Inspiré du film " La cage aux rossignols ", réalisé en 1945 par Jean Dréville avec Noël-Noël, Les choristes est un vrai instantané d’émotion, sans prétention mais d’une justesse rare. En filmant l’histoire de ce musicien raté qui, sans jamais chercher la gloire, transmet sa passion à de jeunes enfants blessés par la vie, Christophe Barratier nous livre un message profondément humain et généreux. Chanter pour se construire et retrouver l’estime de soi.
Cœur du film, la chorale en constitue bien sûr le point sensible, portée notamment par la voix puissante et cristalline du jeune Jean-Baptiste Maunier, magnifique de beauté et de talent dans son tout premier rôle au cinéma. Tous les acteurs sont d’ailleurs au diapason de la partition musicale, composée par Bruno Coulais, un habitué des productions de Jacques Perrin (" Himalaya "). Dans un rôle de "passeur", Gérard Jugnot interprète, avec justesse un personnage pleinement sympathique et d’une générosité sans retenue. Parfait pendant de Gérard Jugnot, François Berléand campe à merveille un directeur aigri et ultra-autoritaire, infligeant aux enfants la douleur et l’amertume d’une vie de désillusions. Enfin, loin de ses guignoleries habituelles (" Qui a tué Pamela Rose ? "), Kad Merad rentre parfaitement lui aussi dans la peau de ce professeur cassant qui est, progressivement, gagné par la tendresse et l’amour que porte Clément Mathieu à ces enfants.
On peut certes reprocher au film d’être plein de bons sentiments. Mais Christophe Barratier, en s’effaçant judicieusement derrière sa caméra pour faire la part belle à son histoire et à la musique, évite toute sensiblerie, ne tombant jamais dans un mélo mièvre et guimauve. Il livre au contraire un petit joyau, plein de tendresse, de drôlerie et d’espoir.