Martin Scorsese parle de ce film comme d'un plaisir coupable, le concernant, qui exerce sur lui une certaine fascination malgré ses défauts.
Des défauts, il en a, ce "Khartoum" réalisé par un faiseur sans immense envergure (Basil Dearden, dont c'était un des derniers films, il est mort 5 ans plus tard, n'était ni David Lean, ni John Huston) : heureusement d'une durée pas trop longue (135 minutes en comptant une ouverture et un interlude assez inutiles vu la durée du film ; on attend ça d'un film long comme "Lawrence d'Arabie" ou "Ben-Hur" en général), le film est certes très brillamment interprété par Charlton Heston, mais il est assez lent, parfois ennuyeux, peu d'action, trop bavard, un peu vieillot (le film a pris un coup dans le pare-brise, c'est évident), Laurence Olivier, qui joue le Mahdi, en fait, comme souvent, un peu trop (en VO, son accent est irrésistible, mais limite caricatural, comme à chaque fois que cet acteur prenait un accent, voir le "Dracula" de Badham, ou bien "Ces Garçons qui venaient du Brésil"...), mais son temps de présence à l'écran n'est pas immense, donc ce n'est pas grave ; la réalisation n'est pas dingue, juste fonctionnelle ; le scénario entremêle apparemment faits historiques et interprétations peu avérées.
Un film honnête, très regardable, pas mal, mais franchement pas un grand cru.