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2,5
Publiée le 4 décembre 2021
Valmont est l'adaptation d'un roman épistolaire très connu de 1782 un peu avant la révolution bourgeoise face à la noblesse décadente. Avec Milos Forman on est 5 ans après le succès de Amadeus 1984 qui était aussi une plongé dans un XVIIIe siècle plein d'exubérance mais ici le thème du libertinage est plus sulfureux que celui du génie musical. Ce thème est bien retranscrit et bien nauséeux par certains côtés aussi si le film a une certaine maîtrise dans son genre ; ses aspects plongeant dans les méandres de vices notoires, manipulations et autres complexités de l'hypocrisie et du libertinage en font un spectacle un peu malsain.
Comment dire, il faudrait en fait peut-être voir cette adaptation des "liaisons dangereuses" avant celle de Stephen Frears tant la comparaison tourne toujours à l'avantage du Stephen Frears tant sur le plan de l'interprétation que sur le plan de l'esprit du livre. Mais, une fois accepté l'idée que Valmont est en fait un bouffon, un peu comme l'était son "Amadeus", le film de Milos Forman ne manque ni de charme ni d'allant. Mais, tout de même, l'affrontement Colin Firth / Annette Bening (2 excelllents acteurs qui ont fait beaucoup mieux après) est bien fade par rapport aux échanges cruels échangés entre John Malkovich et Glenn Close.
Le roman de Choderlos de Laclos était flamboyant. Le film de Stephen Frears sublimait l'écrit par l'image. À coté, le film de Milos Forman paraît bien tiède. Colin Firth campe un Valmont gnangnan (probablement un ancêtre de Darcy). Merteuil n'est pas mieux. À oublier !
Evidemment, sorti quelques mois après le film de Frears, "Valmont" avait souffert de la comparaison avec " Les liaisons dangereuses", dont il ne possédait ni la noirceur, ni la tension dramatique. Un peu fade à côté du film de Frears, il est, en revanche, plus léger, comme si Forman s'était dit que dans le fond tout cela n'est pas si tragique, en témoigne le duel final qui tient plus de la farce que du morceau de bravoure.. Côté interprétation, on ne peut manquer, là aussi, de faire des comparaisons. Si Colin Firth est un charmant Valmont, il lui manque la complexité que Malkovich avait su donner au sien ; côté présidente de Tourvel, Meg Tilly peine à se hisser au niveau d 'une Michelle Pfeiffer, poignante. La bonne surprise viendrait plutôt d'Annette Bening, qui compose une madame de Merteuil hypocrite, certes, mais mutine et féminine, en tout cas beaucoup plus attachante que la froide Glenn Close. S'il ne fallait retenir qu'une seule scène témoignant du charme que Forman a su, néanmoins, apporter à son film, ce serait cette scène de danse, lorsque Valmont danse avec quatre femme d'âge différent, adaptant ses pas et son style à chacune d'entre elles, en fonction de leur âge et des sentiments différents qu'il éprouve pour chacune d'elles. Subtil. Du grand art..
Ni ennuyeux ni à la hauteur du roman ou de l'adaptation de Frears, ce film manque étonnamment d'idées, est curieusement sage et donc un peu fade. Valmont et Merteuil sont plus vraisemblables qu'ailleurs, c'est-à-dire, en langage esthétique, plus banals. Leur machiavélisme faisait le sel du roman ; ici, leurs stratagèmes sont fort simples et réussissent surtout par chance.
La mise en scène de cette histoire est certes d'un académisme un peu trop classique. Mais c'est bien fait : la reconstitution sociale du XVIII° siècle est bien réalisée, les acteurs sont bons et le scénario est finement spirituel. Ce n'est pas un grand film ; mais le tout est plaisant et divertissant.
Bien plus léger que le Frears, ce Valmont propose une version tout aussi réjouissante grâce à la vitalité de la mise en scène et à la fraîcheur des acteurs...
Bon film... Je n'ai pas lu le roman des Liaisons Dangereuses mais je voulais voir le film pour Colin Firth qui est incroyable et très convaincant !! Egalement une bonne interprétation de la part d'Annette Bening. La mise en scène est aussi réussie. Les décors et costumes étaient magnifiques ! Cependant, le film traîne pas mal vers la fin. Bref, c'est, dans l'ensemble, un très bo
Après Frears je me devais à Forman. Je ne sais pourquoi Valmont a coûté deux fois plus cher que les Liaisons dangereuses. Davantage de calèches, de chevaux, de châteaux, de costumes, et de chandeliers, de la soie pure et pas de rayonne ? En tout cas davantage de mouvement, le Frears étant nettement plus statique. Et Laclos dans tout ça ? Malkovich et Merteuil prenaient des airs sataniques, multipliaient les rictus pleins de sous-entendus pervers. Là, rien de tout cela. On est plus proche de Beaumarchais et de Mozart, même s'il y a aussi de la fesse. J'avoue avoir préféré celle de la Cécile de Frears à la petite joufflue de Forman. Question cinéma y a pas photo, si j'ose dire. Forman est un maître de la caméra, comme Laclos un doué de la plume plutôt que du canon. Malgré tout les deux films sont intéressants, à des degrés divers.
Un grand irrespect du roman original de Laclos et surtout une fin sabotée et vidée de son sens me donnent envie de dire que cette version ne vaut rien du tout, et est tout à fait nulle et non avenue. Une adaptation, ce n'est pas encore un massacre !
Je pense que l'actrice qui joue la marquise de Merteuil correspond au personnage du livre, même si le film prend le parti de prendre ses distances avec le livre. C'est un beau film.