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Jrk N
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2,0
Publiée le 16 novembre 2018
C’est commettre un blasphème absolu que de critiquer le film des films, le westerns des westerns, le Ford des Fords : j’ai nommé « My Darling Clementine » (Ford, 1946) - incompréhensiblement traduit par « La Poursuite Infernale », titre sans aucun rapport avec le propos -. Cependant je ne suis pas du tout sensible à ce cinéma car je trouve toujours que la direction d’acteurs pêche pratiquement tout le temps. On a l’impression qu’à chaque prise Ford dit « Moteur ! » et va boire un whisky en attendant que ça se passe. Les acteurs n’ont pas d’orientation et c'est la scripte qui vérifie le texte. C’est vrai en général pour Wayne mais ici c’est terriblement vrai pour Henry Fonda qui cabotine à qui mieux mieux avec des demi-sourires, des clins d’œil, des yeux doux qui vraiment n’ont rien à faire dans un western. L'histoire d’amour de son personnage est d’ailleurs totalement invraisemblable : l’infirmière (Cathy Downs, toujours aseptisée) qui a poursuivi le médecin alcoolique pendant des mois dans tous l’Ouest tomberait soudain amoureuse du shérif ? Le bon gars courageux honnête, l’Américain carré mais sensible, incarné pendant 40 ans par Fonda est vraiment le stéréotype le plus calamiteux d’Hollywood, et là, il faut dire qu’il l’incarne avec des simagrées insupportables. Le décor en carton, les éclairages insuffisants, la musique sans relief n'améliorent rien, pas plus que les second rôles. A part ça la belle Linda Darnell fait le job, comme elle l’a toujours fait: avec un grand et modeste talent. Et le film vaut uniquement pour l’échange suivant : le shérif amoureux vient de voir sortir la jeune infirmière et dit au barman : « - Mac, you ever been in love ? - No, I’ve been a bartender all my life.
Difficile entre "La poursuite infernale" et "Règlements de comptes à OK Corral" de désigner le meilleur film sur la lutte qui opposa les frères Earp à la famille Clanton. "La poursuite infernale" est peut-être plus authentique que son illustre remake. Au-delà de l'opposition entre les 2 clans, y sont merveilleusement représentées les difficultés d'une petite ville du Far West pour entrer dans la modernité. L'interprétation d'Henry Fonda, tout en finesse, est remarquable.
John Ford n’est jamais aussi efficace que quand il atténue certains traits de son cinéma pour amplifier des structures sous-jacentes. Il en est ainsi pour l’humour et pour la plastique du film dans «My Darling Clementine» (USA, 1946). Le granguignolesque béotien qui caractérise parfois des personnages fordiens, surtout des membres de l’autorité, est ici réduit voire absent. Une structure essentielle de l’univers fordien est dissimulée au profit de la révélation d’une caractéristique qui unit tous les grands films de Ford : l’esthétique. «My Darling Clementine» déploie une photographie somptueuse, aussi grise et sous-terraine que l’est le film. Les paysages sculptés par les ombres de Joseph MacDonald, directeur de la photographie et en l’occurrence graveur de décors, assombrissent les lieux et plongent le film dans un western crépusculaire avant même Sergio Leone. Quand par cinéma on entend l’écriture du monde par la lumière, John Ford semble là prendre soin d’en faire le bel exercice. Semblable au travail de Gregg Toland sur «Citizen Kane» (USA, 1941) de Welles, la photographie accentue les noirs et les blancs et amenuise les gris. Quant à l’impact de l’image sur l’intrigue elle est ici simple : une fratrie s’installe dans une ville pour se venger du meurtre de leur frère et du vol de leur bétail. L’obscurité des lueurs écrasent les scènes sous une tension blafarde. Les confrontations entre Wyatt Earp et Doc Holliday préfigurent les rudes colères chez Scorsese. Tout le film préexiste sur une idée de vengeance. Pourtant nourrit par le christianisme et notamment sur l’idée du Paradis perdu, Ford prend semble prendre la liberté de s’écarter du sentier pour relater l’histoire, mainte fois mise en scène au cinéma, de Wyatt Earp, légende de l’Ouest. Evoluant sur un silence épais, sur une accalmie prête à exploser, John Ford attribue au film une de ses valeurs mythiques que seuls possèdent quelqu’une de ses grandes œuvres comme «The Man who shot Liberty Valance».
La Poursuite infernale est une véritable claque, un western d'une implacable pureté. L'esthétique des grands paysages désertiques est juste somptueuse, mise en valeur comme il se doit par un merveilleux noir et blanc. L'Ouest américain a rarement été aussi beau que chez John Ford. La narration quant à elle reste d'une sobriété remarquable et l'intrigue se suit avec une fluidité déconcertante. Mais derrière l'histoire des frères Earp on retrouve une source inépuisable de réflexion quant aux notions de justice et de vengeance. Ode à la démocratie et à la justice équitable, parabole sur l'honneur et la nécessaire répression des pulsions de vengeance, La Poursuite Infernale est un film qui marque, un western exceptionnel qui marqua toute une génération et influença considérablement le genre en lui-même en en recyclant la mythologie (le duel, le saloon, le rôle de la femme...). Si l'on y ajoute la prestation toute en justesse d'Henry Fonda et une musique devenue mythique (Oh my darling, oh my darling, oh my darling Clementine...), vous comprendrez que le film de John Ford est un chef-d'oeuvre à ne rater sous aucun prétexte.
Le scénario n'a rien d'extraordinaire. Il n'est pas toujours bien élaboré ; un peu plus de subtilité narrative aurait été mieux. Reste, de très bons acteurs, qui sont superbement dirigés ; et surtout, SURTOUT, une mise en scène magistralement pensée. L'atout de ce film ce sont ces images en noir en blanc admirablement cadrées. Top ! Ce fut une belle surprise ...
Un western réalisé d'une fort belle manière par John Ford. Henry Fonda joue à la perfection son rôle de shérif obsédé par la vengeance mais Victor Mature n'est pas mal non plus.
Encore une œuvre cinématographique magnifique signée John Ford. L'histoire des frères Earp décrite par Ford est issue de faits réels, même si Ford (pour l'originalité scénaristique) modifie la vérité historique. Henry Fonda est, comme toujours, grandiose et charismatique rien que dans sa gestuelle et sa démarche célèbre. Et le personnage de Cathy Downs est agréable aussi. John Ford nous raconte la période des années 1880, à savoir le déclin du Far West vers la civilisation et la démocratie.
John Ford revisite l'épisode du règlement de comptes le plus mythique de l'Ouest, celui d'OK Corral entre deux bandes de frères, les méprisables Clanton et les loyaux Earp. En résulte d'abord esthétiquement un superbe western au noir et blanc d'une force très vive et une image d'une magnificence ahurissante , merci Joseph Mac Donald pour la photo. Wyatt Earp interprété par le génial Henry Fonda qui jouera en toute modestie son personnage de shérif obsédé de vengeance se fait limite piquer la vedette par son homologue Victor Mature, impeccable en ancien docteur , "Doc" Holliday, rongé par une souffrance intérieure. Même si le western ne respecte pas toute la réalité historique, la mise en scène de John Ford colle parfaitement à ce que tout spectateur attend du genre et offre une scène finale d'affrontement très efficace.
Quand on pense à John Ford et au western on l’associe le plus souvent à John Wayne, mais c’est oublier qu’il a eu en premier une fructueuse collaboration avec Henry Fonda. Ce western en noir et blanc confine au chef-d’œuvre et résume à lui seul les grandes thématiques de Ford : les grands espaces, l’opposition marquée entre bons et méchants, des personnages qui se définissent plus par leurs actions que par leur psychologie. On pourra admirer le jeu tout en finesse d’Henry Fonda qui campe un Wyatt Earp rempli de manières et très soucieux de son esthétique. Le plus fort est que Ford nous retire très rapidement de l’intrigue principale (la vengeance des frères Earp) pour nous entraîner sur moult petites saynètes de la vie quotidienne à Tombstone sans jamais nous ennuyer. Il revient par un retournement très habile au propos initial qui aboutit au fameux règlement de compte à OK Corral si souvent narré au cinéma. Le tout en fait un western plutôt anachronique et intimiste assez différent des grandes épopées d’Hawks, de Curtiz ou même du Ford période John Wayne.
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5,0
Publiée le 6 juin 2009
Peu de figures du Far West ont autant fait rêver les cinèastes que celle de Wyatt Earp! S'inspirant très librement de faits et de personnages historiques, John Ford livre sa version du lègendaire règlement de comptes à OK Corrall! Ce que raconte "My Darling Clementine", c'est la dècision d'un homme, Wyatt Earp, brillamment campè par Henry Fonda, qui doit ramener l'ordre dans la petite ville de Tombstone, avec l'aide de ses frères, en s'opposant au gang des Clanton, dont un membre ètait coupable du meurtre du jeune frère de Wyatt! Ce western d'une beautè flamboyante offre un rôle en or pour Fonda, homme de loi implacable et vengeur! il faut ègalement souligner l'excellente prestation de Doc Holiday, interprètè par Victor Mature, sans oublier le fabuleux Walter Brennan, qui joue le rôle des Clanton, (Old Man pour les intimes) et de la montagne Ward Bond! Ici la tension qui culmine dans son final mythique est tempèrèe par des èlèments comiques et par les intrigues sentimentales avec la lumineuse Chihuahua alias Linda Darnell et de Clementine Carter "Clem", l'institutrice que joue Cathy Downs! Un grand moment de western, tournè dans les ètendues magnifiques de Monument Valley...
Une belle histoire reconstituée et valant surtout par sa reconstitution de Tombstone et sa participation sociale ( pour une fois valable en parité ) ainsi que la diversité de ses caractères représentés assez rare pour l‘époque ; et dont la réplique shakesparienne de Doc Hollyday ne plaira évidemment pas à ces personnes en place de tout temps mais sépare très justement le bien de l'arrogant sans talent : Le mépris doit en effet connaître son époque, afin de distinguer ce qui est éternellement présent de ce qui pourrait être amélioré.
Rediffusion de ce classique de John Ford sur Arte le 20 Décembre 2022. Un des nombreux westerns consacrés à la légende de Wyatt Earp et du fameux "règlement de compte à OK Corral". Le film de Ford n'est pas vraiment conforme à la réalité des faits, mais est plus centré sur le passage de la nature à la civilisation, du Far-West à l'Amérique en mutation. Le vieux Clanton et Doc Holliday symbolisent le vieux monde, tandis que Wyatt Earp incarne l'Amérique moderne, celle de la loi et de l'ordre. Excellente interprétation d'Henry Fonda et de Victor Mature.
Une oeuvre ou les personnages principaux sont encore une fois les frères Earp, comme dans "règlements de compte à OK Corral", "Tombstone", et même "Winchester73" ou le sherif n'est autre que Wyatt Earp. Le génial Henry Fonda mène la danse en tant que Shérif sympathique mais surtout très fin tireur. Le décès du frère cadet va lancer le film ou finalement il ne se passe pas grand chose niveau action, au milieu du film on se demande toujours si la mort du frère sera vengée un jour, jusqu'au moment ou Wyatt découvre un médaillon qui appartenait à son frère autour du cou de l'amie du toubib. S'en suivra donc le mythique règlement de compte à Ok corral...
Titre français idiot. My Darling Clementine est un hymne à la société, une ode à la civilisation, à la culture. Un western touchant, léger, humaniste, philosophique, drôle, optimiste, amoureux, lyrique, entraînant, gracieux, magnifique Le plus beau film de Ford. Du cinéma tout court ?