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3,5
Publiée le 26 juillet 2010
"Lord Jim" permet à Richard Brooks d'aborder de nouveau les grands sujets humains qu'il affectionne: l'opposition entre rèflexion et action, les relations entre Blancs et hommes de couleur et surtout la violence! Toutes ses oeuvres comportent au moins une sèquence paroxysmique: dans "Lord Jim" que campe l'excellent Peter O'Toole, c'est la cruelle scène de la torture! Un montage plus rapide, des plans de visage de plus en plus rapprochès, ainsi qu'une musique semblable à des hurlements, donnent à l'èpisode une grande vigueur dont Brooks est seul responsable, la scène n'existant pas dans le roman! Pourtant elle s'intègre parfaitement aux èpisodes directement inspirès de Conrad, preuve que le personnage de Jim se trouve au carrefour des prèoccupations de deux auteurs, aussi à l'aise dans l'oeuvre du cinèaste que dans celle de l'ècrivain! Une superproduction de qualitè avec de l'aventures, de l'amour et de superbes paysages exotiques...
Lord Jim est un film absolument magnifique, un concentré de valeurs humaines. L'adaptation du livre de Conrad est remarquable et a largement dépassé mes espérances. Mention spéciale à la photographie et à l'interprétation. Peter O'Toole y démontre qu'il y a bien un après Lawrence d'Arabie et incarne le personnage tel que je l'imaginais à la lecture du roman.
Brooks à qui l'on doit l'excellent "A la recherche de M Goodbar" nous livre ici une hollywooderie caricaturale. Prechi precha, néo colonialiste, politiquement correct, manichéenne au delà du Disney, l'histoire de Conrad est médiocre, c'est un fait acquis. La manière de filmer en revanche est correcte. Le seul intérêt du film c'est que l'on peut deviner le Cambodge des années 60 derrière les décors grotesques d'une Asie de pacotille. La cerise sur le gâteau c'est Peter o'Toole. Cheveux péroxydés, oeil de biche, déhanchement de gazelle, assez loin du héros viril qu'il est censé incarner. Qu'on me comprenne bien, je ne critique pas du tout les allures de gazelle de l'acteur, bien au contraire, mais cela ne colle pas du tout avec le rôle. Ce n'est pas l'acteur qui est en cause, c'est bien le personnage outré. John Wayne à Angkor, ça ne marche pas, désolé.
Bien qu'inférieur a Apocalypse now, Lord Jim est un film intéressant, intellignet, fort bien réalisé par Richard Brooks, qui nous prouve une nouvelle fois sa grande intelligence dans un scénario. Les décors sont étonnants, et les personnages réussis, notamment celui de Lord Jim, remarquablement interprété par Peter O'Toole, en plus entouré par de grands noms, notamment James Mason, Eli Wallach ou encore Curd Jurgens. Un vrai bon film d'aventures.
Richard Brooks avait choisi Albert Finney pour interpréter le rôle titre. La production lui imposa Peter O'Toole. Il dira plus tard (Interview parue dans la revue Positif) qu'il a regretté ce choix car Peter O'Toole était déjà Lord Jim dans Lawrence d'Arabie. Ce dernier film, sortit trois ans plutot entraine bien entendu une comparaison automatique, hélas en défaveur du film de Brooks, qui malgré toutes ses qualités narratives (il transpose bien le roman de Joseph Conrad), visuelles et de casting (Eli Wallach, James Mason et Daliah Lavi sont épatants), n'atteint pas le niveau de l'œuvre majeure de David Lean. Et malheureusement, l'interprétation d'O'Toole donne bien l'impression de déjà vu décrite par Brooks. Néanmoins, les qualités du film l'emportent largement sur les réserves. Lord Jim est un film brillant qui résiste bien à l'épreuve du temps.