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Un visiteur
4,5
Publiée le 29 mars 2013
Je ne fume pas, je n'aime pas le café, je préfère les rayures aux carreaux, et pourtant ce Coffee and Cigarettes m'a séduite. Jim Jarmusch nous sert un film inclassable, multitudes de courts métrages que l'on peut aussi bien voir à la suite que dans le désordre sans altérer le plaisir qu'ils procurent. Tous les acteurs ont un jeu très juste, jamais dans l'excès ni la fadeur, interprétant chacun une personnalité que l'on peut saisir dans les quelques minutes où ils se montrent. Le choix de casting fait par Jarmusch est d'ailleurs génial (Iggy Pop, Bill Murray, Steve Buscemi et Roberto Benigni sont mes préférés). Il nous offre un morceau de plaisir à chaque nouvelle apparition. On sent que les acteurs s'éclatent. Qui sait, peut être qu'ils ont mis un peu de leur propre vie dans ce film ? Sans réelle narration, les courts métrages se ressemblent dans la manière particulière qu'à Jarmusch de nous présenter une confrontation de personnalités différentes. Et il dépeint à merveille ce moment particulier, le café clope qui, en restant toujours le même d'un individu à l'autre, peut cependant orienter des conversations de toutes les natures.
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1,0
Publiée le 13 octobre 2020
Jim Jarmusch est un homme chanceux. Ses films sont tout sauf originaux dans leur concept le dialogue le plus mémorable est généralement improvisé par ses acteurs et son style de tournage est lent, bidimensionnel et prévisible. Même à travers tout cela il parvient à créer un culte et est capable d'assembler ensembles des stars comme avec ce film Coffee and Cigarettes. Ce qui a commencé comme un sketch de court métrage de qualité médiocre résolument dans les années 80 s'est transformé en une farce beaucoup trop longue sur les interactions sociales dans les dîners et les bars. Après le premier morceau vous avez rapidement une idée du reste du film et des plaisanteries maladroites et sèches pleines de références ésotériques et de statistiques mignonnes. Après le troisième et le quatrième vous comprenez que les interactions sont gênantes et jouent de manière ironique sur les personnages réels des acteurs. Nous comprenons mais nous rions uniquement à cause de qui raconte la blague pas de qui l'a écrite et certainement pas à cause de la blague elle-même. Faites moi confiance allez à un vrai dîner et ayez une conversation à la place car ce sera beaucoup plus gratifiant...
Un film pour le moins intéressant et original, évidemment très inégal, mais qui propose quelque chose de nouveau ; dommage que l’idée ne soit pas exploitée à fond, tant on a du mal à s’immiscer dans l’œuvre de Jarmusch, en dépit de sketchs fort captivants (paradoxe non résolu). Indéniablement empreint d’une certaine poésie, le tout semble assez lourd, oppressant, et ne décolle jamais vraiment. Mais dans l’ensemble, ce Coffee and cigarettes mérite très largement le coup d’œil.
L'idée est intéressante, les cadrages sont excellents et le noir et blanc fait fait ressortir toute l'intimité des séquences. Mais le problème, le pire côtoie le meilleur; ce film est beaucoup trop inégal et le meilleur est à la fin; il faut avoir le courage d'aller jusqu'au bout.
marrant, absurde, banal (parfois), des petites discussions sympathique mais bien filmé par jarmusch, de chouettes acteurs, j'aime bien iggy pop et tom waits ainsi que les white stripes, par contre le court avec cate blanchett est pas terrible, a voir tout de même
Film à sketches, et ovni cinématographiée, voilà un curieux objet qui va laisser les amateurs de suspenses calibrés genre box office musclé à la testostérone sans voix, bouche bée de stupéfaction, avec l’air de dire : "Il se fout de notre gueule ou quoi, c'est quoi ça? " Une curiosité, voilà tout. Caméra fixe, deux chaises autour d’une table, deux individus, on n’a même plus besoin d’avoir des acteurs, on peut prendre des célébrités qui jouent leur propre rôle. Le prétexte, c’est une tasse de café, et l’action c’est dans les dialogues seulement, c’est pour le moins minimal. Malentendus, quiproquo, propos surréalistes ou volontairement à côté de la plaque, humour au cinquantième degré, on est au croisement du théâtre et de la pure performance dans le style «l’art pour l’art», un jeu purement mental et non séduisant et assumé comme tel, le plus étonnant c’est que malgré cette sécheresse apparente, cela fonctionne quand même. Avec un noir et blanc de rigueur, pour faire encore plus sérieux. La prestation de Kate Blanchet est impossible à refaire au théâtre soit dit en passant. Le duo entre les acteurs, l’italien et l’anglais est irrésistible. Le quiproquo entre Alex Descas et Isaac De Bankolé est tellement absurde, qu’on pense qu’à un moment ou un autre, ils vont finir par se battre. Bil Murray face au Wu-tang c'est assez inattendu, ça détend les zygomatiques tout en douceur, le but c'est pas le fou rire à se rouler par terre. C’est le genre de surprise auquel on ne s’attend plus dans notre panorama aseptisé, et qu’on met de côté pour le re-regarder un de ces jours, tellement on est surpris qu'on a adoré.
Film que je voulais depuis longtemps voir , je suis bien heureux d'en avoir apprécié la saveur. Original et faisant l'apologie du café et de la clope , ce long métrage composé de courts est un petit bonheur où la fameuse pause a la singularité si particulière devient un grand moment. Je pense directement à la scène avec Alfred Molina et Steve Coogan où ce dernier m'a beaucoup fait rire et celle avec les White Stripes causant d'électrotechnique ou encore celle de Cate Blanchett en cousine jumelle. D'autres sont néanmoins moins intéressantes comme celle de Benigni , qui est à la limite du lassant. On pourra retrouver quelques stars de la musique ou encore quelques acteurs de son ancien film, The Ghost Dog. Pourrais-je ravoir encore un peu de café, Jim ?
Les films avec plein des stars dedans, c'est bien. Sauf quand ce n'est que de la parlotte, pompeuse et un peu vide, pas beaucoup aidée par les images... comme Expendable, par exemple.
Coffee and cigarettes était pour moi l'occasion de voir pour la première fois un film de Jarmush et j'avoue que le concept du film m’enthousiasmait mais j'en suis ressorti mitigé. Le concept est évidemment sympathique, drôle et très distrayant. Les acteurs prennent un réel plaisir à jouer, les dialogues sont percutants et les situations sont bien trouvés. En revanche le problème du film est qu'il est bridé par son concept. En effet le fait que le film soit composé d'une multitude de petits sketchs est original mais le film s'épuise puisque la répétition du procédé finit par lasser le secteur. De plus inévitablement, la qualité des sketchs est variable alternant le bon, le très bon et le plutôt mauvais ce qui donne un film inégal. Malgré ça le film est tout de même appréciable et vaut le coup d’être visionné, ne serait ce que pour le numéro hilarant de Bill Murray.
Pendant des années, depuis 1986 pour être précis, en parallèle de ses longs-métrages, Jim Jarmusch a filmé épisodiquement ces onze séquences en noir et blanc, en fonction des disponibilités du vaste carnet d’adresses qui défile à l’écran, acteurs comme Steve Buscemi, Bill Murray ou Roberto Benigni ou stars de la musique comme Tom Waits, Iggy Pop ou RZA. L’idée était de reproduire pour chaque court-métrage ce dispositif éminemment existentialiste que sont la table de bar, les cigarettes et le café. L’addiction à ces deux dernières substances peut constituer le thème central de la discussion ou simplement servir à la mise en situation : d’une certaine manière, ‘Coffee and cigarettes’ s’amuse surtout de ces conversations qui débutent sur une malentendu, se poursuivent dans le malaise et se terminent dans une impasse. Qu’il s’agisse d’Alfred Molina qui tente d’amadouer un Steve Coogan hautain dans l’espoir d’une collaboration ou de Cate Blanchett qui reçoit sa cousine à problèmes et s’efforce de se montrer aimable, toutes les personnalités invitées jouent leur propre rôle. Comme toute anthologie qui se respecte, le résultat se montre fatalement très inégal : certains sketches sont très réussis : ce sont les plus surréalistes ou les plus acides, ceux qui parviennent à faire partager totalement la gêne des deux convives (Molina/Coogan et Blanchett/Blanchett, je ne les ai pas cités pour rien). D’autres, singulièrement ceux mettant en scène des vedettes de la musique, ne mènent nulle part et semblent malheureusement surtout se reposer sur la supposée coolitude de ceux qui y apparaissent. Pour amusant et spirituel qu’il puisse être par moments, ‘Coffee and cigarettes� donne aussi parfois l’impression, à d’autres moments, d’être vain et branchouille, dans le mauvais sens du terme.. Plus qu’une anthologie solide, il s’agit surtout d’une accumulation de fonds de tiroirs, dont Jarmusch a toujours prétendu, avec une insigne mauvaise foi, qu’ils ne répondaient à aucun plan de carrière bien défini...ce qui, du reste, n’empêche pas la qualité occasionnelle. On peut surtout se demander si, à part Jim Jarmusch, quelqu’un d’autre aurait un jour songé à concevoir une telle succession de courts, éloignés à ce point les uns des autres dans le temps, autour d’un concept qui n’entretient la plupart du temps qu’un rapport strictement indirect avec le contenu. En tout cas, voilà, depuis une dizaine d’années, c’est fait, et on peut passer à autre chose.
Le contraire exact de l'amateurisme de Vincent Gallo ! Et c'est pourtant bien du cinéma indépendant US... Un ensemble de saynètes basées sur un leitmotiv de base assez simple, bien ciblé pour une certaine typologie sociale (en un mot, plus branchée que la Kro au zinc ou le thé chez Mariages Frères). Une galerie d'acteurs totalement hétéroclite avec beaucoup de musicos (tous jouent leur propre rôle) qui amènent une dérision rappelant beaucoup Altman, mais plus digeste.
Deux qualités essentielles : l'humour, et la photographie noir et blanc vraiment sublime et adaptée à chaque sujet. Pour le reste, quelques privates jokes sur les tics hollywoodiens, quelques répétitions et un sujet qui ne peut être transcendantal ...
Quoique, le dernier sketch est admirable de sensibilité et d'humanité. En un mot, ce qui n'aurait pu n'être qu'un exercice de style estudiantin se révèle en fait un film, drôle de surcroît.
Reprenant le principe de ses sketchs débutés en 1986, Jarmusch nous présente les personnages intimement avec une photographie en noir & blanc toujours grandiose. Certains moments sont bons, voire excellents mais malheureusement, certains nous laissent vides d'émotion. Les grands segments de ce film sont sans aucun doute le grand-guignolesque "Somewhere in California" (ayant rapporté la Palme D'Or du court-métrage en 1993) avec des exceptionnels Pop et Waits, le loufoque "No Problem" avec des hilarants De Bankolé et Descas et le philosophique et émouvant "Champagne" avec les inconnus Mead et Rice jouant des rôles d'une grande sensibilité. Coffee And Cigarettes n'est pas un film exceptionnel mais se laisse aisément regarder.
L'oeuvre de Jim Jarmusch, construite autour des deux éléments qui composent le titre, est un film atypique qui renoue avec le film à sketches. Chaque scène est une perle d'inventivité lors d'un face à face entre deux personnages. Le ton adopté est absurde, souvent drôle ; quoiqu'il arrive, la scène fait mouche. Le réalisateur met au placard une grande partie du matériel de réalisation classique : les scènes sont indépendantes les unes des autres, les acteurs sont statiques d'où peu de possibilités différentes de cadre... Il exploite au maximum le pouvoir du jeu d'acteurs (avec en tête Cate Blanchett dans un double rôle et Alfred Molina, tout deux admirables) et la force des situations. Heureusement, l'ensemble est loin d'être décousu, les sketches sont de qualités presque égales, toujours dans l'excellent.
Ne faites pas la même erreur que moi de visionner ce film en français, il serait plus judicieux de le voir en vostfr car les voix françaises sont exécrables. Ensuite, malgré les 24 personnalités, aucune ne se démarque du lot, les sketchs sont inégaux et souvent barbants. Je ne recommande pas, il y a mieux à faire comme prendre un bon café cigarette.