte haut la main la palme du débit de parole le plus élevé ! Toute la force du film réside principalement dans le texte ; les dialogues sont évidemment savoureux, fidèle au style du cinéaste, rendant au final cette comédie de moeurs plaisante.
"Faisons un rêve" se distingue surtout par son casting. En effet, avec le célèbre couple Guitry-Delubac qui joue les amants, et le sympathique Raimu en mari trompé, le film s'annonce explosif. Il l'est en partie. La plupart des scènes à deux personnages sont remarquables, grâce à un travail important sur la parole et les regards. Quant aux dialogues, ils fonctionnent de façon intermittente. C'est, particulièrement, le long monologue de Guitry qui finit par en souffrir. Le film est globalement sympathique, audacieux par son rythme effréné, et comporte certaines situations hilarantes.
Ça se déguste comme une friandise ! Voir jouer Sacha Guitry avec autant d'aisance est un authentique moment de bonheur et la scène centrale où il est seul (avec son téléphone) est véritable morceau d'anthologie. Jacqueline Delubac lui donne la réplique avec énormément de talent, quant à Raimu, il est égal à lui-même c'est à dire excellent. Théâtre filmé ? Sans doute, mais c'est quand même du cinéma (même si on peut reprocher quelques plans figés au début). Le scénario est un vaudeville adapté d'une pièce que Guitry avait créé en 1916, il est bien sûr aussi jubilatoire que délicieusement immoral jusque dans sa dernière réplique : "C'est vrai nous avons toute la vie ?" "Mieux nous avons 2 jours !" A remarquer dans le prologue la présence d'une véritable brochette de guest-stars parmi lesquelles Arletty et Michel Simon..