88 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
21 critiques spectateurs
5
4 critiques
4
6 critiques
3
7 critiques
2
3 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Raw Moon Show
153 abonnés
853 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 6 janvier 2026
La dernière image ? La scène finale est d'une force peu commune, inoubliable. Notamment ce plan sur les 2 enfants qui dorment paisiblement alors que leur mère se prépare au pire et que le père est impuissant à faire quoi que ce soit... Mais je pourrais retenir bien d'autres moments dont celui au fond de l'eau. Le "passeur" vient récupérer l'âme d'un noyé dont le corps gît dans les profondeurs. Prouesse technique et poétique immense. Toute la séquence du cimetière fait également forte impression et peut rappeler le démarrage de Phantasm (Don Coscarelli). Faut-il y voir une citation ?
Je comprends mieux la filiation d'un Shining avec ce film fantastique. Il y va d'abord de toute la séquence d'attaque d'une porte à la hache (même cadre, même rythme, même folie à l'oeuvre). Mais on peut aussi retrouver dans le climat froid et enneigé les mêmes ingrédients du sombre conte de Noël. De même, cette intégration finale de Jack Torrance aux fantômes de l'hôtel capte l'idée même du remplacement d'un damné par un autre aux commandes de la charrette fantôme dans un cas, de l'overlook Hostel dans l'autre. Le travail sur l'image, les effets spéciaux en transparence, tout force vraiment l'admiration d'un film qui date pourtant de 1921. Dingue !
Mais par-dessus tout, je suis impressionné par la construction en flash-backs successifs, une architecture d'une modernité folle qui mène élégamment, inexorablement à ce moment qui vous arrache le coeur... La jeune femme en train de mourir dévoile pour la première fois des sentiments forts à l'égard de cet homme (Holm) qui l'a tant faite souffrir, qui se révèle même être la cause de sa maladie mortelle... Déchirant moment.
Heureusement, la rédemption est toujours possible, de son vivant ou pas... Il suffit de le vouloir ou simplement d'ouvrir les yeux et son coeur. Cette séquence finale est fantastique à cet égard. Elle confirme que ce film est aussi un film sur le rêve et la façon dont il conditionne nos choix de vie.
Difficile d'ailleurs de ne pas trouver une parenté très forte avec La Vie est belle qui se serait inspirée du Chant de Noël de Charles Dickens. Même principe vital déployé dans le film de Sjöström mais avec une dimension beaucoup plus fantastique, sombre et mortifère.
Bref, un film de chevet qu'il faut voir et revoir parce qu'il est le papa de toute une veine de cinéma à la fois réaliste et fantastique sur le déterminisme, la rédemption, la mort, l'amour. Et un peu aussi le rêve... Celui qui façonne nos vies.
Victor Sjoström fait figure avec Mauritz Stiller de pionnier de l’art cinématographique et de père fondateur de l’école suédoise à laquelle succédera l’école allemande qui puisera une partie de ses sources dans le travail des deux réalisateurs. Quand il réalise « La charrette fantôme » en 1921, âgé de 42 ans Sjoström a déjà 30 films à son actif. La Svenska Biografteatern plus grand studio suédois de la période a pris sous contrat la romancière Selma Lagerlöf en s’engageant à adapter une de ses œuvres chaque année à partir de 1917. Victor Sjoström a déjà réalisé trois d’entre elles (« La fille de la tourbière », « La voix des ancêtres », « La montre brisée ») quand il est décidé que « La charrette de la mort » paru en 1912 fera l’objet de la prochaine adaptation. Il convient de rappeler que Henrik Johan Ibsen et Selma Lagerlöf, première femme prix Nobel de littérature en 1909 sont régulièrement mis à l’honneur par un cinéma d’inspiration essentiellement littéraire. C’est donc tout naturellement que Sjoström se met à l’ouvrage malgré les quelques réticences de Lagerlöf qui entrevoit mal la manière de faire passer à l’écran les éléments occultes et mystiques qui nimbent cette réflexion sur la mort, la foi et le sens de la vie. En huit jours, il rédige le scénario de ce qui va devenir à l’écran « La charrette fantôme » un des plus célèbres films de Sjoström avec « Larmes clown » (1924) et « Le vent » (1928) tous deux tournés à Hollywood. Film qui sera une source d’inspiration essentielle pour Ingmar Bergman qui en disséminera plusieurs éléments dans « Le septième sceau » et qui fera tenir à Victor Sjoström le rôle principal dans « Les fraises sauvages », ultime hommage trois ans avant sa mort à celui qui fut aussi un acteur accompli. Secondé par Julius Jaenzon son fidèle chef opérateur, Sjoström parvient à transcender un récit complexe nécessitant plusieurs flash-backs emboîtés les uns dans les autres pour rendre palpable spoiler: l’inéluctabilité du passage sur terre qui prend ici pour figure métaphorique une charrette confiée au dernier mort de l’année qui en prendra les rênes pour aller ramasser ceux qui passeront à trépas durant les douze mois à venir. A l’aide d’effets spéciaux simples mais très efficaces comme la double-exposition, Sjoström figure l’extraction de l’âme laissant place à une enveloppe corporelle désincarnée rejoignant une charrette que rien n’arrête y compris les flots marins (un des plus beaux plans du film). Des âmes terrestres souvent perdues qu’Edit (Astrid Holm) une sœur salutiste s’emploie à remettre dans le droit chemin en leur offrant le coucher et le couvert ainsi que la proposition d’un chemin de vie rédempteur.spoiler: Une proposition qui parfois peut se révéler néfaste par ricochet. En ce soir de nouvel an où elle va trouver la mort, sœur Edit veut revoir une dernière fois David (Victor Sjoström) celui qu’elle a remis en contact avec sa famille qu’il a de nouveau brisée après avoir replongé dans la bouteille. Parfaitement articulé, le récit proposé par Selma Lagerlöf et mis en image par Sjoström interroge sans bien sûr pouvoir donner de réponse sur la capacité de l’homme à pouvoir vivre en harmonie avec lui-même et ses semblables malgré la certitude que la charrette fantôme va immanquablement s’arrêter un jour auprès de lui. Sujet métaphysique s’il en est qui malgré son titre évocateur rend « La charrette fantôme » difficile à classer dans un genre précis.
Alourdi par un didactisme moraliste, de nombreux intertitres et une évolution parfois lente, ce conte fantastique éblouit en contrepartie par sa mise en scène usant des plans choisis, des jeux d'ombres ou de la musique pour étayer son propos tout en offrant une plongée oppressante dans un univers macabre avec cet excellent effet spécial autour de la charrette ou de ses occupants. Bien que quelques facilités le parsèment, le scénario découpé en actes théâtraux illustre pertinemment le rapport à la mort à travers les parcours symétriques de la soeur et de l'être abject campé avec une profonde maestria par Victor Sjöstrom lui-même. Film majeur du cinéma par ses influences diverses (de Bergman à Shining!), ce drame aux accents de romance(s) s'apprécie pour son aspect absolutiste, poussant à l'extrême son concept (quitte à se montrer désuet). Parfois même touchante quoi qu'emphatique, cette oeuvre se regarde en cinéphile! Remarquable!
Encore un film de Sjöström qui me met une belle claque... Un long métrage très célèbre, dont les débuts me laissaient un peu dubitatif, mais qui m'a bien vite convaincu. L'intrigue se développe peu à peu, à l'aide de flashs backs savamment enchâssés les uns dans les autres, sans que le récit ne perde jamais en lisibilité.
La Charrette fantôme est à la fois un drame social et un film fantastique. Et peu à peu, il se transforme en œuvre quasi mystique, où Bien et Mal s'opposent dans le cœur d'un homme qui s'abime dans l'alcoolisme, joué avec un talent immense par Sjöström lui-même, méconnaissable.
Il y a certes un côté moralisateur qui peut rebuter, mais je trouve que c'est tellement bien amené que le message délivré est d'une force extrêmement puissante, qui pousse à réfléchir sur soi-même et sa vie... En cela, le film est déjà une très belle réussite.
Mais bien sûr, il est aussi fameux pour son aspect visuel, notamment ces surimpressions spectrales qui sont impressionnantes de maîtrise. Ainsi que la mise en scène, comme toujours parfaite chez Sjöström : chaque plan est très élaboré et fait la part belle aux gros plans, magnifiant le visage humain.
La Charrette fantôme figure donc clairement parmi les plus beaux et les plus grands films muets. Il n'a pas usurpé sa réputation et me semble être incontournable. Quant à Sjöström, il ne fait que monter continuellement dans mon estime...
Comment représenter les morts parmi les vivants au cinéma ? Dans La charrette fantôme tourné durant l'été 1920, Victor Sjöström a l'ingénieuse idée de procéder par des surimpressions. Cet effet spécial expérimental, audacieux et novateur pour l'époque, sied ici parfaitement à la figuration de présences spectrales. Dans ce film considéré à juste titre comme un des sommets de son œuvre, le cinéaste suédois redonne vie aux morts. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2020/01/04/la-charrette-fantome/
Deuxième film de Sjostrom que je trouve moyen. Le positif : quelques scènes sympas dont la Mort qui va chercher un cadavre sous l'eau ou celle de la destrcution de la porte à la hache qui a du fortement inspiré Shining de Kubrick tellement c'est ressemblant; une structure narrative originale. Le négatif : une lenteur plombante, un manque d'expression dans le jeu des personnages et donc d'émotion. De plus je n'ai pas trouvé le scénario si super, Les Trois Lumières de Lang fait beucoup mieux. Quant au rythme c'est souvent soporifique (faut le voir en forme), là aussi à cette époque on faisait mieux. Assez déçu.
Un film de 1921, étonnant par sa modernité : complexité narrative (récits dans le récit, sous forme de flash-back), invention visuelle (beaucoup de surimpressions) et un genre qui oscille entre naturalisme à la Zola et conte fantastique macabre. Il y a là une vraie puissance évocatrice. Dommage que la morale chrétienne (péché, pardon, rédemption) alourdisse cette histoire peu banale et bien mise en scène. Tiré d'un roman de Selma Lagerlöf, ce film est l'un des plus célèbres de Victor Sjöström. Julien Duvivier en tournera une nouvelle version en 1939, avec notamment Pierre Fresnay et Louis Jouvet.
Eh non, le truc de la scène où un type défonce une porte avec une hache ne date pas du "Shining" de Stanley Kubrick ; avouez que c'est une bonne petite raison d'aller faire un petit tour dans cette "Charrette fantôme"... Mais le problème c'est que le chemin est un peu trop pavé par une très grosse dose de naïveté religieuse et puis surtout par un aspect moralisateur très lourd. Il est certain que ça allège un peu le sordide de l'histoire qui suit le parcours d'un pauvre type total avec heureusement une once d'humanité, mais un peu plus de finesse n'aurait pas fait de mal. Et puis, ça aurait été bien aussi d'approfondir un peu le personnage de la femme dévouée, limite sainte, de l'Armée du Salut. Mais il y a quelques qualités indéniables, déjà l'interprétation juste, en particulier celle de Victor Sjöstrom qui est aussi devant la caméra dans le rôle principal, un bon rythme dans l'ensemble, une structure narrative en flashbacks qui arrive à ne pas perdre le spectateur, et puis le côté technique du truc surtout ses surimpressions qui passent toujours pour être convaincantes à une heure où le numérique règne en maître absolu. Loin du chef d'oeuvre annoncé, je préfère assez largement le plus méconnu "La Légende de Gösta Berling" autre adaptation d'un roman de Selma Lagerlöf, par ses quelques qualités "La Charrette fantôme" vaut quand même donc un petit tour.
C'est marrant de constater comme, dès 1921, les films suédois ressemblaient à du Bergman... La Charrette fantôme n'est donc pas un film fendard, mais son aspect austère et sa rigueur donnent au film une ambiance très réussie et même presque hypnotique par moments, notamment les scènes avec surimpressions, qui ont fait la légende de l'œuvre de Sjöstrom et restent encore des images marquantes, qui frappent l'esprit et l'imagination du spectateur. L'interprétation est aussi de tout premier ordre. En revanche la morale chrétienne assez niaise et simpliste a du mal à passer aujourd'hui.
Le plus beau et le plus cruel des contes de Noêl... Un conte moral comme l'est de la même manière le "Christmas Carol" de Dickens, un conte à la photographie spectrale envoutante et où la poésie morbide vient magnifier des images et une atmosphère qui vous hante l'âme d'un cinéphile pour l'éternité. Le film magistral de Sjöstrom est un phare pour tous ceux qui ont oeuvré, oeuvrent ou oeuvreront dans le cinéma fantastique; une oeuvre d'art qui a tant sidéré Ingmar Bergman qu'il lui a rendu un hommage vénéré dans "Le Septième sceau", un joyau qui a alimenté, au-delà de la froide scandinavie d'où il est originaire, l'imaginaire des plus grands auteurs du cinéma fantastique moderne hispanique, de Del Toro à Balaguero. Un "must to be seen" pour tous les fans de cinéma fantastique. Un chef d'oeuvre absolu...
Vous ne pouvez pas imaginer l’ampleur de ma déception après avoir vu La Charrette Fantôme. Je connaissais vite fait Victor Sjöstrom pour son film « Larmes de clown » que j’avais beaucoup aimé et qui faisait preuve d’ingéniosité à tous les niveaux et en lisant le synopsis de La Charrette Fantôme ainsi qu’en regardant plusieurs images tirées du film je me suis dit que ce film ne pouvait que me plaire ! Mais en fait pas du tout, le film m’a déçu sur presque tous les points. Techniquement parlant il y a de très bonnes choses avec ces trouvailles visuelles, des surimpressions étonnantes (Même si le film n’en est pas précurseur) et des filtres plutôt bien utilisés. Par contre le film n’est pas génial formellement de bout en bout, en dehors des scènes fantastiques le scenario devient banal et la forme suit cela hélas. Le film ne se révèle que trop rarement vraiment intéressant et pire que ça, il se montre trop naïf et moralisateur. Encore la naïveté passe encore même si je trouve que là elle ne fait qu’enlever de la noirceur au film, ce qui le rendait beaucoup plus intéressant. Mais alors le côté moralisateur accentué par cette narration démonstrative au possible m’a gavé, Sjöstrom donne plutôt l’impression de juger son spectateur avec ses bons sermons totalement dispensables. Par contre si je ne suis pas fan du Sjöstrom réalisateur sur ce coup-là je ne peux que m’incliner devant l’acteur qui offre vraiment une performance des plus solides. D’ailleurs le film ne brille pas par son surjeu et c’est une excellente chose. Mais Sjöstrom, dans ce rôle d’homme sans foi ni loi qui se redécouvre face à la mort, brille de mille feux. Reste que le film fut ultra décevant pour ma part, je verrais d’autres Sjöstrom mais j’espère vivement ne pas avoir affaire encore à des raccourcis aussi simplistes. Loin de moi l’idée de dire que La Charrette Fantôme est un mauvais film mais il n’est clairement pas un chef d’œuvre, en plus les scènes s’étirent beaucoup trop pour pouvoir en faire une œuvre palpitante. On sent quand même le fait que le film (Ainsi que Le Trésor d’Arne de Stiller) ait influencé l’expressionisme allemand et c’est une bonne chose ceci dit car l’audace visuelle, bien que trop rare, est belle et bien présente. A voir certes, mais pas un essentiel du muet pour ma part non plus.
Sjöstrom réalisa avec Körkarlen un film ayant pour sujet la culpabilité de l'homme sur la fin de sa vie; le film inspira de nombreux réalisateurs dont Bergman pour "Det Sjunde Inseglet", Kubrick pour "The Shining" et bien d'autres. Olaf As et Hilda Borgström nous livrent de très bonnes interprétations, mais la meilleure composition du film revient sans conteste à Victor Sjöstrom dans le rôle du stupide et lamentable David Holm. Les effets spéciaux étaient pour l'époque assez novateurs, ce qui fut l'un des points participant à la renommée mondiale du film. Un muet subtil et émouvant.
Après un début intéressant le film jouant trop sur sa musique qui est la qualité et le défaut du film, son omniprésence envoûte, mais ne suit en aucun cas le rythme du film, peu importe ce que font les personnages, la musique ne concordera pas. Bon c'est un concept mais une fois qu'on a compris, ça devient lassant, à la fin le film en fait tellement trop que c'est insupportable, vraiment, tout est d'une lenteur, on a l'impression que le réalisateur veut encore nous imposer son film pendant une demi heure de plus juste pour son plaisir. On peut néanmoins noter les effets spéciaux pas mauvais pour l'époque, une utilisation des filtres un peu lourde à la longue, le ton majoritairement sépias du film peu finir par lasser le spectateur. J'aime beaucoup les films lents, il ne faut pas croire, mais là j'ai vraiment l'impression que la lenteur est du remplissage. Surtout que les plans ne sont pas laids, mais ils sont loins d'être géniaux.
Voici incontestablement le meilleur film que j'ai jamais vu à ce jour, du moins celui que j'ai préféré. La musique d'ambiance déstructurée et étrange, avec cette photographie des années 1920 m'ont faite tomber sous le charme de ce film intemporel qui restera selon moi parmis les plus grands chef-d'oeuvres. Je ne peux pas dire tellement j'ai trouvé ce film merveilleux, pénétrant et malsain en même temps.