Outrage
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Yves G.

1 845 abonnés 4 010 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 novembre 2020
Ann Walton (Mala Powers) est une jeune employée de bureau qui vit encore chez ses parents avant d’épouser son fiancé. Mais le viol dont elle est victime va avoir raison de son équilibre psychologique. Ne supportant pas la sollicitude de ses proches, elle prend soudainement la fuite. Sur le chemin de la Californie, elle est recueillie par un pasteur qui va lui redonner confiance en elle-même.

Hollywood dans les années quarante était un microcosme terriblement machiste. Ida Lupino, qui y avait acquis une certaine renommée pour ses rôles de femme fatale, y monta avec son mari une société de production et y signa plusieurs films à petit budget. "Outrage", sorti en 1950, était son troisième et reste à ce jour le plus connu.

Il y est question, même si le mot n’est jamais prononcé (car la censure ne l’aurait pas permis), d’un viol et de ses répercussions. Le film, d’une inhabituelle brièveté (une heure et quinze minutes seulement) compte deux parties nettement séparées. La première se déroule dans la ville natale, innommée, d’Ann Walton. On la suit d’abord dans l’insouciance de ses activités quotidiennes. Puis, c’est la scène du viol, filmée de nuit, sans bien sûr ne rien montrer de l’acte lui-même mais en le laissant deviner avec les jeux d’ombres et de lumières qu’Hollywood affectionnait à l’époque. Et, dans un troisième temps, c’est l’impossible convalescence.

La seconde partie du film se déroule dans un cadre tout autre. Ann s’est enfuie de chez elle et a trouvé refuge dans une immense exploitation agricole qui produit et commerce des oranges. Aux perspectives urbaines et nocturnes de la première partie ont succédé les immenses espaces agrestes et ensoleillés de la seconde. On comprend à ce changement de décor que la guérison d’Ann est en bonne voie.

spoiler: Le film connaît un dernier rebondissement lorsque Ann agresse, lors d’une fête campagnarde, l’homme qui tentait de flirter avec elle, le laissant entre la vie et la mort. Le procès qui se déroule alors interroge la responsabilité pénale de la femme violée, qui revit sans cesse son agression et qui en combat le souvenir par le déploiement d’une violence sans retenue. Grâce au plaidoyer vibrant du pasteur qui la défend, le juge accepte de ne pas mettre Ann en prison mais de l’enjoindre à se soigner. À l’occasion du procès, le cas du violeur – qui vient d’être opportunément arrêté et s’avère avoir de lourds antécédents criminels – est lui aussi évoqué et les protagonistes s’accordent à considérer qu’il devrait lui aussi être soigné plutôt qu’incarcérer.


Pépite oubliée de l’âge d’or hollywoodien, "Outrage" de Ida Lupino louche du côté du film à thèse sacrifiant la crédibilité de son récit sur l’autel d’une cause d’une étonnante modernité pour un film de cette époque : la prise de conscience du traumatisme causé par une agression sexuelle.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 décembre 2025
Ce film de Ida Lupino, l’une des rares réalisatrices dans les années 50, aborde les thèmes du traumatisme, ici après un viol, sujet avant-gardiste à l’époque, de l’entraide et de la résilience. C’est beaucoup, et le film, féministe avant l’heure, est bref et efficace, même si le caractère mélodramatique est un peu appuyé. Le regard posé sur la victime par la société bien-pensante est particulièrement mis en question, et la question de la culpabilité est clairement posée. On peut trouver que l’ensemble manque de nuance, mais l’essentiel est dit. A noter l’utilisation pertinente des environnements, hostile dans la remarquable scène du viol (bien sûr non montré), dont l’atmosphère et le style rappellent le film noir et Fritz Lang, ou idyllique lors du processus de rémission.
selenie

7 440 abonnés 6 647 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 avril 2023
Ida Lupino appuie là où il faut, avec la blessure ultime et intime qu'une femme peut subir et qu'une fois encore la réalisatrice va disséquer la lente cicatrisation du trauma, qui touche aussi bien le corps que l'esprit. Ce qui impressionne c'est encore l'audace et la modernité de la cinéaste sur un tel sujet, rappelons que nous sommes en 1950 ! La star, connue pour ses rôles de femmes fatales, connait assez bien son univers pour ne pas trop "déraper", ainsi le mot "viol" n'est jamais prononcé, l'agression en elle-même n'est pas montrée même pas en hors-champs il n'est que suggéré. Tout repose donc sur le talent de la cinéaste pour faire monter l'angoisse sur les minutes précédentes au viol et sur la performance de l'actrice pour nous foudroyer de terreur. Ida Lupino ne stigmatise jamais les hommes, ainsi la victime se reconstruit par d'autres hommes qui restent bienveillants. La cinéaste brosse dans le sens du poil la communauté très machiste de son époque pour mieux montrer le désarroi de leur victime : la femme. Jamais alors un film n'avait pointé du doigt les conséquences d'un telle blessures, jusqu'à un plaidoyer avant-gardiste qui laisse bouche bée où comment la cinéaste pousse à la réflexion sur la nécessité de soigner plutôt que de punir ! Un grand film à voir et à conseiller.
Site : Selenie.fr
Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juin 2021
Superbe mise en scène du prédateur et de sa proie qui rappelle M le Maudit de Fritz Lang avec qui Ida Lupino tourna en tant qu'actrice avant de réaliser.
chrischambers86

16 163 abonnés 13 116 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 décembre 2025
L'univers du film noir a ses personnages, ses lieux, ses objets spècifiques, que le cinèma s'est empressè d'adopter! Dans "Outrage" (1950), l'audacieuse pionnière qu'ètait Ida Lupino nous plonge dans un cauchemar bien rèel par le biais du « Cinèma de minuit ». Son film est tout sauf une de ses innombrables productions RKO bon marchè! Victime, agression criminelle, attaque brutale...jamais le mot « viol » n'est prononcè ici! Pourtant c'est ce que dènonce avec courage la future cinèaste de "The Hitch-Hiker" (1953). De telles tentatives de nier la rèalitè de cet acte ne font que perpètuer son horreur! Mala Powers trouve, en cette jeune future marièe dont la vie bascule dans le nèant, son rôle le plus marquant de sa carrière (à l'exception de "Cyrano de Bergerac" dans lequel elle interprètait Roxane). A l'arrivèe une oeuvre forte, bien interprètèe et bien filmèe, avec une rèalisatrice qui a des choses à dire...
soniadidierkmurgia

1 433 abonnés 4 334 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2026
Ida Lupino dont l’image hollywoodienne est moins flamboyante et glamour que celles de Marylin Monroe, Ava Gardner, Gene Tierney, Lana Turner, Elizabeth Taylor, Judy Garland, Rita Hayworth et quelques autres, fut assurément l’une des plus grandes actrices de la Mecque du cinéma. Tout au long de 60 films où elle fut dirigée par Allan Dwann, Henry Hathaway, Rouben Mamoulian, Raoul Walsh, Michael Curtiz, Nicholas Ray, Don Siegel, Robert Aldrich ou Friz Lang, elle s’est affirmée comme une actrice de caractère certes boudée par l’Académie des Oscars mais qui avait une corde à son arc qu’elle était à son époque peut-être la seule à posséder. Alors qu’elle était encore dans sa période la plus féconde, la jeune femme pas encore âgée de 40 ans aborde une courte mais passionnante carrière de réalisatrice qui se soldera par sept longs métrages tous réussis où Ida Lupino affirma une conviction féministe qu’elle ne porta jamais en étendard jugeant plus utile d’exposer sa sensibilité directement sur l’écran, participant souvent à l’écriture de ses scénarios qui empruntent parfois le véhicule du film de genre. « Outrage » son troisième film réalisé en 1950 aborde de manière frontale mais aussi sans manichéisme le drame du viol, ici plus spécifiquement à travers le traumatisme qu’il provoque et surtout la très lente et incertaine période de reconstruction qu’il génère. L’angle sous lequel Ida Lupino traite ce sujet douloureux et encore tabou laisse peu de place au coupable sur lequel le scénario ne s’attarde pas, faisant de celui-ci un quidam plutôt ordinaire. Le malheur frappe Ann (Mala Powers) une jeune sur le point de se marier avec Jim (Robert Clarke). L’horizon semble donc serein et dégagé pour Ann issue d’une famille plutôt rigoriste mais aussi aimante qui voit son destin brutalement s’assombrir alors qu’elle rentre tranquillement chez ses parents après son travail. Ida Lupino qui n’ignore rien de la condition des femmes notamment à Hollywood souhaite à travers l’encore naïve Ann faire ressentir au plus près la blessure intime profonde que représente le viol. spoiler: La jeune femme qui se sent salie et avilie ne peut plus supporter le regard des autres et pire encore ne peut désormais envisager l’heureux évènement programmé malgré tout le soutien reçu par son fiancé et sa famille. La fuite vers la Californie sera son réflexe de survie mais aussi son salut grâce au soutien d’un prêtre (Tod Andrews).
Parfaitement photographié par le chef opérateur expérimenté Archie Strout et interprété par des acteurs subtilement dirigés, « Outrage » est totalement convaincant, Ida Lupino comme toujours percutante et pertinente dans sa manière d’aborder les sujets qui lui tiennent à cœur démontrant qu’elle n’avait guère besoin de plus de 75 minutes pour toucher au cœur comme à l’âme et inviter à la réflexion.
Hotinhere

790 abonnés 5 456 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 décembre 2025
Un film noir inégal mais audacieux pour l’époque qui aborde frontalement le viol et ses séquelles psychologiques sur la vie d’une jeune femme brisée.
soulman
soulman

140 abonnés 1 399 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 décembre 2025
Film court sur un sujet brûlant, mis en scène avec un sens du suspens accompli, dénonciation d'une société paternaliste et viriliste, "Outrage" mérite le détour. Un peu sentencieux et convenu dans son discours, le métrage a le mérite d'une expressionniste photographie en noir et blanc et d'un montage au cordeau.
brianpatrick
brianpatrick

116 abonnés 1 859 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2025
L'outrage pour une femme, un sujet très sensible. Traité là en 1950. Un film réalisé par une femme, Ida Lupido. A cette époque, peu de femmes réalisaient des films grand écran. Une jeune actrice à l'époque, elle avait dix neuf ans, Mala Powers, au tout début de sa carrière. Malgré la sujet, qui reste très intéressant, le scénario reste un peu faible.
SB88
SB88

34 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2025
Outrage - film sans doute féministe pour l’époque. Une jeune fille est violée par un inconnu peu avant son mariage. Le scénario prend la part du psy et de la détresse psychologique qui en découle. Ça reste très basique vu de 2025 mais pas mal srmble t-il pour 1950.
3/5
konika0
konika0

36 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2022
#metoo
Le parcours d’Ida Lupino est assez atypique. Surtout pour une femme, surtout à cette période. Elle commence comme actrice au début des années 1930 et bascule dans la réalisation et la production à la fin des années 1940, par hasard, comme toujours. Sauf qu’il n’y a pas vraiment de hasard. Outrage est son troisième long métrage en tant que réalisatrice scénariste. Une carrière hors du commun pour des thématiques hors des sentiers battus.
On suit la jeune Ann, employée tranquille destinée à un mariage sans histoire. La veille de la cérémonie, à la sortie du travail, elle est traquée par un type puis violée par celui-ci. Profondément choquée, Ann laisse tout derrière elle et fuit là où elle ne revivra pas son traumatisme dans le regard du quidam.
On notera en premier lieu la maîtrise totale de la mise en scène. La scène de poursuite est digne de figurer dans les classiques. Un magnifique travail de studio à l’éclairage parfait et à la tension maîtrisée. On pensera à de Palma assurément. On sera tout aussi estomaqué par le développement d’une thématique assez casse-gueule pour l’époque. On tient là une héroïne qui traduit les angoisses des femmes dont la parole pèse peu, toujours un peu coupables, même quand il leur arrive le pire. Un regard acéré sur la masculinité toxique en somme. Au rayon des franches réussites, notons aussi l’interprétation au poil de Mala Powers, en retenue et en emphase, toujours juste. Au final, un thriller dramatique très efficace et novateur, tant sur le fond que sur la forme.
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