Evidemment, sorti quelques mois après le film de Frears, "Valmont" avait souffert de la comparaison avec " Les liaisons dangereuses", dont il ne possédait ni la noirceur, ni la tension dramatique.
Un peu fade à côté du film de Frears, il est, en revanche, plus léger, comme si Forman s'était dit que dans le fond tout cela n'est pas si tragique, en témoigne le duel final qui tient plus de la farce que du morceau de bravoure..
Côté interprétation, on ne peut manquer, là aussi, de faire des comparaisons.
Si Colin Firth est un charmant Valmont, il lui manque la complexité que Malkovich avait su donner au sien ; côté présidente de Tourvel, Meg Tilly peine à se hisser au niveau d 'une Michelle Pfeiffer, poignante.
La bonne surprise viendrait plutôt d'Annette Bening, qui compose une madame de Merteuil hypocrite, certes, mais mutine et féminine, en tout cas beaucoup plus attachante que la froide Glenn Close.
S'il ne fallait retenir qu'une seule scène témoignant du charme que Forman a su, néanmoins, apporter à son film, ce serait cette scène de danse, lorsque Valmont danse avec quatre femme d'âge différent, adaptant ses pas et son style à chacune d'entre elles, en fonction de leur âge et des sentiments différents qu'il éprouve pour chacune d'elles.
Subtil.
Du grand art..