André Gide avait dit à propos des "Liaisons dangereuses" que c'était un des deux livres qu'il aurait apporté avec lui sur une île déserte (l'autre étant pour ceux que ça intéresse "La Chartreuse de Parme" de Stendhal !!!). C'est difficile de lui donner tort car le chef d'oeuvre de Pierre Choderlos de Laclos est certainement un des plongées dans la psychologie humaine les plus noires et puissantes de toute l'histoire de la littérature mondiale. Roger Vadim avait réussi une excellente adaptation, se déroulant à l'époque contemporaine, de cette oeuvre, Stephen Frears en a carrément réalisé une magnifique. Milos Forman avait décidé lui de s'éloigner considérablement du texte d'origine et d'en faire sa propre interprétation. Pourquoi pas ??? Mais dans ce cas-là, il aurait fallu donner autre chose que "Les Liaisons dangereuses version Dora l'exploratrice". Valmont et la Merteuil ont ici autant de perfidie à eux deux que Chipper le renard. Bref, ils ne sont pas si méchants que cela ces deux personnages. La Marquise de Merteuil lance une vengeance non pas par cruauté mais à cause d'un chagrin d'amour et l'acte le plus abominable que commet le Vicomte de Valmont, qui est dû en plus à cette même vengeance loin d'être terrible, est de sauter une jeune pucelle qui ne demandait que cela. L'ensemble est inévitablement d'une grande niaiserie en particulier les leçons de harpe avec Henry Thomas (qui mesure un mètre de plus que dans "ET" !!!) qui donne envie de t'exploser la tête contre un mur. Comme il se croit malin, Forman ajoute en plus des séquences totalement inutiles dans ce film déjà inutile comme celle du marché juste pour nous dire "Ouais, vous voyez comment j'arrive trop bien à reconstituer le XVIIIème siècle". Annette Bening et le roi Colin font tous ce qu'ils peuvent mais comme l'ensemble était déjà condamné d'avance cela ne sert à rien. A ce niveau-là, autant se taper un épisode de "Dora l'exploratrice", ça ne dure que 25 minutes.
Valmont est un film qui m'intéresse depuis un certain temps. Tout d'abord car il a été réalisé par Milos Forman à qui on doit entre autre le formidable Amadeus ou encore Vol au dessus d'un nid de coucou mais surtout parce que je suis un grand fan du roman de Laclos, Les Liaisons Dangereuses. J'avais déjà regardé les adaptations de Frears et de Vadim, je complète ici ma collection.
Valmont est une adaptation très libre du roman qui prend un parti pris. On rajeunit ici tous les personnages, et Valmont devient un peu moins calculateur et un peu plus amoureux. Le point fort de cette adaptation est de réserver beaucoup de surprises pour qui connait le livre mais le point faible est d'aboutir à certains non sens. Certains conflits deviennent quelques peu artificiels et le rajeunissement de certains personnages donne un petit souci de crédibilité à cette histoire. Toutefois, les personnages sont bien plus sympathiques dans cette adaptation, Merteuil jouée par Anette Bening parvient même à susciter l'empathie et Valmont n'a jamais été aussi attirant que sous les traits de Colin Firth. En revanche, le personnage de la présidente Tourvel est bien anecdotique dans cette adaptation.
Ce film est également une formidable reconstitution de l'époque baroque en France, que ce soit au niveau de la musique (d'où les réminiscences d'Amadeus) et de la danse, la photographie. Le contexte, la direction artistique, les costumes et les décors sont sublimes et cela permet de bien entrer dans l'histoire, car cela installe une ambiance immersive, crédible.
En conclusion, Valmont est un film qui permet d'aller plus loin dans sa curiosité quant au matériau d'origne, à savoir le chef d’œuvre de Laclos.
On sent quand un metteur en scène aime ses personnages, mais les aimer à ce point c’est de la rage. Film à costumes librement inspiré d’un célèbre roman épistolaire. Ceux qui veulent une adaptation, plus proche du livre, plus "réel" si c'est possible, devront se tourner vers un autre film, sur le même sujet sorti la même année, et réalisé par un anglais. Chez Forman, nulle analyse ou étude de mœurs. Valmont est un caractère bien trempé, il est condamné à être un jouisseur, madame de Merteuil (Annette Bening excellente), un serpent déguisé en âme galante, leurs victimes des jeunes naïfs ou des vieux englués dans leurs conventions et l’hypocrisie inhérente d'une société ou on doit paraître et se montrer sous son masque avec un grand sourire. Ils sont tous drôles, hors du temps, dans un décor idyllique, reconstitution d’un monde détaché de la réalité pour nous faire rêver. Des animaux de race, enfermés dans une cage dont le rôle est de nous divertir. De ce tout, résulte un spectacle jouissif, Forman nous communique sa jubilation, les répliques font mouche, on dirait du Molière déguisé en La fontaine avec quelques touches de Sade dedans. Bon moment, faut pas se priver d’un bon moment, surtout quand c’est aussi bien interprété et quand le réalisateur prend lui aussi son pied. Enjoy !
Très sous-estimé lors de sa sortie, "Valmont" a souffert de sa comparaison avec l'excellent film de Frears, avec lequel il n'a pourtant rien à voir : Contrairement à son confrère qui mettait l'accent sur le cynisme des jeux des masques et sur la violence des rapports de force qui sous-tendent les rapports amoureux, déjà présents dans le roman, Forman propose une autre lecture et privilégie une réflexion douce-amère sur la construction amoureuse et la perte des illusions. En rajeunissant tous les personnages, il leur donnent une forme d'innocence, les montre moins manipulateurs et d'avantage en lutte avec leurs pulsions. C'est ainsi que Merteuil et Valmont apparaissent finalement comme les personnages "purs", s'opposant à l'hypocrisie des normes sociales (mariages arrangés, vernis bien-pensant cachant les troubles jeux du pouvoir et de l'argent : le récit s'apparente parfois à un véritable trafic des corps). Ils portent en eux un souffle libertaire qui perturbe l'ordre du jeu social. Mais c'est finalement de leur propres élans qu'ils finiront par succomber. Tout aussi noir dans le fond, le film de Forman propose un autre éclairage du roman séminal de Laclos, en soulignant ainsi la richesse et la complexité.
Valmont est une adaptation très libre du chef-d'oeuvre de Laclos.A la fin,les victimes du couple Valmont-Merteuil s'en sortent plutôt bien,ce qui n'est pas le cas dans le roman.En réalité,il n'y a pas vraiment de couple Valmont-Merteuil dans le film de Forman car Valmont est lui-même une des victimes de Merteuil.Le film est centré sur lui et il est le seul à connaître le même destin funeste que dans le roman.Il faut ajouter à ces écarts scénaristiques le fait que la mise en scène de Forman souffre de la comparaison avec celle de Frears(bien plus subtile).Il est également difficile de faire oublier le duo Close-Malkovitch.Valmont est une adaptation honnête qui paradoxalement soulève l'intérêt principalement de par ses infidélités au roman de Laclos.
Une mauvaise adaptation car forman s'éloigne trop du roman. Merteuil est beaucoup trop gentille, gleen close campe beaucoup mieux le personnage chez frears. Alors je ne vous conseille pas cette version des liaisons dangereuses mais plutôt celle de stephen frears.
Un grand irrespect du roman original de Laclos et surtout une fin sabotée et vidée de son sens me donnent envie de dire que cette version ne vaut rien du tout, et est tout à fait nulle et non avenue. Une adaptation, ce n'est pas encore un massacre !
Une belle vision du célèbre livre de Laclos, néanmois les libertés que se permet l'auteur ont pour ma part quelque peu gachémon plaisir. La fin a été ma plus grande déception. Cependant ce film est très réussi et mérite d'être vu.
Bon film... Je n'ai pas lu le roman des Liaisons Dangereuses mais je voulais voir le film pour Colin Firth qui est incroyable et très convaincant !! Egalement une bonne interprétation de la part d'Annette Bening. La mise en scène est aussi réussie. Les décors et costumes étaient magnifiques ! Cependant, le film traîne pas mal vers la fin. Bref, c'est, dans l'ensemble, un très bon divertissement !
"Valmont" est parfait esthétiquement et sur ce point le film n'a rien à envier à son concurrent " Les liaisons dangereuses" de Stephen Frears, adapté du roman éponyme, via la pièce de Christopher Hampton. Hélas "Valmont" devient un personnage édulcoré, sentimental, presque doux alors qu'il est un redoutable et machiavélique séducteur, perverti de surcroît par beaucoup plus fort que lui. Dans la hiérarchie, Valmont n'est que Vicomte, Merteuil elle se hisse plusieurs rangs au dessus avec son titre de Marquise... L'interprétation de Colin Firth, aussi beau soit il dans le film, s'apparente à celle d'un agneau confronté à une Merteuil charmeuse mais trop sentimentale elle aussi. Elle offre un visage bien déconfit à l'amant qui va prendre Cécile pour épouse... Or Merteuil ne peut se montrer défaite dans pareille situation, non, tout au contraire elle sauverait les apparences coûte que coûte ! Tourvelle semble plus crédible, incarnée par une Meg Tilly à la fois mutine et sensible, Cécile et le Chevalier étant relégués à l'arrière-plan, surtout le Chevalier dont l'inconsistance dépasse presque celle de Keanu Reeves dans "les liaisons" de Frears, c'est dire que l'acteur joue fort mal... Reste une mise en scène réussie. Mais vouloir dénaturer le stratège qu'est Valmont relève de l'inconscience. Laclos, lui même stratège/militaire puis écrivain, renierait en tout cas très probablement ce "Valmont" là.