Magnifique ! Quel adresse ! Je crois que c'est le scénario, tenant en haleine de bout en bout, couplé à une jeu d'acteurs sublime qui m'a conquis.
Une très belle réalisation aussi, sert un sujet difficile et souvent mal présenté. L'accent n'a pas été mit sur les scènes d'enfance, au début j'ai pensé qu'il n'aurait pas été plus mal d'en tourner un peu plus car c'est le socle de l'histoire. Mais l'originalité de ce film vient de là: on a assez vu de ces films à faire pleurer les ados sensibles et en mal de se reconnaître. Ici, la façon dont c'est présenté, ces allez-retours pas évidents à orchestrer, font de La mala educación un vrai chef d'oeuvre.
Je ne suis ni bégueule ni réac, ni même sensible. Cependant les scènes de sexe entre hommes me rendent physiquement malade. Almodovar ne s'en est pas privé dans ce film. Et pourtant, pour l'habileté avec laquelle l'histoire est conduite, pour la manière exemplaire dont les acteurs sont dirigés, pour l'amour enfin que le réalisateur porte à ses personnages, ce film est à voir, comme une étape importante dans l'oeuvre d'Almodovar, apportant une certaine lumière sur le pourquoi de ses gouts sexuellement "bizarres" de ses films précédents. Et puis en fin de compte, il faut aller voir tous ses films et laisser aller son admiration.
En plus d'un scénario complexe qui explore mensonges et sentiments amoureux, La mauvaise éducation possède une belle esthétique et est merveilleusement bien interprété. Gael García Bernal est une fois de plus épatant ; il parvient à jongler avec facilité entre les différents personnages qu'il incarne et trouve ici un de ses plus beaux rôles. Fascinant, troublant, beau : voici les qualificatifs du film que nous signe là Pedro Almodóvar.
Franchement, très bon film. C'est très dur, des sujets très sensibles sont traités, et pourtant le film reste très haut en couleur, très fluide, et il tient en haleine. Le scénario est excellent avec différents niveaux de narration et pourtant tout reste très clair, la mise en scène est soignée, et la musique est superbe. Vraiment excellent, c'est du almodovar
Mon premier Almodovar. La mise en scène est habile, l’histoire est originale, utilisant et jouant beaucoup avec les clichés. Gael Garcia Bernal est très bon. Pourtant le film ne m’a pas touchée, difficile de crocher à l’histoire, les personnage ne sont pas assez développer et l’œuvre parait bâclé. Un film agréable qui n’a rien d’extraordinaire.
Almodovar est un drôle de réalisateur. Tout ses films sont excellents, comme Ken Loach. Cependant, le sujet est très difficile à cerner, et sur ce point, Almodovar est excellent. Il parle de sexe sans scène explicite (bien que tout le monde comprenne), il parle de problèmes sociaux sans scène choquante, et je le felicite. Beaucoup d'idées sont présentes. La fin n'est évidemment pas facile à comprendre mais après mûre réflexion, on comprend le sens du film. On saluera la performance incroyable des acteurs, surtout Gael Garcia Bernal, très beau. Almodovar gagne en maturité, il arrive à développer son sujet avec toute la reflexion qu'il se doit. Les jeunes acteurs de l'histoire en "flash-back" sont excellents. J'aime beaucoup les deux seules scènes chantées. La Mauvaise Education est un film à voir par deux fois, tant par sa difficulté, et tant par sa beauté. Un titre voulu métaphorique, par rapport à tout ce qui peut s'attacher à ce film (la religion, la sexualité, l'amour). Un immense bravo à un maître du cinéma espagnol, très attachant, très expressif.
Contrairement à ce qu'écrivent certaines personnes plus bas, ne supportant pas Almodovar et osant, sans rire, résumer ce long-métrage à un "porno gay" ou "un film de travestis" (l'ont-elles vu jusqu'au bout?), "La mauvaise éducation" est sans aucun doute l'un des films les plus réussis de sa longue carrière... En s'attaquant à la pédophilie des prètres, il signe également un de ces films les plus engagés. On se demande également si le personnage d'Enrique ne représente pas un peu l'autobiographie du réalisateur... Pour une fois qu'un film est très justement récompensé à Cannes... A ne pas manquer...
La mauvaise éducation nous entraine dans le milieu homosexuel et transexuel propre à Pedro Almodovar en décrivant l'enfance douloureuse et les premiers amours de deux enfants, le tout sur fond de vengeance, de chantage et de passion destructrice. LE film est touchant même si personnellemnt je n'y ait pas retrouvé l'émotion particulière de TAllons aiguilles ou de Tout sur ma mère.
D'ordinaire pas accroc au cinéma d'Almodovar, je dois avouer que "la Mauvaise Education" sort du lot en se démarquant remarquablement des autres oeuvres que j'ai eu l'occasion de visionner du même auteur. Raconté en flash-backs, le film mêle habilement plusieurs époques, pourtant étroitement liées les unes aux autres, avec une évolution constante et logique des protagonistes. La première partie se pose tout d'abord en forme d'hommage au cinéma (qui servira par la suite régulièrement de toile de fond), puis dérive vite vers le drame intimiste. Cet aspect est évidemment très personnel chez le cinéaste puisqu'il traite explicitement d'un amour homosexuel impossible car puni par une église rigide. Oui, mais voilà, le couple principal n'est pas le seul dans ce cas. Et c'est là que le bas blesse. Autant le metteur en scène se montre (et ce n'est pas toujours cette opinion que j'ai de lui) habile dans sa description des sentiments, autant le propos général n'est pas convaincant : toute cette faune qu'il veut mystérieuse devient vite vulgaire, dans la mesure où les personnages exposés ne sont que de vulgaires gays travestis et pervers. Ce n'est pas la manière de filmer (admirable par ailleurs) que je reproche, mais bien cette évocation simpliste et complaisante d'un monde déjà montré comme déjanté. Je ne suis pas sûr que cela soit l'idéal en vue d'une politique de tolérance... Par la suite, l'ensemble bascule en thriller. Tout cela est passionnant, captivant, bien mené, et qui plus est, avec une certaine profondeur. Gael Garcia Bernal convainc définitvement en se posant comme un interprète multiforme, capable de jouer des rôles complètement différents. Noirceur, suspense, angoisse, attachement vis-à-vis des personnages, mise en scène raffinée, tout y est... Jusqu'à la conclusion, apocalyptique et sans espoir. A voir.
La narration de ce film est assez compliquée. Le film alterne vrai moments et séquence du film dans le film. Néanmoins, l'histoire de ces deux enfants qui tombent amoureux l'un de l'autre est très touchante. Et au fil de l'histoire, on se rend compte que le père Manuelo n'est pasz aussi horrible qu'il n'y paraît. Au fond, cette histoire d'homosexualité n'est qu'une toile de fond pour exprimer le sentiment amoureux.
Pourquoi le film sensé être le plus autobiographique d'Almodovar est-il à date son plus "froid" ? Le besoin pudique de se protéger de l'impact émotionnel de confessions clairement douloureuses (la pédérastie des curés, la perte d'un premier amour) ? "La Mauvaise Education", 7 ans plus tard, impressionne toujours par son incroyable ambition formelle, entrecroisant non seulement flash backs mais aussi différents niveaux de "virtualité" (le roman, le film, les souvenirs - avec différents visages pour les mêmes personnages) qui provoquent un effet d'étourdissement narratif assez grisant. Cette intelligence redoutable d'un récit qui s'avance "masqué" compense donc partiellement le déficit de coeur du film, mais ne hisse pas "la Mauvaise Education" parmi les meilleurs films du grand Almodovar.
Un drame d'Almodovar où les hommes sont à l'honneur (il n'y a qu'une seule femme parmi les personnages). Le réalisateur traite donc de l'homosexualité, mais aussi de l'éducation religieuse d'une certaine époque, qui y est (apparemment) absolument opposée. Le sujet est ainsi intéressant, bien que le scénario soit parfois un peu complexe, ce qui le rend moins crédible et un brin abracadabrant. La progression est également difficile à suivre par moment, mais les personnages sont bien joué et on passe un bon moment cinéma, même si on peut trouver mieux.