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    L'Incident
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    3,8
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    6 critiques spectateurs

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    Daniel C.
    Daniel C.

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    3,5
    Publiée le 13 septembre 2014
    L'atmosphère durant ce film est souvent insoutenable. Il y est question de terreur : deux jeunes voyous terrorisent les passagers d'un wagon de métro à une heure avancée de la nuit. C'est un peu comme si l'on avait un échantillon représentatif de la population et que l'on procédait à une expérience psychosociologique. Un groupe confronté à deux êtres débridés, sans inhibition ni corporelle, ni motrice, ni verbale. Ces deux psychopathes vont sadiser tout à tour chacun des voyageurs successivement et un peu comme dans le film "La haine", c'est comme si chacun se disait "jusqu'ici tout va bien", c'est-à-dire "tant qu'ils ne s'adressent pas à moi, je ne vais pas me faire remarquer". Ce qui donne de l'aplomb, c'est le verbe haut, qui interpelle directement et de près. La caméra filme le visage des agresseurs souvent de très près. Le génie du psychopathe, c'est qu'il n'a pas accès à la culpabilité pour lui-même, mais qu'il saisit exactement ce qui fait mal chez l'autre. Le génie de ces deux crapules, c'est qu'elles procèdent à l'humiliation méthodique de chaque voyageur. Les menaces et harangues fusent, les provocations sont très frontales, mais curieusement aucune violence physique de leur part n'est exercée, sinon la contention, l'étranglement, mais aucun coup n'est administré par eux. C'est un bon enseignement sur la barbarie, sur comment installer un régime autoritaire. Toutes les tensions des couples ou les dilemmes internes des voyageurs solitaires sont exploités par ces deux-là, qui retiennent en otages un wagon entier de voyageurs, sans qu'un mouvement de solidarité ne puisse se mettre en place. Le métro fait partie des "transports en commun", mais avec d'habiles manipulateurs, la communauté n'existe pas, les individus ne font plus partie d'une société. La hargne des deux compères convoque les rancoeurs de chacun et tout élan de courage individuel se réduit à une initiative solitaire et se voit comme telle réduite à néant. Lorsque à la fin du film, les voyageurs quittent le wagon, on a l'impression que Michel Gondry s'est inspiré de cette scène lorsque les étudiants descendent du bus dans "The we and the I". Qu'est-ce qui fait lien social finalement, sur quoi repose le fragile équilibre de la démocratie ? Eh bien, sur le fait de ne pas confier les rênes du pouvoir à n'importe quel(le) illuminé(e), qui prétendrait avoir des solutions musclées, voire la solution finale. La pulsion de mort existe chez chacun d'entre nous. Ne favorisons pas la déliaison, le déchainement pulsionnel, telle pourrait être énoncée la morale de ce film.
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 15 novembre 2014
    "L'incident" est un film très intéressant, et qui fait preuve d'originalité. Autant dans le scénario que dans la mise en scène, ce thriller parvient parfaitement à nous faire ressentir les sensations et les émotions qu'ont les personnages dans ce huis-clos. Petit à petit, comme un puzzle, le film prend forme et monte peu à peu en puissance. Les personnages, que l'on apprend à connaître, sont très bien joués, et l'on a, pour chacun d'eux, des sensations et une vision différente. Et même si l'on peut ressentir quelques longueurs (sans doute aussi volontaire de la part du réalisateur), ce film est une très belle oeuvre.
    gamorreen
    gamorreen

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    4,0
    Publiée le 14 septembre 2014
    Une bonne surprise. Le film est dans sa seconde moitié très prenant (voir énervant) car on est pris par le huis-clos de la même façon que les passagers. La première partie avec le présentation des passagers du train est moins intéressante mais nécessaire pour la suite. La réaction de chacun est un peu systématique, mais si on en accepte le principe, le résultat est vraiment très intéressant, pour son côté analyse psychologique (nous sommes nous-même en tant que spectateur par moment comme l'est le personnage du noir en observation, et par moment comme d'autres personnages, tout aussi impuissant, ou énervé, ou frustré). Et bien sûr cela pose beaucoup de questions sur notre propre comportement. Et si une certaine critique de la société (la ségrégation des noirs et des homosexuels par exemple) est un peu daté (mais seulement "un peu", malheureusement) ou la relation très prude du couple présenté comme dévergondé, cela ajoute aussi à l'intérêt "historique" d'un film ancré dans son époque; et en même temps le thème et l'histoire sont à 100% d'actualité.
    Les acteurs sont tous très bons. La réalisation est très moderne, ce n'est pas une superproduction mais c'est plein de vie et la réalisation colle au sujet, avec de nombreux gros plans sur les visages et l'ambiance nocturne.
    Je l'ai vu au cinéma où il est en reprise actuellement, pour ceux qui hésiteraient, je vous conseille vivement d'aller y découvrir ce film peu connu, mais qui mérite largement une vision en salle.
    PS : l'interdiction aux moins de 12 ans n'est pas du tout justifiée. Ne vous attendez pas à un film sanglant ou d'horreur, c'est un film psychologique (certes stressant et énervant par moment pouvant mettre mal à l'aise, mais rien qui mérite cette interdiction aux moins de 12 ans).
    anonyme
    Un visiteur
    5,0
    Publiée le 22 septembre 2012
    J'ai vu ce film culte, il y a plus de 40 ans. En un mot génial.
    Les Américains avaient déjà plus de 45 ans d'avance sur l'Europe.
    New York, tard dans la soirée. Deux petits voyous terrorisent les passagers d'une rame de métro...glacial, mais magistralement interprété, notamment et entr'autre, par Marteen Sheen dont c'était le premier film,Tony Musante et le tout jeune Beau Bridge. Pour avoir une bonne dose d'adrénaline, procurez-vous le DVD s'il existe !
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    4,0
    Publiée le 7 mai 2022
    Larry Peerce est un réalisateur de télévision, dont la carrière sur grand écran n’aura produit que trois films restés dans la mémoire des cinéphiles. « Le procès de Julie Richards » sorti en 1964, « L’incident » en 1967 et « Un tueur dans la foule » qui deux ans après la « Tour infernale » (John Guillermin en 1974) surfe sur la vague montante du film catastrophe. « L’incident », que l’on pourrait placer d’emblée dans la catégorie du cinéma vérité tellement son propos est violent, situé dans un cadre très réaliste et décrivant une situation de tension paroxystique dans les transports en commun, désormais courante en Europe, est bien plus que cela du fait de la savante construction scénaristique développée par Nicolas E. Baehr. Durant un long prologue est tout d’abord présenté un duo de petites frappes, interprétées par Tony Musante et Martin Sheen tout deux débutants, qui passent leurs dimanches soir à s’alcooliser pour ensuite terroriser le quidam qui passe à leur portée. Viennent ensuite plusieurs individus seuls ou en couple (seize personnes au total) qui sans lien aucun vont se rendre à 3h00 du matin vers une station de métro pour se retrouver par le plus grand des hasards dans la même rame. Un rapide portrait est brossé des huit groupes distincts à travers leur soirée de ce dimanche et les raisons qui les amènent à prendre le métro pour rentrer chez eux. Tout ce petit monde réuni dans une même rame, le huis clos infernal peut commencer. Se trouve alors concentré, une sorte d’échantillon en taille réduite de la classe moyenne new yorkaise qui transporte avec elle une grande part des malaises de la société américaine des années soixante traversée par des mutations profondes tant économiques que sociétales (émeutes anti-racistes, guerre du Vietnam, traumatisme consécutif à l’assassinat du Président Kennedy, mouvement hippie et remise en cause de « l’american way of life », revendications féministes et libération des mœurs…). spoiler: Les deux brutes qui surgissent dans la rame s’en prenant successivement à chacun des groupes vont servir de révélateur à l’individualisme et à la lâcheté qui tout au long du film vont se nourrir l’un de l’autre. Prenant progressivement conscience de ce qui se passe, l’élément dominateur du duo de tortionnaires interprété par Tony Musante va même se croire obligé d’appeler implicitement le groupe à la révolte en rappelant à ses membres qu’ils ne sont que deux face à huit fois plus nombreux qu’eux
    . Mais comme presque toujours dans pareil cas, les tensions et conflits internes qui paralysent les personnages vont prendre le pas sur l’union. Larry Peerce a donc parfaitement orchestré sa mise en scène, privilégiant le noir et blanc à la couleur d’abord envisagée pour donner par la force du contraste plus d’intensité à l’action, tout comme il a demandé à son chef opérateur Gérard Hirschfeld de saisir des plans volés dans le métro pour renforcer le réalisme de sa démonstration. Cette méthode sans doute un peu trop mécanique dans son déroulement n’enlève malgré tout rien au malaise ressenti par le spectateur qui tout au long de ce long calvaire se demande quelle aurait été sa réaction face à une telle situation. On saluera les prestations de Tony Musante et de Martin Sheen qui ont certainement dû aller chercher au fond d’eux-mêmes pour exprimer cette bêtise crasse et violente décuplée par l’alcool sans tomber dans ce qui pourrait assez vite passer pour du cabotinage. Heureusement les deux jeunes acteurs restent toujours du bon côté de cette frontière ténue même si celle-ci est souvent frôlée de près notamment par Martin Sheen. A leurs côtés, on appréciera la performance des acteurs chevronnés que sont Thelma Ritter, Gary Merrill, Brock Peters ou encore Beau Bridges qui incarne le seul rural de la bande qui va mettre fin à cette humiliation collective douloureuse. Un demi-siècle après sa sortie, « L’incident » n’a rien perdu de sa perspicacité au-delà d’un aspect formel aujourd’hui un peu dépassé.
    raketen
    raketen

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    4,5
    Publiée le 8 décembre 2014
    Un thriller efficace, poignant, psychologique, réaliste, à l'atmosphère lourde et poisseuse, qui donne à réfléchir. Même 50 ans plus tard, les problématiques soulevées dans ce film sont plus que jamais d'actualités : l’indifférence, la violence, le chacun pour soit, la racisme, les chocs de génération. Une vraie réussite.
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