Peter Yates, c'est bien connu, a refusé de réaliser "Le Parrain" pour se consacrer entièrement à cette "Guerre de Murphy". En revanche, l'Histoire ne nous a jamais dit s'il avait un jour regretté ce choix. Pour ma part, je l'estime davantage à son aise ici. Et pour cause, quel film atypique, quel film singulier nous avons là. Film de guerre oui, mais qui ne répond pas du tout aux canons habituels de l'époque. Ici, ce n'est pas une armée faisant face à une autre, mais la guerre d'un seul homme, un caporal de la Marine Britannique, ruminant sa haine et sa vengeance, tout en sachant qu'il y laissera sa peau. Yates prend son temps pour construire tout ça, ce qui donne parfois un film un peu longuet et inégal, mais ça fonctionne tout de même très bien et le final est quand même vachement bien fait, encore une fois très différent de ce que les films de guerre pouvaient proposer. Pour donner corps à tout ça, nous retrouvons donc Peter O'Toole et Philippe Noiret, dont la complémentarité est parfaite. Bien sûr, on aurait aimé que la psychologie du personnage interprété par le premier nommé soit plus fouillée, histoire de bien faire ressortir toute sa rancoeur et toute sa colère mais, ce n'est pas bien grave, tant il en impose déjà beaucoup tel qu'il est.