Ce n'est pas avec le moral en berne que nous ressortons après la projection de ce film . Le spectateur est véritablement plongé dans cette histoire, et accompagne les deux compagnons (Lockwood et Cosmo) dans leurs pérégrinations virevoltantes. Ce film étant une véritable légende, il m'a été fort agréable de le revoir. Le scénario est très bien mené et ne laisse pas de place à l'ennuie. Nous bougeons au même rythme que les comédiens. Cela est sans doute du au caractère extrêmement « professionnel » de Gene Kelly, qui n'hésitait pas à élever la voix et à faire travailler ses acteurs pendants des heures et des heures pour parvenir au résultat souhaité. Cette discipline il se l'imposait également à lui-même (cf : la fameuse scène où il chante sous la pluie a été tournée un jour où il était malade). Alors, bien que certains acteurs n'étaient pas très enthousiastes à l'idée de tourner avec lui, il est de fait que son autorité s'est avéré payante à la vue du résultat final.
De plus, ce film m'a particulièrement marqué car il est rare de voir des films qui ont pour sujet le cinéma. Certains films plus ou moins récents tel que La nuit américaine de François Truffaut en 1973, Living in Oblivion de Tom DiCillo, sortit en 1995, ou Be kind, Rewind de Michel Gondry en 2008, ont eux aussi, à leur façon, le cinéma pour objet. Mais Chantons sous la pluie est, à mon avis, véritablement le plus enthousiaste et le plus jouissif. Comment rester de marbre lors de la scène où Lina Lamont doit parler vers un micro dissimulé dans un petit arrangement floral ? Le résultat de cette prise de son, lors de la diffusion de l'avant-première du film est également comique. Enfin, il est intéressant pour des gens qui s'intéressent au cinéma, qui peut-être ont envie de faire des films, de voir que tout n'est pas simple lors de la réalisation d'un film, qu'il faut de la patience, de l'endurance, de l'acharnement et une incroyable dose de créativité et d'inventivité avant de parvenir à un résultat.