Fan de Peter Weir qui a fait de grands et bons films qui parfois sont trop méconnus du grand public. N'ayant toujours pas regardé celui-ci, il fallait que je me lance au regard de ce que j'en avais entendu. Ouh la la, quelle descente... Hormis de beaux paysages parcourus par de jeunes femmes pratiquement en crinolines on s'ennuie fermement. On a parfois l'impression que Peter a fumé des choses illicites... Déçu.
Autant les films de Peter Weir que j'avais vu jusqu'à présent étaient corrects/bons, autant rien ne laissait espérer un film d'une telle qualité qu'Hanging Rock. Ce qui étonne en premier lieu c'est l'incroyable ambiance que parvient à instaurer le réalisateur. Le travail sur la lumière et sur le cadrage sont impressionnants, nombreux plans de Weir ressemblent plus à des compositions picturales qu'à un véritable film. Mais ce n'est pas une démonstration inutile, au contraire, il installe directement le spectateur dans une sorte d’irréalité totale, comme si tous les personnages qui peuplaient son récit n'étaient en fait que des figures picturales et non pas des êtres fait de chairs et de sangs. Le jeu joue aussi sur une symbolique évidente, particulièrement sexuée. Que s'est-il passé à Hanging Rock Park ? On en sait pas grand chose finalement, mais des éléments nous permettent déjà de répondre au récit. Les filles du pensionnant ne parlent-elles pas d'hommes, dès le commencement du film ? On voit bien l'insistance aussi fait sur les vêtements qui tombent (la jupe du professeur, les corsets qui serrent trop). Mais c'est bien entendu sur le nuage rouge que le réalisateur nous ouvre la plus grande piste, car c'est vêtue d'un manteau rouge qu'une des jeunes filles retourne dans le pensionnat, alors que les autres jeunes filles sont pleines de colères et de haines. Or, contrairement à beaucoup de films lourdingues et pénibles de certains réalisateurs qui pensent pouvoir jouer avec la symbolique et qui tombent dans le grotesque appuyé, Peter Weir nous laisse quelques indices, sans jamais vouloir résoudre la piste, mais sans non plus vouloir nous livrer un film sans aucune réflexion possible. C'est admirable de ce côté là. Mon seul reproche serait peut-être qu'il s'égare par moment, tissant quelques histoires éloignées de son récit principal.
Un film vraiment étrange et envoûtant... Les images dégagent une impression de torpeur, renforcée par l'absence d'action. Les nombreuses ambiguités du film soutiennent cependant l'attention : les rapports entre les jeunes filles d'une part ; mais surtout la présence, dans l'enquête après la disparition, d'éléments relevant du surnaturel. Ce film a bien vieilli et je le conseille à tous les amateurs de curiosités.
Peut être que mon esprit me joue un tour, mais j'ai vraiment pensé à Virgin suicide pendant toute la durée de ce film. Surement cette atmosphère très féminine qui impreigne le film encore longtemps après sa parution. Vraiment très beau, sublimé par une nature plutôt accueillante (virant sur l'inquiétude dans le dédale rocheux). Autant le dire tout de suite, on n'aura pas d'explication claire sur l'évènement décrit par le film. J'ai tendance à penser que les coupables seraient à chercher dans le casting masculin, mais certains effets sonores où de montages peuvent prêter à confusion. En tout cas, il y a là quantité de scènes si bien filmées qu'on a l'impression de voir d'authentiques tableaux. Une beauté formelle indéniable.
Une première demi-heure envoutante au charme suranné. On a ensuite l'impression d'être à bord d'un navire sans capitaine. L'ennui s'installe et au bilan tout ceci est bien terne...
"Pique-nique à Hanging Rock" n'est peut-être pas un véritable chef-d'œuvre du septième art, en revanche il est assurément sensuel ,énigmatique et imagé voire parfois envoutant. Et ce à l'instar, par exemple, des "Créatures célestes" de Peter Jackson. À conseiller.
Une curiosité! J'ai été plutôt agréablement surpris par la forme quasi expérimentale du film. Il y a un gros travail de montage son et image dans ce film qui me fait penser au travail de Gus Van Sant. j'ai trouvé cela bien réalisé même si parfois un côté très kitsch transparaît de l'entreprise ( notamment la musique omniprésente et quelques effets visuels désuets). On peut passer en revanche sur la symbolique du film un peu appuyée. Un beau film psyché en tout cas avec de beaux plans sur la nature.
magnifique.... Peter Weir est un AS de la poèsie aussi oral que visuelle, il nous entraine avec sa caméra et son ésthétisme atypique dans un univers hors du temps ou plutot intemporel! une beauté sans nom tout comme l'actrice, qui est magnifique et dont il a su mettre en valeur son naturel... à voir sur grand écran et en pleine été
Ce qui se joue dans "Picnic at Hanging Rock" (Australie, 1975) de Peter Weir, c'est la propagation d'un geste pictural à l'échelle d'un film avant sa mise en échec. Au-delà de la rayonnante photographie de Russell Boyd, les références que sollicitent le plus frontalement le film sont les peintures préraphëlalites, plus du côté de Millais que de Rossetti. La flopée de jeunes étudiantes, naïades vêtues de robe en dentelle blanche, qui sortent en excursion au pied du Hanging Rock sont autant de femmes de "Feuilles d'automne" enrobées d'un blanc immaculé. En instillant une telle esthétique au régime du cinéma, Weir côtoie le pompiérisme. Ce serait sans compter sur le noeud narratif qui trouble le projet plastique du film. Ouvert comme une fresque tranquille sur un pensionnat féminin, "Picninc at Hanging Rock" bascule à sa moitié dans une enquête de disparition, à jamais irrésolue. La tranquillité statique des tableaux contemplatifs se voit troublée dès que trois jeunes femmes et une de leur accompagnatrice disparaissent au sommet du sombre Hanging Rock. Weir introduit très bien le statut de chacun dès l'arrivée des demoiselles au pied du monument volcanique : aux blanches bourgeoises frêles et innocentes s'oppose le mastodonte obscur de la nature. La grâce innée dont déborde chaque femme du film bute contre la culpabilité, la grossièreté et la malveillance des hommes. La disparition des femmes produit un trouble, et dans la tranquillité du récit et dans la joliesse de l'image. Dès cet instant, les ombres envahissent les lieux et viennent creuser les visages. Suite à ce mystère criminel, le temps et les impératifs financiers rattrapent le monde du pensionnat qui semblait jusque là exempt de ces velléités. La façon dont Weir marque les instants de crise, par des séquences iconoclastes, entreprend le jeu du choc audiovisuel. Pourtant le film, entrant sur le terrain d'auteurs plus accomplis (on pense dès le début à Bergman voire à Sokurov), il souffre de la comparaison.
La sortie annuelle d’un pensionnat en 1900, le jour de la Saint Valentin, dans une région montagneuse, tourne à la tragédie : trois élèves et leur professeur disparaissent inexplicablement. Film inquiétant, imprégné de mystère, très sensuel, magnifiquement photographié : en adaptant le beau livre de Joan Lindsay, le grand maître Peter Weir tient son chef d’œuvre, si l’on accorde au mot « chef d’œuvre » le sens classique de la perfection achevée. A sa sortie, « Picnic at Hanging Rock » a participé, avec « Carrie » de Brian de Palma, au renouveau du cinéma fantastique. Par certains thèmes, on peut lui trouver une parenté avec « Le Narcisse Noir » de Michael Powell. Revoir aujourd’hui cette madeleine confirme le choc esthétique. Trente ans après, Hanging Rock n’a rien perdu de son étrange envoûtement. C’est l’été indien, des jeunes filles en fleur dans leur mousseline vaporeuse nous font signe…
Revu dans de meilleurs conditions au cinéma dernièrement. Le film est toujours aussi magique et c'est avec une joie non dissimulée que j'ai été voir le voir au cinéma. Il s'agit de la version director cut, à savoir 6 minutes du film enlevé.
Toutefois, lorsque les 3 jeunes filles disparaissent derrière le rochet, Édith se met à crier et un plan du ciel apparait. Celui ci est bleu, et devrait logiquement être rose (version director cut). Évidement la fin reste la même ... Je regrette à ce propos la intégration de la seconde fin (mais qui ne laisse alors plus aucun soupçon sur le coté fantastique du film).
Joli film de Weir qui, probablement inspiré par 2001 et/ou L'ange exterminateur, décide d'imprimer une atmosphère à travers un mystère qui obsède les personnages mais que le film ne cherche jamais à élucider. D'ailleurs on ne s'attend pas à découvrir l'origine du mystère, il est tout de suite évident que la conclusion sera évasive (la construction narrative est très évasive, jamais on n'a la sensation de s'approcher). On peut néanmoins interpréter, sans qu'il n'y ait de solution définitive. Pourquoi les trois filles sont "aspirées" par la crevasse alors que cette dernière effraie la boulotte et repousse inexplicablement les jeunes hommes? Attribuer une conscience à la montagne est ce qui vient à l'esprit, mais cela peut venir de l'esprit des gens, prêts ou non à se "dissoudre", et par conséquent étant attirés ou repoussés par cet "aimant" naturel. Pourquoi l'une est retrouvée, inconsciente, alors que les autres n'ont laissé aucune trace? Plus qu'une critique de la rationalité, j'y voie surtout, comme dans Black narcissus, l'échec d'une culture (anglaise) à mettre au pas la nature et la mythologie d'un nouveau territoire. Enfin, même si on est loin de Tarkovsky, ce film permet au spectateur de confronter sa vision du monde au film sans contrariété, à condition de ne pas attendre de "réponse définitive". L'ambiance, peut-être un peu trop appuyée par une photographie étherée (surexposition pour avoir une lumière solaire presque aveuglante), une musique trop explicitement annonciatrice de mystère, ainsi qu'une mise en scène habile et des jeunes actrices brillantes à la beauté mystérieuse (à l'évidence comme déjà mentionné, S. Coppola a vu ce film pour Virgin suicides, nettement moins réussi que ce film d'ailleurs). Pas d'action mais un film très agréable à suivre. Les films de ce genre étant rares, on s'en satisfera amplement.